{"id":3621,"date":"2025-02-24T12:41:17","date_gmt":"2025-02-24T11:41:17","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=3621"},"modified":"2025-02-24T12:57:00","modified_gmt":"2025-02-24T11:57:00","slug":"lyautey-et-le-sahara-un-combat-contre-la-fiction-du-terra-nullius","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/lyautey-et-le-sahara-un-combat-contre-la-fiction-du-terra-nullius\/","title":{"rendered":"Lyautey et le Sahara: un combat contre la fiction du \u00abterra nullius\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>D\u00e8s le 19\u00e8me si\u00e8cle, la France a cherch\u00e9 \u00e0 justifier son expansion coloniale en Afrique en imposant la notion de \u00abterra nullius\u00bb, niant ainsi toute souverainet\u00e9 ant\u00e9rieure sur le Sahara. Pourtant, l\u2019histoire et les archives d\u00e9montrent que le Maroc exer\u00e7ait son autorit\u00e9 sur ces territoires bien avant la colonisation. Notre chronique explore les preuves historiques qui attestent de la profondeur de cette souverainet\u00e9, notamment \u00e0 travers les analyses du g\u00e9n\u00e9ral Lyautey et les conf\u00e9rences intercoloniales du d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3434\" style=\"width:368px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Pr. Jillali El Adnani<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pour mettre sur les rails de la colonisation sa politique expansionniste, la France a, d\u00e8s le trait\u00e9 de Lalla Maghnia sign\u00e9 en 1845, forg\u00e9 le principe de d\u00e9sert, Khal\u00e2, qui, en l\u2019espace de quelques d\u00e9cennies, deviendra une norme juridique sous le nom de terra nullius. Entre 1860 et 1890, la France fut t\u00e9moin de l\u2019autorit\u00e9 sultanienne s\u2019\u00e9tendant d\u2019In Salah, au c\u0153ur du pays Touar\u00e8gue, jusqu\u2019\u00e0 Ghat, \u00e0 la fronti\u00e8re de l\u2019actuelle Alg\u00e9rie et de la Libye. Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, les gouverneurs g\u00e9n\u00e9raux en Alg\u00e9rie ont, tant\u00f4t cherch\u00e9 \u00e0 s\u2019appuyer sur le pouvoir du Sultan du Maroc pour instaurer un syst\u00e8me de protectorat, tant\u00f4t ni\u00e9 ce pouvoir afin de le remplacer par la notion de terra nullius ou par celle de zone d\u2019influence alg\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais comment ce concept colonial est-il devenu, en 1975, la question centrale \u00e0 laquelle le Maroc devait r\u00e9pondre devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour attester de ses liens historiques et politiques avec ses provinces sahariennes?<\/p>\n\n\n\n<p>Ni la litt\u00e9rature ni l\u2019historiographie marocaine n\u2019ont jamais con\u00e7u le d\u00e9sert comme une norme juridique signifiant l\u2019absence de pouvoir politique. Les terres et les populations sahariennes \u00e9taient r\u00e9gies par une juridiction sp\u00e9cifique, adapt\u00e9e au nomadisme et aux structures s\u00e9dentaires des oasis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ainsi parlaient les archives secr\u00e8tes de la marocanit\u00e9 du Sahara!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9fense des droits historiques du Maroc sur les territoires sahariens, affirm\u00e9e lors des conf\u00e9rences d\u2019Alger et de Rabat en 1924, puis de Marrakech en 1925, pr\u00e9c\u00e9dait de loin la r\u00e9solution 1515 des Nations unies de 1975. Le m\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9 alors par le Royaume du Maroc r\u00e9affirmait que \u00abtoute tentative visant \u00e0 d\u00e9truire partiellement ou totalement l\u2019unit\u00e9 nationale et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale d\u2019un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations unies.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe de terra nullius, qui avait pr\u00e9valu dans la pratique coloniale fran\u00e7aise, ne correspondait pas aux m\u00e9thodes employ\u00e9es par l\u2019Espagne dans la r\u00e9gion. Cette derni\u00e8re avait, au contraire, pris en compte l\u2019h\u00e9ritage des institutions coutumi\u00e8res, notamment en s\u2019appuyant sur la bey\u2019a pour faciliter les arbitrages. En concertation avec les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, qui avaient d\u00fb adopter une approche similaire, cette pratique \u00e9tait progressivement devenue la norme pour arbitrer les conflits dans les zones tampons, notamment dans celles qui s\u00e9paraient l\u2019Adrar des zones d\u2019influence des Reguibat et des Ouled Dlim. Les autorit\u00e9s coloniales des deux pays n\u2019avaient pas eu d\u2019autre choix que de s\u2019impliquer dans des r\u00e9conciliations et dans une meilleure compr\u00e9hension des limites sociales et culturelles qui r\u00e9sultaient principalement des mouvements pastoraux de tribus de Mauritanie et du Rio de Oro (les Ahl Sahel), qui ignoraient les fronti\u00e8res entre les deux territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion europ\u00e9enne de fronti\u00e8re, telle qu\u2019elle est appliqu\u00e9e aujourd\u2019hui, remonte au 15\u00e8me si\u00e8cle. Elle concerne les fronti\u00e8res des territoires et des \u00c9tats. Ce concept avait \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9 au Sahara puisque la fronti\u00e8re de la Tafna, h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019\u00e9poque turque et adopt\u00e9e lors du trait\u00e9 de Lalla Maghnia de 1845 entre la France et le Maroc, ne donnait pas de possibilit\u00e9s d\u2019expansion dans les r\u00e9gions sahariennes. Les documents \u00e9tablis par les gouverneurs g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Alg\u00e9rie le prouvent. Une confirmation en est \u00e9galement donn\u00e9e par les t\u00e9moignages du commandant A.G.P Martin en 1924. \u00c0 cette \u00e9poque, les fronti\u00e8res sahariennes du Maroc se d\u00e9finissaient plus par les populations et tribus qu\u2019il englobait que par des fronti\u00e8res bien d\u00e9limit\u00e9es. Les fronti\u00e8res, selon le concept occidental, \u00e9taient, de ce fait, ignor\u00e9es par les tribus du Sahara et volontairement oubli\u00e9es par les autorit\u00e9s coloniales. Celles-ci, en effet, ne cessaient de rappeler qu\u2019il ne fallait pas prendre en consid\u00e9ration des fronti\u00e8res, mais surveiller et suivre les tribus dans leurs mouvements et d\u00e9placements. Ce principe ne faisait, en fait, que se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la politique traditionnelle que le makhzen appliquait dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es ou peu accessibles, en particulier, les r\u00e9gions montagneuses et sahariennes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey et le pouvoir sultanien en Afrique du Nord<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les th\u00e9oriciens de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique furent des d\u00e9fenseurs acharn\u00e9s du concept de terra nullius pour asseoir la domination coloniale fran\u00e7aise en Afrique, notamment en Alg\u00e9rie et en Afrique-Occidentale fran\u00e7aise (AOF), le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey, lui, s\u2019opposait \u00e0 cette vision. Il consid\u00e9rait que la m\u00e9tropole m\u00e9connaissait les r\u00e9alit\u00e9s marocaines. Selon lui, le Sultan pouvait incarner un centre de pouvoir en Afrique du Nord, son autorit\u00e9 s\u2019\u00e9tendant du Nord-Ouest jusqu\u2019aux confins de l\u2019Afrique noire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Voici ce qu\u2019il exprime \u00e0 ce propos:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abCela tient sans doute \u00e0 ce que cette race marocaine, si bien dou\u00e9e au point de vue commerce et affaires, ressent davantage les bienfaits de son association avec nous que l\u2019Alg\u00e9rien. Mais cela tient surtout \u00e0 ce que, loin d\u2019\u00eatre abandonn\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, et, de ce fait, \u00e0 toutes les suggestions hostiles, elle a ici un axe\u00a1 un chef religieux, le Sultan, sur qui ses yeux se tournent instinctivement et qu\u2019elle voit entour\u00e9 par nous d\u2019\u00e9gards dont elle nous est reconnaissante comme d\u2019un t\u00e9moignage permanent de notre respect pour ses croyances. Elle trouve l\u00e0 une satisfaction \u00e0 un besoin primordial pour longtemps chez les populations musulmanes. C\u2019est ce qui l\u2019emp\u00eache de regarder ailleurs, comme les Musulmans d\u2019autres pays qui, faute d\u2019avoir sous les yeux cette personnification tangible de leur foi, la cherchent, eux, ailleurs. Je crois qu\u2019il n\u2019y a pas pour la France de meilleur politique que de pers\u00e9v\u00e9rer dans cette voie, que le Sultan reste au contraire le plus efficace des atouts dans notre main, et que nous aurions le plus grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 rattacher \u00e0 cet axe tut\u00e9laire tout notre syst\u00e8me africain.\u00bb (Mar\u00e9chal Lyautey, \u00abLettres du Maroc, la question du Khalifat\u00bb, Revue des deux mondes, 15 janvier 1956, pp. 193-205)<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9crite par le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey n\u2019a rien d\u2019artificiel, contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirmaient certains sp\u00e9cialistes. Ce constat a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 corrobor\u00e9 par des observations similaires dans le Touat et l\u2019ensemble du Sahara oriental, o\u00f9 le r\u00e9gime makhz\u00e9nien est rest\u00e9 solidement enracin\u00e9, m\u00eame apr\u00e8s l\u2019annexion de ces territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Un document officiel ci-dessous reconna\u00eet que les autorit\u00e9s coloniales ont repris \u00e0 leur compte les m\u00eames familles du makhzen pour administrer ces r\u00e9gions sahariennes, pourtant qualifi\u00e9es de terra nullius. Il mentionne notamment la nomination d\u2019un notable issu d\u2019une famille makhzen ayant servi le Sultan avant l\u2019occupation fran\u00e7aise de la r\u00e9gion de B\u00e9ni-Abb\u00e8s. Cette localit\u00e9, situ\u00e9e sur l\u2019axe reliant le Touat \u00e0 Tombouctou, constituait un carrefour strat\u00e9gique entre le Nord et le Sahel.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"756\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/1.png?resize=756%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3622\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/1.png?resize=756%2C1024&amp;ssl=1 756w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/1.png?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/1.png?resize=768%2C1040&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/1.png?w=780&amp;ssl=1 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-black-color\">Document officiel o\u00f9 les autorit\u00e9s coloniales ont d\u00e9cid\u00e9 de reprendre \u00e0 leur compte les m\u00eames familles du makhzen pour administrer ces r\u00e9gions sahariennes, pourtant qualifi\u00e9es de terra nullius. ANOM, Aix-en-Provence, GGA, 21H45.<\/mark><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La d\u00e9fense de Lyautey de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale entre 1912 et 1925 est un t\u00e9moignage capital sur l\u2019espace marocain lors de la mise en place du syst\u00e8me colonial: protectorat au Maroc et colonie en Alg\u00e9rie. Cet \u00e9pisode et surtout celui qui surviendra apr\u00e8s la fin de son mandat seront marqu\u00e9s par une agression caract\u00e9ris\u00e9e de cette m\u00eame int\u00e9grit\u00e9, pourtant soutenue dans les trait\u00e9s internationaux de 1880, 1906, 1911 et 1912.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lyautey et la fronti\u00e8re du Maroc avec l\u2019AOF<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Li\u00e9e au Maroc par un trait\u00e9 de protectorat sign\u00e9 le 30 mars 1912, la France, \u00e0 travers son minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, veilla au respect de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale et politique du Royaume. La plupart des r\u00e9sidents g\u00e9n\u00e9raux ayant exerc\u00e9 au Maroc d\u00e9fendirent ce principe, et Lyautey, en particulier, s\u2019attacha \u00e0 prot\u00e9ger les territoires dissidents tout en menant une politique de sauvegarde des r\u00e9gions sahariennes marocaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Conscient de l\u2019\u00e9tendue historique de l\u2019empire ch\u00e9rifien, Lyautey alla jusqu\u2019\u00e0 qualifier son rempla\u00e7ant \u00e0 la t\u00eate du commandement d\u2019A\u00efn Sefra, en Alg\u00e9rie, de \u00abcinqui\u00e8me grand dissident du Maroc\u00bb (Olivier Vergniot, \u00abTindouf, un point d\u2019\u00e9quivoque\u00bb, REMMM, N\u00b0 41-42, 1986, pp. 119-135, p. 122). Le g\u00e9n\u00e9ral estimait que ce territoire relevait du domaine souverain du Sultan.<\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey n\u2019a jamais d\u00e9sarm\u00e9 et tout en approuvant le programme de liaison saharienne entre l\u2019Alg\u00e9rie et l\u2019AOF, il faisait part de son regret que le Maroc ne puisse y participer, relevant toutefois que la carence du Maroc en zone saharienne n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e \u00e0 durer. Il recommandait d\u2019agir sans heurter ces tribus ni dans leurs coutumes ni dans leurs croyances qui les rattachent incontestablement au Maroc et \u00e0 l\u2019ob\u00e9dience spirituelle de son ch\u00e9rif. Pour Lyautey, Beraber et R\u00e9guibat \u00e9taient d\u2019ob\u00e9dience marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9p\u00eache qui suit \u00e9mane du g\u00e9n\u00e9ral Lyautey en 1924 et prouve que l\u2019autorit\u00e9 du khalifa sultanien, qui est le repr\u00e9sentant du Sultan \u00e0 Rabat, s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019au Rio de Oro:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"787\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/2.png?resize=787%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3623\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/2.png?resize=787%2C1024&amp;ssl=1 787w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/2.png?resize=231%2C300&amp;ssl=1 231w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/2.png?resize=768%2C999&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/2.png?w=798&amp;ssl=1 798w\" sizes=\"auto, (max-width: 787px) 100vw, 787px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-black-color\">Le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey signale que l\u2019autorit\u00e9 du khalifa sultanien, qui est le repr\u00e9sentant du sultan \u00e0 Rabat, s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019au Rio de Oro. D\u00e9p\u00eache N\u00b02323, 8 d\u00e9cembre 1924, Archives de La Courneuve, Maroc, Carton 166.<\/mark><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"808\" height=\"488\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/3.png?resize=808%2C488&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3624\" style=\"width:520px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/3.png?w=808&amp;ssl=1 808w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/3.png?resize=300%2C181&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/3.png?resize=768%2C464&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/3.png?resize=780%2C470&amp;ssl=1 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 808px) 100vw, 808px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-black-color\">Le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey signale que l\u2019autorit\u00e9 du khalifa sultanien, qui est le repr\u00e9sentant du sultan \u00e0 Rabat, s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019au Rio de Oro (page suivante). D\u00e9p\u00eache N\u00b02323, 8 d\u00e9cembre 1924, Archives de La Courneuve, Maroc, Carton 166.<\/mark><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lyautey et les usages par les Espagnols du pouvoir sultanien au Sahara<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lyautey s\u2019appuyait sur les r\u00e9sultats des conf\u00e9rences d\u2019Alger en 1923 et Rabat en 1924 qui \u00e9taient unanimes sur la question du droit du Maroc \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ses r\u00e9gions sahariennes. C\u2019\u00e9tait le temps des conf\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me conf\u00e9rence nord-africaine de Rabat s\u2019est tenue en 1925 \u00e0 Rabat sous les auspices du Mar\u00e9chal Lyautey, qui a ouvert la s\u00e9ance d\u2019ouverture au nom du sultan Mouley Youssef, en pr\u00e9sence de Saint, r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de Tunisie et Stegg, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alg\u00e9rie. La premi\u00e8re conf\u00e9rence s\u2019\u00e9tait tenue en Alg\u00e9rie un an auparavant. Ces conf\u00e9rences \u00e9taient con\u00e7ues pour rapprocher les points de vue et permettre aux trois gouverneurs de la colonie alg\u00e9rienne et des deux protectorats, le Maroc et la Tunisie, l\u2019\u00e9change d\u2019id\u00e9es et la coordination des projets respectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette deuxi\u00e8me conf\u00e9rence a trait\u00e9 de la question du Sahara occidental (\u00e0 l\u2019exception du Sahara espagnol) et a adopt\u00e9 la position prise lors de la premi\u00e8re conf\u00e9rence \u00e0 Alger: \u00abPassant \u00e0 l\u2019examen de la question du Sahara occidental entre l\u2019Alg\u00e9rie, le Maroc et l\u2019AOF, le Mar\u00e9chal Lyautey et M. Steeg ont propos\u00e9 de maintenir la motion adopt\u00e9e \u00e0 la conf\u00e9rence d\u2019Alger: \u00ab Le Sahara occidental est une vaste r\u00e9gion qui constitue l\u2019hinterland de l\u2019Alg\u00e9rie, du Maroc et de l\u2019AOF. Sa r\u00e9partition entre les colonies et le protectorat n\u2019existe pas. L\u2019Alg\u00e9rie ne fait, en effet, aucune difficult\u00e9 pour reconna\u00eetre au Maroc un arri\u00e8re-pays saharien et tous les actes de son administration ont jusqu\u2019ici confirm\u00e9 ce point de vue\u00bb. (Afrique fran\u00e7aise, \u00abBulletin du Comit\u00e9 d\u2019Afrique fran\u00e7aise et du Comit\u00e9 du Maroc\u00bb, 34\u00e8me ann\u00e9e, avril 1924, N\u00b0 4, pp. 275-283, p. 278)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce panorama sur la r\u00e9alit\u00e9 politico-spirituelle du pouvoir sultanien au Sahara occidental se combine parfaitement avec le tableau politique que dresse le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey en 1924 pour attester que le Sahara oriental n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un terra nullius et que les sultans marocains y r\u00e9gnaient en ma\u00eetre. C\u2019est ainsi que le miroir de la l\u00e9gitimit\u00e9 politique du Maroc se refl\u00e8te \u00e0 merveille dans celui du Sahara occidental, pourtant occup\u00e9 par l\u2019Espagne. Le rapport de 11 pages envoy\u00e9 le 4 f\u00e9vrier 1924 au g\u00e9n\u00e9ral Lyautey par le Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du protectorat, pour d\u00e9fendre ses positions vis-\u00e0-vis du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alg\u00e9rie et de la M\u00e9tropole en dit long sur les injustices commises \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc:<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"701\" height=\"927\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/4.png?resize=701%2C927&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3625\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/4.png?w=701&amp;ssl=1 701w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/4.png?resize=227%2C300&amp;ssl=1 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 701px) 100vw, 701px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-black-color\">Page du rapport du 4 f\u00e9vrier 1924 adress\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral Lyautey par le Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Protectorat, pour d\u00e9fendre ses positions vis-\u00e0-vis du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alg\u00e9rie et de la M\u00e9tropole. ANOM, FGGA, 1H70.<\/mark><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui explique pourquoi le Maroc n\u2019a pas connu la crise de souverainet\u00e9 qui a frapp\u00e9 l\u2019Occident entre 1914 et 1945, mais au contraire c\u2019est cette p\u00e9riode qui a vu se d\u00e9velopper une magnification de la figure du Sultan, magnification dont le nationalisme a tir\u00e9 profit tant dans les r\u00e9gions du Nord que celles du Sahara.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Pr. Jillali El Adnani<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s le 19\u00e8me si\u00e8cle, la France a cherch\u00e9 \u00e0 justifier son expansion coloniale en Afrique en imposant la notion de \u00abterra nullius\u00bb, niant ainsi toute souverainet\u00e9 ant\u00e9rieure sur le Sahara. Pourtant, l\u2019histoire et les archives d\u00e9montrent que le Maroc exer\u00e7ait son autorit\u00e9 sur ces territoires bien avant la colonisation. 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