{"id":4437,"date":"2025-06-26T08:57:00","date_gmt":"2025-06-26T07:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=4437"},"modified":"2025-06-26T10:59:23","modified_gmt":"2025-06-26T09:59:23","slug":"le-maroc-royaume-de-toutes-les-tolerances-4-la-musique-spirituelle-curative","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/le-maroc-royaume-de-toutes-les-tolerances-4-la-musique-spirituelle-curative\/","title":{"rendered":"Le Maroc, royaume de toutes les tol\u00e9rances (4): La musique spirituelle curative"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tradition <strong>gnaoua<\/strong>, venu \u00e0 travers les \u00e2ges de l\u2019Afrique sub-saharienne s\u2019installer et prosp\u00e9rer au Maroc montre \u00e0 quel point ce pays carrefour est un vrai <em>melting pot<\/em>capable de s\u2019adapter et surtout d\u2019assimiler des pratiques et des influences venues d\u2019ailleurs soit du nord, riche et Chr\u00e9tien ou du sud, pauvre et Musulman et m\u00eame des fois \u00e0 chaque pays a sa propre histoire : des faits historiques, des \u00e9v\u00e9nements et des \u00e9tapes importantes qui ont donn\u00e9 au pays sa v\u00e9ritable valeur historique. <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"325\" height=\"245\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=325%2C245&#038;ssl=1\" alt=\"Dr Mohamed Chtatou\" class=\"wp-image-2019\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?w=325&amp;ssl=1 325w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/image.png?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dr Mohamed Chtatou<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tradition <strong>gnaoua<\/strong>, venu \u00e0 travers les \u00e2ges de l\u2019Afrique sub-saharienne s\u2019installer et prosp\u00e9rer au Maroc montre \u00e0 quel point ce pays carrefour est un vrai <em>melting pot<\/em>capable de s\u2019adapter et surtout d\u2019assimiler des pratiques et des influences venues d\u2019ailleurs soit du nord, riche et Chr\u00e9tien ou du sud, pauvre et Musulman et m\u00eame des fois \u00e0 chaque pays a sa propre histoire : des faits historiques, des \u00e9v\u00e9nements et des \u00e9tapes importantes qui ont donn\u00e9 au pays sa v\u00e9ritable valeur historique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;histoire d&rsquo;un pays fait partie des \u00e9v\u00e9nements jug\u00e9s dignes de m\u00e9moire, ce qui s&rsquo;applique parfaitement au Maroc. Avec plusieurs dynasties qui se sont succ\u00e9d\u00e9 au fil du temps : la dynastie Idrisside, la dynastie Almoravide, la dynastie Almohade, la dynastie M\u00e9rinide, la dynastie Saadienne et la dynastie Alaouite, le Maroc a acquis une renomm\u00e9e internationale en tant que pays multiculturel, avec plusieurs types de patrimoines reconnus comme patrimoine mondial par l&rsquo;UNESCO.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet l\u2019UNESCO pr\u00e9sente le patrimoine immat\u00e9riel des <strong>gnaoua<\/strong> comme suit&nbsp;: <a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[i]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019<\/em><em> <\/em><em>Le terme gnaoua se rapporte \u00e0 un ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confr\u00e9riques et de rituels \u00e0 vocation th\u00e9rapeutique o\u00f9 le profane se m\u00eale au sacr\u00e9. Le gnaoua est avant tout une musique confr\u00e9rique soufie g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 des paroles \u00e0 caract\u00e8re religieux, qui invoque les anc\u00eatres et les esprits. Pratiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019origine par des groupes et des individus issus de l\u2019esclavage et de la traite n\u00e9gri\u00e8re remontant au moins au XVIe si\u00e8cle, la culture gnaoua fait aujourd\u2019hui partie des multiples facettes de l\u2019identit\u00e9 culturelle marocaine. Les gnaoua, notamment ceux de la ville, pratiquent un rituel de possession th\u00e9rapeutique sous forme d\u2019une veill\u00e9e de rythmes et de transe o\u00f9 se m\u00ealent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berb\u00e8res autochtones. Les gnaoua de la campagne organisent des repas collectifs offerts aux saints maraboutiques. Certains gnaoua des villes utilisent un instrument de musique \u00e0 cordes et des crotales, alors que ceux de la campagne ont plus particuli\u00e8rement recours aux grands tambours et aux crotales. Dans les villes, les costumes sont color\u00e9s et brod\u00e9s tandis que les costumes du monde rural sont blancs et accompagn\u00e9s d\u2019accessoires. Le nombre de groupes confr\u00e9riques et de ma\u00eetres musiciens ne cesse de s\u2019accroitre dans les villages et les grandes villes du Maroc. Les groupes gnaoua forment des associations et organisent des festivals locaux, r\u00e9gionaux, nationaux et internationaux toute l\u2019ann\u00e9e. Cela permet aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations de d\u00e9couvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels li\u00e9s \u00e0 la culture du gnaoua.\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tradition <strong>gnaoua<\/strong> d\u00e9signe \u00e0 la fois un style musical et un groupe culturel du Maroc, issu de l&rsquo;Afrique subsaharienne. Elle se caract\u00e9rise par une musique vibrante, des rituels et des pratiques spirituelles, impliquant notamment un rituel appel\u00e9 \u00ab<strong><em> l\u00eela<\/em><\/strong> \u00bb, qui se d\u00e9roule pendant la nuit dans une maison ou une zaou\u00efa (un lieu saint). Ces rituels comprennent souvent des sacrifices d&rsquo;animaux et servent \u00e0 ouvrir et \u00e0 consacrer l&rsquo;espace pour les rassemblements communautaires. <a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[ii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>gnaoua <\/strong>ou<strong> gnawa<\/strong>, selon les translitt\u00e9rations retenues,sont des descendants d\u2019anciens esclaves issus de populations d\u2019origine d\u2019Afrique Noire (S\u00e9n\u00e9gal, Soudan, Ghana, Mali, Guin\u00e9e, etc.). <a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[iii]<\/a> D\u2019ailleurs pour les linguistes le mot <strong>gnaoui <\/strong>est une prononciation locale du lieu d\u2019origine&nbsp;de ces esclaves : c&rsquo;est-\u00e0-dire la Guin\u00e9e. Cela voulait dire dans le parler marocain du temps une personne originaire de Guin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les esclaves <strong>gnaoua<\/strong> furent amen\u00e9s par les anciennes dynasties qui ont travers\u00e9 l\u2019histoire du Maroc, en commen\u00e7ant par les Almohades (1145-1269) pour entreprendre les constructions de palais et les renforcements de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Musiciens, gu\u00e9risseurs, voyants, th\u00e9rapeutes et exorcistes, les <strong>gnaoua <\/strong>sont tout cela et plus, une confr\u00e9rie issue de la terre d\u2019Afrique et dialoguant avec les cieux, invoquant les saints de l\u2019Islam et les divinit\u00e9s surnaturelles dans d\u2019impressionnantes transes de possession. Un rite \u00e9trange et \u00f4 combien pr\u00e9cieux, pr\u00e9serv\u00e9 depuis des si\u00e8cles par des populations venues de loin. Longtemps livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, les <strong>gnaoua <\/strong>n\u2019ont eu bien souvent d\u2019autres choix que celui de pratiquer leur musique dans la clandestinit\u00e9 ou dans la rue et les souks. <a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[iv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apres leur affranchissement de l\u2019esclavage par les Sultans marocains le d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, ils se sont constitu\u00e9s en confr\u00e9ries \u00e0 travers le territoire marocain. Ces confr\u00e9ries en question s\u2019articulent autour des ma\u00eetres musiciens <strong><em>m\u2019allems<\/em>,<\/strong> des joueurs d\u2019instruments (quasi exclusivement les <strong><em>qraqechs<\/em> <\/strong>-sorte de crotales- et le <strong><em>gambri <\/em><\/strong>ou <strong><em>hajhouj<\/em><\/strong>, instruments \u00e0 cordes), des voyantes <strong><em>chou\u00e2fas<\/em><\/strong>, de m\u00e9diums et d\u2019adeptes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au sujet de l\u2019origine des <strong>gnaoua<\/strong>, Abdeljalil Didi \u00e9crit&nbsp;: <a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[v]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019<\/em><em> <\/em><em>Les r\u00e9gions du Tafilalet et du Dr\u00e2a ont \u00e9t\u00e9 depuis longtemps en interd\u00e9pendance \u00e9troite avec l\u2019Afrique subsaharienne. Ce Maroc saharien vivait en relation r\u00e9guli\u00e8re avec le pays alors d\u00e9nomm\u00e9 Blad-es-Soudan, le \u00ab pays des noirs \u00bb, au travers les \u00e9changes promus par les caravanes transsahariennes qui g\u00e9n\u00e9raient un trafic de diff\u00e9rents produits dont notamment l\u2019or. Ces caravanes \u00e9taient aussi pourvoyeuses d\u2019esclaves ce qui entra\u00eena au fil des temps l\u2019affluence des populations africaines vers le Maroc.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>C\u2019est dans ce contexte que la population du village de Khamlia serait venue s\u2019installer dans les confins du d\u00e9sert de Merzouga, au Tafilalet, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres communaut\u00e9s noires qui se sont r\u00e9parties sur l\u2019ensemble du territoire marocain dans les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de son histoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La population du village est enti\u00e8rement d\u2019origine noire et s\u2019est berb\u00e9ris\u00e9e d\u00e8s son arriv\u00e9e , d\u2019o\u00f9 sa d\u00e9nomination d\u2019\u00ab Isemkhane \u00bb, pluriel de \u00ab Isemkh \u00bb en amazighe ; une appellation m\u00e9tonymique dans la mesure o\u00f9 elle d\u00e9signe ce groupe de personnes par la couleur de leur peau. \u00ab Isemkh \u00bb vient en effet de \u00ab essmekh \u00bb ou encre, c\u2019est-\u00e0-dire de couleur noire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les musiciens gnaoua de Khamlia pourraient ainsi \u00eatre des descendants d\u2019esclaves noirs d\u00e9port\u00e9s du Soudan sur les pistes des caravanes transsahariennes en passant par Tombouctou qui \u00e9tait alors la capitale de l\u2019empire du Ghana. Leur installation pourrait \u00eatre li\u00e9e au contexte des fortes relations entretenues par les dynasties r\u00e9gnantes au Maroc avec l\u2019Afrique subsaharienne notamment les Saadiens, les Almoravides ou les Alaouites \u2026\u2019\u2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils pratiquent ensemble un rite de possession syncr\u00e9tique appel\u00e9 <strong><em>l\u00eela<\/em> <\/strong>ou se m\u00eale \u00e0 la fois des apports africains et arabo &#8211; berb\u00e8res, pendant lequel les adeptes s\u2019adonnent \u00e0 c\u0153ur joie \u00e0 la pratique des danses de possession et de transe. <a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[vi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, la musique des <strong>gnaoua <\/strong>s\u2019internationalise de plus en plus gr\u00e2ce au <strong>Festival des Gnaoua et des Musiques du Monde<\/strong>, qui se tient chaque ann\u00e9e dans la ville c\u00f4ti\u00e8re d\u2019Essaouira en juin, et gr\u00e2ce aussi aux influences ext\u00e9rieures comme l\u2019apport des musiciens tels Bill Laswell, Adam Rudolph, et Randy Weston qui font souvent appel \u00e0 des musiciens <strong>gnaoua <\/strong>dans leurs compositions. <a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\">[vii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Festival d\u2019Essaouira est avant tout la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un parcours o\u00f9 \u00e9motion et musique ne font qu\u2019un&nbsp;: une langue universelle. La langue d\u2019un multiculturalisme global et dynamique. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 question d\u2019une simple \u00ab&nbsp;folklorisation&nbsp;\u00bb d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne musical devenu mondial, le festival a mis\u00e9 sur l\u2019ouverture sur d\u2019autres cieux malgr\u00e9 les critiques conservatrices que cela aurait pu soulever. <a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\">[viii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi un programme riche et vari\u00e9 a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 au public. Des concerts acoustiques plongeant dans les racines des musiques <strong>gnaoua, <\/strong>une parade d\u00e9ambulatoire des musiciens <strong>gnaoua, <\/strong>des marionnettes g\u00e9antes de la troupe Orishat\u00e9 de Cuba.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La musique des <strong>gnaoua <\/strong>ainsi que les rituels qui l\u2019accompagnent sont des traces de la m\u00e9moire collective des peuples de l\u2019Afrique noire d\u00e9chir\u00e9e par l\u2019esclavage, la trahison et l\u2019avidit\u00e9 de l\u2019homme. Les fondateurs du premier noyau de la tradition <strong>gnaoua <\/strong>\u00e0 Essaouira sont les noirs que le destin a conduits dans la r\u00e9gion amazighe de Haha, arrach\u00e9s \u00e0 leurs racines en Afrique sub-saharienne ou ils men\u00e8rent une vie paisible et libre. <a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[ix]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs rythmes, les rituels particuliers qu\u2019ils pratiquaient quand ils pouvaient sous les dures circonstances de l\u2019esclavage, \u00e9taient une forme de consolation et une traduction de la douleur et de la nostalgie. Une ultime issue pour d\u00e9voiler une identit\u00e9 perdue, un langage de chagrin et de pleurs suscit\u00e9 par une souffrance int\u00e9rieure et profonde. Les chants et po\u00e8mes ambigus des <strong>gnaoua <\/strong>sont plus proches \u00e0 des g\u00e9missements qu\u2019\u00e0 des chansons. <a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[x]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs pratiques \u00e0 la fois musicales, initiatiques et th\u00e9rapeutiques m\u00ealent des apports africains et arabo-amazighs&nbsp;; Bien que musulmans les <strong>gnaoua <\/strong>fondent leur sp\u00e9cificit\u00e9 sur le culte des <strong><em>jnoun<\/em>, <\/strong>esprits malfaisants, et leurs rites ont conserv\u00e9 nombre de traits propres aux cultes de possession africains et le rituel est comparable au <strong>Vaudou<\/strong> de Ha\u00efti et \u00e0 la <strong>Macumba<\/strong> du Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La c\u00e9r\u00e9monie la plus importante et la plus spectaculaire des <strong>gnaoua <\/strong>est la<strong> <em>l\u00eela<\/em>, <\/strong>dont la fonction est essentiellement th\u00e9rapeutique. Durant la c\u00e9l\u00e9bration, le <strong><em>m\u2019allem<\/em>, <\/strong>accompagn\u00e9 de sa troupe, appelle les saints et les entit\u00e9s surnaturelles \u00e0 prendre possession des adeptes, qui s\u2019adonnent alors \u00e0 la transe. <a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[xi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>gnaoua <\/strong>pensent que chaque \u00eatre humain vit avec un <strong><em>melk<\/em>, <\/strong>une entit\u00e9 immat\u00e9rielle qui partage son corps. Le <strong><em>melk<\/em><\/strong> peut \u00eatre un homme ou une femme, bon ou agressif, vertueux ou d\u00e9vergond\u00e9. Bref il est humain. Les <strong>gnaoua<\/strong> expliquent tous les probl\u00e8mes psychologiques gr\u00e2ce \u00e0 cette interpr\u00e9tation&nbsp;: un schizophr\u00e8ne&nbsp;? C\u2019est quelqu\u2019un poss\u00e9d\u00e9 par deux <strong><em>melks<\/em>, <\/strong>un homosexuel&nbsp;? C\u2019est un homme poss\u00e9d\u00e9 par un <strong><em>melk<\/em> <\/strong>femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a sept cat\u00e9gories de <strong>melks. <\/strong>A chaque cat\u00e9gorie correspondent une couleur et un encens particulier. Il y a les <strong><em>melks<\/em> <\/strong>blancs, les verts (les saints comme Abdelkader Jilali), le bleu ciel (les c\u00e9lestes), le bleu fonc\u00e9 (les marins, emmen\u00e9s par Sidi Moussa al-Marsaoui), les jaunes (exclusivement des femmes, la plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tant Lalla Malika la libertine), les rouges (carnivores et amateurs de sacrifices comme Sidi Mimoun) et, enfin les noirs, redoutables (tel Aicha Quandisha qu\u2019on \u00e9voque dans l\u2019obscurit\u00e9 la plus totale). <a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[xii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les sept couleurs sont pass\u00e9es en revue lors d\u2019une soir\u00e9e traditionnelle <strong><em>l\u00eela<\/em><\/strong>. Le rituel comporte trois grandes phases successives&nbsp;: la procession <strong><em>l-wa\u2019da<\/em>,<\/strong> chants, jeux et danses <strong>koyous <\/strong>et l\u2019interpellation des esprits <strong><em>melks<\/em> <\/strong>par la musique de transe. <a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[xiii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les initi\u00e9s entrent en transe lorsque leur <strong><em>melk<\/em> <\/strong>est invoqu\u00e9 et il prend possession de leurs corps le temps d\u2019un air de musique. Donc la musique <strong>gnaoua<\/strong> est le lien entre le monde des humains et celui des esprits, ce monde parall\u00e8le. <a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[xiv]<\/a>Le vrai ma\u00eetre de la c\u00e9r\u00e9monie de la <strong><em>l\u00eela<\/em><\/strong> n\u2019est pas les musiciens, comme on peut le croire. La vraie cl\u00e9 de vo\u00fbte du rite, c\u2019est la pr\u00eatresse voyante <strong><em>mqedma<\/em><\/strong>. C\u2019est elle qui donne le rythme des incantations, elle indique au <strong><em>m\u2019allem<\/em><\/strong> musicien quel type de <strong><em>melk<\/em> <\/strong>invoquer. Elle entre en transe d\u00e8s le d\u00e9but de la soir\u00e9e. Dans cet \u00e9tat elle peut gu\u00e9rir les malades ou apporter sa <strong><em>baraka<\/em> <\/strong>(gr\u00e2ce divine) aux gens de l\u2019assistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Fatima-Ezzahra Bouachrine et Jamal Khalil, la culture <strong>gnaoua<\/strong> est une question de genre&nbsp;: <a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[xv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2018\u2019 La transe de possession Gnaouie est fondamentalement un rite collectif renvoyant \u00e0 un large \u00e9ventail de ph\u00e9nom\u00e8nes. En outre, les femmes utilisent cette activit\u00e9 rituelle, en guise de moyen indirect de pr\u00e9senter des griefs et d&rsquo;affirmer leur autonomie. La transe de possession Gnaouie constitue l\u2019\u00e9nergie et le potentiel des cat\u00e9gories d\u00e9munies, aussi, elle constitue une forme fondatrice de stabilit\u00e9 et de coh\u00e9sion sociale, et joue \u00e9galement un r\u00f4le primordial dans la structuration des hi\u00e9rarchies et des interactions sociales.\u2019<\/em>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em> A Suivre<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[i]<\/a> UNESCO. (2019). Gnaoua. Patrimoine Culturel Immat\u00e9riel. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/ich.unesco.org\/fr\/RL\/gnaoua-01170#:~:text=Le%20terme%20gnaoua%20se%20rapporte,profane%20se%20m%C3%AAle%20au%20sacr%C3%A9\">https:\/\/ich.unesco.org\/fr\/RL\/gnaoua-01170#:~:text=Le%20terme%20gnaoua%20se%20rapporte,profane%20se%20m%C3%AAle%20au%20sacr%C3%A9<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[ii]<\/a> Chlyeh, Abdelhafid. (). <em>Les Gnaoua du Maroc. Itin\u00e9raires initiatiques, transe et possession<\/em>. Casablanca&nbsp;: Le Fennec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[iii]<\/a> Paul Bowles, Produced by Richard Horowitz and Bill Laswell. Axiom\/ Island Records, 314-510 147-2, 1990. Paul Bowles cet \u00e9crivain am\u00e9ricain, qui a v\u00e9cu durant le si\u00e8cle dernier \u00e0 Tanger s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 aux <strong>gnaoua<\/strong> et \u00e0 leur musique. Il parle de leurs origines africaines, de leur esclavage et de leur musique aux propri\u00e9t\u00e9s prophylactiques et th\u00e9rapeutiques<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[iv]<\/a> Saoury, Fouad. (2023).&nbsp;Festival gnaoua au del\u00e0 de la musique la symbolique des couleurs. <em>Le Desk<\/em>. <a href=\"https:\/\/ledesk.ma\/culture\/festival-gnaoua-au-dela-de-la-musique-la-symbolique-des-couleurs\/\">https:\/\/ledesk.ma\/culture\/festival-gnaoua-au-dela-de-la-musique-la-symbolique-des-couleurs\/<\/a><a><\/a>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[v]<\/a> Didi, Abdeljalil. (2019). Khamlia, le village marocain qui vit aux rythmes de la musique gnaoua. <em>SudEstMaroc. <\/em>R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/sudestmaroc.com\/khamlia-le-village-marocain-qui-vit-aux-rythmes-de-la-musique-gnaoua\/\">https:\/\/sudestmaroc.com\/khamlia-le-village-marocain-qui-vit-aux-rythmes-de-la-musique-gnaoua\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[vi]<\/a> Rouget, Gilbert. (1980). <em>La musique et la transe. Esquisse d&rsquo;une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale des relations de la musique et de la possession<\/em>. Paris&nbsp;: Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[vii]<\/a> Hudson, Mark. (2000, 4 mars). Arts and Books Features: The Home of trance and Dance from Paul Bowles to the Rolling Stones and Modern Club DJs: the Mysterious Musical Life of North Africa has Long Fascinated Western Writers and Musicians. Mark Hudson Travels to Marrakesh, Casablanca and Deep into the Night in Search of the Authentic Sound of Rai. <em>The Daily Telegraph<\/em>. Cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en pr\u00e9vision d\u2019une s\u00e9rie de concerts de musique nord-africaine \u00e0 Londres. L\u2019auteur y traite de sa visite \u00e0 Casablanca et Marrakech ou il d\u00e9couvre et participe \u00e0 une <strong><em>l\u00eela<\/em><\/strong> des <strong>gnaoua<\/strong> et fait connaissance avec le riche r\u00e9pertoire de la musique marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[viii]<\/a> Norman, Lulu. (1998, 30 mai). Travel Agenda: The Original Trance Dance; This Week a Spiritual Blues Festival Beguins at Essaouira in Southern Morocco. <em>The Independent<\/em>. L\u2019article en couverture parle de la mont\u00e9e en puissance de la World Music dans le domaine artistique et l\u2019int\u00e9r\u00eat que les m\u00e9lomanes commencent \u00e0 porter \u00e0 ce genre de musique. Apr\u00e8s, l\u2019article traite du Festival d\u2019Essaouira et la journaliste compare la musique des <strong>gnaoua<\/strong> \u00e0 celle des Blues aux Etats Unis, sachant que les deux genres sont jou\u00e9s par des descendants d\u2019anciens esclaves. La journaliste s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies de transe et d\u2019exorcismes <strong><em>l\u00eela<\/em><\/strong> conduites et orchestr\u00e9es par des femmes pr\u00eatresses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[ix]<\/a> Ghouti, S. (2005).&nbsp;<em>L&rsquo;univers symbolique et initiatique des Gnaoua d&rsquo;Essaouira<\/em>&nbsp;(Doctoral dissertation, Paris 1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[x]<\/a> Bensignor, F. (2021). Le Maroc transcende ses traditions.&nbsp;<em>Hommes &amp; Migrations<\/em>,&nbsp;<em>1333<\/em>(2), 210-216.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[xi]<\/a> Miller, J. A. (1997). [Review of <em>Morocco, Body and Soul Series Part 1: Vibrations in the High Atlas Part 2: Nuptials in the Middle Atlas Gnaouas Malhoune<\/em>, by I. Genini &amp; L. Rigaut]. <em>Middle East Studies Association Bulletin<\/em>, <em>31<\/em>(2), 199-201. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/23061464\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/23061464<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[xii]<\/a> Dhingra, Dolly. (1993, 25 Novembre). Healing Groovy; the Gnawa Heal Spiritual Wounds by a Combination of Chanting, Dancing and Honey Sprinkling. Dolly Dhingra Lived the Experience. Rev. of performance by Regragui Cherif, et al. Somerset College of Arts and Technology, Taunton. <em>The Independent<\/em>. La journaliste d\u00e9crit dans cet article une c\u00e9r\u00e9monie de la <strong><em>derdba<\/em><\/strong> des <strong>gnaoua<\/strong> dans le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une universit\u00e9 londonienne. Elle y parle aussi de leurs origines, de leurs pouvoirs th\u00e9rapeutiques, des sc\u00e8nes d\u2019exorcisme pratiqu\u00e9es durant la c\u00e9r\u00e9monie et de leurs danses et chants pour appeler les <strong><em>melks<\/em><\/strong>, esprits malveillants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Chlyeh, A. (2000).&nbsp;<em>La transe<\/em>. Rabat&nbsp;: Marsam Editions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[xiv]<\/a> \u0634\u0648\u0645\u0627\u0646, \u0623. \u0645\u0633\u0639\u0648\u062f, \u0628\u0631\u0643\u0629, \u0623. \u062f. \u0633\u0639\u062f, \u062f\u0631\u0648\u064a\u0634, &amp; \u0623. \u062f. \u0633\u0644\u0648\u0649. (2024). \u0623\u0634\u0643\u0627\u0644 \u0627\u0644\u0632\u064a \u0648\u0648\u0638\u064a\u0641\u062a\u0647 \u0648\u062f\u0644\u0627\u0644\u0627\u062a\u0647 \u0627\u0644\u0631\u0645\u0632\u064a\u0629 \u0639\u0646\u062f \u06af\u0646\u0627\u0648\u0629: \u062f\u0631\u0627\u0633\u0629 \u0645\u064a\u062f\u0627\u0646\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0623\u0646\u062b\u0631\u0648\u0628\u0648\u0644\u0648\u062c\u064a\u0627 \u0627\u0644\u062b\u0642\u0627\u0641\u064a\u0629.&nbsp;<em>\u0645\u062c\u0644\u0629 \u0627\u0644\u062f\u0631\u0627\u0633\u0627\u062a \u0627\u0644\u0623\u0641\u0631\u064a\u0642\u064a\u0629<\/em>,&nbsp;<em>46<\/em>(3), 309-358.\u200e<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[xv]<\/a> Bouachrine, F.-Z&nbsp;; &amp; Khalil, J. (2022). Etude sur les gnaouas sous une perspective de genre. <em>Revue \u00e9conomie et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, <em>juin 2022<\/em>, 19-37. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/journals.sms-institute.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2.-BOUACHRINE-KHALIL.pdf\">https:\/\/journals.sms-institute.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2.-BOUACHRINE-KHALIL.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Guichard, P., &amp; Menjot, D. (\u00e9ds.). (2000). 59. La bataille de Las Navas de Tolosa (1212) (P. Buresi &amp; D. Menjot, trad.). In Pays d\u2019Islam et monde latin (1\u2011). Lyon&nbsp;: Presses universitaires de Lyon. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.pul.21126\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.pul.21126<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\">[xvii]<\/a> Kamen, Henry (1998). <em>The Spanish Inquisition: a Historical Revision<\/em>. New Haven, Connecticut&nbsp;: Yale University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref18\" id=\"_edn18\">[xviii]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2019). Expulsion of Sephardic Jews from Spain in 1492 and Their Relocation and Success in Morocco \u2013 Analysis. <em>Eurasia Review<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/05092019-expulsion-of-sephardic-jews-from-spain-in-1492-and-their-relocation-and-success-in-morocco-analysis\/\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/05092019-expulsion-of-sephardic-jews-from-spain-in-1492-and-their-relocation-and-success-in-morocco-analysis\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref19\" id=\"_edn19\">[xix]<\/a>&nbsp;Ghazali, Maria. (2004).&nbsp;Marginalisation et exclusion des minorit\u00e9s religieuses en Espagne&nbsp;: Juifs et Maures en Castille \u00e0 la fin du Moyen-Age.&nbsp;<em>Cahiers de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/em>, <em>69<\/em>.&nbsp;R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/cdlm\/781\">http:\/\/journals.openedition.org\/cdlm\/781<\/a>; &nbsp;DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/cdlm.781\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/cdlm.781<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref20\" id=\"_edn20\">[xx]<\/a> Baloup, D. (2023). Conclusion. L\u2019expulsion des minorit\u00e9s religieuses&nbsp;: un aboutissement&nbsp;? <em>La Reconqu\u00eate &#8211; Un projet politique entre chr\u00e9tient\u00e9 et Islam Un projet politique entre chr\u00e9tient\u00e9 et Islam<\/em>. (p. 154 -160). Paris : Armand Colin. <a href=\"https:\/\/shs.cairn.info\/la-reconquete--9782200632625-page-154?lang=fr\">https:\/\/shs.cairn.info\/la-reconquete&#8211;9782200632625-page-154?lang=fr<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref21\" id=\"_edn21\">[xxi]<\/a> Su\u00e1rez Fern\u00e1ndez, Luis (2012). <em>La expulsi\u00f3n de los jud\u00edos. <\/em><em>Un problema europeo<\/em>. Barcelona: Ariel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref22\" id=\"_edn22\">[xxii]<\/a> La musique andalouse puise ses racines dans l&rsquo;h\u00e9ritage culturel d&rsquo;Al-Andalus, combinant diverses traditions musicales des communaut\u00e9s arabe, juive et berb\u00e8re. L&rsquo;une des formes les plus connues de cette musique est \u00ab <strong><em>al-\u00c2la<\/em><\/strong> \u00bb, particuli\u00e8rement cultiv\u00e9 dans des r\u00e9gions telles que T\u00e9touan. Ce style se caract\u00e9rise par un r\u00e9pertoire structur\u00e9 qui comprend des ouvertures instrumentales et des formes po\u00e9tiques comme le <strong><em>Muwashshah<\/em><\/strong>, qui se compose de cinq sections aux rythmes diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref23\" id=\"_edn23\">[xxiii]<\/a> Chaachoo, Amin. (2016).&nbsp;<em>La musique hispano arabe, Al ala<\/em>. Paris: \u00e9dition&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89ditions_L%27Harmattan\">L&rsquo;Harmattan<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref24\" id=\"_edn24\">[xxiv]<\/a> <a>Chtatou, Mohamed. (2022). Jewish Music and Singing in Morocco \u2013 Analysis. <\/a><em>Eurasia Review<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-eurasia-review wp-block-embed-eurasia-review\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"NonflgaOf4\"><a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/01092022-jewish-music-and-singing-in-morocco-analysis\/\">Jewish Music And Singing In Morocco &#8211; Analysis<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"&#8220;Jewish Music And Singing In Morocco &#8211; Analysis&#8221; &#8212; Eurasia Review\" src=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/01092022-jewish-music-and-singing-in-morocco-analysis\/embed\/#?secret=P8GbJzcpYa#?secret=NonflgaOf4\" data-secret=\"NonflgaOf4\" width=\"500\" height=\"282\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref25\" id=\"_edn25\">[xxv]<\/a> Vincent, Bernard. (2013). Convertir ou expulser ? Les musulmans d\u2019Espagne au XVe si\u00e8cle. <em>La Vie des Id\u00e9es<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/laviedesidees.fr\/Convertir-ou-expulser-2212\">https:\/\/laviedesidees.fr\/Convertir-ou-expulser-2212<\/a><a><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref26\" id=\"_edn26\">[xxvi]<\/a> <a>Chtatou, Mohamed. (2022). The <em>Mellah<\/em> of Fez. Abode of Moroccan Jews and Center of Their Activities. <em>Sephardic Horizons, 13<\/em>(1). <\/a><a href=\"https:\/\/www.sephardichorizons.org\/Volume13\/Issue1\/Chtatou.html\">https:\/\/www.sephardichorizons.org\/Volume13\/Issue1\/Chtatou.html<\/a>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref27\" id=\"_edn27\">[xxvii]<\/a> Les marchands itin\u00e9rants juifs ont toujours jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le commerce marocain, en particulier dans les zones rurales et les montagnes de l&rsquo;Atlas. Au milieu du XXe si\u00e8cle, ces marchands \u00e9taient courants, comme l&rsquo;illustrent les photographies de l&rsquo;\u00e9poque montrant des commer\u00e7ants juifs op\u00e9rant dans ces r\u00e9gions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cf. Benbijja, Khalid. (2002). La vie \u00e9conomique et politique des Juifs au Maroc de la fin du 18e si\u00e8cle \u00e0 l&rsquo;instauration du protectorat fran\u00e7ais 1912. Th\u00e8se de Doctorat, Paris 8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref28\" id=\"_edn28\">[xxviii]<\/a> <a>Geertz, Clifford; Geertz, Hildred; &amp; Rosen, Lawrence. (1979). <\/a><em>Meaning and Order in Moroccan Society<\/em>. New York: Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref29\" id=\"_edn29\">[xxix]<\/a> <a>Chtatou, Mohamed. (2023). <\/a>The History of The Jews of Sefrou\u2013 Analysis. <em>Eurasia Review<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.eurasiareview.com\/25012023-the-history-of-the-jews-of-sefrou-analysis\/\">https:\/\/www.eurasiareview.com\/25012023-the-history-of-the-jews-of-sefrou-analysis\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref30\" id=\"_edn30\">[xxx]<\/a> Le Mellah de Sefrou occupait la moiti\u00e9 de la m\u00e9dina et en 1948 sa population totale \u00e9tait de 5000 (la densit\u00e9 \u00e9tait l\u2019une des plus \u00e9lev\u00e9es au monde). Sefrou abrite les tombes de plusieurs saints juifs tels : Moshe Elbaz, Le Ma\u00eetre de la Grotte, Eliahou Harroch et David Arazil. La ville de Sefrou avait le surnom de la <strong>Petite Jerusalem<\/strong> en raison de sa grande densit\u00e9 juive et sa vie religieuse tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e. Au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, un rabbin de Sefrou f\u00fbt \u00e9lu au parlement marocain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref31\" id=\"_edn31\">[xxxi]<\/a> <a>Geertz, Clifford; Geertz, Hildred; &amp; Rosen, Lawrence. (1979). Op. cit. , p.<\/a>. 164 (note 23).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref32\" id=\"_edn32\">[xxxii]<\/a> Halp\u00e9rin, V. (1952). STRUCTURE ET PERSPECTIVES DE LA POPULATION JUIVE EN AFRIQUE DU NORD. <em>Politique \u00c9trang\u00e8re<\/em>, <em>17<\/em>(1), 467-476. <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/42709084\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/42709084<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref33\" id=\"_edn33\">[xxxiii]<\/a> <a>Geertz, Clifford; Geertz, Hildred; &amp; Rosen, Lawrence. <\/a>(1979). Op. cit., p. 170 (note 23).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref34\" id=\"_edn34\">[xxxiv]<\/a> Chtatou, Mohamed. (2021). Sefrou, la \u00ab\u00a0Petite J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb marocaine. <em>Hespress<\/em>. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <a href=\"https:\/\/fr.hespress.com\/240467-sefrou-la-petite-jerusalem-marocaine.html\">https:\/\/fr.hespress.com\/240467-sefrou-la-petite-jerusalem-marocaine.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tradition gnaoua, venu \u00e0 travers les \u00e2ges de l\u2019Afrique sub-saharienne s\u2019installer et prosp\u00e9rer au Maroc montre \u00e0 quel point ce pays carrefour est un vrai melting potcapable de s\u2019adapter et surtout d\u2019assimiler des pratiques et des influences venues d\u2019ailleurs soit du nord, riche et Chr\u00e9tien ou du sud, pauvre et Musulman et m\u00eame des &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4438,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[52,53],"class_list":["post-4437","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-le-maroc","tag-royaume-de-toutes-les-tolerances"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/gnawa.jpg?fit=669%2C446&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-19z","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4437","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4437"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4437\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4439,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4437\/revisions\/4439"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4438"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4437"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4437"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4437"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}