{"id":4811,"date":"2025-09-01T14:26:29","date_gmt":"2025-09-01T13:26:29","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=4811"},"modified":"2025-09-01T14:26:33","modified_gmt":"2025-09-01T13:26:33","slug":"ibn-arabi-et-son-monde-magique-dhumilite-et-de-purete-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/ibn-arabi-et-son-monde-magique-dhumilite-et-de-purete-2-2\/","title":{"rendered":"Ibn \u2018Arab\u00ee et son monde magique d\u2019humilit\u00e9 et de puret\u00e9 \u2013 2\/2"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement \u00e0 un autre soufi plus ancien, Abou Hamid al-Ghaz\u00e2l\u00ee (1058-1111), qui s&rsquo;est mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des philosophes gr\u00e9co-musulmans de son temps afin de d\u00e9truire le plus efficacement possible les doctrines jug\u00e9es pernicieuses pour la foi islamique, Ibn &lsquo;Arabi, lui, a opt\u00e9 pour une solution ir\u00e9nique.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:339px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La conversion d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee au soufisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l&rsquo;\u00e2ge de vingt ans, une maladie le met au bord de la mort. A la suite de cette maladie, il entend l&rsquo;appel du Ciel qui lui demande de s&rsquo;adonner \u00e0 l&rsquo;amour de Dieu et y r\u00e9pond par l&rsquo;\u00e9lection de la \u00ab\u00a0Voie soufie\u00a0\u00bb. Il abandonne alors imm\u00e9diatement son existence de lettr\u00e9 et de haut fonctionnaire et se lance dans une recherche int\u00e9rieure de l&rsquo;adoration de Dieu et de l&rsquo;apaisement de son \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa conversion s&rsquo;exprime d&rsquo;abord par une retraite de neuf mois de la vie active, sous la direction d&rsquo;un ma\u00eetre spirituel, qui se consacre \u00e0 la formation de jeunes gens attir\u00e9s par la vie spirituelle du soufisme. Une fois sa retraite achev\u00e9e, il approfondit ses connaissances m\u00e9taphysiques et rendit visite aux grands ma\u00eetres soufis des diff\u00e9rentes \u00e9coles de pens\u00e9e dans toute l&rsquo;Andalousie. Il commen\u00e7a alors \u00e0 composer ses premi\u00e8res \u0153uvres \u00e9sot\u00e9riques, et forma, lui aussi, des \u00e2mes qui aspiraient, comme lui, \u00e0 la spiritualit\u00e9 et au salut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s son entr\u00e9e dans la voie soufie, il fit preuve de connaissances psychiques et d&rsquo;une \u00e9rudition exceptionnelles, ph\u00e9nom\u00e8nes qui attir\u00e8rent la curiosit\u00e9 du grand philosophe et penseur Averro\u00e8s, qui \u00e9tait un ami tr\u00e8s proche du p\u00e8re d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee. Ibn &lsquo;Arab\u00ee raconte cette rencontre m\u00e9morable entre deux esprits diam\u00e9tralement oppos\u00e9s quant \u00e0 leur vision du monde (mystique et rationnelle). Ibn &lsquo;Arab\u00ee a alors 14 ans et sa vocation est marqu\u00e9e par une qu\u00eate de sinc\u00e9rit\u00e9, de perfection et de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette attitude d&rsquo;ouverture \u00e0 l&rsquo;universel ne pouvait pas vraiment s&rsquo;exprimer dans l&rsquo;environnement andalou de son \u00e9poque, comme souhait\u00e9 et d\u00e9sir\u00e9. Il est de plus en plus confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 spirituelle et temporelle qui le pousse \u00e0 soumettre ses pens\u00e9es et ses sentiments \u00e0 la lettre de la religion. En 1198, il assiste aux fun\u00e9railles d&rsquo;Averro\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette m\u00eame ann\u00e9e 1198, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 33 ans, il d\u00e9cide de partir en Orient. Il voyage alors dans son Andalousie natale, rendant visite aux diff\u00e9rents ma\u00eetres soufis qu&rsquo;il a connus, pour leur faire ses adieux et solliciter leur sagesse. Il se rend ensuite au Maghreb, o\u00f9 il visite des centres d&rsquo;\u00e9tudes islamiques renomm\u00e9s tels que Sal\u00e9, Marrakech, F\u00e8s et Tunis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Tunis, il a eu une vision divine qui lui a ordonn\u00e9 de se rendre en Orient. De Tunis, il se rend au Caire, puis \u00e0 H\u00e9bron et \u00e0 J\u00e9rusalem, o\u00f9 il prie dans la mosqu\u00e9e al-Aqs\u00e2 et part ensuite, \u00e0 pied, vers La Mecque, o\u00f9 il arrive en 1202, au moment m\u00eame de la saison du p\u00e8lerinage. <a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[i]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A cette \u00e9poque, commence pour lui une grande aventure de 40 ans dans l&rsquo;Orient musulman. Il reste deux ans \u00e0 La Mecque, plong\u00e9 dans des m\u00e9ditations qui aboutissent \u00e0 des visions et des r\u00eaves mystiques. Ses voyages le conduisent \u00e0 Bagdad, Mossoul et en Anatolie. Partout, il c\u00f4toie des ma\u00eetres soufis, re\u00e7oit et transmet des enseignements m\u00e9taphysiques et spirituels, pour le plus grand plaisir de son \u00e2me. Puis en 1224, il s&rsquo;installe d\u00e9finitivement \u00e0 Damas et malgr\u00e9 les critiques des oul\u00e9mas orthodoxes, il m\u00e8ne une vie de travail acharn\u00e9, de recherches approfondies et d&rsquo;enseignement assidu et meurt dans cette grande capitale islamique, tranquillement, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 76 ans o\u00f9 il est enterr\u00e9 et sa tombe continue d&rsquo;\u00eatre, aujourd&rsquo;hui comme hier, un lieu de p\u00e8lerinage pour les savants religieux et les mystiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les \u0153uvres d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses ouvrages savants sont extr\u00eamement vari\u00e9s et nombreux. Un chercheur syrien, Osman Yahia, les a r\u00e9pertori\u00e9es, en excluant les attributions abusives, et en a trouv\u00e9 856, dont 550 sont parvenues jusqu&rsquo;\u00e0 nous et sont attest\u00e9es par 2 917 manuscrits. Quarante de ses \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 traduites \u00e0 ce jour dans diverses langues du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Retenons principalement ses trois \u0153uvres les plus connues :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; <em>Le Livre des conqu\u00eates spirituelles de la Mecque ou les Illuminations de la Mecque (<strong>Kit\u00e2b al-futuh\u00e2t al-Makkiyya<\/strong>)&nbsp;<\/em>: Al-arabi pr\u00e9tendit que chaque mot de ce travail lui fut dict\u00e9 par un agent surnaturel. Il comprend cinq cent soixante chapitres, divis\u00e9s en six grandes sections. <a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[ii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; <em>Le Livre des Th\u00e9ophanies divines (<strong>Kit\u00e2b al-tajalliy\u00e2t al-il\u00e2hiyya<\/strong>)&nbsp;<\/em>: <a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[iii]<\/a> Ouvrage \u00e9crit sous forme d&rsquo;un dialogue. Il veut prouver que l&rsquo;unit\u00e9 divine correspond \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre. <a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[iv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; <em>La Sagesse des Proph\u00e8tes<\/em> <em>(<strong>Kit\u00e2b Fus\u00fbs al-hikam<\/strong>)&nbsp;<\/em>: \u00c9galement appel\u00e9e \u00ab Les chatons des sagesses \u00bb (car les \u00ab formes \u00bb spirituelles des diff\u00e9rents proph\u00e8tes sertissent la sagesse divine, comme le chaton sertit la pierre pr\u00e9cieuse), cette \u0153uvre a marqu\u00e9 l\u2019histoire du soufisme et de l\u2019islam profond. Chaque chapitre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 un des proph\u00e8tes mentionn\u00e9s dans le Coran, en commen\u00e7ant par Adam consid\u00e9r\u00e9 en islam comme proph\u00e8te, jusqu\u2019\u00e0 Muhammad qui \u00ab scelle \u00bb la proph\u00e9tie universelle. <a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[v]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Florian Besson, Ibn \u2018Arab\u00ee d\u00e9gage dans ses travaux trois modes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 Dieu&nbsp;: <a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[vi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201cIbn Arab\u00ee d\u00e9gage trois modes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 Dieu. Celle de la Shar\u00eea, de la Loi, consiste \u00e0 appliquer \u00e0 la lettre les pr\u00e9ceptes rapport\u00e9s par le Coran, la Sunna et les had\u00eeth : c\u2019est la voie la plus r\u00e9pandue, la moins difficile, mais aussi la moins satisfaisante car l\u2019on n\u2019arrive qu\u2019\u00e0 une connaissance indirecte de Dieu, la connaissance directe devant attendre la mort. La voie de la Haq\u00eeqa, v\u00e9rit\u00e9 m\u00e9taphysique, est celle des philosophes qui tentent de comprendre les causes et les effets. Enfin, la voie de la Tar\u00eeqa (le chemin) est la voie spirituelle et exot\u00e9rique qui seule peut mener \u00e0 la \u00ab r\u00e9alisation de la V\u00e9rit\u00e9 dans le c\u0153ur du croyant \u00bb. Cette voie mystique n\u2019est pas \u00e0 proprement parler irrationnelle pour Ibn Arab\u00ee, car pr\u00e9cis\u00e9ment elle permet \u00e0 l\u2019esprit d\u2019\u00e9chapper \u00e0 lui-m\u00eame, d\u2019aller au-del\u00e0 de la raison charnelle (le nafs) et de ses limites, pour atteindre Dieu. Les grands philosophes-m\u00e9decins (Ibn Rushd, Ibn Sina\/Avicenne, Maimonide) faisaient de l\u2019\u00e9tude des ph\u00e9nom\u00e8nes un mode de connaissance de Dieu, alliant ainsi la science et la foi. Ibn Arab\u00ee reprend en partie cet h\u00e9ritage, mais en d\u00e9place les enjeux : Dieu a cr\u00e9\u00e9 le monde, et se manifeste dans toutes les cr\u00e9atures. \u00ab Le monde est un miroir pour Dieu \u00bb \u00e9crit-il dans. Ibn Arab\u00ee ne s\u2019oppose donc pas \u00e0 la d\u00e9marche scientifique d\u2019un Averro\u00e8s (contrairement \u00e0 Al-Ghazal\u00ee), mais la consid\u00e8re comme incompl\u00e8te, relevant de la Haq\u00eeqa. En sorte que le parfait croyant n\u2019est plus celui qui cherche \u00e0 \u00e9lucider les ph\u00e9nom\u00e8nes pour mieux conna\u00eetre Dieu, mais celui qui comprend que le monde n\u2019est qu\u2019un miroir, et donc que les ph\u00e9nom\u00e8nes ne sont que les reflets de Dieu. Alors que le philosophe \u00e9tudie les \u0153uvres de Dieu, le mystique, lui, \u00ab voit Dieu \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00bb \u00e9crit Ibn Arab\u00ee. \u201c<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le monde musulman est aujourd&rsquo;hui confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes si redoutables qu&rsquo;un retour \u00e0 la sagesse du mysticisme soufi semble plus que n\u00e9cessaire pour saisir le message de l&rsquo;Islam dans toute sa profondeur et l&rsquo;une des figures les plus repr\u00e9sentatives du soufisme authentique est, sans aucun doute, Ibn &lsquo;Arabi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La \u00ab\u00a0<strong><em>wahdat al-wuj\u00fbd<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0l&rsquo;unicit\u00e9 de l&rsquo;existence\u00a0\u00bb est un concept fondamental de la doctrine islamique. Il a \u00e9t\u00e9 repris et d\u00e9velopp\u00e9 par plusieurs ma\u00eetres de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme musulman et m\u00eame si cette formule n&rsquo;est pas de lui, cette th\u00e9matique est celle pour laquelle le <strong><em>ash-shaykh al-akbar<\/em><\/strong> Ibn &lsquo;Arabi a \u00e9t\u00e9 le plus controvers\u00e9 car, pour lui, son sens, le plus profond, a \u00e9t\u00e9 mal compris ou mal interpr\u00e9t\u00e9. Du point de vue de l&rsquo;exot\u00e9risme, il professe une s\u00e9paration totale entre Dieu et sa cr\u00e9ation, ce qui induit une dualit\u00e9 qui va \u00e0 l&rsquo;encontre du principe d&rsquo;Unicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du point de vue d&rsquo;un \u00e9sot\u00e9risme mal compris, on r\u00e9duit parfois Dieu \u00e0 sa manifestation dans le monde mat\u00e9riel et donc \u00e0 son immanence, allant jusqu&rsquo;\u00e0 une sorte de panth\u00e9isme. La difficult\u00e9 de percevoir la \u00ab\u00a0<strong><em>wahdat al-wuj\u00fbd<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb est li\u00e9e \u00e0 la perception de l&rsquo;unit\u00e9 et de la multiplicit\u00e9 et \u00e0 la capacit\u00e9 de les concilier car on est habitu\u00e9 \u00e0 penser de mani\u00e8re binaire et on a besoin de d\u00e9limiter les choses. Or, Dieu est infini et pour l&rsquo;\u00eatre, il doit surmonter toute opposition et toute d\u00e9termination. Dieu est donc \u00e0 la fois transcendant et immanent. <a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\">[vii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee est monumentale, et on ne peut pas s\u00e9parer les \u00e9crits authentiques des apocryphes. Il a laiss\u00e9 deux listes de ses \u00e9crits, dans lesquelles on trouve 317 titres. Il pr\u00e9cise qu&rsquo;elles ne sont pas exhaustives : 106 correspondent au r\u00e9pertoire g\u00e9n\u00e9ral de son \u0153uvre. Les biblioth\u00e8ques conservent cependant 948 ouvrages qui lui sont attribu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ibn &lsquo;Arab\u00ee, le po\u00e8te mystique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement \u00e0 un autre soufi plus ancien, Abou Hamid al-Ghaz\u00e2l\u00ee (1058-1111), qui s&rsquo;est mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des philosophes gr\u00e9co-musulmans de son temps afin de d\u00e9truire le plus efficacement possible les doctrines jug\u00e9es pernicieuses pour la foi islamique, Ibn &lsquo;Arabi, lui, a opt\u00e9 pour une solution ir\u00e9nique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La l\u00e9gende ou un r\u00e9cit largement hagiographique raconte qu&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee aurait assist\u00e9 aux fun\u00e9railles d&rsquo;Averro\u00e8s, philosophe accompli s&rsquo;il en est, et aurait, \u00e0 cette occasion, r\u00e9cit\u00e9 magistralement une composition po\u00e9tique de son cru \u00e0 la gloire de ce grand homme de tous les temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa grande anthologie (<strong><em>diw\u00e2n<\/em><\/strong>) semble prendre comme point de d\u00e9part des vers inspir\u00e9s des sourates coraniques qui servent d&rsquo;envol\u00e9es lyriques mystiques. Mais \u00e0 la lecture de ces po\u00e8mes, on pense imm\u00e9diatement \u00e0 d&rsquo;autres mystiques, d&rsquo;autres horizons religieux, comme les kabbalistes juifs (m\u00eame s&rsquo;ils sont plus intellectualistes ou c\u00e9r\u00e9braux) ou les mystiques chr\u00e9tiens, comme Ma\u00eetre Eckhart (1260-1327), figure marquante de la mystique rh\u00e9nane. <a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\">[viii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certes, il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;influence de l&rsquo;un sur l&rsquo;autre, mais on sent chez Ibn &lsquo;Arab\u00ee un fort d\u00e9sir de transcender la condition humaine et une puissante envie d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;ascension spirituelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Miniature moghole du XVIe&nbsp;si\u00e8cle en Inde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faudrait \u00e9videmment trouver un \u00e9quivalent arabe au terme allemand, <em>Abgeschiedenheit<\/em>, mais chez un autre philosophe mystificateur du XIIe si\u00e8cle, Abu Bakr ibn Tufayl (1105 &#8211; 1185), la vision extatique de son h\u00e9ros, nomm\u00e9 <strong><em>Hayy ibn Yaqdhan <\/em><\/strong><strong><em>\u062d\u064a \u0628\u0646 \u064a\u0642\u0638\u0627\u0646&nbsp;<\/em><\/strong> (<em>Le Vivant, fils de l&rsquo;\u00c9veill\u00e9<\/em>), <a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[ix]<\/a> on lit le terme <strong><em>al-fan\u00e2\u2019<\/em><\/strong> qui signifie l&rsquo;an\u00e9antissement, la neutralisation de son moi afin de spiritualiser son essence, de se d\u00e9barrasser de son enveloppe charnelle et ainsi participer au monde du divin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut penser au Sofer des kabbalistes <a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[x]<\/a> qui recherchait \u00e9galement la conjonction avec l&rsquo;essence divine. Mais il y a aussi la lecture des Psaumes qui a laiss\u00e9 une trace ind\u00e9l\u00e9bile dans la th\u00e9ologie islamique des premiers si\u00e8cles de l&rsquo;Islam.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibn &lsquo;Arab\u00ee a presque men\u00e9 une vie errante, voyageant d&rsquo;ouest en est, visitant les villes de F\u00e8s, Marrakech, Bougie, Tunis et tant d&rsquo;autres villes arabes. Certains de ses po\u00e8mes relatent des situations vives et profondes v\u00e9cues lors de ses p\u00e9r\u00e9grinations : \u00a0\u00bb <em>J&rsquo;ai fait tant d&rsquo;efforts pour rencontrer un \u00eatre parfaitement droit, mais il n&rsquo;y en a pas parmi les hommes<\/em> \u00a0\u00bb dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La nature charnelle de l&rsquo;homme a toujours \u00e9t\u00e9 un obstacle plus ou moins insurmontable pour atteindre le voisinage de son cr\u00e9ateur. Et il semble que la diff\u00e9rence fondamentale entre la sp\u00e9culation philosophique ou rationnelle, d&rsquo;une part, et l&rsquo;approche ou l&rsquo;adh\u00e9sion mystique, d&rsquo;autre part, soit due \u00e0 cette diff\u00e9rence : l\u00e0 o\u00f9 le philosophe parle de son intellect qui permet d&rsquo;approcher l&rsquo;univers, le mystique adopte une attitude de quasi-soumission envers son cr\u00e9ateur : il est une cr\u00e9ature qui doit tout \u00e0 son cr\u00e9ateur. Cette cr\u00e9ature entretient en permanence cette relation de d\u00e9pendance ontologique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On est \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re des sp\u00e9culations de la th\u00e9ologie rationnelle. Dieu a tout cr\u00e9\u00e9, nous sommes tous ses cr\u00e9atures et rien d&rsquo;autre ne compte. C&rsquo;est la seule configuration possible de notre relation avec Dieu. C&rsquo;est aussi ce qui appara\u00eet de mani\u00e8re claire et convaincante dans la po\u00e9sie religieuse du grand philosophe juif de tendance n\u00e9o-platonicienne, Salomon Ibn Gabirol (1021-1070). <a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[xi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le grand <strong><em>diw\u00e2n<\/em><\/strong> d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee pourrait, lui aussi, s&rsquo;intituler \u201c\u00c0 la recherche de l&rsquo;amour de Dieu\u201c. Les \u00e9diteurs ont trouv\u00e9 une tr\u00e8s belle formule : <strong>un geste d&rsquo;amour d&rsquo;un Dieu qui aspire \u00e0 l&rsquo;amour<\/strong>. C&rsquo;est une dialectique bien connue qui oppose la peur de Dieu \u00e0 l&rsquo;amour de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement aux penseurs gr\u00e9co-arabes qui ont largement repris la division tripartite de l&rsquo;\u00e2me humaine, les mystiques en ont fait une v\u00e9ritable \u00e9tincelle divine qui se consume d&rsquo;amour pour son cr\u00e9ateur. Il faut donc se conna\u00eetre soi-m\u00eame, le fameux \u00a0\u00bb connais-toi toi-m\u00eame. \u00a0\u00bb <a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[xii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette maxime de Delphes <a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[xiii]<\/a> a retenu l&rsquo;attention des th\u00e9ologiens des trois religions monoth\u00e9istes. Les Arabes n&rsquo;ont pas fait exception, mais ils l&rsquo;ont adapt\u00e9e \u00e0 leur situation religieuse. Chez eux, cela donne : \u00a0\u00bb \u00d4 homme, connais ton \u00e2me et tu conna\u00eetras ton Dieu \u00a0\u00bb (<strong><em>a&rsquo;raf nafsaka ya insane wa ta&rsquo;raf rabbaka<\/em><\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Bible h\u00e9bra\u00efque a la m\u00eame r\u00e9sonance lorsqu&rsquo;elle dit : \u00a0\u00bb <em>reviens \u00e0 ton c\u0153ur et le Seigneur ton Dieu reviendra \u00e0 toi &#8230;<\/em> \u00ab\u00a0(<em>we-chavta el levav\u00e9kha we shav ha-Shem \u00e9loh\u00e9kha lakh &#8230;<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous les mystiques luttent avec le langage dont ils sont tributaires pour exprimer des exp\u00e9riences int\u00e9rieures ineffables. Le Psalmiste dit qu&rsquo;il soupire apr\u00e8s Dieu : (<em>ken nafchi ta&rsquo;arog l\u00e9kha Elohim, tasm&rsquo;a nafchi l&rsquo;Elohim<\/em>) ce qui signifie : \u00a0\u00bb Il a soif, soif de Dieu. \u00a0\u00bb (Cf. <em>Le Grand Diwan<\/em>). <a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[xiv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais comment Ibn &lsquo;Arab\u00ee en est-il venu \u00e0 la po\u00e9sie ? Il nous parle de sa premi\u00e8re rencontre avec la po\u00e9sie, alors qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re \u00e0 son univers. Il nous parle d&rsquo;une partie de sa vie o\u00f9 il \u00e9tait militaire de l&rsquo;arm\u00e9e almohade, puis de son emploi de secr\u00e9taire \u00e0 la m\u00eame cour sultanesque almohade. Apr\u00e8s cette p\u00e9riode et cette exp\u00e9rience, il voit en r\u00eave les trois envoy\u00e9s Moise, J\u00e9sus et Muhammad qui lui donnent chacun une instruction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis il nous parle d&rsquo;une deuxi\u00e8me vision o\u00f9 il voit un ange qui lui apporte la sourate des po\u00e8tes toute brillante de lumi\u00e8re et il l&rsquo;avale. Il a senti un poil pousser dans sa poitrine et grandir pour devenir un animal avec une t\u00eate, une langue, deux yeux et deux l\u00e8vres. L&rsquo;animal jaillit de sa poitrine pour couvrir les deux horizons, l&rsquo;est et l&rsquo;ouest, puis se r\u00e9tracta \u00e0 son point de d\u00e9part. Ibn &lsquo;Arab\u00ee commenta cette vision en disant que sa parole atteindrait l&rsquo;est et l&rsquo;ouest, ce qui fut le cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de s&rsquo;attarder sur la relation entre la sourate des po\u00e8tes (<strong><em>ash-shu&rsquo;ar\u00e2\u2019<\/em><\/strong>) <a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[xv]<\/a> et les cheveux (<strong><em>sha&rsquo;ra<\/em><\/strong>) ainsi que la po\u00e9sie (<strong><em>shi&rsquo;r<\/em><\/strong>). Ils d\u00e9rivent tous de la m\u00eame racine. S&rsquo;y ajoute le mot arabe <strong><em>shu&rsquo;\u00fbr<\/em><\/strong> (perception). La racine <strong>SH&rsquo;R <\/strong>exprime l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une connaissance imm\u00e9diate et globale. La po\u00e9sie est donc le lieu de cette \u00e9blouissante connaissance imm\u00e9diate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong><em>bayt ash-shi&rsquo;r<\/em><\/strong>, litt\u00e9ralement, la maison de la po\u00e9sie est donc \u00e0 l&rsquo;image de la <strong><em>bayt ash-sha&rsquo;r<\/em><\/strong>, la fameuse maison en cheveux des B\u00e9douins, c&rsquo;est-\u00e0-dire la tente qui navigue m\u00e9taphoriquement sur un oc\u00e9an de sable dans le d\u00e9sert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le po\u00e8me est un vaisseau qui permet de voyager dans des r\u00e9alit\u00e9s sup\u00e9rieures comme la tente du b\u00e9douin qui voyage dans l&rsquo;immensit\u00e9 du d\u00e9sert. L&rsquo;initiation est donc un voyage \u00e0 travers un langage po\u00e9tique capable de d\u00e9crire les subtilit\u00e9s du <em>mundus imaginalis<\/em>. <a href=\"#_edn16\" id=\"_ednref16\">[xvi]<\/a> La po\u00e9sie pour Ibn &lsquo;Arab\u00ee est aussi un mur fait de pierres, c&rsquo;est-\u00e0-dire de mots.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[i]<\/a> Dagli, Caner K. <em>Ibn al-&lsquo;Arabi and Islamic Intellectual Culture. <\/em><em>From Mysticism to Philosophy<\/em>. London: Routledge. 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibn &lsquo;Arab\u012b (m. 1240) fut l&rsquo;une des figures imposantes de l&rsquo;histoire intellectuelle de l&rsquo;Islam, et porte toujours parmi les soufis le titre d&rsquo;<strong><em>ash-shaykh al-akbar<\/em><\/strong>, ou \u00ab\u00a0le plus grand ma\u00eetre\u00a0\u00bb. Ibn &lsquo;Arab\u012b et la culture intellectuelle islamique retrace l&rsquo;histoire du concept d'\u00a0\u00bbunicit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb (<strong><em>wahdat al-wuj\u016bd<\/em><\/strong>) dans l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u012b, afin d&rsquo;explorer la relation entre mysticisme et philosophie dans la vie intellectuelle islamique. Il examine comment le langage conceptuel utilis\u00e9 par les premiers auteurs mystiques s&rsquo;est engag\u00e9 de plus en plus avec le temps dans la culture intellectuelle islamique au sens large, pour finalement s&rsquo;int\u00e9grer au vocabulaire philosophique et th\u00e9ologique commun de cette derni\u00e8re. Il se concentre sur quatre g\u00e9n\u00e9rations successives de penseurs (Sadr ad-D\u012bn al-Q\u016bnaw\u012b, Mu&rsquo;ayyad ad-D\u012bn al-Jand\u012b, &lsquo;Abd ar-Razz\u0101q al-K\u0101sh\u0101n\u012b, et D\u0101w\u016bd al-Qaysar\u012b), et examine comment ces \u00ab\u00a0philosophes-mystiques\u00a0\u00bb ont affin\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 les id\u00e9es d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u012b. Gr\u00e2ce \u00e0 une analyse minutieuse des textes, l&rsquo;ouvrage retrace clairement la cristallisation d&rsquo;une \u00e9cole de pens\u00e9e influente dans l&rsquo;histoire islamique et sa place dans la culture intellectuelle plus large. Offrant une exploration du d\u00e9veloppement de l&rsquo;expression et de la pens\u00e9e soufie, ce livre sera une ressource pr\u00e9cieuse pour les \u00e9tudiants et les sp\u00e9cialistes de la pens\u00e9e, de la philosophie et du mysticisme islamiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;auteur entreprend une lecture attentive de sources primaires d\u00e9concertantes aux conclusions d&rsquo;un large \u00e9ventail de sp\u00e9cialistes, d\u00e9montrant au passage ses impressionnants talents d&rsquo;analyse et de synth\u00e8se. Avec une lucidit\u00e9 remarquable, il cis\u00e8le les longs arguments m\u00e9taphysiques et en atteint le c\u0153ur en quelques phrases.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[ii]<\/a> &nbsp;Traduction partielle de Michel Chodkiewicz (1988),&nbsp;Albin Michel, coll. \u00ab&nbsp;Spiritualit\u00e9s vivantes&nbsp;\u00bb, 2008, 353 p.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[iii]<\/a> Ruspoli, St\u00e9phane. <em>Le Livre des th\u00e9ophanies d&rsquo;Ibn Arab\u00ee (Patrimoines &#8211; Islam)<\/em>. Paris&nbsp;: CERF, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[iv]<\/a> Lory, Pierre &amp;&nbsp;St\u00e9phane&nbsp;Ruspoli.&nbsp;<em>Le Livre des th\u00e9ophanies d\u2019Ibn \u2018Arab\u00ee<\/em>. Introduction philosophique, commentaire et traduction annot\u00e9e du&nbsp;<em>Kit\u00e2b al-tajalliy\u00e2t<\/em>. Paris&nbsp;: Cerf, 2000,&nbsp;<em>Abstracta Iranica<\/em>&nbsp;[Online], Volume 23&nbsp;|&nbsp;2002, document 225, Online since 08 February 2010, connection on 29 September 2021. URL&nbsp;: http:\/\/journals.openedition.org\/abstractairanica\/35601&nbsp;; DOI&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/abstractairanica.35601\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/abstractairanica.35601<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[v]<\/a> En traduction int\u00e9grale par&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Charles-Andr%C3%A9_Gilis\">Charles-Andr\u00e9 Gilis<\/a>. Paris: \u00c9ditions AL-Bouraq, 1999. Disponible dans une autre version (partielle)&nbsp;:&nbsp;<em>La Sagesse des Proph\u00e8tes<\/em>, trad. partielle. Paris&nbsp;: Albin Michel, coll. \u00ab&nbsp;Spiritualit\u00e9s vivantes&nbsp;\u00bb, 1974, r\u00e9ed. 2008.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[vi]<\/a> Besson, Florian. \u201cIbn Arab\u00ee, \u201c<em>Les cl\u00e9s du Moyen-Orient <\/em>du 1 avril 2013.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[vii]<\/a> M. Chodkiewicz. <em>Le sceau des saints. Proph\u00e9tie et saintet\u00e9 dans la doctrine d\u2019Ibn Arab\u00ee<\/em>. Paris: Collection Biblioth\u00e8que des Sciences humaines, Gallimard, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibn Arab\u00ee \u2013 \u00ab le Ma\u00eetre spirituel par excellence \u00bb \u2013 exerce depuis huit si\u00e8cles une influence majeure sur la mystique musulmane. Critiqu\u00e9e, aujourd&rsquo;hui comme hier, par les adversaires du soufisme, son \u0153uvre immense offre en particulier la premi\u00e8re formulation globale et coh\u00e9rente d&rsquo;une doctrine de la saintet\u00e9 en islam.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet enseignement, qui ne s\u00e9pare jamais l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 doctrinal de l&rsquo;exp\u00e9rience visionnaire, expose une vaste typologie des saints fond\u00e9e sur la notion d&rsquo;h\u00e9ritage proph\u00e9tique. Il d\u00e9crit avec pr\u00e9cision les \u00e9tapes et les \u00e9preuves redoutables du voyage spirituel. Mais si cet itin\u00e9raire est d&rsquo;abord une mont\u00e9e vers Dieu, il ne trouve son accomplissement que dans le retour vers les cr\u00e9atures, faisant ainsi du saint l&rsquo;indispensable m\u00e9diateur entre Ciel et terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[viii]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/maitre-eckhart\/2-le-theologien-de-la-mystique\/\">https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/maitre-eckhart\/2-le-theologien-de-la-mystique\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[ix]<\/a> <em>Hayy ben Yaqdh\u00e2n. Roman philosophique d&rsquo;Ibn Thofa\u00eel<\/em>, Alger, P. Fontana et Cie, 1900.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Hayy ben Yaqdh\u00e2n<\/em>, fac-simil\u00e9 sans le texte arabe de l&rsquo;\u00e9dition de 1936 parue \u00e0 Beyrouth, Paris, J. Vrin,&nbsp;coll.&nbsp;\u00ab&nbsp;Vrin reprise&nbsp;\u00bb, 1983.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>L&rsquo;\u00c9veill\u00e9 ou Le Philosophe autodidacte<\/em>, Paris, Libretto&nbsp;n<sup>o<\/sup>&nbsp;561, 2017, 110 p. (Rivages-Poche. Petite biblioth\u00e8que, n\u00b0 974).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[x]<\/a> Goetschel, Roland. \u00ab&nbsp;Le mouvement kabbaliste de&nbsp;1150 \u00e0&nbsp;1492&nbsp;\u00bb, Roland Goetschel \u00e9d.,&nbsp;<em>La Kabbale.&nbsp;<\/em>Paris: Presses Universitaires de France, 2013, pp. 61-95.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[xi]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/salomon-ibn-gabirol\/\">https:\/\/www.universalis.fr\/encyclopedie\/salomon-ibn-gabirol\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[xii]<\/a> Bousquet, Jean. \u201cInscriptions de Delphes, \u201c<em>Bulletin de Correspondance Hell\u00e9nique<\/em>, Ann\u00e9e 1956, 80, pp. 547-597. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/bch_0007-4217_1956_num_80_1_6542\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/bch_0007-4217_1956_num_80_1_6542<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Proven\u00e7al, Jean. Le sens premier du \u00ab CONNAIS-TOI TOI-M\u00caME \u00bb. Ou la connaissance de soi avant Socrate. M\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des \u00e9tudes sup\u00e9rieures de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval dans le cadre du programme de ma\u00eetrise en philosophie pour l&rsquo;obtention du grade de ma\u00eetre \u00e8s arts (M.A.). Facult\u00e9 de Philosophie, Universit\u00e9 Laval, Qu\u00e9bec, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Hammami, Omar &amp; Patricia Mons. <em>Le Grand Diwan. Ibn &lsquo;Arab\u00ee<\/em>. Paris&nbsp;: Albin Michel, Spiritualites Vivantes, Poche N\u00b0 297, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c<em>De l&rsquo;\u0153uvre po\u00e9tique d&rsquo;Ibn &lsquo;Arab\u00ee, seul est connu en fran\u00e7ais son superbe Interpr\u00e8te des d\u00e9sirs, que \u00ab le plus grand des ma\u00eetres \u00bb commenta lui-m\u00eame. On ignore souvent qu&rsquo;il a en outre compos\u00e9 deux immenses recueils po\u00e9tiques ou D\u00eew\u00e2ns, pourtant tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bres dans le monde arabe. C&rsquo;est du premier d&rsquo;entre eux, le \u00ab Grand D\u00eew\u00e2n \u00bb, que sont extraits les quarante-cinq po\u00e8mes traduits et comment\u00e9s dans ce volume. Po\u00e8mes mystiques o\u00f9 se m\u00ealent images cosmiques et descriptions charnelles, o\u00f9 Dieu et l&rsquo;homme se rapprochent jusqu&rsquo;\u00e0 parfois \u00e9changer leurs r\u00f4les, ils nous initient \u00e0 une vision du monde par-del\u00e0 les voiles des conventions sociales et religieuses.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Omar Hammami et Patricia Mons, po\u00e8tes arabisants, nous donnent les cl\u00e9s de lecture de ces textes envo\u00fbtants qui m\u00e9ritent pleinement leur place aux c\u00f4t\u00e9s des autres \u0153uvres du grand ma\u00eetre de la mystique andalouse.<\/em> \u201c<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[xv]<\/a> Sourate 26 du Saint Coran: <strong><em>Ash-Shu&rsquo;ar\u00e2\u2019<\/em><\/strong> (Les po\u00e8tes), une Sourate mecquoise qui comporte 227 versets. &nbsp;Coran en ligne. <a href=\"http:\/\/www.coran-en-ligne.com\/Sourate-026-Ash-Shu-ara-Les-poetes-francais.html\">http:\/\/www.coran-en-ligne.com\/Sourate-026-Ash-Shu-ara-Les-poetes-francais.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Pour les soufis, le <strong><em>mundus imaginalis<\/em><\/strong>, \u00e9galement appel\u00e9 <strong><em>\u2018al\u00e2m al-malak\u00fbt<\/em><\/strong> &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire le monde de l&rsquo;\u00e2me des \u00e2mes &#8211; est le monde \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb, dans lequel le myst\u00e8re du monde cach\u00e9 de l&rsquo;inconscient, le sens symbolique et la v\u00e9ritable essence de l&rsquo;existence sont tous r\u00e9v\u00e9l\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cf. Nouriani, D. Steven.&nbsp;\u201c<em>Mundus Imaginalis<\/em>: Bridging Body and Spirit, \u201c<em>Psychological Perspectives<\/em>,&nbsp;60:3, 2017,&nbsp;pp. 386-394. <a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/abs\/10.1080\/00332925.2017.1350807?journalCode=upyp20#:~:text=For%20Sufis%2C%20the%20mundus%20imaginalis,of%20existence%20are%20all%20revealed\">https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/abs\/10.1080\/00332925.2017.1350807?journalCode=upyp20#:~:text=For%20Sufis%2C%20the%20mundus%20imaginalis,of%20existence%20are%20all%20revealed<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mohamed Chtatou, University Professor, International education consultant &amp; political analyst for the MENA region<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contrairement \u00e0 un autre soufi plus ancien, Abou Hamid al-Ghaz\u00e2l\u00ee (1058-1111), qui s&rsquo;est mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des philosophes gr\u00e9co-musulmans de son temps afin de d\u00e9truire le plus efficacement possible les doctrines jug\u00e9es pernicieuses pour la foi islamique, Ibn &lsquo;Arabi, lui, a opt\u00e9 pour une solution ir\u00e9nique. Pr. 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