{"id":3700,"date":"2025-03-07T16:56:42","date_gmt":"2025-03-07T15:56:42","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=3700"},"modified":"2025-03-07T16:56:47","modified_gmt":"2025-03-07T15:56:47","slug":"le-sahel-lyautey-et-lintegrite-territoriale-du-maroc-histoire-de-la-ligne-fictive-de-niamey","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/le-sahel-lyautey-et-lintegrite-territoriale-du-maroc-histoire-de-la-ligne-fictive-de-niamey\/","title":{"rendered":"Le Sahel, Lyautey et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc: histoire de la ligne fictive de Niamey"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3412\" style=\"width:359px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Jillali El Adnani<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 des projets terroristes menacent la stabilit\u00e9 du Maroc, l\u2019histoire secr\u00e8te du Sahel se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers une fronti\u00e8re \u00e9nigmatique. Entre la ligne fictive de Niamey et l\u2019expansion de la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne vers l\u2019Atlantique, se dessinent des tensions et intrigues qui perdurent depuis pr\u00e8s de deux si\u00e8cles. Derri\u00e8re une g\u00e9opolitique moderne se cache l\u2019h\u00e9ritage d\u2019une ligne trac\u00e9e dans un bureau militaire \u00e0 Niamey. Le pass\u00e9 g\u00e9opolitique du Sahel refait surface et voici son histoire.<br>Les projets terroristes qui ont failli secouer le Maroc ces derniers jours m\u00e9ritent qu\u2019on revienne sur la r\u00e9gion du Sahel, \u00e0 travers la ligne fictive dite de Niamey (1905-1909) et, surtout, \u00e0 partir de la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne qui n\u2019a cess\u00e9 d\u2019avancer vers l\u2019Atlantique entre 1845 et 1962. Ces fronti\u00e8res, et surtout les r\u00e9gions sahariennes amput\u00e9es du territoire marocain, sont li\u00e9es, tant sur le plan ethnique qu\u2019\u00e9conomique, au Maroc. Cependant, de 1845 \u00e0 nos jours, le croisement de la ligne de Niamey et de la fronti\u00e8re alg\u00e9ro-marocaine, au sud de Tindouf, est la source de toutes les tensions, intrigues, s\u00e9paratismes et trafics en tout genre. Notre objectif est de d\u00e9montrer comment et pourquoi une ligne trac\u00e9e dans un bureau militaire \u00e0 Niamey a trouv\u00e9 son prolongement au sud de Tindouf afin de d\u00e9boucher sur l\u2019Oued Noun sur l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"572\" height=\"406\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1.jpg?resize=572%2C406&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3701\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1.jpg?w=572&amp;ssl=1 572w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1.jpg?resize=300%2C213&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La carte de 1902 montrant les t\u00e2tonnements de la France pour annexer les territoires marocains. ANOM, Aix-en-Provence, Fonds GGA, 1H44.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Avant la ligne de Niamey 1905-1909: Tindouf et la Saoura \u00e9taient marocains<br><\/strong>Cette carte montre que les premiers trac\u00e9s qui furent ceux de 1902 \u00e0 1905 visaient les mines de sel et l\u2019organisation de l\u2019Azala\u00ef, caravane du sel qui fournit cette denr\u00e9e rare \u00e0 toute l\u2019Afrique noire. La ligne fictive avait deux possibilit\u00e9s comme le montre la carte: le premier est un trac\u00e9 qui se dirige vers le Tafilalt et le second qui vise le Cap Oued Noun. L\u2019objectif fut de couper toute liaison entre le Maroc et l\u2019Afrique occidentale.<br>Plus tard, la ligne de Niamey adopt\u00e9e en 1905, 1909 et 1911 servira surtout la jonction entre la Colonie Alg\u00e9rie et celle de l\u2019Afrique occidentale. Cette m\u00eame fronti\u00e8re contre la l\u00e9galit\u00e9 du trait\u00e9 international, sign\u00e9 entre le Maroc et la France en 1901 \u00e0 Paris, servira la pr\u00e9servation des richesses mini\u00e8res comme c\u2019est le cas de la mine de fer de Gara Djebilet.<br>Le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey a fait une d\u00e9claration sur cette ligne allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Oued Noun et l\u2019a rejet\u00e9e comme le montre la note de service qui lui avait \u00e9t\u00e9 destin\u00e9e en 1924. Le document ci-dessous est un rejet des trac\u00e9s de la carte:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1059\" src=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/https___cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com_le360_T7JKWZRD7JHBJBFMVHMKUHOMQA.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-3702\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Note \u00e9tablie par le service du Protectorat et destin\u00e9e au R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral Lyautey en vue de d\u00e9fendre l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc face \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie et au minist\u00e8re de la Guerre. ANOM, FGGA, 1H70.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La ligne de Niamey : \u00e7a servait \u00e0 quoi !<br><\/strong>Cette ligne qui consistait en 1905-1909 \u00e0 contr\u00f4ler les Touar\u00e8gues et les armes qui circuleraient entre l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger allait, lorsque la France coloniale a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019annexer des territoires marocains \u00e0 sa province alg\u00e9rienne, devenir une ligne spectaculaire de partage (notre conflit aujourd\u2019hui avec l\u2019Alg\u00e9rie) et remonter en direction de l\u2019Oued Noun et englober ainsi les territoires marocains. Hormis le trait\u00e9 international de 1901-1902 sign\u00e9 entre le Maroc et la France et qui reconnait une fronti\u00e8re au Maroc depuis Igli jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, tous les trait\u00e9s et conventions fran\u00e7ais n\u2019ont pas concern\u00e9 le Maroc comme l\u2019affirme en 1924, le mar\u00e9chal Lyautey au pr\u00e9sident du Conseil: \u00abLa convention de Niamey, \u00e0 laquelle fait allusion monsieur Maginot, compl\u00e8te un accord de principe du 7 juin 1905, qui est un simple arrangement entre les minist\u00e8res de l\u2019Int\u00e9rieur et les Colonies, en vue de fixer la limite s\u00e9parative des Zones d\u2019influences respectives de l\u2019Alg\u00e9rie et de l\u2019Afrique-Occidentale fran\u00e7aise. Ces accords sont de simples compromis entre deux colonies fran\u00e7aises, qui ne peuvent modifier la d\u00e9limitation du Maroc, qui n\u2019y a jamais \u00e9t\u00e9 partie\u00bb. Voici le document:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1026\" src=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/3-2.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-3705\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>Lettre envoy\u00e9e par le r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral Lyautey le 8 avril 1924 \u00e0 Monsieur le pr\u00e9sident du Conseil, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res sur le caract\u00e8re fictif de la ligne de Niamey. Archives de La Courneuve, Carton 166, ANOM, Aix-en-Provence, 1H70.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9claration importante montre comment par un simple compromis, la France a impos\u00e9 une fronti\u00e8re trac\u00e9e pour mettre fin aux trafics d\u2019armes parmi les tribus touar\u00e8gues, allait servir de ligne qui porte un pr\u00e9judice \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc et \u00e0 sa fronti\u00e8re avec l\u2019Afrique-Occidentale fran\u00e7aise (AOF), reconnue par l\u2019Acte d\u2019Alg\u00e9siras et aussi par le trait\u00e9 franco-allemand du 4 novembre 1911.<br>Quelle le\u00e7on d\u2019histoire peut-on tirer d\u2019une ligne fronti\u00e8re devenue poreuse pour des trafics en tout genre? Cette fronti\u00e8re ou plut\u00f4t la non-fronti\u00e8re a une opportunit\u00e9 pour convertir les tensions et les guerres en un partenariat strat\u00e9gique gr\u00e2ce \u00e0 la proposition marocaine voulue par Sa Majest\u00e9 de d\u00e9senclaver la r\u00e9gion du Sahel. La ligne de fronti\u00e8re risque de se transformer en horizon pour une coop\u00e9ration Sud-Sud et aussi Est-Ouest.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Histoire d\u2019une fronti\u00e8re fictive<br><\/strong>Un retour sur la ligne de Niamey adopt\u00e9e en 1905 puis le 20 juin 1909, mais ent\u00e9rin\u00e9 par Aristide Briand (1862-1932), le pr\u00e9sident du Conseil le 16 ao\u00fbt 1911 n\u2019est qu\u2019une ligne fictive si on croit le droit international \u00e9voqu\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey, alors r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral du Maroc sous le Protectorat, pour faire face \u00e0 cette annexion territoriale dont a \u00e9t\u00e9 victime le Maroc entre 1901 et 1924. Cette ligne allait spolier le territoire marocain (le d\u00e9partement des Oasis plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 savoir Touat, Gourara, etc.) dont la marocanit\u00e9 est attest\u00e9e par les historiens. Cette ligne conventionnelle n\u2019est pas un trait\u00e9 international, puisqu\u2019elle fut trac\u00e9e dans un bureau \u00e0 Niamey pour des officiers fran\u00e7ais. Cette convention sera retenue officiellement et sign\u00e9e depuis Ain Saleh, par le colonel Laperrine et depuis Niamey, par Ronget. Ce trac\u00e9 fera l\u2019objet d\u2019une convention qui fut sign\u00e9 en 1905 par le ministre des colonies, Etienne Cl\u00e9mentel, et par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Eug\u00e8ne Etienne, repr\u00e9sentant les d\u00e9partements d\u2019Alg\u00e9rie et ancien d\u00e9put\u00e9 d\u2019Oran.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eug\u00e8ne Etienne, le chef de file du projet appelant \u00e0 une annexion de territoires marocains au profit de l\u2019Alg\u00e9rie depuis 1898, voit son projet se r\u00e9aliser. La ligne de Niamey de 1905 et surtout la ligne de 1909 seront une revanche pour le parti colonial pour coloniser le Maroc depuis le Sud et donc depuis l\u2019Afrique occidentale. Si la ligne de Niamey de 1905 vise la d\u00e9limitation des fronti\u00e8res entre l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger, celle de 1909 sera une ligne de d\u00e9limitation qui concernera la fronti\u00e8re avec le Mali, le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie et la Mauritanie. Ce trait\u00e9 sera sign\u00e9 par le colonel Laperrine, commandant militaire du Territoire des Oasis et le lieutenant-colonel Venel, commandant du Territoire du Niger, le 20 juin 1909 \u00e0 Niamey.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, on pourrait constater que la ligne Tarfaya, Tindouf, Touat qu\u2019avait impos\u00e9e le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral Jules Cambon depuis 1897, ne pourrait \u00eatre r\u00e9elle suite aux partages territoriaux avec l\u2019Espagne. Seule, la ligne de Niamey de 1909 pourrait mettre fin \u00e0 toute pr\u00e9sence marocaine au sud de Tindouf et surtout en parall\u00e8le avec le Touat. Mais cette ligne de Niamey devenue r\u00e9elle apr\u00e8s les ind\u00e9pendances est rest\u00e9e effectivement fictive jusqu\u2019en 1955 puisque le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey a toujours d\u00e9fendu une fronti\u00e8re du Maroc avec l\u2019AOF et que le Commandement des confins d\u2019Agadir administrait jusqu\u2019en 1955 une partie des territoires sahariens sans prendre en compte la ligne de Niamey.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"673\" src=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/4.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-3706\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>Acte de l\u2019accord de Niamey 1909 ANOM, Aix-en-Provence, Fonds minist\u00e9riels, AFFPOL\/2321.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1127\" src=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-3707\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>Acte de l\u2019accord de Niamey 1909 ANOM, Aix-en-Provence, Fonds minist\u00e9riels, AFFPOL\/2321.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ligne d\u2019une annexion r\u00e9elle<br>La ligne de Niamey favorisera donc l\u2019annexion de la Saoura, la r\u00e9gion de Tindouf et de Erg Cheche alors que cette ligne fut trac\u00e9e \u00e0 l\u2019origine pour la poursuite des rezzous entre l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger. On peut lire dans la convention de Niamey ce qui suit: \u00abLe principe admis est que tout porteur d\u2019une arme \u00e0 feu doit \u00eatre muni d\u2019un port d\u2019arme d\u00e9livr\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 de son territoire d\u2019origine. Tout individu rencontr\u00e9 sur l\u2019un ou l\u2019autre Territoire sans port d\u2019arme, aura son arme confisqu\u00e9e\u2026 Les Campements Touaregs du Territoire Alg\u00e9rien, actuellement sur le Territoire du Niger, devront tout d\u2019abord \u00e9vacuer ce Territoire. Cette mesure est impos\u00e9e afin de leur faire comprendre l\u2019incorrection de leur conduite \u00e0 l\u2019\u00e9gard des officiers des deux Territoires\u00bb. Comment a-t-on pu impliquer le Maroc et son int\u00e9grit\u00e9 territoriale \u00e0 la suite d\u2019attaques arm\u00e9es des Touar\u00e8gues et tracer une ligne qui annexe d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9finitive le Sahara oriental au profit de l\u2019Alg\u00e9rie? Sachant que le d\u00e9partement de la Saoura fut dirig\u00e9 au moment m\u00eame de la signature de la ligne en 1905 et ensuite en 1909, par les anciens Pachas et Ca\u00efds ayant servi le Makhzen marocain depuis plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une ligne fictive devenue g\u00e9ostrat\u00e9gique puis obsol\u00e8te : retour \u00e0 la mine Gara Djebilet<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La carte tr\u00e8s secr\u00e8te r\u00e9alis\u00e9e en 1956 pour n\u00e9gocier une zone franche menant \u00e0 l\u2019Atlantique prouve que la ligne Trinquet de 1938 reconnait au moins le plateau de Kem-Kem, Merkala, Tindouf et Tinfouchy comme marocains. Cette carte en plus du rapport secret \u00e9tabli pour les membres de la commission fran\u00e7aise, confidentiel d\u00e9fense et mis \u00e0 jour en 1966, suite \u00e0 la guerre des sables et la question des armes massives procur\u00e9es par l\u2019Alg\u00e9rie tout au long de la fronti\u00e8re alg\u00e9ro-marocaine. Ce rapport r\u00e9v\u00e8le que la ligne de Niamey qui a servi depuis 1950 \u00e0 la pr\u00e9servation de la mine de fer Gara Djebilet au profit de la France, n\u2019a plus cette importance sans un d\u00e9bouch\u00e9 Atlantique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"569\" src=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/6.avif\" alt=\"\" class=\"wp-image-3708\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>Les Confins alg\u00e9ro-marocains, Annexe II, A, document Tr\u00e8s Secret. ANOM, Aix-en-Provence, Fonds minist\u00e9riels, AFFPOL\/2321.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La carte fut \u00e9tablie \u00e0 la suite de la r\u00e9cup\u00e9ration du Maroc de la zone de Tarfaya en 1958 et le projet de l\u2019exploitation commune du fer de Gara Djebilet propos\u00e9 au Maroc contre son adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Organisation commune des r\u00e9gions sahariennes ne fut qu\u2019un leurre puisque ce document class\u00e9 \u00abTr\u00e8s secret\u00bb d\u00e9voile la r\u00e9alit\u00e9 du minerai:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abLe Minerai de Fer \u00e0 Gara Djebilet au Sud Est de Tindouf. Ce gisement est \u00e0 forte teneur en phosphore et ne semble devoir \u00eatre int\u00e9ressant pour l\u2019Europe qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9puisement des gisements de Mauritanie\u00bb (\u00abTrait\u00e9s relatifs \u00e0 la p\u00e9riode allant de 1909 \u00e0 1966, Les Confins alg\u00e9ro-marocains\u00bb. Annexe II, A, ANOM, Aix-en-Provence, Fonds minist\u00e9riels, AFFPOL\/2321). Ce document et tant d\u2019autres confirment ce constat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la r\u00e9daction de ce rapport co\u00efncide avec cette course fr\u00e9n\u00e9tique vers l\u2019armement par l\u2019Alg\u00e9rie qui annonce depuis 1966 la possibilit\u00e9 d\u2019une guerre avec le Maroc au sujet du Rio de Oro. Mais les r\u00e9dacteurs n\u2019ont pas oubli\u00e9 de reconnaitre le caract\u00e8re obsol\u00e8te de la ligne de fronti\u00e8re puisque les r\u00e9gions de \u00abBechar et Tindouf sont ethniquement marocaines\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le caract\u00e8re fictif de la ligne de Niamey ne fait pas le poids devant le trait\u00e9 international de 1901 et 1902 qui reconnait la marocanit\u00e9 de Knadsa, Beni Ounif et la zone de l\u2019Oued Guir jusqu\u2019au Sud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport secret reconnait comme l\u2019avait fait le g\u00e9n\u00e9ral Lyautey en 1924 que: \u00abSe basant sur le protocole de 1901 et sur les conventions franco-espagnoles, certaines cartes marocaines (comprendre \u00e9tablies par la France), \u00e9dit\u00e9es de 1935 \u00e0 1951, fixent comme fronti\u00e8re une ligne droite allant d\u2019Igli au point d\u2019intersection du m\u00e9ridien 11\u00b0 Ouest de Paris et du parall\u00e8le 27\u00b040 de latitude Nord\u00bb. C\u2019est sur cette ligne d\u2019Igli que la fronti\u00e8re orientale du Maroc doit rejoindre l\u2019Afrique occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On l\u2019a dit, l\u2019axe Nord-Sud a, toujours, rempli un r\u00f4le crucial dans les \u00e9changes sociaux, commerciaux et politiques entre le Maroc, les r\u00e9gions du Sahara et de l\u2019Afrique subsaharienne. Sans discontinuer, il a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9 par les routes emprunt\u00e9es par les caravanes, par les explorateurs et par la colonisation elle-m\u00eame. Les archives des autorit\u00e9s coloniales le reconnaissent, depuis le temps des explorations jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc. La ligne de Niamey depuis son adoption n\u2019a cess\u00e9 de soulever les troubles dans la r\u00e9gion du Sahel et devait constituer un lieu de passage vers l\u2019oc\u00e9an Atlantique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr. Jillali El Adnani \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 des projets terroristes menacent la stabilit\u00e9 du Maroc, l\u2019histoire secr\u00e8te du Sahel se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers une fronti\u00e8re \u00e9nigmatique. Entre la ligne fictive de Niamey et l\u2019expansion de la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne vers l\u2019Atlantique, se dessinent des tensions et intrigues qui perdurent depuis pr\u00e8s de deux si\u00e8cles. 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