{"id":5074,"date":"2025-10-24T14:59:16","date_gmt":"2025-10-24T13:59:16","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=5074"},"modified":"2025-10-24T14:59:22","modified_gmt":"2025-10-24T13:59:22","slug":"le-maroc-africain-une-vision-de-souverainete-dunite-et-davenir-continental-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/le-maroc-africain-une-vision-de-souverainete-dunite-et-davenir-continental-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Le Maroc africain : Une vision de souverainet\u00e9, d\u2019unit\u00e9 et d\u2019avenir continental &#8211; par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p>Le Maroc africain n\u2019est pas une simple orientation strat\u00e9gique : c\u2019est une <strong>renaissance identitaire et g\u00e9opolitique<\/strong>. En r\u00e9affirmant son appartenance au continent, le Royaume a su concilier m\u00e9moire, modernit\u00e9 et ambition. Son mod\u00e8le d\u2019action repose sur une diplomatie proactive, une \u00e9conomie d\u2019influence et une solidarit\u00e9 sinc\u00e8re. Mais il reste \u00e0 consolider ce projet face aux d\u00e9fis de coh\u00e9rence interne, d\u2019\u00e9quit\u00e9 et de durabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:330px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La position g\u00e9ographique du Maroc, \u00e0 la charni\u00e8re de l\u2019Europe, du monde arabe et de l\u2019Afrique, en fait un espace singulier, un carrefour o\u00f9 se rencontrent civilisations, routes commerciales et influences culturelles. Mais cette position n\u2019est pas qu\u2019un fait de nature ; elle est aussi un choix politique et historique. \u00catre \u00ab Maroc africain \u00bb, c\u2019est affirmer une appartenance, une responsabilit\u00e9 et une ambition.<br>Depuis l\u2019ind\u00e9pendance du Royaume en 1956, l\u2019Afrique a constitu\u00e9 un horizon de solidarit\u00e9 et d\u2019inspiration. Toutefois, c\u2019est sous le r\u00e8gne de Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI que cette orientation africaine est devenue une politique structur\u00e9e, fond\u00e9e sur le <strong>principe de la co-appartenance<\/strong>, de la <strong>coop\u00e9ration sud-sud<\/strong> et d\u2019une <strong>solidarit\u00e9 active<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet essai explore la dimension africaine du Maroc \u00e0 travers cinq axes : les fondements historiques et identitaires, la strat\u00e9gie africaine contemporaine, les r\u00e9alisations tangibles, les d\u00e9fis structurels, et les perspectives \u00e0 long terme. \u00c0 travers ces prismes, il s\u2019agit de comprendre comment le Maroc, loin d\u2019\u00eatre \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de l\u2019Afrique, se con\u00e7oit comme <strong>un acteur central d\u2019un continent en mutation<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc et son africanit\u00e9 : entre m\u00e9moire, g\u00e9ographie et vision<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019africanit\u00e9 du Maroc n\u2019est pas un concept politique r\u00e9cent. Elle plonge ses racines dans l\u2019histoire longue des \u00e9changes caravaniers, spirituels et culturels entre le Nord et le Sud du Sahara. D\u00e8s le VIII\u1d49 si\u00e8cle, les dynasties marocaines \u2014 almoravide, almohade, m\u00e9rinide, saadienne \u2014 ont construit des ponts mat\u00e9riels et spirituels vers l\u2019Afrique subsaharienne. Les routes du sel, de l\u2019or et de la foi reliaient alors Marrakech \u00e0 Tombouctou, F\u00e8s \u00e0 Gao, Essaouira \u00e0 Saint-Louis.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces relations n\u2019\u00e9taient pas uniquement \u00e9conomiques : elles traduisaient une fraternit\u00e9 spirituelle. Des <strong>zaou\u00efas soufies<\/strong> marocaines, telles que la Tijaniyya ou la Qadiriyya, ont essaim\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest, diffusant une \u00e9thique religieuse de paix, de savoir et de solidarit\u00e9. Ainsi, le Maroc a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019<strong>islamisation pacifique du continent<\/strong>, en incarnant un mod\u00e8le d\u2019islam tol\u00e9rant et ouvert \u2014 un legs encore perceptible dans le rayonnement spirituel du Royaume aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, le Maroc de Mohammed V puis de Hassan II s\u2019est inscrit dans la mouvance panafricaine, soutenant les mouvements de lib\u00e9ration du continent. Rabat fut une terre d\u2019accueil pour les leaders ind\u00e9pendantistes africains et un acteur de la <strong>Conf\u00e9rence de Casablanca (1961)<\/strong>, qui posa les bases d\u2019un panafricanisme pragmatique et anti-colonial.<br>Toutefois, les divergences politiques avec certains \u00c9tats africains autour de la question du Sahara occidental conduisirent le Maroc \u00e0 se retirer de l\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine (OUA) en 1984. Ce retrait symbolisait moins un d\u00e9sengagement africain qu\u2019un <strong>d\u00e9saccord institutionnel<\/strong> : le Maroc refusait que l\u2019unit\u00e9 africaine soit compromise par des logiques s\u00e9paratistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le retour du Maroc sur la sc\u00e8ne africaine s\u2019est accompagn\u00e9 d\u2019une <strong>red\u00e9finition identitaire<\/strong>. Le Royaume ne se pr\u00e9sente plus comme un acteur p\u00e9riph\u00e9rique du continent, mais comme un <strong>pays pleinement africain<\/strong>, fort de son histoire, de sa stabilit\u00e9 et de son mod\u00e8le de d\u00e9veloppement.<br>Dans son discours d\u2019Adis-Abeba (2017), lors de la r\u00e9int\u00e9gration du Maroc \u00e0 l\u2019Union africaine (UA), le Roi Mohammed VI d\u00e9clara :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab L\u2019Afrique est le pr\u00e9sent et l\u2019avenir du Maroc. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cette phrase r\u00e9sume la nouvelle philosophie du Royaume : l\u2019Afrique n\u2019est plus une marge, elle est une <strong>matrice d\u2019avenir et de souverainet\u00e9 partag\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La strat\u00e9gie africaine contemporaine : diplomatie, \u00e9conomie et humanisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis deux d\u00e9cennies, la diplomatie marocaine d\u00e9ploie une action africaine articul\u00e9e autour de trois principes : <strong>l\u2019appartenance, l\u2019initiative et la solidarit\u00e9<\/strong> (Bourita, 2024). Cette diplomatie est incarn\u00e9e par les tourn\u00e9es royales en Afrique \u2014 plus de 40 visites officielles dans une trentaine de pays \u2014 et la signature de pr\u00e8s de <strong>1 000 accords de coop\u00e9ration<\/strong> couvrant les domaines de l\u2019\u00e9nergie, de la sant\u00e9, de l\u2019\u00e9ducation et de la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc adopte une approche bilat\u00e9rale pragmatique, pr\u00e9f\u00e9rant la construction de partenariats gagnant-gagnant \u00e0 la logique d\u2019aide ou de d\u00e9pendance. En s\u2019inscrivant dans le paradigme de la <strong>co-construction<\/strong>, le Royaume s\u2019impose comme un <strong>acteur africain responsable<\/strong>, soucieux de promouvoir une souverainet\u00e9 collective face aux puissances ext\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc fait de la <strong>coop\u00e9ration sud-sud<\/strong> le c\u0153ur de sa politique africaine. Celle-ci repose sur le partage de savoir-faire, la formation et la mobilit\u00e9. Les universit\u00e9s marocaines accueillent chaque ann\u00e9e plusieurs milliers d\u2019\u00e9tudiants africains, souvent boursiers de l\u2019\u00c9tat. Ces jeunes constituent demain un r\u00e9seau d\u2019\u00e9lites africaines form\u00e9es au Maroc, porteuses d\u2019un lien organique entre leurs pays et le Royaume.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan humanitaire, le Maroc a \u00e9t\u00e9 pionnier dans la <strong>r\u00e9gularisation des migrants africains<\/strong> (2014, 2017), affirmant que \u00ab le migrant n\u2019est pas une menace, mais une richesse \u00bb. Cette approche humaniste contraste avec les politiques restrictives adopt\u00e9es ailleurs et conf\u00e8re au Maroc une <strong>l\u00e9gitimit\u00e9 morale<\/strong> sur le continent.<\/p>\n\n\n\n<p>La strat\u00e9gie africaine du Maroc s\u2019appuie \u00e9galement sur une offensive \u00e9conomique structur\u00e9e. Les grandes entreprises marocaines, notamment dans les secteurs bancaires (Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa), des t\u00e9l\u00e9communications (Maroc Telecom), de la construction (CGI, Ciments de l\u2019Afrique) et de l\u2019\u00e9nergie (OCP Africa), ont investi massivement sur le continent.<br>Le Maroc se positionne ainsi comme <strong>le deuxi\u00e8me investisseur africain en Afrique<\/strong>, apr\u00e8s l\u2019Afrique du Sud. Ces investissements, soutenus par la diplomatie royale, traduisent une <strong>\u00e9conomie de projection<\/strong>, o\u00f9 la r\u00e9ussite nationale se prolonge par des partenariats r\u00e9gionaux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019OCP, par exemple, symbolise cette strat\u00e9gie d\u2019int\u00e9gration productive : en d\u00e9veloppant des unit\u00e9s de production et de distribution d\u2019engrais en \u00c9thiopie, au Nig\u00e9ria et au S\u00e9n\u00e9gal, elle participe \u00e0 la <strong>s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du continent<\/strong>. De m\u00eame, la strat\u00e9gie \u00e9nerg\u00e9tique marocaine \u2014 notamment le d\u00e9veloppement de l\u2019hydrog\u00e8ne vert et des interconnexions \u00e9lectriques \u2014 ouvre de nouvelles perspectives de coop\u00e9ration verte avec l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc joue aussi un r\u00f4le de stabilisateur dans le champ s\u00e9curitaire. Sa politique de formation des imams africains au sein de l\u2019<strong>Institut Mohammed VI de formation des imams<\/strong> \u00e0 Rabat illustre sa diplomatie spirituelle : un islam mod\u00e9r\u00e9, enracin\u00e9 dans la tradition malikite et soufie, oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00e9misme violent.<br>Par ailleurs, le Royaume intervient discr\u00e8tement dans la <strong>m\u00e9diation des crises africaines<\/strong>, notamment au Mali, en Libye ou au Soudan. Sa neutralit\u00e9, sa stabilit\u00e9 politique et son image de pays musulman tol\u00e9rant lui conf\u00e8rent une cr\u00e9dibilit\u00e9 particuli\u00e8re dans la pr\u00e9vention des conflits.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les r\u00e9alisations du Maroc africain : une pr\u00e9sence concr\u00e8te et visible<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9int\u00e9gration du Maroc \u00e0 l\u2019Union africaine en 2017, apr\u00e8s 33 ans d\u2019absence, fut une victoire diplomatique majeure. Loin d\u2019un simple retour symbolique, elle marque la reconnaissance du <strong>poids \u00e9conomique et politique du Maroc<\/strong>. Le Royaume si\u00e8ge d\u00e9sormais dans plusieurs organes de l\u2019UA et milite pour une r\u00e9forme institutionnelle ax\u00e9e sur l\u2019efficacit\u00e9 et la responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence des entreprises marocaines s\u2019\u00e9tend aujourd\u2019hui \u00e0 plus de <strong>30 pays africains<\/strong>. Cette expansion s\u2019accompagne de la cr\u00e9ation de <strong>corridors commerciaux<\/strong>, de l\u2019am\u00e9lioration des infrastructures portuaires (Tanger Med) et de la facilitation des \u00e9changes financiers intra-africains.<br>Tanger Med, port strat\u00e9gique sur l\u2019Atlantique, illustre cette ambition : il ne sert pas uniquement \u00e0 relier le Maroc \u00e0 l\u2019Europe, mais constitue aussi une <strong>plateforme d\u2019acc\u00e8s logistique pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et le Sahel<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Lanc\u00e9e par le Roi Mohammed VI en 2023, l\u2019<strong>initiative atlantique<\/strong> vise \u00e0 offrir un acc\u00e8s \u00e0 la mer aux pays sah\u00e9liens enclav\u00e9s (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad) via les ports marocains. Cette vision repose sur trois piliers :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li>Connectivit\u00e9 logistique et infrastructures ;<\/li>\n\n\n\n<li>Coop\u00e9ration \u00e9nerg\u00e9tique (pipeline Nigeria-Maroc) ;<\/li>\n\n\n\n<li>Int\u00e9gration \u00e9conomique et stabilit\u00e9 r\u00e9gionale.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Ce projet illustre la vocation du Maroc \u00e0 devenir <strong>un moteur d\u2019int\u00e9gration africaine<\/strong> fond\u00e9e sur la solidarit\u00e9 et la compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la politique et de l\u2019\u00e9conomie, le Maroc renforce son <strong>soft power culturel<\/strong>. Les festivals, les coop\u00e9rations universitaires et les programmes de jumelage entre villes africaines contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un <strong>espace culturel africain commun<\/strong>.<br>De m\u00eame, la diplomatie religieuse marocaine, ax\u00e9e sur la tol\u00e9rance, joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la consolidation des valeurs de coexistence et de paix.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9fis structurels et contradictions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier d\u00e9fi reste la question du <strong>Sahara marocain<\/strong>, qui structure la diplomatie africaine du Royaume. Si de nombreux \u00c9tats africains soutiennent l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Maroc \u2014 en ouvrant des consulats \u00e0 Dakhla ou La\u00e2youne \u2014 d\u2019autres demeurent align\u00e9s sur la position alg\u00e9rienne ou celle de la d\u00e9funte RASD.<br>La rivalit\u00e9 avec l\u2019Alg\u00e9rie entrave la cr\u00e9ation d\u2019un <strong>Maghreb uni<\/strong>, pourtant essentiel \u00e0 l\u2019int\u00e9gration continentale. Ce blocage g\u00e9opolitique demeure un obstacle \u00e0 la pleine r\u00e9alisation du projet africain du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc africain doit \u00e9galement affronter ses propres paradoxes. Alors que le Royaume pr\u00f4ne la solidarit\u00e9 continentale, il doit en parall\u00e8le renforcer la <strong>coh\u00e9sion sociale interne<\/strong>, r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales et consolider le d\u00e9veloppement du Sud.<br>L\u2019enjeu est de faire converger la politique ext\u00e9rieure et la politique int\u00e9rieure, afin que la r\u00e9ussite africaine du Maroc repose sur une base nationale solide.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains critiques estiment que la politique africaine du Maroc repose encore trop sur un mod\u00e8le vertical, o\u00f9 les grandes entreprises marocaines exportent leurs services sans n\u00e9cessairement favoriser l\u2019\u00e9mergence de partenariats horizontaux.<br>La durabilit\u00e9 de cette politique d\u00e9pendra donc de sa <strong>capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des partenariats \u00e9galitaires<\/strong>, bas\u00e9s sur le transfert technologique et la participation locale.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le Maroc africain doit int\u00e9grer la dimension \u00e9cologique dans ses politiques continentales. Le changement climatique, la d\u00e9sertification et la rar\u00e9faction de l\u2019eau affectent durement l\u2019Afrique. Le Maroc, pionnier des \u00e9nergies renouvelables (Noor Ouarzazate, hydrog\u00e8ne vert), a ici un r\u00f4le de <strong>leader \u00e9cologique africain<\/strong> \u00e0 assumer, en diffusant un mod\u00e8le de croissance durable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc africain de demain : vision, d\u00e9fis et horizon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 long terme, le Maroc ambitionne de devenir un <strong>hub africain global<\/strong>, reliant les march\u00e9s, les cultures et les flux humains entre l\u2019Europe, l\u2019Afrique et l\u2019Am\u00e9rique latine. Le positionnement g\u00e9ographique du Royaume lui conf\u00e8re une capacit\u00e9 unique de connectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La diplomatie africaine du futur passera aussi par la <strong>transformation num\u00e9rique<\/strong>. Le Maroc peut jouer un r\u00f4le moteur dans la formation technologique des jeunes africains et dans le d\u00e9veloppement des start-ups continentales. Des initiatives conjointes dans l\u2019agritech, la fintech ou la cybers\u00e9curit\u00e9 pourraient constituer le c\u0153ur d\u2019une <strong>Afrique du savoir<\/strong>, dont le Maroc serait un catalyseur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Afrique a besoin de leaderships moraux plus que militaires. En d\u00e9fendant une diplomatie religieuse mod\u00e9r\u00e9e, une politique migratoire humaniste et une approche coop\u00e9rative, le Maroc se positionne comme <strong>un mod\u00e8le de stabilit\u00e9 \u00e9thique<\/strong> au sein d\u2019un continent fragment\u00e9.<br>Cette dimension spirituelle, souvent sous-estim\u00e9e, est l\u2019un des atouts les plus profonds du Maroc africain : une synth\u00e8se entre <strong>r\u00e9alisme politique et id\u00e9al humaniste<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc africain n\u2019est pas une simple orientation strat\u00e9gique : c\u2019est une <strong>renaissance identitaire et g\u00e9opolitique<\/strong>. En r\u00e9affirmant son appartenance au continent, le Royaume a su concilier m\u00e9moire, modernit\u00e9 et ambition. Son mod\u00e8le d\u2019action repose sur une diplomatie proactive, une \u00e9conomie d\u2019influence et une solidarit\u00e9 sinc\u00e8re. Mais il reste \u00e0 consolider ce projet face aux d\u00e9fis de coh\u00e9rence interne, d\u2019\u00e9quit\u00e9 et de durabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc, pont entre les mondes, aspire aujourd\u2019hui \u00e0 \u00eatre <strong>l\u2019un des moteurs d\u2019une Afrique souveraine, unie et prosp\u00e8re<\/strong>. Sa trajectoire africaine incarne une conviction : celle que l\u2019avenir du Royaume \u2014 et de l\u2019Afrique \u2014 se construira dans la coop\u00e9ration, la sagesse et la vision.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur X\u00a0: @Ayurinu<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Maroc africain n\u2019est pas une simple orientation strat\u00e9gique : c\u2019est une renaissance identitaire et g\u00e9opolitique. En r\u00e9affirmant son appartenance au continent, le Royaume a su concilier m\u00e9moire, modernit\u00e9 et ambition. Son mod\u00e8le d\u2019action repose sur une diplomatie proactive, une \u00e9conomie d\u2019influence et une solidarit\u00e9 sinc\u00e8re. Mais il reste \u00e0 consolider ce projet face aux &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5075,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[59],"class_list":["post-5074","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-mohamed-chtatou"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture2.jpg?fit=465%2C456&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-1jQ","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5074","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5074"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5074\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5076,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5074\/revisions\/5076"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5075"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5074"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5074"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5074"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}