{"id":4382,"date":"2025-06-17T12:00:47","date_gmt":"2025-06-17T11:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=4382"},"modified":"2025-06-17T12:08:13","modified_gmt":"2025-06-17T11:08:13","slug":"le-maroc-royaume-de-toutes-les-tolerances-2identite-composite-vieille-de-4000-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/le-maroc-royaume-de-toutes-les-tolerances-2identite-composite-vieille-de-4000-ans\/","title":{"rendered":"Le Maroc, royaume de toutes les tol\u00e9rances (2): Identit\u00e9 composite vieille de 4000 ans"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"325\" height=\"245\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=325%2C245&#038;ssl=1\" alt=\"Dr Mohamed Chtatou\" class=\"wp-image-2019\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?w=325&amp;ssl=1 325w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dr Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au nord-est de la ville de Ksar Kab\u00eer, elle-m\u00eame situ\u00e9e au nord-ouest du Maroc, se trouve un village nomm\u00e9 Tatoft o\u00f9 r\u00e9side une confr\u00e9rie religieuse d\u2019un genre singulier&nbsp;: les <strong>Jahjoukas <\/strong><a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[i]<\/a> &nbsp;d\u2019Ahl Srif, <a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[ii]<\/a> un groupe qui pratique la musique spirituelle, <a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[iii]<\/a> une musique de tra nse cens\u00e9e gu\u00e9rir les fid\u00e8les qui sont poss\u00e9d\u00e9s par les esprits malfaisants, entre autres les <a><strong><em>jnoun<\/em><\/strong><\/a>. <a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[iv]<\/a> Ces preux musiciens sont les descendants du saint soufi Sidi Ahmed Cheikh venu apparemment du Machrek pour la pr\u00e9dication religieuse mais qui finit par s\u2019installer chez les Ahl Srif, des Amazighs\/Berb\u00e8res du Rif arabis\u00e9s, et leur apprendre les vertus du soufisme et l\u2019art d\u2019utiliser la musique pour gu\u00e9rir certaines maladies psychiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Maroc, la musique de transe joue un r\u00f4le important dans les rituels visant \u00e0 exorciser les djinns. Le groupe A\u00efss\u00e2wa est particuli\u00e8rement r\u00e9put\u00e9 pour sa musique spirituelle, qui comprend l&rsquo;utilisation d&rsquo;instruments traditionnels comme la <strong><em>ghaita<\/em><\/strong> (\u00e9galement connue sous le nom de <strong><em>mizmar<\/em><\/strong> ou <strong><em>zurna<\/em><\/strong>). Leurs rituels comprennent souvent la r\u00e9citation de litanies mystiques (<strong><em>dhikr<\/em><\/strong>) et l&rsquo;ex\u00e9cution de po\u00e8mes spirituels, facilitant un \u00e9tat de transe cens\u00e9 aider \u00e0 chasser les djinns.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Maroc les s\u00e9ances de musique transe pour chasser les <strong><em>jnoun <\/em><\/strong>sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes chez la population. Radi Saadia \u00e9crit dans ce sens&nbsp;: <a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[v]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019<\/em><em> <\/em><em>Quand la musique de transe commence, les poss\u00e9d\u00e9s dansent d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s lente et calme, puis commencent \u00e0 se lever en dansant, et l\u2019agitation devient progressivement plus au moins agressive&nbsp;; d\u2019autres se l\u00e8vent d\u2019un seul coup pour danser. Parfois, quand la musique s\u2019arr\u00eate, des poss\u00e9d\u00e9s tombent par terre en se tordant dans tous les sens et en criant. C\u2019est cette phase de dynamisme et d\u2019action que je nommerai \u00ab&nbsp;transe&nbsp;\u00bb, en suivant Rouget qui la d\u00e9finit comme un certain type d\u2019\u00e9tats \u00ab&nbsp;qui ne s\u2019obtiennent que dans le bruit, l\u2019agitation et la soci\u00e9t\u00e9 des autres&nbsp;\u00bb (1990, p.&nbsp;47). Cependant, l\u2019\u00e9tat de satisfaction totale que manifeste le poss\u00e9d\u00e9 apr\u00e8s l\u2019audition de son rythme favori, quand la voyante lui offre ce qu\u2019il d\u00e9sire ou plut\u00f4t ce que d\u00e9sire son djinn, je le nommerai \u00ab&nbsp;extase&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019encontre, cette fois, de Rouget qui d\u00e9finit celle-ci comme \u00e9tant \u00ab&nbsp;un certain type d\u2019\u00e9tats, disons seconds, atteints dans le silence, l\u2019immobilit\u00e9 et la solitude&nbsp;\u00bb (ibid.). En effet, l\u2019extase, aussi bien que la transe, peut avoir lieu dans le bruit et dans la soci\u00e9t\u00e9 des autres, mais dans un bruit moins violent que celui de la transe car il n\u2019y a plus de musique, et l\u2019agitation diminue sans exclure la soci\u00e9t\u00e9 des autres. Le poss\u00e9d\u00e9 en extase exprime et semble ressentir, alors, une jouissance extr\u00eame et une joie profonde, sans se pr\u00e9occuper de ce qui l\u2019entoure, comme s\u2019il \u00e9tait dans une solitude totale et compl\u00e8te&nbsp;; il est dans son propre monde et donne l\u2019impression de ne voir et de n\u2019entendre personne.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis, les <strong>Jahjoukas <\/strong>ont d\u00e9laiss\u00e9 l\u2019agriculture, leur occupation d\u2019antan, pour se donner corps et \u00e2me \u00e0 la musique spirituelle, <a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[vi]<\/a> en contrepartie de quoi ils re\u00e7oivent de leur tribu chaque ann\u00e9e, en \u00e9t\u00e9, des dons de graines et d\u2019argent pour leur r\u00f4le religieux de gardiens du mausol\u00e9e du saint en question et de sa musique ancestrale, en quelque sorte une d\u00eeme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour plusieurs marocains, les ma\u00eetres musiciens de <strong>Jahjouka<\/strong> sont de vulgaires <strong><em>ghaiatas<\/em> <a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\"><strong>[vii]<\/strong><\/a><\/strong> qui sillonnent les souks pour qu\u00e9mander de l\u2019argent aux paysans. Mais, en r\u00e9alit\u00e9 les <strong>Jahjoukas<\/strong> sont plus qu\u2019un groupe de musiciens de souks et de f\u00eates de mariage, de bapt\u00eame et de circoncision, ils sont un exemple vivant de la diversit\u00e9 culturelle au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour certains anthropologues, les <strong>Jahjoukas <a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\"><strong>[viii]<\/strong><\/a><\/strong> perp\u00e9tuent des traditions pr\u00e9islamiques qui datent du temps de l\u2019Empire romain, comme les rites annuels de la f\u00e9condit\u00e9 du calendrier agricole. Pour d\u2019autres, la <strong><em>ghaita<\/em><\/strong> de ce groupe leur rappelle la divinit\u00e9 ancienne de Pan <a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[ix]<\/a> et son amour pour le sexe et par cons\u00e9quent l\u2019abondance et la f\u00e9condit\u00e9. Pour les ethnomusicologues, ce groupe perp\u00e9tue une musique mill\u00e9naire unique au monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Ma\u00eetres Musiciens de Jahjouka ont une importance culturelle et historique significative. Leur musique est un m\u00e9lange d&rsquo;anciennes influences berb\u00e8res, arabes et africaines, pr\u00e9servant un riche patrimoine musical qui remonte \u00e0 plusieurs si\u00e8cles. Les musiciens se produisent souvent lors de c\u00e9r\u00e9monies religieuses et culturelles, m\u00ealant ainsi la musique aux rituels spirituels, qui sont essentiels aux traditions locales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Jacques Denis de <em>Lib\u00e9ration<\/em>, les Jahjoukas portent une identit\u00e9 vieille de 4000 ans&nbsp;: <a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[x]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019<\/em><em> <\/em><em>Longtemps, les musiciens du grand Nord sont venus s&rsquo;inspirer aupr\u00e8s de ces bardes marocains au pied du Rif, dans les montagnes au sud de Tanger. C&rsquo;est l\u00e0 que se trouve Jajouka, un bled b\u00e9ni de Dieu selon la coutume. C&rsquo;est l\u00e0 que Brian Jones, Ornette Coleman, Barney Wilen et les Rolling Stones sont venus, dans les \u00e9piques ann\u00e9es&nbsp;60 et&nbsp;70, kiffer aux sons envo\u00fbtants de la nira, la fl\u00fbte de bambou, ou de la ghaita, le hautbois du Maghreb, aux rythmes transcendants du luth-tambour ou du majestueux bendir. Tout comme Brion Gysin, le po\u00e8te beatnik William Burroughs fera le trip et, en pionnier, d\u00e9c\u00e8lera dans cette musique \u00e0 haute teneur tellurique un&nbsp;\u00abgroupe de rock&rsquo;n&rsquo;roll vieux de 4 000&nbsp;ans\u00bb.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le groupe s&rsquo;est fait conna\u00eetre au XXe si\u00e8cle lorsque des artistes comme Brian Jones des Rolling Stones ont contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre leur musique au public occidental. Cela a attir\u00e9 l&rsquo;attention non seulement sur leur son unique, mais aussi sur les pratiques culturelles marocaines. Leur musique a influenc\u00e9 de nombreux musiciens dans tous les genres, y compris le jazz, le rock et la musique du monde, d\u00e9montrant ainsi la port\u00e9e mondiale et la pertinence de leurs sons traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils jouent un r\u00f4le crucial dans le maintien et la transmission de l&rsquo;identit\u00e9 culturelle de la communaut\u00e9 Jahjouka dans le contexte de la modernisation et de la mondialisation. Les musiciens s&rsquo;engagent souvent dans des efforts \u00e9ducatifs pour partager leur tradition avec les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations et les publics du monde entier. Dans l&rsquo;ensemble, les ma\u00eetres musiciens de Jahjouka symbolisent un lien dynamique entre la tradition historique et l&rsquo;expression culturelle contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Ma\u00eetres Musiciens de <strong>Jahjouka <\/strong><strong>\u2d63\u2d30\u2d40\u2d4a\u2d53\u2d3d\u2d30<\/strong><strong> <\/strong>ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9s au grand public en 1968 par Brian Jones, le guitariste phare des \u00ab&nbsp;Rolling Stones&nbsp;\u00bb, qui avait enregistr\u00e9 des compositions de leurs <strong><em>ghaitas<\/em><\/strong> dans un album intitul\u00e9 \u00ab<strong>&nbsp;Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka&nbsp;<\/strong>\u00bb. De nombreux autres artistes, tels Jimmy Page, Ornette Coleman <a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[xi]<\/a> et Peter Gabriel les ont sollicit\u00e9s pour l\u2019originalit\u00e9 de leur musique. Le groupe a eu \u00e9galement une influence sur les po\u00e8tes et les \u00e9crivains de la g\u00e9n\u00e9ration <strong>\u00ab&nbsp;beat&nbsp;\u00bb<\/strong>, tels Williams Burroughs et Paul Bowles, qui les avaient rencontr\u00e9s \u00e0 Tanger. De m\u00eame, ces musiciens marocains apparaissent dans le film \u2018\u2019Un Th\u00e9 au Sahara\u2019\u2019 <a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[xii]<\/a> de Bernardo Bertolucci, sur une suggestion de Paul Bowles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui est important chez les <strong>Jahjoukas,<\/strong> beaucoup plus que chez d\u2019autres musiciens du m\u00eame genre c\u2019est que ce groupe a assimil\u00e9 avec succ\u00e8s, la diversit\u00e9 culturelle dans ses traditions musicales, culturelles et spirituelles. Les <strong>Jahjoukas<\/strong> <a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[xiii]<\/a> sont des adeptes de la musique soufie qui est cens\u00e9e lib\u00e9rer l\u2019\u00e2me de son enveloppe charnelle et lui permettre de planer en toute libert\u00e9 pour communiquer ouvertement avec autrui. De ce fait, leur musique est en r\u00e9alit\u00e9 une musique qui encourage le dialogue avec l\u2019autre. La preuve en est que de grands musiciens de renomm\u00e9e internationale tels Ravi Shankar, Randy Weston, Ornette Coleman et beaucoup d\u2019autres avaient fait le d\u00e9placement dans leur village pour les rencontrer et appr\u00e9cier de visu leur art ancestral.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le succ\u00e8s de la tradition <strong>Jahjouka<\/strong> <a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[xiv]<\/a> r\u00e9side dans le fait que leur musique, leurs transes et leurs pratiques religieuses ont r\u00e9ussi de fa\u00e7on remarquable \u00e0 surligner la fraternit\u00e9 des hommes et la concordance des cultures et non leur discordance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong><em>boujloudia <\/em><\/strong>nom d\u00e9riv\u00e9 de <strong><em>boujloud <\/em><\/strong>(Amazighe standard marocain : \u2d31\u2d49\u2d4d\u2d4e\u2d30\u2d61\u2d4f \u2d31\u2d53\u2d37\u2d4e\u2d30\u2d61\u2d4f bilmawen budmawen, en arabe : \u0628\u0648\u062c\u0644\u0648\u062f bujlud) est une f\u00eate c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les <strong>Jahjoukas<\/strong> chaque ann\u00e9e dans leur village avec virtuosit\u00e9, lors de la f\u00eate du mouton <strong>A\u00efd al-Adha<\/strong>. Cette f\u00eate de musique, de transe, de danse et de repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale c\u00e9l\u00e8bre la f\u00e9condit\u00e9, mais c\u2019est aussi une f\u00eate pour remercier Dieu pour la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ses dons en faveur del\u2019homme. Elle est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e partout dans l\u2019aire amazighe au Maroc et surtout \u00e0 Agadir lors d\u2019un festival grandiose. <a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[xv]<\/a> La <strong><em>boujloudia<\/em><\/strong> est en effet un point de rencontre entre la religion chr\u00e9tienne, dans ses concepts de chastet\u00e9 et de puret\u00e9 de l\u2019\u00e2me, et de la religion musulmane dans son asc\u00e9tisme, son sens du sacrifice et la b\u00e9n\u00e9diction divine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9alit\u00e9, la pratique de la <strong><em>boujloudia<\/em> <\/strong>remonte aux temps imm\u00e9moriaux dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Elle trouve son origine dans la mythologie grecque avec le dieu Pan qui \u00e9tait le protecteur des bergers, des troupeaux et de la nature et dont les ardeurs amoureuses lui valurent aussi le titre de divinit\u00e9 de la f\u00e9condit\u00e9. Dans plusieurs contr\u00e9es m\u00e9diterran\u00e9ennes, des c\u00e9l\u00e9brations ont lieu m\u00eame aujourd\u2019hui \u00e0 la fin du cycle agricole qui rappelle les rites de f\u00e9condit\u00e9 du dieu Pan dans le pass\u00e9. Pan est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par des danses de transe et des courses effr\u00e9n\u00e9es pour f\u00e9conder la nature et les \u00eatres humains pour l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette pratique pa\u00efenne f\u00fbt introduite au Maroc antique par les Romains dont le nom de ce dieu dans leur mythologie s\u2019appelait Lupercus. Depuis, cette pratique est entr\u00e9e de plein pied dans la culture populaire marocaine surtout parmi la population majoritairement rurale, pratiquant l\u2019agriculture pour sa subsistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui est int\u00e9ressant dans le temp\u00e9rament et la philosophie du marocain moyen \u00e0 travers l\u2019histoire c\u2019est son ouverture d\u2019esprit vis-\u00e0-vis de l\u2019autre et de sa culture m\u00eame si celle-ci est en contradiction avec ses croyances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le marocain, de nature, ne rejette rien de ce qui lui vient d\u2019ailleurs, il essaie de l\u2019assimiler \u00e0 sa fa\u00e7on et dans son contexte \u00e0 lui pour que cela ne puisse pas para\u00eetre en contradiction avec sa foi et sa tradition. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est une grande capacit\u00e9 d\u2019adaptation avec autrui et d\u2019acceptation de l\u2019autre&nbsp;: un don de multiculturalisme dynamique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Sidi Ahmed Sheikh, le grand soufi venu de l\u2019est arriva dans la localit\u00e9 de Tatoft au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, il f\u00fbt subjugu\u00e9 par la beaut\u00e9 de la r\u00e9gion et la sympathie de ses habitants qui \u00e9taient en majorit\u00e9 des Amazighs en cours d\u2019arabisation. Il leur enseigna la religion, en ce faisant il se rendit compte qu\u2019ils avaient un amour et un don pour la musique et pratiquaient des c\u00e9l\u00e9brations pa\u00efennes en fin d\u2019\u00e9t\u00e9. En bon soufi \u00e9pris d\u2019ouverture d\u2019esprit et de puret\u00e9 de l\u2019\u00e2me, Il assimila ses pratiques \u00e0 l\u2019Islam, et ainsi la c\u00e9l\u00e9bration du rite de f\u00e9condit\u00e9 f\u00fbt d\u00e9cal\u00e9e sur le calendrier de l\u2019H\u00e9gire pour co\u00efncider avec la f\u00eate du mouton. Sur ce, la f\u00eate f\u00fbt appel\u00e9e <strong><em>boujloudia<\/em> <\/strong>ou bien <strong><em>boujloud<\/em> <\/strong>en Arabe et <strong><em>bou-irmawen<\/em> <\/strong>ou <strong><em>bou-isrikhen<\/em><\/strong> en Tamazight, parce que le personnage principal du rite se v\u00eatit de peaux du mouton sacrifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre personnage principal de la pratique n\u2019est autre que la belle vierge du village que le dieu Pan essaie d\u2019amadouer pour b\u00e9n\u00e9ficier de ses faveurs sexuelles afin de la f\u00e9conder et f\u00e9conder la nature avec. Dans la tradition islamis\u00e9e du rite, cette femme est appel\u00e9e <strong>Aicha l-Hamqa<\/strong> \u00ab&nbsp;Aicha la folle&nbsp;\u00bb, pour dire la femme aux milles tentations afin d\u2019aseptiser en quelque sorte le rite et le rendre acceptable vis-\u00e0-vis de la <strong><em>chari\u2019a<\/em><\/strong> et imputer \u00e0 sa folie cet acte sexuel ill\u00e9gal, donc g\u00e9n\u00e9ralement non repr\u00e9sent\u00e9 dans les pratiques th\u00e9\u00e2trales musulmanes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au sujet de la musique mill\u00e9naire des Jahjouka, Eric Delahaye \u00e9crit dans <em>T\u00e9l\u00e9rama&nbsp;<\/em>: <a href=\"#_edn16\" id=\"_ednref16\">[xvi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019Sans doute Burroughs exag\u00e9ra-t-il quelque peu. Mais l&rsquo;histoire des musiciens de Jajouka est vieille comme le village, articul\u00e9 autour du sanctuaire de Sidi Ahmed Sheikh qui arriva de Perse en 1&nbsp;300 pour propager l&rsquo;Islam dans le nord marocain. Des p\u00e8lerins affluaient de tout le pays pour b\u00e9n\u00e9ficier de ses dons de gu\u00e9risseur. Les c\u00e9r\u00e9monies \u00e9taient rythm\u00e9es par une musique formalis\u00e9e dans les palais d&rsquo;Andalousie par la famille Attar, fondatrice de Jajouka apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9e d&rsquo;Espagne. Une musique hypnotique, interpr\u00e9t\u00e9e au moyen de percussions, de fl\u00fbtes de bambou et de gha\u00eftas (le hautbois arabe) que les villageois perp\u00e9tueront, en exer\u00e7ant les pouvoirs th\u00e9rapeutiques l\u00e9gu\u00e9s par Sidi Ahmed Sheikh.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Cette tradition mill\u00e9naire aurait pu ne jamais quitter les montagnes du Rif si la Beat Generation, curieuse d&rsquo;exp\u00e9riences psych\u00e9d\u00e9liques, n&rsquo;avait d\u00e9couvert son existence dans les vapeurs de kif. En 1968, Brion Gysin, qui avait ouvert un restaurant \u00e0 Tanger o\u00f9 les musiciens de Jajouka se produisaient tous les soirs, conduisit jusqu&rsquo;au village Brian Jones, encore guitariste des Rolling Stones. Lequel enregistra sept heures de bandes sur place, mati\u00e8re en 1971 de son album posthume&nbsp;Brian Jones presents&nbsp;: the pan pipes of Jajouka.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette pratique a \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre de William Shakespeare (1564-1616) <strong><em>Julius Caesar,<\/em><\/strong> \u00e9crite en 1606. En effet, dans l\u2019Acte 1 de la Sc\u00e8ne 2, Jules C\u00e9sar demanda \u00e0 Antonie, qui se pr\u00e9parait pour une course de pratique religieuse, de bien vouloir toucher de sa main Calprunia, sa femme st\u00e9rile, pour avoir des h\u00e9ritiers pour son vaste empire. <a href=\"#_edn17\" id=\"_ednref17\">[xvii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[i]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2020). Les Ma\u00eetres Musiciens Jajouka du Rif Occidental : Tradition Mill\u00e9naire Amazighe sans Pareil. Akal Press. Recup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/fr.akalpress.com\/5493-les-maitres-musiciens-jajouka-du-rif\/\">https:\/\/fr.akalpress.com\/5493-les-maitres-musiciens-jajouka-du-rif\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[ii]<\/a> Jahjouka d\u00e9signe un village du Maroc o\u00f9 vivent les ma\u00eetres musiciens de Jahjouka\/Jajouka, un groupe de musique traditionnelle masculine connu pour ses performances uniques qui m\u00ealent musique, transe et pratiques religieuses. Leur tradition a une importance culturelle significative et a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e dans plusieurs travaux acad\u00e9miques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[iii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (1986). The Magical World of the Master Musicians of Jahjouka.&nbsp; In <em>BRISMES Proceedings of the 1986 Conference on Middle Eastern Studies<\/em><strong>, <\/strong>L.D. Lanthan(ed.). Oxford&nbsp;: British Society of Middle Eastern Studies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[iv]<\/a> <strong><em>Jnoun<\/em><\/strong>, pl<strong><em>. jenn&nbsp;<\/em><\/strong>: esprits malfaisants dans la tradition culturelle orale et populaire marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[v]<\/a> Radi, S. (2013). Chapitre II. Les djinns. In&nbsp;<em>Surnaturel et soci\u00e9t\u00e9<\/em>&nbsp;(1\u2011). Rabat&nbsp;: Centre Jacques-Berque. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.cjb.482\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.cjb.482<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[vi]<\/a> And\u00e9zian, Sossie. (2000). Des formes sensibles de la religion. Dire la transe en islam mystique De l\u2019exp\u00e9rience au langage autoris\u00e9. <em>Varia, 111<\/em>, 25-40. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/assr.20219\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/assr.20219<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[vii]<\/a> <strong><em>Ghaiatas,<\/em><\/strong> pl. <strong><em>ghaiat&nbsp;<\/em><\/strong>: joueur d\u2019instrument \u00e0 musique \u00e0 air commun\u00e9ment appel\u00e9 <strong><em>ghaita.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[viii]<\/a> S. Davis, S. (1993).&nbsp; <em>Jajouka Rolling Stone&nbsp;: a Fable of Gods and Heroes<\/em>. New York&nbsp;: Random House.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce roman il narre la visite d\u2019un journaliste de <em>National Geographic<\/em> \u00e0 Jahjouka et ses efforts de publier un article sur leur musique et mode de vie. Il y parle aussi du d\u00e9veloppement de la carri\u00e8re internationale de ce groupe&nbsp;: visite de Brian Jones et enregistrement avec Randy Weston. Il parle aussi de la tradition musicale et th\u00e9\u00e2trale Jahjouka, l\u2019influence romaine, la <strong>boujloudia,<\/strong> le d\u00e9cret royal instituant le groupe officiellement, les perp\u00e9tuelles visites des musiciens \u00e9trangers, l\u2019homosexualit\u00e9, la marijuana. Il ach\u00e8ve cet ouvrage sur des interviews avec les multiples \u00ab&nbsp;<em>movers<\/em>&nbsp;\u00bb des Jahjouka&nbsp;: Brion Gysin, William Burroughs, Paul Bowles, Keith Richards et Mick Jagger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[ix]<\/a> Pan est une divinit\u00e9 de la mythologie grecque connue comme le dieu de la nature, des bergers et des troupeaux. Il incarne la musique rustique, souvent jou\u00e9e sur sa fl\u00fbte de Pan, et est souvent repr\u00e9sent\u00e9 comme une cr\u00e9ature mi-homme, mi-ch\u00e8vre. Pan est \u00e9galement associ\u00e9 \u00e0 la fertilit\u00e9 et est consid\u00e9r\u00e9 comme le compagnon des nymphes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cf. <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Philippe_Borgeaud\">&nbsp;Borgeaud<\/a>, Philippe. (1979).&nbsp;<em>Recherches sur le dieu Pan <\/em>(p. 16)<em>.<\/em> Rome&nbsp;: Institut suisse, Droz diffuseur, Bibliotheca Helvetica Romana XVII.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[x]<\/a> Denis, Jacques. (2020).&nbsp;The Master Musicians of Jajouka, transe g\u00e9n\u00e9rationnelle. <em>Lib\u00e9ration<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/musique\/2020\/05\/26\/the-master-musicians-of-jajouka-transe-generationnelle_1789468\/\">https:\/\/www.liberation.fr\/musique\/2020\/05\/26\/the-master-musicians-of-jajouka-transe-generationnelle_1789468\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[xi]<\/a> Williams, R.&nbsp;(1973, 17 Mars). Ornette and the Pipes of Jahjouka.&nbsp;<em>Melody Maker<\/em><strong>, <\/strong>22.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[xii]<\/a> \u2018\u2019The Sheltering Sky\/Th\u00e9 au Sahara\u2019\u2019 est un film dramatique de 1990 r\u00e9alis\u00e9 par Bernardo Bertolucci, avec Debra Winger et John Malkovich. Il est bas\u00e9 sur le roman \u00e9ponyme de 1949 et suit un couple d&rsquo;Am\u00e9ricains qui se rend en Afrique du Nord pour tenter de revitaliser leur relation, mais leurs efforts semblent vains au fur et \u00e0 mesure que le voyage se d\u00e9roule.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Schuyler, P. D.&nbsp;The Master Musicians of Jahjouka. <em>Natural History, 92<\/em>(10), 60-69.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Sabin, K. (2000). Moroccan Music: The \u00ab&nbsp;Foreign&nbsp;\u00bb and the \u00ab&nbsp;Familiar&nbsp;\u00bb&nbsp;: an Annotated Bibliography and Discography, term paper for Popular Culture in the Middle East (SOCIO 470). R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de http:\/\/users.ox.ac.uk\/~sant1114\/MoroccanMusic.htm&nbsp;#Jahjouka &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[xv]<\/a> Gharbi, Mishka. (2024). Agadir. Le carnaval \u00ab Biyelmawn \u00bb, porte-drapeau du patrimoine amazigh. <em>Le Courrier de l\u2019Atlas. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.lecourrierdelatlas.com\/agadir-le-carnaval-biyelmawn-porte-drapeau-du-patrimoine-amazigh\/\">https:\/\/www.lecourrierdelatlas.com\/agadir-le-carnaval-biyelmawn-porte-drapeau-du-patrimoine-amazigh\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Delhaye, Eric. (2016). Au Maroc, le village de Jajouka abrite le plus vieux groupe de rock du monde. <em>T\u00e9l\u00e9rama. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/sortir\/au-maroc-le-village-de-jajouka-abrite-le-plus-vieux-groupe-de-rock-du-monde,147163.php\">https:\/\/www.telerama.fr\/sortir\/au-maroc-le-village-de-jajouka-abrite-le-plus-vieux-groupe-de-rock-du-monde,147163.php<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\">[xvii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2018\u2019Caesar:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Calpurnia&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Calpurnia&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Here, my Lord<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Caesar&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Stand you directly in Antonius way,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>When he doth run his course. Antonius&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Antony&nbsp;<strong>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Caesar, my Lord&nbsp;?<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Caesar&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Forget not in your speed, Antonius<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>To touch Calpurnia&nbsp;; for our elderly say,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>The barren, touched in the holy chase<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Shake off their sterile.<\/em>\u2019\u2019<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[C\u00e9sar :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Calpurnia !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Calpurnia :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ici, mon Seigneur<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u00e9sar :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Place-toi directement sur le chemin d&rsquo;Antonius,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Quand il aura termin\u00e9 sa course. Antonius !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Antoine :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>C\u00e9sar, mon Seigneur ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u00e9sar :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>N&rsquo;oublie pas dans ta vitesse, Antonius<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>De toucher Calpurnia ; car nos vieux disent,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les st\u00e9riles, touch\u00e9s dans la sainte chasse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Se d\u00e9barrassent de leur st\u00e9rilit\u00e9.<\/em>]\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A suivre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><strong>Dr Mohamed Chtatou<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr Mohamed Chtatou Au nord-est de la ville de Ksar Kab\u00eer, elle-m\u00eame situ\u00e9e au nord-ouest du Maroc, se trouve un village nomm\u00e9 Tatoft o\u00f9 r\u00e9side une confr\u00e9rie religieuse d\u2019un genre singulier&nbsp;: les Jahjoukas [i] &nbsp;d\u2019Ahl Srif, [ii] un groupe qui pratique la musique spirituelle, [iii] une musique de tra nse cens\u00e9e gu\u00e9rir les fid\u00e8les qui &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4383,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[52,53],"class_list":["post-4382","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-le-maroc","tag-royaume-de-toutes-les-tolerances"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Maitres-Musiciens-de-Jahjouka.jpg?fit=566%2C380&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-18G","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4382","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4382"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4382\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4386,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4382\/revisions\/4386"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4382"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4382"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4382"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}