{"id":4983,"date":"2025-10-07T09:25:48","date_gmt":"2025-10-07T08:25:48","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=4983"},"modified":"2025-10-07T09:27:11","modified_gmt":"2025-10-07T08:27:11","slug":"les-reguibat-et-le-projet-colonial-de-balkanisation-du-sahara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/les-reguibat-et-le-projet-colonial-de-balkanisation-du-sahara\/","title":{"rendered":"Les Reguibat et le projet colonial de balkanisation du Sahara"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Le conflit du Sahara occidental ne saurait se comprendre sans revenir aux lignes invisibles qu\u2019ont trac\u00e9es les conf\u00e9d\u00e9rations tribales avant que les empires coloniaux ne redessinent la carte du Maghreb. Des accords de Bir Moghrein (1934, 1949) au trait\u00e9 de paix du 5 ao\u00fbt 1979 entre la Mauritanie et le Front Polisario, l\u2019histoire saharienne appara\u00eet comme celle d\u2019une fragmentation orchestr\u00e9e: celle des Reguibat, une tribu partag\u00e9e entre l\u2019Alg\u00e9rie, la Mauritanie et le Maroc, et instrumentalis\u00e9e par les rivalit\u00e9s d\u2019\u00c9tats.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3434\" style=\"width:409px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Jillali El Adnani<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979 conclu entre la Mauritanie et le Polisario s\u2019inscrit dans une s\u00e9quence o\u00f9 s\u2019entrelacent solidarit\u00e9s tribales, h\u00e9ritages coloniaux et \u00e9quilibres r\u00e9gionaux du Maghreb. Pr\u00e9sent\u00e9 comme un acte de paix, il prolonge en r\u00e9alit\u00e9 une dynamique plus ancienne: celle inaugur\u00e9e par la Convention de Bir Moghrein (1949), qui avait ent\u00e9rin\u00e9 la fragmentation des conf\u00e9d\u00e9rations Reguibat entre les espaces alg\u00e9rien, mauritanien et saharien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La signature de cet accord sous la pr\u00e9sidence de Khouna Ould Haidallah \u2013 lui-m\u00eame issu de la conf\u00e9d\u00e9ration Reguibat\u2013 traduit moins l\u2019expression d\u2019une souverainet\u00e9 nationale que la r\u00e9surgence d\u2019un axe tribal transfrontalier, d\u00e9sormais instrumentalis\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie dans le cadre de sa politique saharienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, le trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979 ne met pas un terme au conflit: il en d\u00e9place les lignes. En transformant une question coloniale en enjeu de recomposition g\u00e9opolitique r\u00e9gionale, il ouvre une nouvelle phase de la rivalit\u00e9 maghr\u00e9bine autour du Sahara.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Sahara marocain et le d\u00e9coupage colonial (1924-1955)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lecture s\u00e9paratiste du Sahara, tout comme celle d\u00e9fendue par l\u2019Alg\u00e9rie, a souvent feint d\u2019ignorer les constats d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis depuis longtemps sur la r\u00e9partition des tribus et leurs zones d\u2019all\u00e9geance\u2013 des constats formul\u00e9s avec pr\u00e9cision notamment dans l\u2019important rapport de Bonamy sur la r\u00e9gion d\u00e8s 1924. Les r\u00e9f\u00e9rences au \u00abpuzzle\u00bb tribal et aux fid\u00e9lit\u00e9s traditionnelles ne manquaient pourtant pas; encore fallait-il savoir les lire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, \u00e0 l\u2019occasion du grand march\u00e9 (chouffane) de Tindouf, entre 1946 et 1955, les autorit\u00e9s fran\u00e7aises rappelaient sans rel\u00e2che que les Tadjakant, les Reguibat Lagouacem et m\u00eame ceux plac\u00e9s sous contr\u00f4le espagnol, les Reguibat Sahel, demeuraient des sujets marocains. Tout allait cependant basculer avec la Convention de Bir Moghrein, dont l\u2019article IV sp\u00e9cifia que les Reguibat Cherg relevaient d\u00e9sormais de l\u2019Alg\u00e9rie et les Reguibat Sahel, de la Mauritanie. Les ing\u00e9rences alg\u00e9riennes post\u00e9rieures \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de 1962, puis surtout \u00e0 partir de 1973, allaient ent\u00e9riner cette tromperie de l\u2019Histoire et bouleverser en profondeur ces \u00e9quilibres tribaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les accords de Bir Moghrein du 21 d\u00e9cembre 1934, puis ceux de Saint-Louis du 1er mars 1937, s\u2019inscrivent pleinement dans cette logique. Ces conventions franco-espagnoles, cens\u00e9es fixer des limites \u00abtechniques\u00bb et strat\u00e9giques, eurent pour effet concret d\u2019annexer une partie des Reguibat Lagouacem au d\u00e9partement de la Saoura, et surtout \u00e0 Tindouf, alors encore consid\u00e9r\u00e9 comme un qsar marocain. L\u2019espace que l\u2019on appellera plus tard \u00abSahara occidental\u00bb, correspondant \u00e0 la zone administr\u00e9e par l\u2019Espagne, n\u2019incluait pas les terrains de parcours de nombreuses tribus qui y \u00e9taient pourtant recens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le trac\u00e9 retenu apr\u00e8s la r\u00e9union de Bir Moghrein du 24 d\u00e9cembre 1934, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des parcours traditionnels des Reguibat restaient en dehors de cet espace, d\u00e9montrant le caract\u00e8re artificiel du d\u00e9coupage colonial. En 1949, une nouvelle convention de Bir Moghrein tenta d\u2019int\u00e9grer d\u2019autres fractions Reguibat \u00e0 la Mauritanie, dans un espace que l\u2019administration coloniale d\u00e9signait encore comme \u00abSahara occidental\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces op\u00e9rations successives r\u00e9pondaient \u00e0 un objectif pr\u00e9cis: s\u00e9curiser les zones mini\u00e8res et strat\u00e9giques du Sahara\u2013 Gara Djebilet pour l\u2019Alg\u00e9rie, Zou\u00e9rate pour la Mauritanie\u2013 au profit des empires coloniaux. Ce red\u00e9coupage, men\u00e9 sous couvert de rationalit\u00e9 administrative, ent\u00e9rinait en r\u00e9alit\u00e9 la dislocation des appartenances tribales et la fragmentation durable du Sahara marocain.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1025\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-3.png?resize=768%2C1025&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4984\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-3.png?w=768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-3.png?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La Partie d\u00e9nomm\u00e9e \u00abSahara occidental\u00bb sera vis\u00e9e par la Convention de Bir Moghrein en 1949 pour l\u2019annexer au profit de la Mauritanie. Ce v\u0153u est devenu r\u00e9alit\u00e9 avec la suppression du Commandement des confins d\u2019Agadir en 1954-1955. Archives diplomatiques de La Courneuve, service de liaison avec l\u2019Alg\u00e9rie, Carton 49.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, les Reguibat, consid\u00e9r\u00e9s avant 1920 comme relevant de l\u2019autorit\u00e9 du Makhzen, se sont retrouv\u00e9s rattach\u00e9s \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie ou \u00e0 la Mauritanie \u00e0 la faveur des conventions de Bir Moghrein. Une v\u00e9ritable d\u00e9colonisation devrait logiquement restaurer cette situation originelle plut\u00f4t que de la figer dans des fronti\u00e8res arbitraires. Ces tribus, qu\u2019elles vivent aujourd\u2019hui en Alg\u00e9rie ou en Mauritanie, ne revendiquent pas un \u00c9tat, mais un espace historique: celui du Sahara marocain, o\u00f9 leurs d\u00e9placements n\u2019\u00e9taient que saisonniers et inscrits dans un syst\u00e8me d\u2019all\u00e9geance \u00e0 la monarchie ch\u00e9rifienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re la rh\u00e9torique du \u00abdroit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames\u00bb, se profile en r\u00e9alit\u00e9 un tout autre enjeu: le maintien du d\u00e9coupage colonial destin\u00e9 \u00e0 assurer la mainmise sur les richesses naturelles. La convention de Bir Moghrein, en classant les Reguibat de l\u2019Est pour pr\u00e9server les gisements de Gara Djebilet et ceux du Sahel pour conserver le fer de Zou\u00e9rate, a pr\u00e9par\u00e9 les conditions de la fragmentation postcoloniale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abLe colonel Kadhafi a cherch\u00e9 \u00e0 constituer dans la mouvance de son pays les \u201c\u00c9tats-Unis du Sahara\u201d, au risque de faire \u00e9clater des \u00c9tats comme le Mali et le Niger, form\u00e9s de populations noires et blanches\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Royal Institute for International Relations (Egmont Institute)<br>D\u00e8s 1963, l\u2019Alg\u00e9rie, d\u00e9j\u00e0 attentive au phosphate de Boucraa, sut instrumentaliser ces h\u00e9ritages pour transformer les Reguibat d\u2019Alg\u00e9rie et de Mauritanie en bras arm\u00e9s d\u2019un projet pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00absahraoui\u00bb, mais orient\u00e9 vers la conqu\u00eate du phosphate et de l\u2019Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le trait\u00e9 de \u00abpaix\u00bb du 5 ao\u00fbt 1979 entre la Mauritanie et le Polisario, sign\u00e9 sous domination reguibat, s\u2019inscrit pleinement dans ce prolongement historique. Sous une apparence de r\u00e9conciliation, il reconduit en r\u00e9alit\u00e9 les logiques coloniales de Bir Moghrein: celles d\u2019une partition du Sahara au profit des int\u00e9r\u00eats miniers et g\u00e9ostrat\u00e9giques de l\u2019Alg\u00e9rie et de ses relais mauritaniens, au d\u00e9triment de l\u2019unit\u00e9 historique et tribale du Sahara marocain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>De Bir Moghrein (1949) au trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979: la continuit\u00e9 d\u2019une fragmentation coloniale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autod\u00e9termination des Reguibat, qu\u2019ils soient de Tindouf ou de Mauritanie, n\u2019a pas \u00e9merg\u00e9 d\u2019un choix libre, mais d\u2019une configuration impos\u00e9e par la colonisation franco-espagnole et prolong\u00e9e par ceux qui en ont h\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un paradoxe demeure pourtant: le Polisario, en s\u2019inscrivant dans des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019Alg\u00e9rie et de la Mauritanie, porte en lui la contradiction d\u2019une entit\u00e9 n\u00e9e d\u2019un d\u00e9coupage \u00e9tranger \u00e0 sa propre base historique. Si cette contradiction devait aller \u00e0 son terme, elle pourrait conduire le mouvement \u00e0 revendiquer une autre forme d\u2019autod\u00e9termination, non plus pour le Sahara occidental, mais pour red\u00e9finir son identit\u00e9 v\u00e9ritable \u2014 qu\u2019elle soit marocaine, alg\u00e9rienne ou mauritanienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979: entre neutralit\u00e9 mauritanienne et continuit\u00e9s reguibat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre un probl\u00e8me mal pos\u00e9 \u2014 celui du Sahara marocain \u2014 et un trait\u00e9 impos\u00e9 \u2014 celui du 5 ao\u00fbt 1979 entre la Mauritanie et le Polisario \u2014, Nouakchott chercha avant tout \u00e0 pr\u00e9server sa neutralit\u00e9 et son ind\u00e9pendance. Pr\u00e9sent\u00e9 comme un geste de paix, cet accord intervint dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 politique aigu\u00eb: cinq mois jour pour jour apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat du 6 avril 1979 qui porta le colonel Ahmed Ould Bousseif \u00e0 la t\u00eate du gouvernement. La mort brutale de ce dernier, le 31 mai suivant, dans un accident d\u2019h\u00e9licopt\u00e8re, ouvrit la voie \u00e0 l\u2019ascension du lieutenant-colonel Khouna Ould Haidallah, bient\u00f4t v\u00e9ritable d\u00e9tenteur du pouvoir \u00e0 Nouakchott et artisan d\u2019une nouvelle orientation du r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Issu lui-m\u00eame de la conf\u00e9d\u00e9ration reguibat, Haidallah imprima \u00e0 la question saharienne une lecture \u00e0 la fois identitaire et strat\u00e9gique. Son accession au pouvoir facilita la signature de l\u2019accord du 5 ao\u00fbt, officialis\u00e9 comme un trait\u00e9 d\u2019\u00c9tat entre la Mauritanie et le Polisario. Mais derri\u00e8re cette fa\u00e7ade juridique se dissimulait un autre texte \u2014 ou plut\u00f4t un non-texte: un accord oral, tenu secret, conclu parall\u00e8lement entre les m\u00eames protagonistes. Cet engagement tacite, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par des sources diplomatiques fran\u00e7aises, visait \u00e0 neutraliser les effets du trait\u00e9 officiel, consacrant la duplicit\u00e9 d\u2019un processus o\u00f9 la loyaut\u00e9 tribale primait sur la l\u00e9galit\u00e9 \u00e9tatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La composition m\u00eame des d\u00e9l\u00e9gations refl\u00e9tait cette ambigu\u00eft\u00e9. C\u00f4t\u00e9 mauritanien, le lieutenant-colonel Salem Ould Sidi, deuxi\u00e8me vice-pr\u00e9sident du Comit\u00e9 militaire de salut national (CMSN), signait au nom de Nouakchott, mais sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un chef d\u2019\u00c9tat reguibi. C\u00f4t\u00e9 Polisario, le n\u00e9gociateur principal n\u2019\u00e9tait autre que Bachir Mustapha Sayed, fr\u00e8re du fondateur du mouvement et lui aussi reguibi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979, pr\u00e9sent\u00e9 comme un instrument de paix, se mua ainsi en une transaction interne \u00e0 la conf\u00e9d\u00e9ration reguibat, maquill\u00e9e du langage diplomatique. Derri\u00e8re les apparences d\u2019un compromis entre deux entit\u00e9s \u00e9tatiques se profilait en r\u00e9alit\u00e9 une continuit\u00e9 tribale: celle d\u2019un axe reguibi traversant les fronti\u00e8res, dont les int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats s\u2019accordaient, consciemment ou non, avec la strat\u00e9gie r\u00e9gionale de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quand les Reguibat de Mauritanie reconnaissent ceux du Polisario<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un entretien confidentiel avec M. Roussy, haut fonctionnaire fran\u00e7ais en poste \u00e0 l\u2019Ambassade de France \u00e0 Nouakchott, Ould Haidallah confia sans d\u00e9tour les termes de l\u2019accord oral, comme s\u2019il parlait au nom des deux parties signataires. Derri\u00e8re la fa\u00e7ade d\u2019un texte officiel, la r\u00e9alit\u00e9 apparaissait double: un \u00c9tat en qu\u00eate de survie et une conf\u00e9d\u00e9ration tribale transnationale utilis\u00e9e \u00e0 la fois comme acteur politique et comme instrument diplomatique. Ainsi, le 5 ao\u00fbt 1979 ne scella pas seulement le retrait mauritanien du Sahara, mais il r\u00e9v\u00e9la au grand jour le poids des logiques tribales, capables de brouiller les fronti\u00e8res entre l\u2019\u00c9tat et le mouvement s\u00e9paratiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. Roussy rapporte que: \u00abLe Lt Col. Haidallah m\u2019a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que l\u2019accord du 5 ao\u00fbt ne constitue, d\u2019apr\u00e8s lui, \u201cni un renversement d\u2019alliances ni un changement de camp\u201d. L\u2019\u201cadministration (provisoire)\u201d du Tiris el Gharbia est consid\u00e9r\u00e9e par les Mauritaniens comme un gage donn\u00e9 au Maroc.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La reconnaissance du Polisario par le Premier ministre mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidallah, lui-m\u00eame issu de la grande conf\u00e9d\u00e9ration tribale des Reguibat, cr\u00e9e en effet un effet de miroir. Cet \u00abeffet de miroir\u00bb signifie que la Mauritanie ne reconnaissait pas seulement un acteur politico-militaire, mais aussi une projection tribale de sa propre soci\u00e9t\u00e9. Ce geste renfor\u00e7ait la coh\u00e9rence interne de la d\u00e9cision tout en en accentuant l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 g\u00e9opolitique: le Polisario devenait \u00e0 la fois un double et un prolongement, un reflet de la Mauritanie reguibat dans le th\u00e9\u00e2tre saharien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entretien confidentiel entre le pr\u00e9sident mauritanien Khouna Ould Haidallah et Roussy, haut fonctionnaire fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019Ambassade de France \u00e0 Nouakchott (page 1\/2), Archives diplomatiques de La Courneuve, ANMO, Maroc Sahara occidental 1973-1982, Trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979, Carton 965.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"655\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-4.png?resize=655%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4985\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-4.png?resize=655%2C1024&amp;ssl=1 655w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-4.png?resize=192%2C300&amp;ssl=1 192w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-4.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Entretien confidentiel entre le pr\u00e9sident mauritanien Khouna Ould Haidallah et Roussy, hautfonctionnaire fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019Ambassade de France \u00e0 Nouakchott (page 1\/2), Archives diplomatiques deLa Courneuve, ANMO, Maroc Sahara occidental 1973-1982, Trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979, Carton 965.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"676\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-5.png?resize=676%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4986\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-5.png?resize=676%2C1024&amp;ssl=1 676w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-5.png?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/image-5.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 676px) 100vw, 676px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Entretien confidentiel entre le pr\u00e9sident mauritanien Khouna Ould Haidallah et Roussy, haut fonctionnaire fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019Ambassade de France \u00e0 Nouakchott (page 2\/2), Archives diplomatiques de La Courneuve, ANMO, Maroc Sahara occidental 1973-1982, Trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979, Carton 965.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, le trait\u00e9 de paix, consign\u00e9 dans un texte \u00e9crit class\u00e9 \u00absecret et sans diffusion, sauf pour le ministre et M. Georgy seuls\u00bb, se trouve contredit par une version orale d\u2019un second accord, \u00e9galement tenu secret. Ce double dispositif r\u00e9v\u00e8le la nature ambivalente de l\u2019entente conclue: un trait\u00e9 de paix entre des Reguibat et un pr\u00e9sident mauritanien lui-m\u00eame issu de la m\u00eame conf\u00e9d\u00e9ration, dissimulant en r\u00e9alit\u00e9 une fracture tribale h\u00e9rit\u00e9e des colonisations fran\u00e7aise et espagnole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque puissance coloniale avait tent\u00e9 de contenir \u00abses\u00bb Reguibat \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de fronti\u00e8res arbitrairement trac\u00e9es, sans \u00e9gard pour les itin\u00e9raires nomades ni pour les anciennes all\u00e9geances au Makhzen. Ces lignes de partage, impos\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur, ont fig\u00e9 des espaces mouvants et fragment\u00e9 une m\u00eame entit\u00e9 sociopolitique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s lors, une question essentielle surgit: le Maroc affrontait-il v\u00e9ritablement un mouvement s\u00e9paratiste, ou bien faisait-il face \u00e0 des composantes tribales instrumentalis\u00e9es et projet\u00e9es depuis les pays voisins? Cette ambigu\u00eft\u00e9, n\u00e9e du legs colonial et entretenue par des strat\u00e9gies r\u00e9gionales, demeure au c\u0153ur de la question saharienne contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La dimension tribale du conflit racont\u00e9e par des acad\u00e9miciens et diplomates<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plusieurs chercheurs et diplomates ont rappel\u00e9 que le dossier saharien ne saurait \u00eatre dissoci\u00e9 des structures sociales et des continuit\u00e9s ethniques qui unissent, de part et d\u2019autre des fronti\u00e8res, les populations du Sahara occidental, de la Mauritanie et du Sud alg\u00e9rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u00e9tude publi\u00e9e par le Royal Institute for International Relations (Egmont Institute) l\u2019affirme avec clart\u00e9:\u00abAinsi, la Mauritanie est sortie de la guerre pour se r\u00e9fugier dans la neutralit\u00e9; il para\u00eet cependant n\u00e9cessaire de souligner qu\u2019elle reste partie au conflit: historiquement et ethniquement, les tribus R\u2019Guibat (c\u2019est-\u00e0-dire le Polisario), qui nomadisent dans l\u2019ancien Sahara espagnol (mais aussi en Mauritanie, en Alg\u00e9rie et dans le nord du Mali), font partie du peuple maure. Le curriculum vitae des responsables du Polisario, comme celui de nombreux notables mauritaniens \u2014 le pr\u00e9sident Haidallah et plusieurs de ses principaux ministres sont des R\u2019Guibat \u2014 en fait foi. Comme le disait un responsable sahraoui: \u201cl\u2019autod\u00e9termination, cela veut peut-\u00eatre dire, apr\u00e8s tout, l\u2019int\u00e9gration dans une Mauritanie renouvel\u00e9e.\u201d\u00bb\u00b9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le journaliste et sp\u00e9cialiste du Maghreb Paul Balta a, lui aussi, soulign\u00e9 cette dimension tribale, en l\u2019inscrivant dans le contexte du soutien de Houari Boumediene au Polisario, dont le fer de lance \u00e9tait constitu\u00e9 par les Reguibat:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abEntre 1973 et 1975, une certaine agitation se manifeste dans le Sud alg\u00e9rien, tant chez les Touareg dans les zones p\u00e9troli\u00e8res qu\u2019ils mena\u00e7aient d\u2019incendier, que chez les Sahraouis de B\u00e9char et d\u2019Adrar, qui sabotent les exp\u00e9ditions de tomates cultiv\u00e9es dans la r\u00e9gion. Les uns et les autres estimaient alors ne pas b\u00e9n\u00e9ficier suffisamment des retomb\u00e9es des richesses mises en valeur sur \u201cleur\u201d territoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En apportant son soutien au Front Polisario et en accroissant les investissements en faveur du Sud, Boumediene avait \u201cd\u00e9samorc\u00e9\u201d ces revendications. Depuis, le colonel Kadhafi a cherch\u00e9 \u00e0 constituer dans la mouvance de son pays les \u201c\u00c9tats-Unis du Sahara\u201d, au risque de faire \u00e9clater des \u00c9tats comme le Mali et le Niger, form\u00e9s de populations noires et blanches. La menace a paru suffisamment pr\u00e9cise \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, qui risquait sinon d\u2019\u00eatre amput\u00e9e du Hoggar ou de voir relancer l\u2019agitation dans le Tassili et dans le Hoggar, pour qu\u2019elle adresse de discr\u00e8tes, mais fermes mises en garde \u00e0 Tripoli.\u00bb\u00b2<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une correspondance diplomatique tout aussi r\u00e9v\u00e9latrice, l\u2019ambassadeur de France \u00e0 Nouakchott, Maurice Courage, \u00e9crivait au ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Jean-Fran\u00e7ois Poncet, le 13 octobre 1980:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00abL\u00e0 c\u2019est, \u00e0 mon sens, toute la Mauritanie, plus attach\u00e9e \u00e0 ses r\u00eaves qu\u2019\u00e0 la dure r\u00e9alit\u00e9. J\u2019y vois \u00e9galement la confirmation de cette opinion si g\u00e9n\u00e9ralement partag\u00e9e qu\u2019avec les d\u00e9veloppements du conflit saharien, le Polisario finira un jour par descendre vers le sud et que seul le pr\u00e9sident Ha\u00efdallah, de par son appartenance \u00e0 l\u2019ethnie Regueibat, peut faire que cette migration se r\u00e9alise sans heurt, jusqu\u2019\u00e0 ce que, par la loi des grands nombres, les cousins sahraouis r\u00e9volutionnaires se trouvent un jour assimil\u00e9s et assagis.\u00bb\u00b3<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, le trait\u00e9 du 5 ao\u00fbt 1979 d\u00e9passe le simple retrait mauritanien du Tiris el-Gharbia: il r\u00e9v\u00e8le l\u2019imbrication profonde des logiques tribales et des calculs g\u00e9opolitiques r\u00e9gionaux. Derri\u00e8re un texte officiel se jouait une reconnaissance implicite entre Reguibat de Mauritanie et Reguibat du Polisario, prolongeant l\u2019ombre port\u00e9e de la convention coloniale de Bir Moghrein. Cet accord ne se limita pas \u00e0 redessiner les alliances: il marqua \u00e0 la fois la neutralisation de Nouakchott et l\u2019effritement de l\u2019axe alg\u00e9ro-libyen, ouvrant la voie \u00e0 un face-\u00e0-face direct entre le Maroc et l\u2019Alg\u00e9rie, o\u00f9 la question saharienne resta ins\u00e9parable des h\u00e9ritages coloniaux et des solidarit\u00e9s tribales qui continuent, encore aujourd\u2019hui, d\u2019en fa\u00e7onner les lignes de fracture.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(1): \u00abLa politique de la Mauritanie en 1979\u00bb,Studia Diplomatica, \u00e9tude publi\u00e9e par le Royal Institute for International Relations (Egmont Institute) en 1980, vol. 33, no 1\/2, pp. 179-188, Egmont Institute, p. 182.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(2): Paul Balta, \u00abFacteurs de stabilit\u00e9 et d\u2019instabilit\u00e9 au Maghreb\u00bb, Colloque de Tol\u00e8de sur les changements politiques et strat\u00e9giques dans la M\u00e9diterran\u00e9e et la r\u00e9gion du Maghreb, 24-27 mars 1982, p. 8<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(3): \u00abLes vacances du pr\u00e9sident Haidallah\u00bb, note diplomatique de l\u2019ambassadeur de France \u00e0 Nouakchott, Maurice Courage, Archives diplomatiques de La Courneuve, ANMO, Alg\u00e9rie, carton 225, 1973-1982.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Jillali El Adnani<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le conflit du Sahara occidental ne saurait se comprendre sans revenir aux lignes invisibles qu\u2019ont trac\u00e9es les conf\u00e9d\u00e9rations tribales avant que les empires coloniaux ne redessinent la carte du Maghreb. Des accords de Bir Moghrein (1934, 1949) au trait\u00e9 de paix du 5 ao\u00fbt 1979 entre la Mauritanie et le Front Polisario, l\u2019histoire saharienne appara\u00eet &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4987,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[55],"class_list":["post-4983","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-jillali-el-adnani"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/sahara-marocain.jpg?fit=781%2C464&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-1in","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4983","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4983"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4983\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4988,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4983\/revisions\/4988"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4987"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4983"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4983"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4983"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}