{"id":4844,"date":"2025-09-14T18:51:15","date_gmt":"2025-09-14T17:51:15","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=4844"},"modified":"2025-09-14T18:52:54","modified_gmt":"2025-09-14T17:52:54","slug":"tindouf-histoire-dun-qsar-marocain-et-dun-relais-saharien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/tindouf-histoire-dun-qsar-marocain-et-dun-relais-saharien\/","title":{"rendered":"Tindouf: histoire d\u2019un qsar marocain et d\u2019un relais saharien"},"content":{"rendered":"\n<p>Plaque tournante du commerce transsaharien et \u00e9tape importante de l\u2019axe commercial reliant Mogador, Guelmim et Tombouctou, le qsar et la ville de Tindouf n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019objet de toutes les intrigues coloniales fran\u00e7aises en vue de gommer leur marocanit\u00e9 et de les rattacher au d\u00e9partement de la Saoura, territoire amput\u00e9 de l\u2019empire ch\u00e9rifien depuis 1845 et surtout 1902.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3434\" style=\"width:441px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Jillali El Adnani<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le qsar de Tindouf comme ceux du Sahara marocain sont associ\u00e9s \u00e0 l\u2019appellation de Mouggar ou de moussem. C\u2019est le cas du Mouggar d\u2019Assa, Guelmim et Asrir. L\u2019histoire du Maroc a enregistr\u00e9 pendant plusieurs si\u00e8cles cette r\u00e9alit\u00e9 historique, \u00e9conomique et sociologique. Mais comment et dans quelles circonstances est n\u00e9 le chouffan de Tindouf? Comment ce centre commercial, v\u00e9ritable relais transsaharien, est-il devenu un lieu pour s\u00e9questrer les populations sahraouies?<\/p>\n\n\n\n<p>La tribu des Tadjakant, d\u2019origine arabe ou Sanhaja (Lemtouna), est celle qui fut derri\u00e8re la cr\u00e9ation du qsar de Tindouf. Leur alliance avec les Berb\u00e8res des Ait Khebbach et Ouled Hammou et les Arabes B\u00e9ni Mhammed du Tafilalt, garantit \u00e0 cet axe commercial un r\u00f4le primordial qui a prosp\u00e9r\u00e9 entre 1852, date de sa fondation et 1894, date de sa destruction \u00e0 la suite d\u2019une rivalit\u00e9 avec les Reguibat. Toutefois, cette destruction n\u2019est pas \u00e9tablie et il faudrait dire que la conqu\u00eate du Maroc depuis les r\u00e9gions sahariennes a pouss\u00e9 les alli\u00e9s des Tadjakant \u00e0 d\u00e9fendre leur territoire et surtout \u00e0 sauver leur commerce qui empruntait la voie allant du Tafilalt vers le Touat et Tombouctou. C\u2019est ainsi que l\u2019alliance Ait Oussa-Reguibat a consacr\u00e9 une domination de l\u2019espace selon un axe est-ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dire que les axes Guelmim, Tindouf et Tombouctou tout comme celui du Tafilalt, Touat et Tombouctou furent contr\u00f4l\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode coloniale par les tribus marocaines des Tajakant, Ait Khebbach, B\u00e9ni Mhammed, Jerrir et Oulad Moulat (une fraction des Aouled Dlim an\u00e9antie par l\u2019arm\u00e9e coloniale). Ce qui explique que les r\u00e9gions du Tafilalt et de Tindouf constituaient une plaque tournante du commerce transsaharien comme en t\u00e9moigne le r\u00e9cit des autorit\u00e9s coloniales lors de l\u2019occupation du qsar. Voici le t\u00e9moignage de J. Larribaud:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color\">\u00abLeur histoire nous est mieux connue \u00e0 partir du XIX\u00e8me si\u00e8cle, et elle est marqu\u00e9e par leur rivalit\u00e9 avec les Reguibat. Une premi\u00e8re guerre victorieuse, d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 la suite d\u2019un meurtre, permit au cheikh Mrabet Ould Belamech de fonder Tindouf en 1852, sur l\u2019emplacement d\u2019un ksar qui existait d\u00e9j\u00e0 au d\u00e9but du XV\u00e8me si\u00e8cle. Gr\u00e2ce \u00e0 sa situation entre le Sud marocain, la Mauritanie et le Soudan, gr\u00e2ce aussi \u00e0 l\u2019importance de sa confr\u00e9rie religieuse, la petite cit\u00e9 prit un rapide essor. Tr\u00e8s vite la population s\u2019\u00e9leva \u00e0 un millier d\u2019habitants, sans compter les esclaves. Les Tadjakant apportaient au sultan de l\u2019encens, des plumes d\u2019autruche du henn\u00e9, des cuirs, de l\u2019or, de l\u2019ivoire, enfin et surtout des esclaves Bambara. C. Douls en vit une caravane de 520 personnes lors de son passage \u00e0 Tindouf, en 1884 (\u2026) En effet, en vue de r\u00e9cup\u00e9rer des animaux vol\u00e9s, Ahmed Degna Ould Mrabet Belamech constitua un djich form\u00e9 de Berb\u00e8res, de Doui menia et d\u2019Ouled Djerir. Malgr\u00e9 un succ\u00e8s initial, le sort des armes ne lui fut pas favorable; les Reguibat, alli\u00e9s aux Ait Oussa, pill\u00e8rent Tindouf et d\u00e9cim\u00e8rent ses d\u00e9fenseurs en mai 1894\u00bb.<\/mark><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tindouf: histoire et processus d\u2019une occupation<br><\/strong>Plaque tournante du commerce transsaharien et \u00e9tape importante de l\u2019axe commercial reliant Mogador, Guelmim et Tombouctou, le qsar et la ville de Tindouf n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019objet de toutes les intrigues coloniales fran\u00e7aises en vue de gommer leur marocanit\u00e9 et de les rattacher au d\u00e9partement de la Saoura, territoire amput\u00e9 de l\u2019empire ch\u00e9rifien depuis 1845 et surtout 1902.<br>Le Mouggar ou moussem de Tantan, de Guelmim et d\u2019Assa sont la continuit\u00e9 de cet axe commercial qui les relie \u00e0 Tindouf depuis des si\u00e8cles et surtout \u00e0 la suite de la prise d\u2019Alger en 1830. C\u2019est \u00e0 la suite de la cr\u00e9ation du Commandement des Confins bas\u00e9 \u00e0 Tiznit et ensuite \u00e0 Agadir que le colonel Trinquet a pos\u00e9 la question d\u2019une s\u00e9paration entre le moussem de Guelmim et celui de Tindouf.<br>Constatant que le moussem de Guelmim sert \u00e0 faire la jonction politique et \u00e9conomique entre les tribus Tekna et les tribus Reguibat, il a fait cette proposition au directeur des Affaires indig\u00e8nes bas\u00e9 \u00e0 Rabat en vue de faire de l\u2019ombre au moussem de Tarfaya (Cap Juby) d\u00e9pendant du Sahara dit espagnol.<br>L\u2019objectif fut celui de cr\u00e9er un axe est-ouest d\u00e9pendant de la France au d\u00e9triment de l\u2019axe Nord-Sud marocain contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019Espagne entre Ifni et Rio de Oro. C\u2019est en appliquant la franchise sur les produits provenant d\u2019Agadir (sucre, th\u00e9, c\u00e9r\u00e9ales et guin\u00e9e) que la France comptait faire de l\u2019ombre au moussem de Tarfaya. Le march\u00e9 de Tindouf ne pourrait r\u00e9ussir sans la participation des commer\u00e7ants marocains d\u2019Agadir, Guelmim et autres localit\u00e9s traversant le territoire Tekna.<br>Le but ultime de ce projet fut celui d\u2019\u00e9radiquer les revendications espagnoles sur le territoire marocain entre l\u2019Oued Noun et le Dra\u00e2 comme l\u2019affirmait le colonel Trinquet.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation a continu\u00e9 jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1945-1946 lorsque le g\u00e9n\u00e9ral Quennard a tir\u00e9 la sonnette d\u2019alarme sur l\u2019impossibilit\u00e9 de gommer l\u2019identit\u00e9 marocaine de Tindouf et du danger encouru \u00e0 la suite de la pr\u00e9sentation du manifeste de l\u2019ind\u00e9pendance le 11 novembre 1944 par les leaders du parti de l\u2019Istiqlal.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de contenir la vague nationaliste qui, \u00e0 partir de l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, s\u2019\u00e9tait abattue en d\u00e9ferlante sur Tindouf, des rapports alarmants et prescrivant des actions concr\u00e8tes n\u2019avaient cess\u00e9 d\u2019\u00eatre envoy\u00e9s par les autorit\u00e9s coloniales aux diff\u00e9rents services et minist\u00e8res. Les pistes, les routes reliant Tindouf \u00e0 B\u00e9char et les autres centres habit\u00e9s \u00e9taient inexistantes en 1946. Mais \u00e0 la fin des ann\u00e9es cinquante, un appel urgent \u00e9tait lanc\u00e9 pour relier Tindouf \u00e0 Alger, via Bechar, et pour \u00e9tablir des liaisons avec les centres et les villages voisins. C\u2019est aussi pour r\u00e9affirmer l\u2019emprise coloniale sur le territoire que furent relanc\u00e9es des rencontres commerciales traditionnelles, celles du chouffan et du Mouggar de Tindouf. Des subventions furent accord\u00e9es aux \u00e9leveurs, commer\u00e7ants alg\u00e9riens pour les inciter \u00e0 fr\u00e9quenter le march\u00e9 de Tindouf qui \u00e9tait amplement visit\u00e9 par les bouchers et les \u00e9leveurs marocains de Guelmim et d\u2019Agadir[1].<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il a fallu attendre les ann\u00e9es 50 et surtout l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc pour que des mesures concr\u00e8tes, bien que b\u00e2cl\u00e9es, furent prises pour forcer une identit\u00e9 alg\u00e9rienne du March\u00e9 de Tindouf, qui au lieu de Mouggar allait prendre l\u2019appellation de Chouffan.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n[1] ANOM (Aix-en-Provence), FGGA, 28H\/3, rapport envoy\u00e9 par le colonel Quenard, commandant la division d\u2019Ain-Sefra en s\u00e9jour \u00e0 Colomb-B\u00e9char au ministre pl\u00e9nipotentiaire gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alg\u00e9rie, Colomb-B\u00e9char, 16 septembre 1946.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plaque tournante du commerce transsaharien et \u00e9tape importante de l\u2019axe commercial reliant Mogador, Guelmim et Tombouctou, le qsar et la ville de Tindouf n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019objet de toutes les intrigues coloniales fran\u00e7aises en vue de gommer leur marocanit\u00e9 et de les rattacher au d\u00e9partement de la Saoura, territoire amput\u00e9 de l\u2019empire ch\u00e9rifien depuis 1845 &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4845,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[55],"class_list":["post-4844","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-jillali-el-adnani"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/maroc.jpg?fit=619%2C494&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-1g8","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4844","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4844"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4844\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4847,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4844\/revisions\/4847"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4844"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4844"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4844"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}