{"id":3433,"date":"2025-01-23T15:30:05","date_gmt":"2025-01-23T14:30:05","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=3433"},"modified":"2025-01-23T15:31:53","modified_gmt":"2025-01-23T14:31:53","slug":"histoire-de-la-mosquee-de-paris-une-propriete-marocaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/histoire-de-la-mosquee-de-paris-une-propriete-marocaine\/","title":{"rendered":"Histoire de la Mosqu\u00e9e de Paris, une propri\u00e9t\u00e9 marocaine"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019histoire de la Mosqu\u00e9e de Paris, propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re du Maroc, est empreinte d\u2019un oubli persistant, marqu\u00e9 par des secrets tenaces sur les circonstances de sa fondation, et sur la mainmise de l\u2019Alg\u00e9rie sur ce lieu de culte. Pourtant, un fait r\u00e9siste \u00e0 l\u2019effacement: son statut juridique, inchang\u00e9 depuis 1917, t\u00e9moigne du r\u00f4le majeur, foncier, architectural et spirituel du Maroc. Voici l\u2019histoire de la spoliation alg\u00e9rienne, racont\u00e9e par les historiens et document\u00e9e par les archives.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3434\" style=\"width:441px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Jillali El Adnani<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>De 1917 \u00e0 1957, la Mosqu\u00e9e de Paris fut dirig\u00e9e par deux figures marocaines d\u2019envergure: Kaddour Ben Ghabrit, vizir et chancelier-adjoint des affaires ch\u00e9rifiennes, et son neveu Ahmed Ben Ghabrit. Ces deux hauts fonctionnaires, intimement li\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire du Royaume, ont marqu\u00e9 de leur empreinte la gestion et l\u2019aura de la mosqu\u00e9e. Une continuit\u00e9 marocaine incarn\u00e9e \u00e9galement par Mammeri, propos\u00e9 par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res pour le poste de recteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, en 1957, un tournant controvers\u00e9 survient avec la nomination unilat\u00e9rale de Hamza Boubakeur, le 18 mai, par les minist\u00e8res de l\u2019Int\u00e9rieur et le pr\u00e9sident du Conseil fran\u00e7ais. Cette d\u00e9cision, jug\u00e9e abusive, provoque une r\u00e9action officielle du Maroc: une lettre de contestation adress\u00e9e en ao\u00fbt 1957 par le ministre marocain des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Cette r\u00e9action illustre la volont\u00e9 du Royaume de d\u00e9fendre son h\u00e9ritage et de pr\u00e9server le lien historique qui l\u2019unit \u00e0 la Mosqu\u00e9e de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>La Mosqu\u00e9e de Paris appartient \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous et des Lieux saints, une institution cr\u00e9\u00e9e au palais royal de Rabat sous l\u2019\u00e9gide du sultan Moulay Youssef. C\u2019est ce m\u00eame sultan qui, en 1922, ordonna le lancement des travaux, acte confi\u00e9 \u00e0 son repr\u00e9sentant, le r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral Hubert Lyautey. En juillet 1926, l\u2019inauguration, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e en grande pompe, immortalisa cette \u0153uvre architecturale et spirituelle. L\u2019\u00e9v\u00e9nement fut relat\u00e9 avec \u00e9clat dans le livre de Ren\u00e9 Weiss, publi\u00e9 en 1927: \u00abR\u00e9ception \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville de Sa Majest\u00e9 Moulay Youssef, Sultan du Maroc, Inauguration de l\u2019Institut Musulman et de la Mosqu\u00e9e\u00bb (Imprimerie Nationale, 1927).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"774\" height=\"432\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/INAUGU1-1.jpg?resize=774%2C432&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3436\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/INAUGU1-1.jpg?w=774&amp;ssl=1 774w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/INAUGU1-1.jpg?resize=300%2C167&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/INAUGU1-1.jpg?resize=768%2C429&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 774px) 100vw, 774px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Inauguration de la Grande Mosqu\u00e9e de Paris, par le Sultan Moulay Youssef et le pr\u00e9sident Gaston Doumergue <\/strong><br><strong>(IIIe R\u00e9publique fran\u00e7aise), le 15 juillet 1926.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Les faux statuts face \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019acte de propri\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De faux statuts ont tent\u00e9, au fil du temps, de masquer la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une acquisition l\u00e9gitime. Pourtant, l\u2019histoire et les archives d\u00e9voilent une v\u00e9rit\u00e9 in\u00e9branlable: l\u2019acte notari\u00e9 de 1922 consacre la propri\u00e9t\u00e9 de la mosqu\u00e9e \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous et des Lieux saints, repr\u00e9sent\u00e9e par Si Kaddour Ben Ghabrit, vizir et chancelier des Ordres Ch\u00e9rifiens. Cet acte, sign\u00e9 entre le pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 et la Ville de Paris, repose sur une subvention d\u2019un million cinq cent mille francs, permettant l\u2019acquisition du terrain de l\u2019ancien h\u00f4pital de la Piti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Justinard confirme cette v\u00e9rit\u00e9 dans ses \u00e9crits: \u00abLa Ville de Paris accorde \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous des Lieux saints de l\u2019Islam une subvention sous forme d\u2019un ch\u00e8que de un million cinq cent mille francs, permettant \u00e0 Si Kaddour Ben Ghabrit, en tant que pr\u00e9sident, d\u2019acqu\u00e9rir le terrain de l\u2019ancien h\u00f4pital de la Piti\u00e9. L\u2019acte notari\u00e9 entre Si Kaddour Ben Ghabrit et l\u2019Administration de la Sant\u00e9 publique rendit ainsi l\u2019Islam propri\u00e9taire, \u00e0 titre incommutable, du terrain en question.\u00bb (Pierre Justinard, \u00abMosqu\u00e9e de Paris, M\u00e9moire de fin d\u2019\u00e9tudes\u00bb, Archives ANOM, Aix-en-Provence, p. 26)<\/p>\n\n\n\n<p>Une note historique annonce ainsi la c\u00e9r\u00e9monie du 19 octobre 1922: \u00abJ\u2019ai l\u2019honneur de rappeler \u00e0 M. le Pr\u00e9sident du Conseil que le premier coup de pioche dans l\u2019emplacement du \u201cMihrab\u201d doit \u00eatre donn\u00e9 le 19 de ce mois par M. le Mar\u00e9chal Lyautey, entour\u00e9 des personnalit\u00e9s musulmanes du Maroc, de l\u2019Alg\u00e9rie et de la Tunisie. Les invitations sont faites par la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous et des Lieux saints de l\u2019Islam.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, Lyautey envoya une lettre au sultan Moulay Youssef, rapportant cet instant historique: \u00abLorsque j\u2019ai prononc\u00e9 le Nom de Votre Majest\u00e9 Ch\u00e9rifienne, il a \u00e9t\u00e9 hautement acclam\u00e9 par l\u2019assistance. Le premier coup de pioche a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le grand vizir El Mokri (premier ministre marocain), suivi des membres des diverses nationalit\u00e9s musulmanes.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chronologie d\u2019une usurpation<br><\/strong>L\u2019histoire de la Mosqu\u00e9e de Paris est marqu\u00e9e par des man\u0153uvres visant \u00e0 falsifier son cadre juridique et \u00e0 s\u2019emparer de son patrimoine. Parmi ces \u00e9pisodes, la cr\u00e9ation artificielle des statuts de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous par Hamza Boubakeur, apr\u00e8s une pr\u00e9tendue r\u00e9union d\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale compos\u00e9e de membres fictifs, dont son propre garde du corps et des membres de sa famille. Ces subterfuges furent rapidement d\u00e9masqu\u00e9s, comme le rapporte Gilles Kepel: \u00abBien que (Hamza Boubakeur) n\u2019ait jamais appartenu \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous, il pr\u00e9tend avoir pr\u00e9sid\u00e9 une \u201cr\u00e9union\u201d qualifi\u00e9e d\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, dans un lieu non pr\u00e9cis\u00e9, avec des personnes pour la plupart inconnues de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous. Plusieurs des \u201cmembres\u201d de cette \u201cAssembl\u00e9e\u201d ont fait conna\u00eetre qu\u2019ils n\u2019avaient jamais particip\u00e9 \u00e0 ce groupement. Les autres n\u2019ont pu \u00eatre identifi\u00e9s par leur adresse ou leur titre. D\u00e9tail curieux: la pr\u00e9tendue Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale comprenait le fr\u00e8re, le fils et le garde du corps de Boubakeur, au demeurant seuls identifiables\u2026\u00bb (Gilles Kepel, \u00abLes Banlieues de l\u2019Islam\u00bb, Seuil, 1991, p. 81)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Document de 1962: Hamza Boubakeur modifie les statuts de la mosqu\u00e9e pour en faire un patrimoine susceptible d\u2019\u00eatre partag\u00e9 entre l\u2019Alg\u00e9rie et les r\u00e9gions sahariennes (OCRS), en cas de liquidation. Cet acte ent\u00e9rinait la dissolution de la l\u00e9gitimit\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous et renfor\u00e7ait l\u2019emprise alg\u00e9rienne.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"723\" height=\"495\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/doc1-1.jpg?resize=723%2C495&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3437\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/doc1-1.jpg?w=723&amp;ssl=1 723w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/doc1-1.jpg?resize=300%2C205&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/doc1-1.jpg?resize=220%2C150&amp;ssl=1 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Faux Statuts de la soci\u00e9t\u00e9 des Habous et des Lieux saints \u00e9tablis par Hamza Boubakeur avec son garde du corps et des personnes de sa famille qui ont toujours gard\u00e9 l\u2019anonymat (1962). Archives de Nantes, 1MA300, 14.<br><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Ce document atteste d\u2019une usurpation syst\u00e9matique, perp\u00e9tr\u00e9e depuis 1958, et toujours en vigueur aujourd\u2019hui. Ils t\u00e9moignent d\u2019une histoire o\u00f9 falsifications et manipulations ont pris le pas sur le droit et la m\u00e9moire collective.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, nourries par les observations de Fran\u00e7ois Mitterrand en 1954, alors ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, percevaient d\u00e9j\u00e0 la Mosqu\u00e9e de Paris comme un haut lieu du nationalisme marocain. On y priait au nom du sultan Mohamed Ben Youssef, exil\u00e9 par le protectorat. Cherchant \u00e0 contourner les statuts in\u00e9branlables de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous, le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur et le Conseil d\u2019\u00c9tat encourag\u00e8rent la cr\u00e9ation, en 1955, d\u2019une association des Amis de l\u2019Institut musulman, renforc\u00e9e par de nouveaux statuts en 1963.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces statuts ignoraient d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous, propri\u00e9taire l\u00e9gitime de la Mosqu\u00e9e. L\u2019article 12 stipulait que le recteur serait nomm\u00e9 par arr\u00eat\u00e9 interminist\u00e9riel, sign\u00e9 par plusieurs minist\u00e8res fran\u00e7ais, mais aucune mention n\u2019\u00e9tait faite des droits historiques marocains. Cette marginalisation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e inaugura une amn\u00e9sie institutionnalis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Hamza Boubakeur, allant plus loin, d\u00e9clara en 1962: \u00abL\u2019Institut musulman de la Mosqu\u00e9e de Paris appartient l\u00e9galement \u00e0 la France et non \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous\u00bb (Paris, 18 octobre 1962). Cette prise de position servit \u00e0 justifier l\u2019accaparement de la mosqu\u00e9e entre 1957 et 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1958, \u00e0 Alger, sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Jacques Massu, une r\u00e9union clandestine, tenue le 19 septembre, ent\u00e9rina de nouveaux statuts de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous. Parmi eux, l\u2019article 3 stipulait: \u00abToute autre pr\u00e9tention, revendication ou contestation \u00e9manant d\u2019un organisme public ou priv\u00e9, d\u2019une autorit\u00e9 officielle ou morale, ou d\u2019une individualit\u00e9 \u00e9trangers \u00e0 ladite association, telle qu\u2019elle est reconstitu\u00e9e en vertu des anciens et des nouveaux statuts, est nulle et non avenue de plein droit.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette disposition visait explicitement \u00e0 exclure le Maroc de la gestion de la Mosqu\u00e9e. Ces nouveaux statuts pr\u00e9cisaient \u00e9galement, en cas de dissolution, que: \u00abTout le patrimoine de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous sera r\u00e9parti entre les \u0153uvres philanthropiques musulmanes alg\u00e9riennes et sahariennes.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Document de 1958: courrier adress\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral Massu, commandant en Alg\u00e9rie du Nord, qui reconna\u00eet encore la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous comme gestionnaire l\u00e9gitime de la Mosqu\u00e9e de Paris.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"437\" height=\"460\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc2.jpg?resize=437%2C460&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3438\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc2.jpg?w=437&amp;ssl=1 437w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc2.jpg?resize=285%2C300&amp;ssl=1 285w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Proc\u00e8s-verbal de la rencontre telue le 15 septembre 1958 entre le g\u00e9n\u00e9ral Massu, commandant de la zone nord Alg\u00e9rois, et Hamza Boubakeur, directeur de l&rsquo;Institut musulman de la Mosqu\u00e9e de Paris. (1958). <br>Archives de Nantes, 1MA300.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br>Ces m\u00eames statuts furent adopt\u00e9s de nouveau le 10 avril 1962 et certifi\u00e9s conformes le 13 juillet de la m\u00eame ann\u00e9e, \u00e9tablissant ainsi une mainmise alg\u00e9rienne.<br>Le gouvernement alg\u00e9rien poursuivit cette politique, effa\u00e7ant tout lien avec l\u2019\u0153uvre marocaine et excluant les repr\u00e9sentants marocains et tunisiens des d\u00e9cisions. Claude Lebel, ministre pl\u00e9nipotentiaire et directeur des Affaires marocaines et tunisiennes, d\u00e9non\u00e7a cette manipulation dans une note adress\u00e9e au ministre de l\u2019Int\u00e9rieur en 1962: \u00abPar contre, la r\u00e9apparition \u00e0 Alger d\u2019un pr\u00e9tendu bureau de la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous et des Lieux saints, recr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces pour les besoins de la cause \u201cdans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019urgence\u201d, il convient d\u2019ailleurs de noter la faible repr\u00e9sentativit\u00e9 des membres non alg\u00e9riens de ce bureau.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, cette chronologie met en lumi\u00e8re une politique syst\u00e9matique d\u2019usurpation, o\u00f9 falsifications et man\u0153uvres juridiques vis\u00e8rent \u00e0 exclure le Maroc d\u2019un lieu qu\u2019il a fond\u00e9, b\u00e2ti et port\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"411\" height=\"501\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc3-1.jpg?resize=411%2C501&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3439\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc3-1.jpg?w=411&amp;ssl=1 411w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Doc3-1.jpg?resize=246%2C300&amp;ssl=1 246w\" sizes=\"auto, (max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Document du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur de France qui r\u00e9v\u00e8le le faux utilis\u00e9 par Hamza Boubakeur dans le cadre de l&rsquo;affaire de la Mosqu\u00e9e de Paris. Archives de Nantes, 1MA300.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Boubakeur p\u00e8re et fils: les acteurs d\u2019une spoliation qui se perp\u00e9tue<br><\/strong>Le 26 juin 1966 fut cr\u00e9\u00e9e une nouvelle entit\u00e9: l\u2019Association pour la protection des int\u00e9r\u00eats culturels et moraux de la communaut\u00e9 musulmane en France, r\u00e9gie par la loi 1901. Cette association avait pour objectif de diluer le caract\u00e8re gouvernemental de la gestion de la mosqu\u00e9e tout en marginalisant la Soci\u00e9t\u00e9 des Habous. Une assembl\u00e9e r\u00e9unissant 10 membres \u2013 3 repr\u00e9sentants marocains, et 3 alg\u00e9riens, 3 tunisiens et 1 dernier repr\u00e9sentant fran\u00e7ais \u2013 ent\u00e9rina cette d\u00e9marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au fil des ann\u00e9es, le dossier de la Mosqu\u00e9e de Paris fut marqu\u00e9 par des manipulations, jusqu\u2019\u00e0 une triste date en 1982: le recteur Hamza Boubakeur c\u00e9da la direction de la mosqu\u00e9e \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie en \u00e9change de la restitution de ses biens personnels confisqu\u00e9s apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne. Ce troc symbolisait une nouvelle tentative d\u2019appropriation par l\u2019Alg\u00e9rie, initi\u00e9e d\u00e8s 1962 par le m\u00eame personnage. Toutefois, cette d\u00e9cision ne fit pas l\u2019unanimit\u00e9. Alain Boyer r\u00e9sume ainsi la situation: \u00abLa prise en main de la Mosqu\u00e9e par l\u2019Alg\u00e9rie est aussit\u00f4t contest\u00e9e: d\u00e8s le 21 octobre 1982, le gouvernement marocain remet une note de protestation\u2026 Les autres \u00c9tats musulmans adoptent une attitude analogue. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises refusent de reconna\u00eetre toute valeur \u00e0 l\u2019accord intervenu entre M. Boubakeur et l\u2019Alg\u00e9rie.\u00bb (Alain Boyer, \u00abL\u2019Institut musulman de la Mosqu\u00e9e de Paris\u00bb, CHEAM, 1993, p. 49)<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une direction alg\u00e9rienne incarn\u00e9e par deux recteurs affili\u00e9s au FLN, la mosqu\u00e9e passa sous la gestion de Dalil Boubakeur, fils de Hamza Boubakeur. Nomm\u00e9 recteur dans un contexte tendu, marqu\u00e9 par la d\u00e9cennie noire en Alg\u00e9rie et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 croissante en France apr\u00e8s 1992, Dalil Boubakeur poursuivit l\u2019h\u00e9ritage controvers\u00e9 de son p\u00e8re. Entre Hamza, qui d\u00e9clara la Mosqu\u00e9e de Paris comme propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, puis en offrit les cl\u00e9s au r\u00e9gime d\u2019Alger, et Dalil, qui consolida les liens avec l\u2019Alg\u00e9rie, les r\u00f4les se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s quasi interchangeables, t\u00e9moignant d\u2019une continuit\u00e9 dans la marginalisation de la l\u00e9gitimit\u00e9 historique marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>On comprend d\u00e8s lors que ce lieu de culte, qui fait l\u2019objet de toutes les attentions aujourd\u2019hui, soit devenu au fil des ans une antenne d\u2019influence au service du r\u00e9gime d\u2019Alger. Au point que la Grande Mosqu\u00e9e de Paris est consid\u00e9r\u00e9e comme la v\u00e9ritable ambassade de l\u2019Alg\u00e9rie en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Jillali El Adnani <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire sociale et religieuse ainsi que des questions territoriales.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire de la Mosqu\u00e9e de Paris, propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re du Maroc, est empreinte d\u2019un oubli persistant, marqu\u00e9 par des secrets tenaces sur les circonstances de sa fondation, et sur la mainmise de l\u2019Alg\u00e9rie sur ce lieu de culte. 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