{"id":2075,"date":"2024-06-29T11:55:18","date_gmt":"2024-06-29T10:55:18","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=2075"},"modified":"2024-06-29T11:55:22","modified_gmt":"2024-06-29T10:55:22","slug":"lafrique-aire-de-predilection-du-soft-power-marocain-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/lafrique-aire-de-predilection-du-soft-power-marocain-4\/","title":{"rendered":"L\u2019Afrique, aire de pr\u00e9dilection du soft power marocain (4)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Le Maroc a une longue tradition d&rsquo;investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux ann\u00e9es 80 du si\u00e8cle dernier. Chaque ann\u00e9e, plus de 7 000 \u00e9tudiants originaires de plusieurs pays d&rsquo;Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universit\u00e9s marocaines et b\u00e9n\u00e9ficient de bourses d&rsquo;\u00e9tudes. En outre, des centaines de professionnels d&rsquo;Afrique subsaharienne re\u00e7oivent une formation professionnelle dans ses \u00ab\u00a0centres d&rsquo;excellence\u00a0\u00bb afin de b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;exp\u00e9rience et du savoir-faire du Maroc.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le soft power culturel\/\u00e9ducatif marocain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc est l&rsquo;un des principaux fournisseurs africains de bourses d&rsquo;\u00e9tudes pour les \u00e9tudiants africains. En d\u00e9cembre 2016, l\u2019Agence Marocaine de la Coop\u00e9ration Internationale -AMCI-\u00a0 avait conclu des accords avec 111 pays, dont 46 pays africains. C&rsquo;est en Afrique francophone que la pr\u00e9sence affirm\u00e9e de l&rsquo;AMCI est la plus marqu\u00e9e. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"325\" height=\"245\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=325%2C245&#038;ssl=1\" alt=\"Dr Mohamed Chtatou\" class=\"wp-image-2019\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?w=325&amp;ssl=1 325w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dr Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Chaque ann\u00e9e, l&rsquo;AMCI octroie des milliers de bourses d&rsquo;\u00e9tudes pour des dipl\u00f4mes universitaires et professionnels. La Guin\u00e9e, par exemple, envoie chaque ann\u00e9e plus de 100 \u00e9tudiants ayant obtenu les meilleurs r\u00e9sultats \u00e0 l&rsquo;examen national dans des \u00e9tablissements marocains. Pour les \u00e9tudiants performants qui n&rsquo;ont pas les moyens de fr\u00e9quenter une universit\u00e9 au Canada, en France, en Angleterre ou aux \u00c9tats-Unis, le Maroc est une perspective lib\u00e9ratrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Fouzia Koubi, la diplomatie culturelle marocaine en Afrique a \u00e9t\u00e9 efficace et pertinente&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2018\u2019La diplomatie culturelle du Maroc a connu un essor incontournable les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, et a contribu\u00e9 \u00e0 la refonte de la pratique diplomatique marocaine. Bien que sa port\u00e9e soit \u00e0 vocation globale, ses projections demeurent plus orient\u00e9es vers les sph\u00e8res traditionnelles de la pr\u00e9sence marocaine. Hormis l\u2019espace africain, et dans une moindre mesure les pays \u00e0 fort diaspora, la diplomatie culturelle est \u00e0 la conqu\u00eate d\u2019espaces nouveaux o\u00f9 le Maroc ambitionne de jouer non seulement le Label Maroc mais la marque Afrique. L\u2019enjeu de se pr\u00e9senter comme une plaque tournante de rayonnement culturel n\u00e9cessite des fonds cons\u00e9quents \u00e0 investir et faire face \u00e0 la concurrence sur le terrain g\u00e9opolitique de la culture.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les dipl\u00f4m\u00e9s africains des meilleures facult\u00e9s marocaines retournent dans leur pays d&rsquo;origine, ils d\u00e9crochent g\u00e9n\u00e9ralement un emploi bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Si la diplomatie \u00e9conomique permet de peser sur la politique r\u00e9gionale, la diplomatie scientifique et culturelle permet d&rsquo;influencer la perception que l&rsquo;on a de soi. Outre les connaissances acquises dans les salles de classe marocaines, les exp\u00e9riences internationales avec des enseignants et des camarades de classe marocains modifient bon nombre des st\u00e9r\u00e9otypes que les Africains entretiennent sur les Marocains et leur vision du reste de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les r\u00e9alisations de l&rsquo;AMCI entre 1986 et 2016 peuvent \u00eatre salu\u00e9es, le v\u00e9ritable tournant s&rsquo;est produit avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat sinc\u00e8re du roi Mohammed VI pour les questions africaines. \u00c0 partir de 1999, Mohammed VI a sillonn\u00e9 le continent en essayant &#8211; et souvent avec succ\u00e8s &#8211; de vendre la vision marocaine d&rsquo;une \u00ab\u00a0Afrique qui croit en son potentiel\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les derniers chiffres de l&rsquo;AMCI, l&rsquo;engagement personnel du Roi pour l&rsquo;Afrique a conduit \u00e0 une refonte des programmes marocains ax\u00e9s sur l&rsquo;Afrique. Rien qu&rsquo;en 2017-2018, le Maroc a accord\u00e9 plus de 5 000 bourses \u00e0 des \u00e9tudiants africains, soit pr\u00e8s d&rsquo;un tiers du nombre total d&rsquo;\u00e9tudiants africains que le Maroc a accueillis jusqu&rsquo;en 2016-2017. La m\u00eame p\u00e9riode a \u00e9galement marqu\u00e9 une augmentation consid\u00e9rable du nombre d&rsquo;\u00e9tudiants africains b\u00e9n\u00e9ficiant de l&rsquo;allocation AMCI, passant de 6 500 \u00e9tudiants en 2017 \u00e0 plus de 11 000 \u00e0 ce jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc a une longue tradition d&rsquo;investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux ann\u00e9es 80 du si\u00e8cle dernier. Chaque ann\u00e9e, plus de 7 000 \u00e9tudiants originaires de plusieurs pays d&rsquo;Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universit\u00e9s marocaines et b\u00e9n\u00e9ficient de bourses d&rsquo;\u00e9tudes. En outre, des centaines de professionnels d&rsquo;Afrique subsaharienne re\u00e7oivent une formation professionnelle dans ses \u00ab\u00a0centres d&rsquo;excellence\u00a0\u00bb afin de b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;exp\u00e9rience et du savoir-faire du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis son accession au tr\u00f4ne en 1999, le roi Mohammed VI, un souverain f\u00e9ru d\u2019art et de lettres, n\u2019a cess\u00e9 de faire de Rabat une ville lumi\u00e8re et un centre d\u2019excellence \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale. En effet, Souhail Karam \u00e9crit dans <em>Bloomberg<\/em> ce qui suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2018\u2019 \u00c0 Rabat, capitale du Maroc, des ouvriers veillent \u00e0 ce que les surfaces blanches et incurv\u00e9es du Grand Th\u00e9\u00e2tre, con\u00e7u par Zaha Hadid, soient impeccables avant son ouverture royale. \u00c0 40 minutes de marche, le th\u00e9\u00e2tre Mohammed V propose des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, de la musique jazz et une exposition de photos. Deux mois plus t\u00f4t, \u00e0 l&rsquo;occasion du retour du festival annuel Rabat Street Art, des grues ont hiss\u00e9 des artistes au sommet des immeubles pour peindre des fresques murales.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c0 l&rsquo;instar des centres culturels du monde entier, la capitale marocaine, vieille de 900 ans, reprend vie \u00e0 mesure que sa sc\u00e8ne artistique \u00e9merge de la pand\u00e9mie, et cette r\u00e9surgence se r\u00e9percute au-del\u00e0 des anciens murs de Rabat.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les dirigeants marocains tiennent \u00e0 promouvoir le pays nord-africain comme un bastion de progr\u00e8s et de stabilit\u00e9 dans une r\u00e9gion instable.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et de continuer par dire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>La renaissance artistique de Rabat est cruciale pour l&rsquo;entreprise colossale du roi Mohammed VI, vieille d&rsquo;une d\u00e9cennie, visant \u00e0 faire de son pays un centre majeur pour les arts et la culture sur le continent africain.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour Abdelaziz El-Idrissi, directeur du Mus\u00e9e Mohammed VI d&rsquo;art moderne et contemporain, il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb qui vise \u00e0 d\u00e9mocratiser l&rsquo;acc\u00e8s aux beaux-arts pour une plus grande partie de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Depuis son ouverture en 2014, son mus\u00e9e a expos\u00e9 des \u0153uvres de Pablo Picasso et d&rsquo;Eug\u00e8ne Delacroix et a pr\u00eat\u00e9 son espace \u00e0 des artistes marocains tels que Chaibia Talal.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Film AMCI Fr 2021\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/BJEIN30VmWI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Ainsi, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Rabat est devenu le centre de la culture africaine&nbsp;: rencontres culturelles et cin\u00e9matographiques et un lieu d\u2019exposition sur les diff\u00e9rents aspects de l\u2019art pictural et autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Maroc a une longue tradition d&rsquo;investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux ann\u00e9es 80 du si\u00e8cle dernier. Chaque ann\u00e9e, plus de 7 000 \u00e9tudiants originaires de plusieurs pays d&rsquo;Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universit\u00e9s marocaines et b\u00e9n\u00e9ficient de bourses d&rsquo;\u00e9tudes. 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