{"id":5119,"date":"2025-11-02T12:20:46","date_gmt":"2025-11-02T11:20:46","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=5119"},"modified":"2025-11-02T12:20:53","modified_gmt":"2025-11-02T11:20:53","slug":"un-an-apres-la-marche-verte-le-soutien-indefectible-de-leurope-par-jillali-el-adnani","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/un-an-apres-la-marche-verte-le-soutien-indefectible-de-leurope-par-jillali-el-adnani\/","title":{"rendered":"Un an apr\u00e8s la Marche verte, le soutien ind\u00e9fectible de l\u2019Europe &#8211; par Jillali El Adnani"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Un an apr\u00e8s la Marche verte, la diplomatie europ\u00e9enne ne doute plus de la l\u00e9gitimit\u00e9 du retour du Sahara occidental au Maroc. Les chancelleries occidentales participent ouvertement aux c\u00e9r\u00e9monies officielles comm\u00e9morant l\u2019\u00e9v\u00e9nement, actant ainsi la reconnaissance de fait de la souverainet\u00e9 marocaine. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019emploie alors \u00e0 fabriquer un mouvement s\u00e9paratiste ex nihilo, le Polisario, dans l\u2019unique objectif de freiner l\u2019ancrage r\u00e9gional du Maroc et de remodeler les \u00e9quilibres du Maghreb.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"493\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=784%2C493&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-3434\" style=\"width:434px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?w=784&amp;ssl=1 784w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Jillali-El-Adnani-2.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Jillali El Adnani<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Depuis 1945, la question du Sahara s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 du mouvement national marocain, conduit aux c\u00f4t\u00e9s du sultan Mohammed Ben Youssef. Celui-ci refusa cat\u00e9goriquement la nouvelle ligne frontali\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 annuler celle dite de Trinquet. Cette ligne, trac\u00e9e en 1938 et \u00e0 l\u2019origine du conflit avec l\u2019Alg\u00e9rie en 1963, fut express\u00e9ment rejet\u00e9e par le sultan Mohammed V d\u00e8s 1952. Le colonel de Saint-Bon, du cabinet militaire, rapporte alors que le souverain s\u2019oppose \u00e0 cette d\u00e9limitation qui efface la ligne des douanes marocaines, pourtant fix\u00e9e par les trait\u00e9s de 1901, 1902 et 1910, lesquels reconnaissaient la fronti\u00e8re m\u00e9ridionale du Maroc avec l\u2019Afrique occidentale. Un document class\u00e9 tr\u00e8s secret, dat\u00e9 du 10 mars 1952, confirme d\u2019ailleurs que la \u00abligne de Niamey\u00bb trac\u00e9e en 1909 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 reconnue par le sultan\u2013 et ce, jusqu\u2019en 1952.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"727\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png?resize=727%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5120\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png?resize=727%2C1024&amp;ssl=1 727w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png?resize=213%2C300&amp;ssl=1 213w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-3.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 727px) 100vw, 727px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le discours prononc\u00e9 dans la localit\u00e9 de<a href=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/la-visite-historique-de-mohammed-v-a-mhamid-el-ghizlane-symbole-dunite-et-dindependance\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/la-visite-historique-de-mohammed-v-a-mhamid-el-ghizlane-symbole-dunite-et-dindependance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> M\u2019hamid El Ghizlane<\/a>, le 25 f\u00e9vrier 1958, par le sultan Mohammed V avait fix\u00e9 avec une grande nettet\u00e9 l\u2019objectif de la r\u00e9cup\u00e9ration des provinces sahariennes\u2013 objectif qui allait progressivement structurer la vie politique int\u00e9rieure et la diplomatie du Maroc jusqu\u2019en 1975. Devant les notables sahariens, il r\u00e9affirma que \u00able Sahara a toujours fait partie int\u00e9grante du Royaume\u00bb et qu\u2019il revient de plein droit au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Les archives diplomatiques fran\u00e7aises rapportent que Mohammed V invoquait les liens anciens de la bey\u2018a\u2013 acte d\u2019all\u00e9geance politique et religieuse\u2013 unissant les tribus sahariennes au Tr\u00f4ne ch\u00e9rifien. Ce discours, inscrit dans la continuit\u00e9 historique du royaume, pr\u00e9figurait d\u00e9j\u00e0 la rh\u00e9torique de 1975: celle d\u2019une r\u00e9cup\u00e9ration pacifique d\u2019un territoire li\u00e9 \u00e0 la monarchie par l\u2019histoire, la foi et l\u2019ob\u00e9issance au sultan. La Marche verte r\u00e9pondait ainsi \u00e0 une double exigence: affirmer la souverainet\u00e9 nationale et restaurer le consensus int\u00e9rieur, alors que Hassan II cherchait \u00e0 prolonger et \u00e0 consolider le capital de l\u00e9gitimit\u00e9 h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Accords de Madrid, conclus le 14 novembre 1975, marqu\u00e8rent l\u2019aboutissement de cette longue strat\u00e9gie. Ils confirm\u00e8rent le retour du Sahara au Maroc et consolid\u00e8rent l\u2019unit\u00e9 nationale. Cependant, l\u2019Espagne tenta, dans ses man\u0153uvres de fin de r\u00e8gne colonial, d\u2019imposer l\u2019id\u00e9e artificielle d\u2019un \u00abSahara espagnol\u00bb en \u00e9largissant abusivement la d\u00e9nomination de \u00abR\u00edo de Oro\u00bb. Cette manipulation juridique induisit les Nations unies en erreur, les conduisant \u00e0 fonder leur lecture sur la notion de terra nullius et sur une confusion entre peuple et populations.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de 1973, et plus encore apr\u00e8s la Marche verte, l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019effor\u00e7a de reprendre \u00e0 son compte ce projet colonial espagnol, en s\u2019appuyant sur la Jema\u00e2 et sur le principe d\u2019autod\u00e9termination que Madrid invoquait d\u00e9j\u00e0 depuis 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces \u00e9l\u00e9ments diplomatiques s\u2019ajoutent les trait\u00e9s secrets ou officiels conclus entre la France et l\u2019Espagne, mais aussi le trait\u00e9 maroco-britannique de 1895, qui reconna\u00eet la marocanit\u00e9 du Sahara au-del\u00e0 du cap Bojador. De m\u00eame, le trait\u00e9 franco-allemand du 4 novembre 1911 confirmait la souverainet\u00e9 marocaine sur le Sahara, au-del\u00e0 m\u00eame des fronti\u00e8res actuelles, tout en rejetant la ligne de Niamey, trac\u00e9e arbitrairement par les officiers fran\u00e7ais pour s\u00e9parer les zones sous autorit\u00e9 de l\u2019Alg\u00e9rie de celles relevant de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ind\u00e9fectible soutien europ\u00e9en: le premier anniversaire de la Marche verte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un rapport de 23 pages, r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1975 par le diplomate fran\u00e7ais Jean-Baptiste Raimond, alors ambassadeur de France \u00e0 Rabat, constitue l\u2019un des documents les plus pr\u00e9cis produits par le Quai d\u2019Orsay sur la s\u00e9quence historique de la Marche verte et la conclusion des Accords de Madrid. Son objectif \u00e9tait d\u2019\u00e9valuer les encha\u00eenements politiques, militaires et diplomatiques ayant conduit \u00e0 la fin du mandat espagnol au Sahara, ainsi que les positions respectives du Maroc, de l\u2019Espagne, de la Mauritanie, de l\u2019Alg\u00e9rie et des Nations unies. Adress\u00e9 \u00e0 la Direction d\u2019Afrique et du Levant, ce texte t\u00e9moigne du r\u00e9alisme lucide de la diplomatie fran\u00e7aise face \u00e0 une recomposition rapide des \u00e9quilibres r\u00e9gionaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport accorde une attention particuli\u00e8re \u00e0 la r\u00e9action alg\u00e9rienne. Le 14 novembre 1975, Houari Boumediene d\u00e9clare que l\u2019Alg\u00e9rie ne reconna\u00eet pas les Accords de Madrid, qu\u2019il juge contraires au droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames. Une semaine plus tard, il affirme dans la presse que le Sahara occidental rel\u00e8ve de la \u00abzone de s\u00e9curit\u00e9\u00bb de l\u2019Alg\u00e9rie. Cette rh\u00e9torique illustre la volont\u00e9 d\u2019Alger d\u2019emp\u00eacher toute jonction territoriale entre le Maroc et la Mauritanie. Le rapport souligne qu\u2019en adoptant cette posture, l\u2019Alg\u00e9rie devient une \u00abpartie int\u00e9ress\u00e9e et concern\u00e9e\u00bb, perdant ainsi la neutralit\u00e9 qu\u2019elle pr\u00e9tendait maintenir jusque-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite du rapport r\u00e9v\u00e8le une compr\u00e9hension fine des rapports de force r\u00e9gionaux. Le Maroc, note Raimond, a su transformer la Marche verte en un instrument diplomatique d\u2019une rare efficacit\u00e9, alliant pression symbolique, dialogue et l\u00e9galit\u00e9 internationale. L\u2019Espagne, de son c\u00f4t\u00e9, a choisi la voie du r\u00e9alisme politique, tandis que la Mauritanie a cherch\u00e9 sa s\u00e9curit\u00e9 dans une alliance avec Rabat. L\u2019Alg\u00e9rie, en revanche, a perdu sa position de neutralit\u00e9 initiale en s\u2019enfermant dans une logique d\u2019affrontement id\u00e9ologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux yeux du Quai d\u2019Orsay, les Accords de Madrid repr\u00e9sentent un mod\u00e8le de d\u00e9colonisation pacifique, conforme \u00e0 la Charte des Nations unies, et ouvrent une nouvelle phase dans les relations du Maroc avec l\u2019Afrique et le monde arabe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus r\u00e9v\u00e9lateur des archives de l\u2019ambassadeur Raimond demeure cette note relative \u00e0 la participation de l\u2019ensemble des repr\u00e9sentants europ\u00e9ens \u00e0 la premi\u00e8re parade comm\u00e9morative de la Marche verte, organis\u00e9e par feu Hassan II le 6 novembre 1976. Tous les ambassadeurs europ\u00e9ens pr\u00e9sents \u00e0 Rabat, y compris Raimond lui-m\u00eame, avaient accept\u00e9 d\u2019y assister\u2013 signe tangible d\u2019un soutien discret, mais ind\u00e9fectible de l\u2019Europe \u00e0 la politique saharienne du Maroc. Raimond rapporte dans un contexte difficile cette v\u00e9rit\u00e9 historique sur le soutien europ\u00e9en \u00e0 la marocanit\u00e9 du Sahara:<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00abJe viens de recevoir une invitation \u00e9manant du ministre de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie \u00e0 assister \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie que le Roi pr\u00e9sidera \u00e0 l\u2019occasion du premier anniversaire du d\u00e9part de la Marche verte le samedi 6 novembre \u00e0 9 heures. Mes coll\u00e8gues europ\u00e9ens estiment, semble-t-il, qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019inconv\u00e9nient \u00e0 se rendre \u00e0 cette invitation et \u00e0 assister au d\u00e9fil\u00e9. C\u2019est \u00e9galement mon avis sauf objection du D\u00e9partement\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"684\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png?resize=684%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5121\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png?resize=684%2C1024&amp;ssl=1 684w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-4.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 684px) 100vw, 684px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Batiste Raimond, ambassadeur de France \u00e0 Rabat, note du 20 janvier 1976. Archives de La Courneuve, minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, ANMO, Maroc-Sahara occidental, 1972-1982, Carton 965.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>L\u2019Alg\u00e9rie apr\u00e8s l\u2019an I de la Marche verte?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un rapport diplomatique fran\u00e7ais dat\u00e9 du 4 f\u00e9vrier 1976, r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 Alger par l\u2019ambassadeur Guy de Commines et class\u00e9 diffusion r\u00e9serv\u00e9e, \u00e9claire l\u2019origine du conflit du Sahara. Contrairement au discours id\u00e9ologique alg\u00e9rien, la question du Sahara n\u2019est alors ni un combat tiers-mondiste ni une revendication \u00absahraouie\u00bb spontan\u00e9e: elle appara\u00eet d\u2019abord comme une affaire personnelle du pr\u00e9sident Houari Boumediene.<\/p>\n\n\n\n<p>Le document montre que ce dernier s\u2019est engag\u00e9 dans le dossier au nom de son prestige int\u00e9rieur et de son ambition de faire de l\u2019Alg\u00e9rie la puissance dominante du Maghreb. Reconna\u00eetre la souverainet\u00e9 marocaine reviendrait, pour lui, \u00e0 perdre la face et \u00e0 fragiliser son autorit\u00e9 dans le monde arabe comme en Afrique. Le conflit prend d\u00e8s lors une dimension politique, symbolique et identitaire, bien plus que territoriale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport r\u00e9v\u00e8le aussi que l\u2019Alg\u00e9rie a choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la voie d\u2019une guerre indirecte contre le Maroc, en armant, finan\u00e7ant et encadrant le Front Polisario. L\u2019objectif n\u2019\u00e9tait pas de remporter une victoire militaire, mais d\u2019user le Maroc et de prolonger le conflit afin d\u2019en affaiblir l\u2019influence r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambassadeur De Commines conclut que l\u2019issue du conflit se jouera sur le terrain, et non dans les r\u00e9solutions internationales. L\u2019histoire lui donnera raison: la construction du Mur de D\u00e9fense marocain dans les ann\u00e9es 1980 renversa l\u2019\u00e9quilibre strat\u00e9gique et mit un terme \u00e0 la guerre de mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement au discours officiel alg\u00e9rien, qui pr\u00e9sente la question du Sahara comme une cause \u00abr\u00e9volutionnaire\u00bb ou \u00abtiers-mondiste\u00bb, De Commines observe que le dossier est en r\u00e9alit\u00e9 verrouill\u00e9 au sommet de l\u2019\u00c9tat, concentr\u00e9 entre les mains d\u2019un seul homme: Houari Boumediene. Celui-ci ne d\u00e9fend pas uniquement une ligne politique, mais joue sa cr\u00e9dibilit\u00e9 personnelle et son prestige international.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019un entretien tenu le 6 novembre 1975\u2013 jour m\u00eame de la Marche verte\u2013 Boumediene confie \u00e0 De Commines que reconna\u00eetre la souverainet\u00e9 marocaine reviendrait, pour lui, \u00e0 \u00abperdre la face devant le monde entier\u00bb et \u00e0 affaiblir son autorit\u00e9 au sein de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat. L\u2019ambassadeur note \u00e9galement que l\u2019Alg\u00e9rie a compris tr\u00e8s t\u00f4t qu\u2019une guerre directe contre le Maroc serait co\u00fbteuse. Elle opta donc pour une guerre par procuration: le Polisario fut arm\u00e9, entra\u00een\u00e9, encadr\u00e9, h\u00e9berg\u00e9 et mandat\u00e9 diplomatiquement par Alger.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette logique, l\u2019Alg\u00e9rie chercha \u00e0 enfermer l\u2019ONU dans le discours de \u00abl\u2019autod\u00e9termination\u00bb, tandis que Rabat, sur le terrain, construisait progressivement les conditions mat\u00e9rielles du retour du Sahara \u00e0 la m\u00e8re-patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport de Guy de Commines conclut sans ambigu\u00eft\u00e9: le conflit du Sahara n\u2019est pas n\u00e9 d\u2019une revendication interne des populations sahraouies, mais d\u2019une construction g\u00e9opolitique alg\u00e9rienne, \u00e9labor\u00e9e pour contenir l\u2019influence historique et r\u00e9gionale du Maroc. Dans la formation du front Polisario, rien n\u2019indique l\u2019\u00e9mergence d\u2019un projet \u00e9tatique propre aux tribus locales; tout, en revanche, confirme la projection strat\u00e9gique d\u2019Alger, d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 remodeler les \u00e9quilibres du Maghreb post-colonial.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"687\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-5.png?resize=687%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5122\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-5.png?resize=687%2C1024&amp;ssl=1 687w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-5.png?resize=201%2C300&amp;ssl=1 201w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-5.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 687px) 100vw, 687px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Guy de Commines, Ambassadeur de France \u00e0 Alger, note du 4 f\u00e9vrier 1976 (page 1\/2), Archives de La Courneuve, minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, ANMO, Maroc-Sahara occidental, 1972-1982, Carton 965.\n\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"664\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png?resize=664%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5123\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png?resize=664%2C1024&amp;ssl=1 664w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-6.png?w=768&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 664px) 100vw, 664px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Guy de Commines, Ambassadeur de France \u00e0 Alger, note du 4 f\u00e9vrier 1976 (page 2\/2), Archives de La Courneuve, minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, ANMO, Maroc-Sahara occidental, 1972-1982, Carton 965.<br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pour finir, comme s\u2019il s\u2019adressait \u00e0 nous en 2025, l\u2019ambassadeur De Commines annonce d\u2019entr\u00e9e la couleur sur un r\u00e9gime verrouill\u00e9 et tentant de jouer avec le feu:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abDans cette capitale alg\u00e9rienne, ferm\u00e9e, o\u00f9 les m\u00e9canismes du pouvoir et l\u2019\u00e9laboration des d\u00e9cisions sont mal d\u00e9finis, o\u00f9 les responsables r\u00e9ellement inform\u00e9s fuient les contacts, et o\u00f9 les fonctionnaires, m\u00eame haut plac\u00e9s, ne savent rien ou ne parlent que sur instructions, lorsqu\u2019ils en ont, il n\u2019est pas ais\u00e9 de faire le point de la situation actuelle. Le secret entoure le man\u00e8ge diplomatique dont les acteurs, au moins ceux que l\u2019on conna\u00eet, ont \u00e9t\u00e9, ces derniers jours, Jalloud, Moubarak, Belkhodja, le Prince Saoud, l\u2019Irakien Aziz. Du c\u00f4t\u00e9 tunisien, quelques indications ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es, qui n\u2019ont d\u2019ailleurs pas plu ici, ne serait-ce que parce que la rigueur de la th\u00e8se de l\u2019autod\u00e9termination du Sahara ne se concilie gu\u00e8re avec la recherche de ce qu\u2019on appelle les \u201cSolutions acceptables pour tous\u201d\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par Jillali El Adnani<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un an apr\u00e8s la Marche verte, la diplomatie europ\u00e9enne ne doute plus de la l\u00e9gitimit\u00e9 du retour du Sahara occidental au Maroc. 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