{"id":5161,"date":"2025-11-07T12:17:13","date_gmt":"2025-11-07T11:17:13","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=5161"},"modified":"2025-11-07T12:17:19","modified_gmt":"2025-11-07T11:17:19","slug":"ibnou-an-nafis-le-grand-savant-musulman-oublie-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/ibnou-an-nafis-le-grand-savant-musulman-oublie-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Ibnou an-Nafis, le grand savant musulman oubli\u00e9- Par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a eu un biais historique complexe dans les r\u00e9cits occidentaux sur l&rsquo;histoire de la biologie et de l&rsquo;anatomie qui n&rsquo;a pas permis de comprendre pleinement l&rsquo;histoire des d\u00e9couvertes anatomiques. Ce manque de compr\u00e9hension contribue \u00e0 la propagation de st\u00e9r\u00e9otypes malheureux et, surtout, ne permet pas de comprendre correctement l&rsquo;histoire des connaissances anatomiques, de la biologie et de la science dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:318px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La th\u00e9orie de la circulation pulmonaire a mis plus de 2000 ans \u00e0 voir le jour telle que nous la connaissons aujourd&rsquo;hui. Au fil du temps, diff\u00e9rentes personnes se sont vu attribuer des cr\u00e9dits. <a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[i]<\/a> Certains disent qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 Galen (130\u2013199) ; d&rsquo;autres disent que c&rsquo;est Michael Servetus (1511\u20131553) ; d&rsquo;autres encore disent que c&rsquo;est Realdus Columbus (1516\u20131559) qui en a fait la d\u00e9couverte ; d&rsquo;autres encore ont donn\u00e9 le cr\u00e9dit \u00e0 Ibnou an-Nafis, et enfin on a donn\u00e9 le cr\u00e9dit \u00e0 William Harvey (1578\u20131657). Mais apr\u00e8s la red\u00e9couverte du manuscrit n\u00b0 62243 d&rsquo;Ibnou an-Nafis intitul\u00e9 <em>Sharh Tashr\u00eeh al-Q\u00e2n\u00fbn<\/em>, ou \u00ab\u00a0<em>Commentaire sur l&rsquo;anatomie du Canon d&rsquo;Avicenne<\/em>\u00a0\u00bb &nbsp;en 1924 <a href=\"#_edn2\" id=\"_ednref2\">[ii]<\/a>en Europe, il est apparu clairement qu&rsquo;Ibnou an-Nafis avait d\u00e9crit la circulation pulmonaire presque 300 ans avant Harvey, et les historiens comme Aldo Mieli, Max Mayrhoff, Edward Coppola etc. affirment clairement qu&rsquo;Ibnou an-Nafis est le v\u00e9ritable d\u00e9couvreur de la circulation pulmonaire et qu&rsquo;il faut lui attribuer le m\u00e9rite de la d\u00e9couverte de la circulation pulmonaire. <a href=\"#_edn3\" id=\"_ednref3\">[iii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Qui est Ibnou an-Nafis&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis (1213-1288) \u00e9tait un m\u00e9decin arabe qui a apport\u00e9 plusieurs contributions importantes aux premi\u00e8res connaissances sur la circulation pulmonaire. Il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 remettre en question l&rsquo;affirmation de l&rsquo;\u00e9cole de Galien selon laquelle le sang pouvait passer \u00e0 travers le septum interventriculaire du c\u0153ur, et il pensait que tout le sang qui atteignait le ventricule gauche passait par le poumon. Il a \u00e9galement affirm\u00e9 qu&rsquo;il devait y avoir de petites communications ou pores (<em>man\u00e2fidh<\/em> en arabe) entre l&rsquo;art\u00e8re et la veine pulmonaires, une pr\u00e9diction qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de 400 ans la d\u00e9couverte des capillaires pulmonaires par Marcello Malpighi. Ibnou an-Nafis est un autre \u00e9minent physiologiste de l&rsquo;\u00e9poque, Avicenne (vers 980-1037), ils appartiennent \u00e0 la longue p\u00e9riode qui s\u00e9pare l&rsquo;\u00e9cole de Galien, extr\u00eamement influente au IIe si\u00e8cle, de la Renaissance scientifique europ\u00e9enne au XVIe si\u00e8cle. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9poque \u00e0 laquelle les physiologistes accordent souvent peu d&rsquo;attention, mais qui est connue de certains historiens comme l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or islamique. <a href=\"#_edn4\" id=\"_ednref4\">[iv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son nom complet \u00e9tait <sup>c<\/sup>Al\u00e2\u2019 ad-Din Abu al-Hassan <sup>c<\/sup>Ali Ibn Abi-Hazm al-Qarshi ad-Dimashqi (en Arabe : \u0639\u0644\u0627\u0621 \u0627\u0644\u062f\u064a\u0646 \u0623\u0628\u0648 \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646 \u0639\u0644\u064a\u0651 \u0628\u0646 \u0623\u0628\u064a \u062d\u0632\u0645 \u0627\u0644\u0642\u0631\u0634\u064a \u0627\u0644\u062f\u0645\u0634\u0642\u064a), et il n&rsquo;est donc pas surprenant qu&rsquo;il soit commun\u00e9ment appel\u00e9 Ibnou an-Nafis. <a href=\"#_edn5\" id=\"_ednref5\">[v]<\/a> Il est n\u00e9 \u00e0 Damas (ou tout pr\u00e8s) en 1213 et y a fait ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital du Coll\u00e8ge m\u00e9dical (<em>Bimaristan an-Noori<\/em>). \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 23 ans, il s&rsquo;installe au Caire o\u00f9 il travaille d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital an-Nassri, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital al-Mansouri, o\u00f9 il devient m\u00e9decin en chef. Il n&rsquo;a que 29 ans lorsqu&rsquo;il publie son \u0153uvre la plus importante, le <em>Commentaire sur l&rsquo;Anatomie dans le Canon d&rsquo;Avicenne<\/em>, qui comprend ses vues r\u00e9volutionnaires sur la circulation pulmonaire et le c\u0153ur. <a href=\"#_edn6\" id=\"_ednref6\">[vi]<\/a> Il a \u00e9galement travaill\u00e9 sur un \u00e9norme manuel, <em>The Comprehensive Book of Medicine<\/em>. Ce livre n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 achev\u00e9, mais il s&rsquo;agissait de la plus grande encyclop\u00e9die m\u00e9dicale de l&rsquo;\u00e9poque et il est toujours consult\u00e9 par les sp\u00e9cialistes. <a href=\"#_edn7\" id=\"_ednref7\">[vii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis \u00e9tait un musulman sunnite orthodoxe, il a beaucoup \u00e9crit dans des domaines autres que la m\u00e9decine, notamment le droit, la th\u00e9ologie, la philosophie, la sociologie et l&rsquo;astronomie. Il est \u00e9galement l&rsquo;auteur de l&rsquo;un des premiers romans arabes traduits sous le titre <em>Theologus Autodidactus<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une histoire de science-fiction sur un enfant \u00e9lev\u00e9 sur une \u00eele d\u00e9serte isol\u00e9e qui finit par entrer en contact avec le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1236, Ibnou an-Nafis s&rsquo;installe au Caire, en \u00c9gypte. Il travaille \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital an-Nassri, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital al-Mansouri, o\u00f9 il devient le \u00ab\u00a0chef des m\u00e9decins\u00a0\u00bb En 1242, alors \u00e2g\u00e9 d&rsquo;environ 29 ans, il publie son \u0153uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre, le <em>Commentaire sur l&rsquo;Anatomie dans le Canon d&rsquo;Avicenne<\/em>, qui contient de nombreuses d\u00e9couvertes anatomiques, notamment sur les circulations pulmonaire et coronaire. Peu apr\u00e8s, il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler sur le <em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em>, dont il avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 43 volumes en 641 de l&rsquo;h\u00e9gire (1243-1244 de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne), alors qu&rsquo;il avait environ 31 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En plus d&rsquo;\u00eatre m\u00e9decin, Ibnou an-Nafis donnait des cours de <em>fiqh<\/em> (jurisprudence) \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole al-Masr\u00fbriyya du Caire. L&rsquo;inclusion de son nom dans le <em>Tabaq\u00e2t as-Sk\u00e2fi&rsquo;yyin ar-Rubr\u00e2<\/em> (\u00ab\u00a0<em>Grandes classes de savants sh\u00e2fi<sup>c<\/sup>i<\/em>\u00ab\u00a0) de T\u00e3j al-Din al-Subki (m. 1370) indique son \u00e9minence en droit religieux. Il a \u00e9crit son <em>Kitb ash-Sh\u00e2mil fi as-Sin\u00e2<sup>c<\/sup>a at-Tibbiyya<\/em> (\u00ab\u00a0<em>Livre complet sur l&rsquo;art de la m\u00e9decine<\/em>\u00ab\u00a0) alors qu&rsquo;il avait une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. On dit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de 300 volumes de notes, dont il n&rsquo;a publi\u00e9 que quatre-vingts. On pensait que cette \u0153uvre volumineuse \u00e9tait perdue jusqu&rsquo;en 1952, date \u00e0 laquelle un volume important mais fragmentaire a \u00e9t\u00e9 catalogu\u00e9 parmi les manuscrits islamiques de la biblioth\u00e8que universitaire de Cambridge. Beaucoup plus t\u00f4t, la Bodleian Library avait catalogu\u00e9 quatre manuscrits de cette \u0153uvre, sans en identifier l&rsquo;auteur. En 1960, trois manuscrits autographes (MS Z276) ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s \u00e0 la Lane Medical Library de l&rsquo;universit\u00e9 de Stanford, dont l&rsquo;un est d\u00e9sign\u00e9 par l&rsquo;auteur comme le trente-troisi\u00e8me <em>mujallad<\/em> (volume). Les deux autres manuscrits sont ses quarante-deuxi\u00e8me et quarante-troisi\u00e8me volumes, ce dernier \u00e9tant dat\u00e9 de 641\/1243-1244. Un autre manuscrit du m\u00eame livre existe \u00e0 <em>al-Mathaf al-<sup>c<\/sup>Ir\u00e2q\u00ee<\/em>, Bagdad ; et az- Zirikli mentionne un manuscrit \u00e0 Damas (qui ne fait pas partie de la collection <em>Z\u00e2hiriyya<\/em>) sans pr\u00e9ciser de biblioth\u00e8que particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis a grandi \u00e0 une \u00e9poque de troubles politiques en Syrie et en \u00c9gypte, pendant les Croisades et les invasions mongoles. Apr\u00e8s le sac de Bagdad en 1258, la Syrie a \u00e9t\u00e9 temporairement occup\u00e9e par l&rsquo;Empire mongol en 1259, qui a ensuite \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 par le sultan \u00e9gyptien Baibars \u00e0 la bataille d&rsquo;Ain Jalut en 1260. Comme d&rsquo;autres musulmans traditionalistes de son \u00e9poque, Ibnou an-Nafis pensait que ces invasions \u00e9taient peut-\u00eatre une punition divine contre les musulmans qui s&rsquo;\u00e9cartaient de la <em>Sunnah<\/em>. Entre 1260 et 1277, il est devenu le m\u00e9decin personnel du sultan Baibars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cons\u00e9quence, les <em>fal\u00e2sifah <\/em>(philosophes), dont certains avaient des id\u00e9es incompatibles avec la <em>Sunnah<\/em>, sont devenus la cible des critiques d&rsquo;un certain nombre de musulmans traditionalistes. D&rsquo;autre part, Ibnou an-Nafis, qui \u00e9tait lui-m\u00eame un traditionaliste, a tent\u00e9 de concilier la raison et la r\u00e9v\u00e9lation dans certaines de ses \u0153uvres afin de montrer qu&rsquo;il existe une harmonie entre la religion et la philosophie. En tant que traditionaliste, Ibnou an-Nafis n&rsquo;appr\u00e9ciait pas non plus l&rsquo;usage abusif du vin en tant qu&rsquo;autom\u00e9dication, tout en citant des raisons m\u00e9dicales et religieuses \u00e0 son encontre, affirmant que \u00ab\u00a0<em>je ne rencontrerai pas Dieu, le Tr\u00e8s-Haut, avec du vin en moi<\/em>\u00ab\u00a0. Son image d&rsquo;\u00e9rudit religieux respectueux de Dieu et de la <em>Sunnah<\/em>, de philosophe rationnel intelligent et de m\u00e9decin accompli a eu une impression positive tant sur les traditionalistes que sur les rationalistes. Le fait que l&rsquo;\u00e9tudiant d&rsquo;Ibnou an-Nafis \u00e9tait Abu Hayyan Al Gharnati, un Imam et Hafiz c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, a \u00e9galement s\u00e9duit les traditionalistes comme ad-Dhahabi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis est mort le 17 d\u00e9cembre 1288 de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne (11 Dhu al-Qi<sup>c<\/sup>dah 687 AH), et a fait don \u00e0 titre posthume de sa maison, de sa biblioth\u00e8que et de sa clinique \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Mansouri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La science islamique du VIIIe au XVIe si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les personnes qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 l&rsquo;histoire de la physiologie ont tendance \u00e0 se d\u00e9placer rapidement sur les 1300 ans qui s\u00e9parent l&rsquo;\u00e9panouissement de l&rsquo;\u00e9cole gr\u00e9co-romaine de Galien au deuxi\u00e8me si\u00e8cle des d\u00e9buts de la Renaissance europ\u00e9enne. L&rsquo;une des raisons en est l&rsquo;extraordinaire influence que l&rsquo;enseignement de Galien a exerc\u00e9e pendant plus de 1400 ans. Par exemple, lorsque William Harvey<sup> <a href=\"#_edn8\" id=\"_ednref8\">[viii]<\/a><\/sup> \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Cambridge \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1500, une partie de son enseignement comprenait les \u00e9crits de Galien. &nbsp;En fait, certains des enseignements de Galien, par exemple sur les saign\u00e9es, \u00e9taient encore suivis au XVIIIe si\u00e8cle. Cependant, avec l&rsquo;\u00e9panouissement de la Renaissance scientifique en Europe aux XVe et XVIe si\u00e8cles, les enseignements de Galien ont \u00e9t\u00e9 de plus en plus remis en question par des savants tels que Michael Servetus, Realdus Colombus, Juan Valverde (1525-1587), Andreas Vesalius, et enfin William Harvey. La tentation est donc grande d&rsquo;ignorer les quelque 1300 ans qui se sont \u00e9coul\u00e9s depuis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, certains historiens des sciences qualifient la p\u00e9riode allant du XIIIe au XVIe si\u00e8cle d&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or islamique. Cette terminologie est inexacte, mais elle est un raccourci pour d\u00e9signer l&rsquo;activit\u00e9 scientifique qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e dans une vaste r\u00e9gion d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie allant de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique et de l&rsquo;Afrique du Nord, \u00e0 l&rsquo;ouest, \u00e0 la vall\u00e9e de l&rsquo;Indus, \u00e0 l&rsquo;est, et de l&rsquo;Arabie du Sud, au sud, \u00e0 la mer Caspienne, au nord. Certains chercheurs pr\u00e9f\u00e8rent l&rsquo;expression \u00ab\u00a0science arabe\u00a0\u00bb car la plupart des documents \u00e9taient r\u00e9dig\u00e9s en arabe, qui \u00e9tait la <em>lingua franca<\/em> de la r\u00e9gion. Cependant, tous les scientifiques n&rsquo;\u00e9taient pas arabes ; en effet, certains des plus \u00e9minents, comme Avicenne (980-1037), \u00e9taient persans. En outre, si la plupart des savants \u00e9taient musulmans, ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas de tous. <a href=\"#_edn9\" id=\"_ednref9\">[ix]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un certain nombre d&rsquo;institutions savantes importantes se sont d\u00e9velopp\u00e9es au cours de cette p\u00e9riode. Parmi les centres les plus importants, citons Bagdad, Damas et Le Caire. Ces institutions comprenaient des groupes d&rsquo;\u00e9rudits dans des \u00e9coles qui ressemblaient \u00e0 de nouvelles universit\u00e9s en ce sens qu&rsquo;elles \u00e9taient constitu\u00e9es de collections d&rsquo;universitaires et d&rsquo;enseignants partageant les m\u00eames id\u00e9es. Il y avait \u00e9galement des h\u00f4pitaux universitaires, des biblioth\u00e8ques et des observatoires. Par exemple, Damas, o\u00f9 Ibnou an-Nafis a \u00e9t\u00e9 form\u00e9, s&rsquo;enorgueillit de l&rsquo;h\u00f4pital Nasiri au XIIe si\u00e8cle, qui a attir\u00e9 de nombreux m\u00e9decins universitaires, dont ad-Dakhwar, qui a amass\u00e9 une grande biblioth\u00e8que de textes m\u00e9dicaux. Selon une autorit\u00e9, l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;al-Qaraouine \u00e0 F\u00e8s, au Maroc, peut pr\u00e9tendre \u00eatre la plus ancienne universit\u00e9 du monde, ayant \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 859. Le Caire poss\u00e9dait l&rsquo;universit\u00e9 al-Azhar, qui a vu le jour au Xe si\u00e8cle et proposait des dipl\u00f4mes universitaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;une des caract\u00e9ristiques de ces institutions \u00e9tait l&rsquo;\u00e9mergence de polymathes, c&rsquo;est-\u00e0-dire de savants qui travaillaient dans un grand nombre de domaines diff\u00e9rents. Cependant, Ibnou an-Nafis a \u00e9crit dans un \u00e9ventail d\u00e9concertant de domaines, dont la physiologie, la m\u00e9decine, l&rsquo;ophtalmologie, l&#8217;embryologie, la psychologie, la philosophie, le droit et la th\u00e9ologie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;un des \u00e9crits les plus importants d&rsquo;Ibnou an-Nafis est son <em>Commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le canon d&rsquo;Avicenne<\/em> (<em>Sharh Tashr\u00eeh al-Q\u00e2n\u00fbn<\/em> <em>Ibn Sina<\/em>). Avicenne est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9sign\u00e9 par son nom latin plut\u00f4t que par Ibn Sina. Il \u00e9tait l&rsquo;un des plus illustres savants de l&rsquo;\u00e9poque, bien qu&rsquo;il ait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Ibnou an-Nafis de quelque 200 ans. Avicenne est n\u00e9 en Perse, dans la province de Boukhara, qui fait aujourd&rsquo;hui partie de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, et est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la m\u00e9decine moderne. <a href=\"#_edn10\" id=\"_ednref10\">[x]<\/a> Ses enseignements ont perdur\u00e9 dans de nombreuses universit\u00e9s islamiques et europ\u00e9ennes jusqu&rsquo;au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Il s&rsquo;est particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la pharmacologie clinique, \u00e0 la physiologie exp\u00e9rimentale, aux maladies infectieuses et aux essais cliniques, mais a \u00e9galement apport\u00e9 des contributions \u00e0 la physique. Ses manuels les plus c\u00e9l\u00e8bres sont <em>Le Canon de la m\u00e9decine<\/em> et <em>Le Livre de la gu\u00e9rison<\/em>. En raison de probl\u00e8mes politiques, il a \u00e9t\u00e9 contraint de d\u00e9m\u00e9nager fr\u00e9quemment \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, mais a pass\u00e9 la majeure partie de sa vie dans ce qui est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Iran moderne. Avicenne \u00e9tait peut-\u00eatre le plus \u00e9minent \u00e9rudit de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or islamique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La circulation pulmonaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Ibnou an-Nafis, les enseignements de Galien et de son \u00e9cole \u00e9taient en vigueur depuis un millier d&rsquo;ann\u00e9es. Avicenne a beaucoup \u00e9tudi\u00e9 les \u00e9crits de Galien et les a quelque peu embellis. <a href=\"#_edn11\" id=\"_ednref11\">[xi]<\/a>Selon Galien, les aliments pr\u00e9sents dans l&rsquo;intestin subissaient une \u00ab\u00a0<em>concoction<\/em>\u00a0\u00bb et \u00e9taient transport\u00e9s jusqu&rsquo;au foie o\u00f9 le sang \u00e9tait form\u00e9 et impr\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;un \u00ab\u00a0<em>esprit naturel<\/em>\u00ab\u00a0. Le sang s&rsquo;\u00e9coulait ensuite vers le ventricule droit o\u00f9 une partie p\u00e9n\u00e9trait dans les poumons via l&rsquo;art\u00e8re pulmonaire pour les nourrir, mais le reste du sang atteignait le ventricule gauche par des \u00ab\u00a0<em>pores invisibles<\/em>\u00a0\u00bb dans le septum interventriculaire. <a href=\"#_edn12\" id=\"_ednref12\">[xii]<\/a> L&rsquo;existence de ces \u00ab\u00a0<em>pore<\/em>s\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 une \u00e9nigme pour les anatomistes pendant plus d&rsquo;un millier d&rsquo;ann\u00e9es, mais ils \u00e9taient une caract\u00e9ristique n\u00e9cessaire du sch\u00e9ma de Galien car on ne se rendait pas compte qu&rsquo;une grande quantit\u00e9 de sang circulait des poumons vers le c\u0153ur. <a href=\"#_edn13\" id=\"_ednref13\">[xiii]<\/a> Dans le ventricule gauche, le sang \u00e9tait m\u00e9lang\u00e9 au \u00ab\u00a0pneuma\u00a0\u00bb de l&rsquo;air inhal\u00e9, et le r\u00e9sultat \u00e9tait la formation de \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;esprit vital<\/em>\u00ab\u00a0, qui \u00e9tait distribu\u00e9 dans tout le corps par le sang art\u00e9riel. <a href=\"#_edn14\" id=\"_ednref14\">[xiv]<\/a> Une partie atteint le cerveau o\u00f9 il re\u00e7oit l'\u00a0\u00bb<em>esprit animal<\/em>\u00ab\u00a0, qui est ensuite distribu\u00e9 par les nerfs, consid\u00e9r\u00e9s comme creux. La formation de l'\u00a0\u00bb<em>esprit vital<\/em>\u00a0\u00bb dans le ventricule gauche entra\u00eenait la production de d\u00e9chets fuligineux (suie) qui retournaient au poumon par la veine pulmonaire et \u00e9taient ensuite expir\u00e9s avec la respiration. <a href=\"#_edn15\" id=\"_ednref15\">[xv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout d&rsquo;abord Ibnou an-Nafis, a affirm\u00e9 cat\u00e9goriquement que le septum interventriculaire entre les ventricules droit et gauche n&rsquo;\u00e9tait pas poreux, et ne pouvait pas permettre au sang de le traverser comme cela \u00e9tait critique dans le mod\u00e8le de Galien. Voici la traduction anglaise faite par Meyerhof <a href=\"#_edn16\" id=\"_ednref16\">[xvi]<\/a> de la section du livre d&rsquo;Ibnou an-Nafis identifi\u00e9e comme fol. 46 r :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201c\u2026 but there is no passage between these two cavities [right and left ventricles]; for the substance of the heart is solid in this region and has neither a visible passage, as was thought by some persons, nor an invisible one which could have permitted the transmission of blood, as was alleged by Galen. The pores of the heart there are closed and its substance is thick.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0&#8230; mais il n&rsquo;y a pas de passage entre ces deux cavit\u00e9s [ventricules droit et gauche] ; car la substance du c\u0153ur est solide dans cette r\u00e9gion et n&rsquo;a ni un passage visible, comme le pensaient certaines personnes, ni un passage invisible qui aurait pu permettre la transmission du sang, comme le pr\u00e9tendait Galien. Les pores du c\u0153ur y sont ferm\u00e9s et sa substance est \u00e9paisse\u00a0\u00bb.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette n\u00e9gation \u00e9nergique de la perm\u00e9abilit\u00e9 du septum interventriculaire est \u00e9galement r\u00e9p\u00e9t\u00e9e ailleurs dans le commentaire. Par exemple, dans la section identifi\u00e9e comme fol 65 r et v, la traduction de Meyerhof est la suivante :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201cThere is no passage at all between these two ventricles; if there were the blood would penetrate to the place of the spirit [left ventricle] and spoil its substance. Anatomy refutes the contentions [of former authors]; on the contrary, the septum between the two ventricles is of thicker substance than other parts to prevent the passage of blood or spirits which might be harmful. Therefore, the contention of some persons to say that this place is porous, is erroneous; it is based on the preconceived idea that the blood from the right ventricle had to pass through this porosity\u2013and they are wrong!\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00a0\u00bb Il n&rsquo;y a aucun passage entre ces deux ventricules ; s&rsquo;il y en avait un, le sang p\u00e9n\u00e9trerait jusqu&rsquo;au lieu de l&rsquo;esprit [ventricule gauche] et en g\u00e2terait la substance \u00ab\u00a0. L&rsquo;anatomie r\u00e9fute les affirmations [des auteurs pr\u00e9c\u00e9dents] ; au contraire, la cloison entre les deux ventricules est d&rsquo;une substance plus \u00e9paisse que les autres parties pour emp\u00eacher le passage du sang ou des esprits qui pourraient \u00eatre nuisibles. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;affirmation de certaines personnes qui disent que cet endroit est poreux, est erron\u00e9e ; elle est bas\u00e9e sur l&rsquo;id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue que le sang du ventricule droit devait passer \u00e0 travers cette porosit\u00e9 &#8211; et elles ont tort !\u00a0\u00bb.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deuxi\u00e8mement, comme il n&rsquo;y a pas de communication entre les ventricules droit et gauche \u00e0 travers le septum interventriculaire, il s&rsquo;ensuit que la sortie du ventricule droit ne peut atteindre le ventricule gauche que par la circulation pulmonaire. Dans la section du Commentaire identifi\u00e9e comme fol. 46 r, la traduction de Meyerhof se lit comme suit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201cthe blood after it has been refined in this cavity [right ventricle], must be transmitted to the left cavity where the [vital] spirit is generated.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0le sang, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 raffin\u00e9 dans cette cavit\u00e9 [ventricule droit], doit \u00eatre transmis \u00e0 la cavit\u00e9 gauche o\u00f9 l&rsquo;esprit [vital] est g\u00e9n\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la section identifi\u00e9e comme fol. 65 r et v, la traduction en question est comme suit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201cFor the penetration of the blood into the left ventricle is from the lung, after it has been heated within the right ventricle and risen from it, as we stated before.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0Car la p\u00e9n\u00e9tration du sang dans le ventricule gauche se fait \u00e0 partir du poumon, apr\u00e8s qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 chauff\u00e9 dans le ventricule droit et qu&rsquo;il en soit sorti, comme nous l&rsquo;avons dit pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0\u00bb.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Troisi\u00e8mement, dans un autre court passage, Ibnou an-Nafis affirme qu&rsquo;il doit y avoir de petites communications entre l&rsquo;art\u00e8re pulmonaire et la veine pulmonaire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pr\u00e9diction inspir\u00e9e de l&rsquo;existence des capillaires pulmonaires, car ceux-ci n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 vus que 400 ans plus tard par Marcello Malpighi (1628-1694). Voici la traduction de la section pertinente du fol. 46 r :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u201cAnd for the same reason there exists perceptible passages (or pores, manafidh) between the two [blood vessels, namely pulmonary artery and pulmonary vein.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0Et pour la m\u00eame raison, il existe des passages perceptibles (ou pores, manafidh) entre les deux [vaisseaux sanguins, \u00e0 savoir l&rsquo;art\u00e8re pulmonaire et la veine pulmonaire\u00a0\u00bb.]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Traductions en latin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>Sharh al-Adwiya al-Murakkaba<\/em> (<em>Commentaire sur les drogues compos\u00e9es<\/em>) est un commentaire sur la derni\u00e8re partie du <em>Canon de la m\u00e9decine d&rsquo;Avicenne<\/em> concernant la pharmacop\u00e9e, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Ibnou an-Nafis quelque temps avant qu&rsquo;il ne r\u00e9dige son <em>Commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le<\/em> <em>Canon d&rsquo;Avicenne<\/em> en 1242. <em>Le Commentaire sur les m\u00e9dicaments compos\u00e9s<\/em> contient toutefois les critiques des doctrines de Galien sur le c\u0153ur et les vaisseaux sanguins et traite dans une certaine mesure du syst\u00e8me circulatoire. Cet ouvrage a ensuite \u00e9t\u00e9 traduit en latin par Andrea Alpago de Belluno (mort en 1520), qui avait v\u00e9cu en Syrie pendant une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es avant de revenir en Italie avec une collection de livres de m\u00e9decine arabe. Une version imprim\u00e9e de sa traduction \u00e9tait disponible \u00e0 Venise \u00e0 partir de 1547.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ouvrage d&rsquo;Ibnou an-Nafis sur le pouls, o\u00f9 il critique les th\u00e9ories avicenniennes et gal\u00e9niques et les corrige, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 traduit en latin par Andrea Alpago quelque temps avant 1522 et imprim\u00e9 \u00e0 Venise en 1547. <a href=\"#_edn17\" id=\"_ednref17\">[xvii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On sait que le <em>Commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le Canon d&rsquo;Avicenne<\/em> d&rsquo;Ibnou an-Nafis, qui d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois les circulations pulmonaire et coronaire, \u00e9tait \u00e9galement disponible \u00e0 Venise sous forme de manuscrit arabe, et on pense qu&rsquo;il a pu \u00eatre traduit en latin par Andrea Alpago. Avec les traductions latines de son <em>Commentaire sur les drogues compos\u00e9es<\/em> et de son travail sur le pouls, il a pu avoir une influence sur les descriptions de la circulation pulmonaire donn\u00e9es par Michael Servetus (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1553), Realdo Colombo (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1559) et William Harvey (1578-1657).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A propos des traductions, Edward D. Coppola a \u00e9crit: <a href=\"#_edn18\" id=\"_ednref18\">[xviii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0A possible way by which Ibn an-Nafis&rsquo; theory of the pulmonary circulation could have reached the West [&#8230;] Andrea Alpago knew of Ibn an-Nafis, had read his exposition on the Vth canon of Avicenna, his exposition on the book of Samarcandi and was familiar with certain of Ibn an-Nafis&rsquo; ideas concerning the cardio-vascular system. [&#8230;] It is possible that somewhere among the unpublished manuscripts of Andrea Alpago is to be found a rendering of Ibn an-Nafis&rsquo; description of the lesser circulation. Certainly such manuscripts are extant. [&#8230;] It is possible that these and other manuscripts left by Andreas Alpago may yet come to light, and that among them we eventually may find a description of the pulmonary circulation by Ibn an-Nafis.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0Une voie possible par laquelle la th\u00e9orie d&rsquo;Ibn an-Nafis sur la circulation pulmonaire aurait pu atteindre l&rsquo;Occident [&#8230;] Andrea Alpago connaissait Ibn an-Nafis, avait lu son exposition sur le V\u00e8me canon d&rsquo;Avicenne, son exposition sur le livre de Samarcandi et \u00e9tait familier avec certaines des id\u00e9es d&rsquo;Ibn an-Nafis concernant le syst\u00e8me cardio-vasculaire. [&#8230;] Il est possible que quelque part parmi les manuscrits non publi\u00e9s d&rsquo;Andrea Alpago se trouve un rendu de la description de la petite circulation d&rsquo;Ibn an-Nafis. Il existe certainement de tels manuscrits. [&#8230;] Il est possible que ces manuscrits et d&rsquo;autres manuscrits laiss\u00e9s par Andreas Alpago puissent encore \u00eatre mis au jour, et que parmi eux nous puissions \u00e9ventuellement trouver une description de la circulation pulmonaire par Ibn an-Nafis.\u00a0\u00bb]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et Joseph Schacht a \u00e9crit : <a href=\"#_edn19\" id=\"_ednref19\">[xix]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0A possible influence of the theory of Ibn al-Nafis on the three sixteenth century authors in the light of what we now know of Andrea Alpago, cannot be ruled out any longer. [&#8230;] Servetus shows a specific knowledge of the theory of Ibn al-Nafis on whom he is dependent more than his two contemporaries; he made additions of his own, partly anatomical, partly theoretical, which recur, elaborated and partly modified, in Colombo. [&#8230;] Colombo probably had direct knowledge of the theory of Ibn al-Nafis.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0Une \u00e9ventuelle influence de la th\u00e9orie d&rsquo;Ibn al-Nafis sur les trois auteurs du XVIe si\u00e8cle, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que nous savons maintenant d&rsquo;Andrea Alpago, ne peut plus \u00eatre exclue. [&#8230;] Servetus montre une connaissance sp\u00e9cifique de la th\u00e9orie d&rsquo;Ibn al-Nafis dont il d\u00e9pend plus que ses deux contemporains ; il a fait des ajouts de son cru, en partie anatomiques, en partie th\u00e9oriques, qui reviennent, \u00e9labor\u00e9s et en partie modifi\u00e9s, dans Colombo. [&#8230;] Colombo avait probablement une connaissance directe de la th\u00e9orie d&rsquo;Ibn al-Nafis.\u00a0\u00bb]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L&rsquo;h\u00e9ritage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant et apr\u00e8s sa vie, l&rsquo;encyclop\u00e9die m\u00e9dicale en 80 volumes d&rsquo;Ibnou an-Nafis, <em>The Comprehensive Book on Medicine<\/em>, avait fini par remplacer <em>The Canon of Medicine d&rsquo;Avicenne<\/em> (Ibn S\u00een\u00e2) comme autorit\u00e9 m\u00e9dicale dans le monde islamique m\u00e9di\u00e9val. \u00c0 partir du XIIIe si\u00e8cle, les biographes, historiens et critiques musulmans ont consid\u00e9r\u00e9 Ibnou an-Nafis comme le plus grand m\u00e9decin de l&rsquo;histoire, certains le qualifiant de \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me Ibn S\u00een\u00e2\u00a0\u00bb et d&rsquo;autres le consid\u00e9rant comme encore plus grand que tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Ad-Dhahabi (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1348) et al-Isnaw\u012b (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1370) le consid\u00e9raient comme <em>\u00a0\u00bb in\u00e9gal\u00e9 en m\u00e9decine de son vivant et in\u00e9gal\u00e9 dans sa pr\u00e9paration des traitements m\u00e9dicinaux et des d\u00e9ductions m\u00e9dicales<\/em> \u00ab\u00a0, tandis que les biographes T\u0101j ad-D\u012bn as-Subk\u012b (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1370) et Ibn Qadi Shuhba \u00e9crivaient&nbsp;: <a href=\"#_edn20\" id=\"_ednref20\">[xx]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00bb <em>En ce qui concerne la m\u00e9decine, il n&rsquo;y a jamais eu personne sur cette terre comme [Ibn al-Naf\u012bs]. Certains disent qu&rsquo;apr\u00e8s Ibn S\u012bn\u0101, il n&rsquo;y en a jamais eu un comme [Ibn al-Naf\u012bs], tandis que d&rsquo;autres disent qu&rsquo;il \u00e9tait meilleur qu&rsquo;Ibn S\u012bn\u0101 dans le traitement pratique<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un certain nombre de commentaires arabes ult\u00e9rieurs du Canon de la m\u00e9decine, notamment ceux de Sadid ad-Din Muhammad ibn Mas<sup>c<\/sup>ud al-Kazaruni en 1344 et d&rsquo;Ali ibn Abdallah Zayn al-<sup>c<\/sup>Arab al-Misri en 1350, comprenaient et r\u00e9p\u00e9taient les descriptions de la circulation pulmonaire d&rsquo;Ibnou an-Nafis, ce qui sugg\u00e8re que la connaissance de sa d\u00e9couverte \u00e9tait assez r\u00e9pandue parmi les m\u00e9decins musulmans du monde islamique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peu apr\u00e8s que son Commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le <em>Canon d&rsquo;Avicenne<\/em> ait \u00e9t\u00e9 red\u00e9couvert \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, George Sarton, le \u00ab\u00a0p\u00e8re de l&rsquo;histoire des sciences\u00a0\u00bb, a \u00e9crit ce qui suit sur l&rsquo;importance de la d\u00e9couverte de la circulation pulmonaire par Ibnou an-Nafis pour l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine : <a href=\"#_edn21\" id=\"_ednref21\">[xxi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0If the authenticity of Ibn al-Nafis&rsquo; theory is confirmed his importance will increase enormously for he must be considered one of the main forerunners of William Harvey and the greatest physiologist of the Middle Ages.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[\u00ab\u00a0Si l&rsquo;authenticit\u00e9 de la th\u00e9orie d&rsquo;Ibn al-Nafis est confirm\u00e9e, son importance augmentera \u00e9norm\u00e9ment car il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des principaux pr\u00e9curseurs de William Harvey et le plus grand physiologiste du Moyen \u00c2ge.\u00a0\u00bb]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Theologus Autodidactus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ar-Ris\u00e2lah al-K\u00e2miliyyah fi as-Sayrah an-Nabawiyyah<\/em> (<em>\u0627\u0644\u0631\u0633\u0627\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u0644\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0633\u064a\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0646\u0628\u0648\u064a\u0629 Le trait\u00e9 de Kamil sur la biographie du Proph\u00e8te<\/em>), \u00e9galement connu sous le nom de <em>Ris\u0101lat F\u0101dil ibnou N\u0101tiq<\/em> (<em>Le livre de F\u0101dil ibn N\u0101tiq<\/em>), est le premier roman th\u00e9ologique, \u00e9crit par Ibnou an-Nafis et traduit plus tard en Occident sous le titre <em>Theologus Autodidactus<\/em>. <a href=\"#_edn22\" id=\"_ednref22\">[xxii]<\/a> Cette \u0153uvre est l&rsquo;un des premiers romans arabes, le premier roman de science-fiction, et le premier exemple d&rsquo;histoire d&rsquo;\u00eele d\u00e9serte et de passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte. Ce roman a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit entre 1268 et 1277 de notre \u00e8re. <a href=\"#_edn23\" id=\"_ednref23\">[xxiii]<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"649\" height=\"483\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1.png?resize=649%2C483&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5163\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1.png?w=649&amp;ssl=1 649w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-1.png?resize=300%2C223&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 649px) 100vw, 649px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;intrigue de ce roman est le premier exemple d&rsquo;histoire d&rsquo;\u00eele d\u00e9serte, de passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et de science-fiction. Le protagoniste de l&rsquo;histoire est Kamil, un adolescent autodidacte, enfant sauvage, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 spontan\u00e9ment dans une grotte et vivant reclus sur une \u00eele d\u00e9serte. <a href=\"#_edn24\" id=\"_ednref24\">[xxiv]<\/a> Il finit par entrer en contact avec le monde ext\u00e9rieur apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e de naufrag\u00e9s qui font naufrage et s&rsquo;\u00e9chouent sur l&rsquo;\u00eele et qui le ram\u00e8nent ensuite avec eux dans le monde civilis\u00e9. L&rsquo;intrigue se transforme progressivement en une histoire de passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, puis devient le premier exemple de roman de science-fiction lorsqu&rsquo;elle atteint son apog\u00e9e avec une apocalypse catastrophique. <a href=\"#_edn25\" id=\"_ednref25\">[xxv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis utilise l&rsquo;intrigue pour exprimer plusieurs de ses propres th\u00e8mes religieux, philosophiques et scientifiques sur une grande vari\u00e9t\u00e9 de sujets, notamment la biologie, la cosmologie, l&#8217;empirisme, l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, l&rsquo;exp\u00e9rimentation, la futurologie, la g\u00e9ologie, l&rsquo;eschatologie islamique, la philosophie naturelle, la philosophie de l&rsquo;histoire et de la sociologie, la philosophie de la religion, la physiologie, la psychologie et la t\u00e9l\u00e9ologie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis a donc \u00e9t\u00e9 un pionnier du roman philosophique. \u00c0 travers l&rsquo;histoire de Kamil, Ibnou an-Nafis a tent\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir que l&rsquo;esprit humain est capable de d\u00e9duire les v\u00e9rit\u00e9s naturelles, philosophiques et religieuses de l&rsquo;univers par le raisonnement et la pens\u00e9e logique. Les \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9s\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9es dans l&rsquo;histoire comprennent la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;existence de Dieu, la vie et les enseignements des proph\u00e8tes de l&rsquo;islam, ainsi qu&rsquo;une analyse du pass\u00e9, du pr\u00e9sent et de l&rsquo;avenir, y compris les origines de l&rsquo;esp\u00e8ce Homo Sapiens et une pr\u00e9diction g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;avenir sur la base de l&rsquo;historicisme et du d\u00e9terminisme historique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les deux derniers chapitres de l&rsquo;histoire ressemblent \u00e0 une intrigue de science-fiction, o\u00f9 la fin du monde, le jugement dernier, la r\u00e9surrection et la vie apr\u00e8s la mort sont pr\u00e9dits et expliqu\u00e9s scientifiquement \u00e0 l&rsquo;aide de ses propres connaissances empiriques en biologie, astronomie, cosmologie et g\u00e9ologie. L&rsquo;un des principaux objectifs du <em>Theologus Autodidactus<\/em> \u00e9tait d&rsquo;expliquer les enseignements religieux islamiques en termes de science et de philosophie \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un r\u00e9cit fictif, ce qui constituait une tentative de r\u00e9concilier la raison et la r\u00e9v\u00e9lation et d&rsquo;estomper la fronti\u00e8re entre les deux. <a href=\"#_edn26\" id=\"_ednref26\">[xxvi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis d\u00e9crit le livre comme une d\u00e9fense du \u00ab\u00a0<em>syst\u00e8me de l&rsquo;islam et des doctrines des musulmans sur les missions des proph\u00e8tes, les lois religieuses, la r\u00e9surrection du corps et le caract\u00e8re transitoire du monde<\/em>\u00ab\u00a0. Il pr\u00e9sente des arguments rationnels en faveur de la r\u00e9surrection corporelle et de l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me humaine, en utilisant \u00e0 la fois un raisonnement d\u00e9monstratif et des \u00e9l\u00e9ments tir\u00e9s du corpus de hadiths pour prouver son point de vue. Plus tard, les \u00e9rudits islamiques ont consid\u00e9r\u00e9 cet ouvrage comme une r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;affirmation m\u00e9taphysique d&rsquo;Avicenne selon laquelle la r\u00e9surrection corporelle ne peut \u00eatre prouv\u00e9e par la raison, un point de vue qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 par al-Ghazali. <a href=\"#_edn27\" id=\"_ednref27\">[xxvii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;intrigue du <em>Theologus Autodidactus<\/em> se voulait une r\u00e9ponse \u00e0 Ibn Tufail (Abubacer), qui a \u00e9crit le premier roman de fiction arabe <em>Hayy ibn Yaqdhan<\/em> (<em>Philosophus Autodidactus<\/em>) <a href=\"#_edn28\" id=\"_ednref28\">[xxviii]<\/a> qui \u00e9tait lui-m\u00eame une r\u00e9ponse \u00e0 L&rsquo;incoh\u00e9rence des philosophes d&rsquo;al-Ghazali. Ibn al-Nafis a donc \u00e9crit le r\u00e9cit du <em>Theologus Autodidactus<\/em> comme une r\u00e9futation des arguments d&rsquo;Abubacer dans le <em>Philosophus Autodidactus<\/em>. Ces deux r\u00e9cits avaient des protagonistes (Hayy dans <em>Philosophus Autodidactus<\/em> et Kamil dans <em>Theologus Autodidactus<\/em>) qui \u00e9taient des individus autodidactes g\u00e9n\u00e9r\u00e9s spontan\u00e9ment dans une grotte et vivant en r\u00e9clusion sur une \u00eele d\u00e9serte, les deux \u00e9tant les premiers exemples de r\u00e9cit d&rsquo;\u00eele d\u00e9serte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, alors que Hayy vit seule avec des animaux sur une \u00eele d\u00e9serte pour le reste de l&rsquo;histoire dans <em>Philosophus Autodidactus<\/em>, l&rsquo;histoire de Kamil d\u00e9passe le cadre de l&rsquo;\u00eele d\u00e9serte dans <em>Theologus Autodidactus<\/em>, se d\u00e9veloppant en une intrigue de passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et devenant finalement le premier exemple de roman de science-fiction. Le but derri\u00e8re ce changement de structure de l&rsquo;histoire dans <em>Theologus Autodidactus<\/em> \u00e9tait de r\u00e9futer l&rsquo;argument d&rsquo;Abubacer selon lequel l&rsquo;autodidactisme peut conduire aux m\u00eames v\u00e9rit\u00e9s religieuses que la r\u00e9v\u00e9lation, alors qu&rsquo;Ibnou an-Nafis croyait que les v\u00e9rit\u00e9s religieuses ne peuvent \u00eatre atteintes que par la r\u00e9v\u00e9lation, qui est repr\u00e9sent\u00e9e par les interactions de Kamil avec les autres humains. <a href=\"#_edn29\" id=\"_ednref29\">[xxix]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Ash-Sh\u00e2mil fi at-Tibb<\/em> (<em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le plus volumineux de ses livres est <em>ash-Sh\u00e2mil fi at-Tibb<\/em> (<em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em>), une encyclop\u00e9die m\u00e9dicale qu&rsquo;Ibnou an-Nafis a commenc\u00e9 imm\u00e9diatement apr\u00e8s avoir termin\u00e9 son commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le <em>Canon d&rsquo;Avicenne<\/em> en 1242. <a href=\"#_edn30\" id=\"_ednref30\">[xxx]<\/a> Il avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 43 volumes en 641 AH (1243-1244 CE). Au cours des d\u00e9cennies suivantes, il a r\u00e9dig\u00e9 des notes pour 300 volumes, mais il n&rsquo;a pu en publier que 80 avant sa mort en 1288. <a href=\"#_edn31\" id=\"_ednref31\">[xxxi]<\/a> M\u00eame incomplet, Le <em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em> est l&rsquo;une des plus grandes encyclop\u00e9dies m\u00e9dicales connues de l&rsquo;histoire, et il \u00e9tait beaucoup plus volumineux que le plus c\u00e9l\u00e8bre <em>Canon de la m\u00e9decine d&rsquo;Avicenne<\/em>. Cependant, seuls quelques volumes du <em>Comprehensive Book on Medicine<\/em> ont surv\u00e9cu. <a href=\"#_edn32\" id=\"_ednref32\">[xxxii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 ce jour, 28 volumes du <em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em> ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s, qui sont actuellement en cours d&rsquo;\u00e9dition et de publication dans une s\u00e9rie par Y. Ziedan, qui a publi\u00e9 deux volumes jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Seuls quelques-uns des volumes consacr\u00e9s \u00e0 la chirurgie et \u00e0 l&rsquo;urologie ont fait l&rsquo;objet de recherches \u00e0 ce jour. <a href=\"#_edn33\" id=\"_ednref33\">[xxxiii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Trois manuscrits sur la chirurgie, comprenant les volumes 33, 42 et 43 du<em> Comprehensive Book on Medicine<\/em>, ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s \u00e0 Damas et \u00e0 la Lane Medical Library de l&rsquo;Universit\u00e9 de Stanford. L&rsquo;un des trois manuscrits conserv\u00e9s (MS Z 276) du <em>Livre complet de la m\u00e9decine<\/em> est divis\u00e9 en trois <em>talim<\/em>. Le premier <em>talim<\/em> compte vingt chapitres et traite des \u00ab\u00a0principes g\u00e9n\u00e9raux et absolus de la chirurgie\u00a0\u00bb, le deuxi\u00e8me <em>talim<\/em> traite des instruments chirurgicaux et le troisi\u00e8me examine tous les types d&rsquo;op\u00e9rations chirurgicales connus. Seuls les cinq premiers chapitres du premier <em>talim<\/em> ont \u00e9t\u00e9 traduits en anglais et leur contenu est le suivant : <a href=\"#_edn34\" id=\"_ednref34\">[xxxiv]<\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab\u00a0Sur les diff\u00e9rentes \u00e9tapes des op\u00e9rations chirurgicales, et le r\u00f4le du patient dans chaque \u00e9tape\u00a0\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Sur le r\u00f4le du m\u00e9decin au moment de la pr\u00e9sentation, du traitement chirurgical et de la conservation.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Sur une discussion d\u00e9taill\u00e9e du r\u00f4le du m\u00e9decin au moment de la pr\u00e9sentation\u00a0\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Sur les \u00e9l\u00e9ments auxquels le m\u00e9decin doit pr\u00eater attention au moment du traitement chirurgical.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u00a0Sur la posture du patient pendant le traitement chirurgical\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis affirme que pour qu&rsquo;une op\u00e9ration chirurgicale soit r\u00e9ussie, il faut accorder toute son attention \u00e0 trois \u00e9tapes de l&rsquo;op\u00e9ration. La premi\u00e8re \u00e9tape est la p\u00e9riode pr\u00e9op\u00e9ratoire qu&rsquo;il appelle le \u00ab\u00a0<em>moment de la pr\u00e9sentation<\/em>\u00ab\u00a0, lorsque le chirurgien effectue un diagnostic de la zone affect\u00e9e du corps du patient. La deuxi\u00e8me \u00e9tape est l&rsquo;op\u00e9ration proprement dite, qu&rsquo;il appelle le \u00ab\u00a0<em>moment du traitement op\u00e9ratoire<\/em>\u00ab\u00a0, lorsque le chirurgien r\u00e9pare les organes affect\u00e9s du patient. La troisi\u00e8me \u00e9tape est la p\u00e9riode post-op\u00e9ratoire qu&rsquo;il appelle le \u00ab\u00a0<em>temps de pr\u00e9servation<\/em>\u00ab\u00a0, lorsque le patient doit prendre soin de lui-m\u00eame et \u00eatre pris en charge par les infirmi\u00e8res et les m\u00e9decins jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il se r\u00e9tablisse \u00ab\u00a0<em>par la volont\u00e9 de Dieu<\/em>\u00ab\u00a0. Pour chaque \u00e9tape, il donne des descriptions d\u00e9taill\u00e9es sur les r\u00f4les du chirurgien, du patient et de l&rsquo;infirmi\u00e8re, ainsi que sur la manipulation et l&rsquo;entretien des instruments chirurgicaux utilis\u00e9s. <a href=\"#_edn35\" id=\"_ednref35\">[xxxv]<\/a> Le<em> Livre complet de la m\u00e9decine<\/em> est \u00e9galement le premier ouvrage traitant du d\u00e9cubitus d&rsquo;un patient. <a href=\"#_edn36\" id=\"_ednref36\">[xxxvi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines sections de l&rsquo;ouvrage traitent \u00e9galement de l&rsquo;urologie, notamment des probl\u00e8mes de dysfonctionnement sexuel et de dysfonctionnement \u00e9rectile. Ibnou an-Nafis a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des premiers \u00e0 prescrire des drogues test\u00e9es cliniquement comme m\u00e9dicaments pour le traitement de ces probl\u00e8mes. Ses traitements \u00e9taient principalement des m\u00e9dicaments oraux, bien que quelques patients aient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s par des moyens topiques ou trans-ur\u00e9trales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>\u00ab\u00a0Le commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le canon d&rsquo;Avicenne\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou An-Nafis a \u00e9crit le livre <em>\u00ab\u00a0Le commentaire sur l&rsquo;anatomie dans le canon d&rsquo;Avicenne\u00a0\u00bb<\/em> alors qu&rsquo;il avait 29 ans. Ce livre, consid\u00e9r\u00e9 comme son plus important, comprend ses vues r\u00e9volutionnaires sur la circulation pulmonaire et le c\u0153ur. <a href=\"#_edn37\" id=\"_ednref37\">[xxxvii]<\/a> Ibnou an-Nafis a d\u00e9clar\u00e9 dans l&rsquo;introduction de son commentaire que ses descriptions des organes internes \u00e9taient bas\u00e9es sur les connaissances des savants pr\u00e9c\u00e9dents qui pratiquaient la dissection comme Galien, mais qu&rsquo;il n&rsquo;incluait pas les th\u00e9ories erron\u00e9es de ces auteurs pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre comporte deux parties. La premi\u00e8re concerne les organes internes et comporte cinq chapitres sur les os (en 30 sections), les muscles (29 sections), les nerfs (en six sections), les art\u00e8res (cinq sections) et les veines (cinq sections). La deuxi\u00e8me partie comporte 20 chapitres sur le cerveau, les yeux, les oreilles, le nez, la bouche et la langue, le pharynx, le larynx et les poumons, le c\u0153ur, la poitrine, l&rsquo;\u0153sophage et l&rsquo;estomac, le foie, la v\u00e9sicule biliaire, la rate, les intestins, les reins, la vessie urinaire, les testicules et les tubes s\u00e9minif\u00e8res, le p\u00e9nis, l&rsquo;ut\u00e9rus, et enfin sur l&rsquo;accouchement d&rsquo;un f\u0153tus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre contient \u00e9galement des dessins de sutures cr\u00e2niennes, ainsi que de la m\u00e2choire sup\u00e9rieure et des muscles abdominaux. Il divise les articulations, dans la section osseuse, en trois types : articulation entre deux os, comme les os de la t\u00eate (articulation immobile dans la terminologie moderne) ; articulation entre deux cartilages comme ceux des os longs des membres ; et articulation entre os et cartilage comme celle du sternum. Il pr\u00e9cise que Galien ne consid\u00e9rait pas le premier type comme une articulation. Il a d\u00e9crit et nomm\u00e9 les os du cr\u00e2ne, les sutures du cr\u00e2ne, et les os de la m\u00e2choire sup\u00e9rieure et inf\u00e9rieure, signalant deux os dans la m\u00e2choire inf\u00e9rieure. Il ignorait donc qu&rsquo;al-Baghdadi avait r\u00e9fut\u00e9 cette id\u00e9e en 1203.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la deuxi\u00e8me partie, sur le syst\u00e8me musculaire, Ibnou an-Nafis a suivi les dispositions d&rsquo;Ibn S\u00eena et a expliqu\u00e9 en d\u00e9tail ses descriptions de chaque r\u00e9gion, a ajout\u00e9 quelques commentaires, et a clarifi\u00e9 le sens de certaines phrases. Dans ses descriptions des nerfs cr\u00e2niens, il a d\u00e9clar\u00e9 que la premi\u00e8re paire (optique) se r\u00e9unit au niveau du chiasma optique, et qu&rsquo;Ibn S\u00eena a dit qu&rsquo;ils se croisent, c&rsquo;est-\u00e0-dire que le nerf droit va \u00e0 l&rsquo;\u0153il gauche et le nerf gauche \u00e0 l&rsquo;\u0153il droit. Cependant, il dit aussi que Galien pensait qu&rsquo;ils ne faisaient que se rencontrer puis se s\u00e9parer sans se croiser, ce qui \u00e9tait la th\u00e9orie commune \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En outre, il a \u00e9crit que certains anatomistes ont d\u00e9crit les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me paires (branches du trijumeau) comme un seul nerf, mais Galien les a d\u00e9crites comme deux nerfs qui se m\u00e9langent au d\u00e9but et se s\u00e9parent ensuite. En ce qui concerne le cinqui\u00e8me nerf cr\u00e2nien (vestibulocochl\u00e9aire et facial), il \u00e9crit qu&rsquo;Ibn S\u00eena pourrait se tromper dans sa description, car il pense que chaque nerf de la cinqui\u00e8me paire est double et se divise en deux nerfs. Il explique ensuite la diff\u00e9rence entre les art\u00e8res et les veines pulmonaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est important de noter que dans ce livre, la circulation pulmonaire est d\u00e9crite, pour la premi\u00e8re fois, de mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e : cette circulation n&rsquo;\u00e9tait pas d\u00e9crite par Galien, et seul al-Akhawayni avait fourni quelques d\u00e9tails pr\u00e9cis \u00e0 son sujet. Il contredit les rapports de Galien sur la pr\u00e9sence d&rsquo;un chemin de \u00ab\u00a0<em>pores invisibles<\/em>\u00a0\u00bb ou d&rsquo;un trou visible entre les cavit\u00e9s droite et gauche, et affirme que le sang se d\u00e9place vers le poumon par les vena arteriosa (art\u00e8res pulmonaires). L\u00e0, il se m\u00e9lange \u00e0 l&rsquo;air et est filtr\u00e9, puis il retourne \u00e0 la cavit\u00e9 gauche via l&rsquo;arteria venosa (veine pulmonaire) (Ibnou an-Nafis, date inconnue).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis a \u00e9galement suppos\u00e9 que les nutriments du c\u0153ur proviennent des art\u00e8res coronaires et a r\u00e9fut\u00e9 l&rsquo;affirmation d&rsquo;Ibn S\u00eena selon laquelle l&rsquo;arteria venosa (veine pulmonaire) nourrit les poumons, car pour lui ce vaisseau transporte le sang vers le c\u0153ur et non vers les poumons. Inversement, il n&rsquo;a pas contest\u00e9 les descriptions erron\u00e9es d&rsquo;Ibn S\u00eena concernant l&rsquo;aorte ascendante. Dans la partie concernant le syst\u00e8me veineux, il a d\u00e9clar\u00e9 que Galien d\u00e9crivait le c\u0153ur comme l&rsquo;origine des art\u00e8res, le foie comme l&rsquo;origine des veines, et le cerveau et la moelle \u00e9pini\u00e8re comme l&rsquo;origine des nerfs, alors qu&rsquo;Aristote pensait que les art\u00e8res et les veines provenaient du c\u0153ur. <a href=\"#_edn38\" id=\"_ednref38\">[xxxviii]<\/a> Ibn S\u00efna avait soutenu que ces deux auteurs grecs \u00e9taient partiellement corrects, mais Ibnou an-Nafis s&rsquo;est oppos\u00e9 aux deux et a d\u00e9fendu que les vaisseaux sanguins ne proviennent pas d&rsquo;autres organes, mais se forment comme tout autre organe sans origine sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans sa description du cerveau, Ibnou an-Nafis a caract\u00e9ris\u00e9 les quatre ventricules c\u00e9r\u00e9braux, et a rejet\u00e9 la pr\u00e9sence de cavit\u00e9s vides, qui sont pleines d&rsquo;esprit\/pneuma et qui sont suppos\u00e9es \u00eatre responsables du pouvoir de sensation, du pouvoir d&rsquo;illusion, du pouvoir de m\u00e9moire, et ainsi de suite, car il n&rsquo;en a vu aucune. Il a d\u00e9fini l&rsquo;enveloppe du cerveau, le tentorium, la fissure c\u00e9r\u00e9brale longitudinale, le syst\u00e8me veineux c\u00e9r\u00e9bral et le cercle de Willis. Ses descriptions de l&rsquo;\u0153il sont similaires \u00e0 celles des savants pr\u00e9c\u00e9dents, avec trois humeurs et sept couches. Cependant, il a d\u00e9clar\u00e9 que l&rsquo;humeur glaciale (lentille) n&rsquo;est pas responsable de la vision car elle est recouverte d&rsquo;une couche sombre (iris), et selon lui cette couche sombre recevait la vision.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"513\" height=\"527\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png?resize=513%2C527&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5165\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png?w=513&amp;ssl=1 513w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-7.png?resize=292%2C300&amp;ssl=1 292w\" sizes=\"auto, (max-width: 513px) 100vw, 513px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la section, sur les poumons, il a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;ils re\u00e7oivent leurs nourritures par les vena arteriosa (art\u00e8res pulmonaires), et les arteria venosa (veines pulmonaires) transportent le sang et l&rsquo;air \u00e0 la cavit\u00e9 gauche du c\u0153ur. De plus, il \u00e9crit que l&rsquo;aorte descendante passe derri\u00e8re le diaphragme au niveau de C12, et non \u00e0 travers le diaphragme comme le fait l&rsquo;\u0153sophage, comme le propose Ibn S\u00eena. Il illustre le c\u0153ur et pr\u00e9cise qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;os \u00e0 sa base, et que les seuls os de cette zone sont ceux qui forment la cage thoracique. Il compl\u00e8te ensuite sa description de la circulation pulmonaire et \u00e9crit : <a href=\"#_edn39\" id=\"_ednref39\">[xxxix]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0Il (Ibn S\u00eena) a dit qu&rsquo;il (le c\u0153ur) a trois ventricules, mais ce n&rsquo;est pas vrai. En effet, le c\u0153ur n&rsquo;a que deux ventricules, l&rsquo;un rempli de sang, du c\u00f4t\u00e9 droit, et l&rsquo;autre rempli de pneuma, du c\u00f4t\u00e9 gauche. Il n&rsquo;y a absolument aucun passage entre ces deux-l\u00e0, car sinon le sang passerait \u00e0 la place du pneuma et d\u00e9graderait son essence. Et (en outre) la dissection (tashrih) r\u00e9fute ce qu&rsquo;ils ont dit, car le septum (h\u00e2jiz) entre les deux ventricules est beaucoup plus \u00e9pais qu&rsquo;ailleurs\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pratique de la dissection<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il convient de noter que le mot arabe pour dissection (<em>tashr\u00eeh<\/em>) est utilis\u00e9 pour l&rsquo;anatomie en tant que description du corps humain, la pratique de la science de la dissection et le sens m\u00e9dico-l\u00e9gal de l&rsquo;autopsie. <a href=\"#_edn40\" id=\"_ednref40\">[xl]<\/a> Il n&rsquo;y a pas de soutien ou d&rsquo;opposition explicite \u00e0 la dissection humaine ou animale dans le Coran (le \u00ab\u00a0livre saint\u00a0\u00bb), le hadith (les paroles et les traditions attribu\u00e9es au proph\u00e8te Mohammad) et la Sunnah (les \u00ab\u00a0<em>pratiques coutumi\u00e8res de la toute premi\u00e8re communaut\u00e9 musulmane<\/em>\u00ab\u00a0). <a href=\"#_edn41\" id=\"_ednref41\">[xli]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La litt\u00e9rature rapporte largement que la dissection humaine \u00e9tait interdite par la loi de l&rsquo;Islam, et il n&rsquo;est pas facile de r\u00e9pondre sans \u00e9quivoque si la dissection anatomique humaine \u00e9tait souvent pratiqu\u00e9e ou non dans la soci\u00e9t\u00e9 islamique m\u00e9di\u00e9vale. <a href=\"#_edn42\" id=\"_ednref42\">[xlii]<\/a> Cependant, la plupart des \u00e9rudits musulmans semblaient consid\u00e9rer l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;anatomie comme un moyen d&rsquo;accro\u00eetre \u00ab\u00a0<em>leur foi en Dieu et d&rsquo;appr\u00e9cier sa sagesse<\/em>\u00ab\u00a0. <a href=\"#_edn43\" id=\"_ednref43\">[xliii]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au moins quelques cas dans lesquels les savants musulmans ont fait des progr\u00e8s, par rapport \u00e0 la connaissance du corps humain de Galien, sugg\u00e8rent qu&rsquo;il y a eu quelques observations directes des structures anatomiques internes de l&rsquo;homme, bien qu&rsquo;il soit difficile de discerner si elles ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 partir de dissections syst\u00e9matiques, ou \u00e0 partir de pratiques telles que l&rsquo;examen de personnes malades, bless\u00e9es ou mortes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 Ibnou an-Nafis \u00e9tudiait le corps humain, la dissection \u00e9tait interdite, mais n&rsquo;\u00e9tait mentionn\u00e9e dans aucun texte de jurisprudence ou de tradition islamique. Cependant, de nombreux chercheurs soutiennent qu&rsquo;Ibnou an-Nafis aurait eu besoin de pratiquer une dissection pour \u00eatre en mesure de voir la circulation pulmonaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question de savoir si Ibnou an-Nafis a particip\u00e9 ou non \u00e0 une dissection pour parvenir \u00e0 ses conclusions sur la circulation pulmonaire fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat. Bien qu&rsquo;il affirme dans ses \u00e9crits qu&rsquo;il n&rsquo;a pas pu pratiquer la dissection en raison de ses croyances, d&rsquo;autres chercheurs ont not\u00e9 qu&rsquo;Ibnou an-Nafis a d\u00fb soit pratiquer la dissection, soit voir un c\u0153ur humain pour parvenir \u00e0 ses conclusions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon un point de vue, ses connaissances sur le c\u0153ur humain pourraient provenir d&rsquo;op\u00e9rations chirurgicales plut\u00f4t que de la dissection. D&rsquo;autres commentaires trouv\u00e9s dans les \u00e9crits d&rsquo;Ibnou an-Nafis, comme le fait de rejeter des observations ant\u00e9rieures en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dissection comme preuve, soutiennent cependant l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il a pratiqu\u00e9 la dissection pour parvenir \u00e0 ses conclusions sur le c\u0153ur humain et la circulation pulmonaire. Les commentaires contraires d&rsquo;Ibnou an-Nafis et les explications alternatives laissent cependant planer le doute sur sa possible pratique de la dissection.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La source de ces progr\u00e8s anatomiques originaux r\u00e9alis\u00e9s par les savants musulmans pourrait \u00eatre la dissection d&rsquo;\u00eatres humains ou d&rsquo;animaux, la pratique de la chirurgie ou l&rsquo;observation de cadavres d&rsquo;humains morts accidentellement, comme dans le cas d&rsquo;al-Baghdadi. Il est important de souligner que l&rsquo;impact d&rsquo;autres facteurs &#8211; par exemple les coutumes d&rsquo;inhumation, les croyances concernant le cadavre &#8211; doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 de mani\u00e8re plus approfondie. Sur la base des d\u00e9tails fournis par au moins certains \u00e9rudits musulmans ant\u00e9rieurs \u00e0 V\u00e9sale, ainsi que sur le fait qu&rsquo;au moins certains d&rsquo;entre eux font explicitement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;importance de la dissection dans leurs \u0153uvres (par exemple, ar-Razi, Ibn Rushd et Ibnou an-Nafis), il semble probable qu&rsquo;au moins certains de ces \u00e9rudits pratiquaient une certaine forme de dissection humaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ibnou an-Nafis l\u2019ophtalmologue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ophtalmologie \u00e9tait l&rsquo;une des branches les plus importantes de la m\u00e9decine islamique m\u00e9di\u00e9vale. L&rsquo;oculiste ou <em>kahh\u00e2l (<\/em><em>\u06a9\u062d\u0627\u0644)<\/em>, un professionnel quelque peu m\u00e9pris\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Galien, \u00e9tait un membre honor\u00e9 de la profession m\u00e9dicale \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque abbasside, occupant une place unique dans les maisons royales. Les scientifiques islamiques m\u00e9di\u00e9vaux (contrairement \u00e0 leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs classiques) consid\u00e9raient qu&rsquo;il \u00e9tait normal de combiner la th\u00e9orie et la pratique, y compris la fabrication d&rsquo;instruments pr\u00e9cis, et trouvaient donc naturel d&rsquo;associer l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;application pratique de ces connaissances. Les instruments sp\u00e9cialis\u00e9s utilis\u00e9s dans leurs op\u00e9rations se comptent par dizaines. Des innovations telles que la \u00ab\u00a0seringue \u00e0 injection\u00a0\u00bb, une aiguille creuse, invent\u00e9e par Ammar ibn Ali de Mossoul, qui \u00e9tait utilis\u00e9e pour l&rsquo;extraction par aspiration des cataractes molles, \u00e9taient assez courantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ophtalmologie est une branche de la m\u00e9decine qui traite des probl\u00e8mes de sant\u00e9 de l&rsquo;\u0153il. Les savants arabes et musulmans ont apport\u00e9 une contribution pr\u00e9cieuse \u00e0 la m\u00e9decine moderne en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 l&rsquo;ophtalmologie en particulier. <a href=\"#_edn44\" id=\"_ednref44\">[xliv]<\/a> &nbsp;Par exemple, Ibn al-Haytham (Alhazen), un scientifique arabe et musulman, a beaucoup \u00e9crit sur l&rsquo;optique et l&rsquo;anatomie de l&rsquo;\u0153il. En fait, Ibn al-Haytham est consid\u00e9r\u00e9 comme celui qui a fait les premiers pas dans la science de la vision par ses \u00e9crits et ses explications. <a href=\"#_edn45\" id=\"_ednref45\">[xlv]<\/a> Un autre scientifique arabo-musulman est Ibnou an-Nafis, qui vivait \u00e0 Damas et a \u00e9crit sur la m\u00e9decine et les maladies des yeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1210, Ibnou an-Nafis a \u00e9crit un trait\u00e9 intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Le livre parfait sur l&rsquo;ophtalmologie<\/em>\u00ab\u00a0, qui traite de concepts th\u00e9oriques, notamment de la physiologie et de la structure de l&rsquo;\u0153il et de la pathologie des affections oculaires. La seconde partie d\u00e9crit en d\u00e9tail certaines des techniques permettant de gu\u00e9rir les affections et vient s&rsquo;ajouter \u00e0 l&rsquo;immense sagesse transmise dans le monde islamique, puis en Europe.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"633\" height=\"476\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-9.png?resize=633%2C476&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5167\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-9.png?w=633&amp;ssl=1 633w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-9.png?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 633px) 100vw, 633px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ophtalmologie est la branche de la m\u00e9decine qui traite de l&rsquo;anatomie, de la physiologie et des maladies de l&rsquo;\u0153il, y compris l&rsquo;\u0153il, le cerveau et les zones entourant l&rsquo;\u0153il, telles que le syst\u00e8me lacrymal et les paupi\u00e8res. <a href=\"#_edn46\" id=\"_ednref46\">[xlvi]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La science de la m\u00e9decine est aujourd&rsquo;hui divis\u00e9e en plusieurs branches, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas le cas au Moyen \u00c2ge. &nbsp;Pour devenir praticien, il n&rsquo;y avait pas de voie trac\u00e9e, Il suffisait d&rsquo;\u00e9tudier les livres de m\u00e9decine et de se former aupr\u00e8s d&rsquo;un m\u00e9decin exp\u00e9riment\u00e9. Pour devenir ophtalmologue, une licence \u00e9tait accord\u00e9e par Hakim-bashi, m\u00e9decin royal du calife. Avant, il n&rsquo;y avait pas de certification m\u00e9dicale, lorsque le calife abbasside al-Muqtadir (895-932) a demand\u00e9 \u00e0 Sinan Ibn Sabit d&rsquo;examiner et d&rsquo;approuver les m\u00e9decins. Les ophtalmologistes devaient donc prouver \u00e0 l&rsquo;examinateur qu&rsquo;ils connaissaient les principales maladies de l&rsquo;\u0153il ainsi que leurs complications complexes, et qu&rsquo;ils \u00e9taient capables de pr\u00e9parer correctement les collyres et les onguents ophtalmiques. De plus, ils devaient affirmer sous serment qu&rsquo;ils ne permettaient pas \u00e0 des personnes non autoris\u00e9es d&rsquo;avoir acc\u00e8s \u00e0 des instruments chirurgicaux, tels que la lancette utilis\u00e9e dans les cas de pannus et de pt\u00e9rygium, ou la curette utilis\u00e9e dans les cas de trachome. Par rapport \u00e0 un m\u00e9decin, l&rsquo;ophtalmologue re\u00e7oit des petits honoraires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1210, Ibnou an-Nafis a \u00e9crit un trait\u00e9 intitul\u00e9 <em>al-Muhaddab fi al-Kuhl al-Mujarrab<\/em> \u00ab\u00a0<em>Le livre parfait sur l&rsquo;ophtalmologie<\/em>\u00ab\u00a0, qui traite de concepts th\u00e9oriques, notamment de la physiologie et de la structure de l&rsquo;\u0153il et de la pathologie des affections oculaires. La seconde partie d\u00e9crit en d\u00e9tail certaines des techniques permettant de gu\u00e9rir les affections et ce trait\u00e9 est venu s&rsquo;ajouter \u00e0 l&rsquo;immense sagesse transmise dans le monde islamique, puis en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis a d\u00e9couvert que le muscle situ\u00e9 derri\u00e8re le globe oculaire ne soutient pas le nerf ophtalmique, qu&rsquo;il n&rsquo;entre pas en contact avec lui, et que les nerfs optiques se croisent mais n&rsquo;entrent pas en contact l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. Il a \u00e9galement d\u00e9couvert de nombreux nouveaux traitements pour le glaucome et la faiblesse de la vision dans un \u0153il lorsque l&rsquo;autre \u0153il est affect\u00e9 par une maladie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La plupart des r\u00e9cits sur l&rsquo;histoire des sciences anatomiques passent rapidement de la p\u00e9riode gr\u00e9co-romaine \u00e0 la Renaissance europ\u00e9enne. Ils ignorent les contributions scientifiques des savants musulmans au cours de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or islamique (VIIIe-XIIIe si\u00e8cle), qui ont combl\u00e9 &#8211; du moins dans de nombreux domaines scientifiques &#8211; le foss\u00e9 entre les cultures orientale et occidentale. L&rsquo;examen de la litt\u00e9rature montre clairement que si, \u00e0 certains \u00e9gards, les savants musulmans ont suivi l&rsquo;anatomie de Galien, nombre d&rsquo;entre eux y ont apport\u00e9 des contributions originales majeures, notamment en ce qui concerne l&rsquo;ost\u00e9ologie, le c\u0153ur et la circulation pulmonaire, le cercle de Willis, les relations entre les uret\u00e8res et la vessie, et l&rsquo;\u0153il, entre autres. Les connaissances anatomiques accumul\u00e9es pendant l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or islamique, compil\u00e9es par exemple par des savants musulmans comme Ibnou an-Nafis, sont nettement plus proches des connaissances actuelles que celles fournies par Galien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;un autre point de vue, comment les d\u00e9couvertes d&rsquo;Ibnou an-Nafis sont-elles parvenues en Europe pendant 400 ans, mais sont rest\u00e9es enfouies dans des archives allemandes jusqu&rsquo;en 1936 de notre \u00e8re, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;a pas re\u00e7u le cr\u00e9dit occidental de sa d\u00e9couverte, qui est revenu \u00e0 William Harvey en 1628 ? Pourquoi Ibnou an-Nafis a-t-il \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;une autre perc\u00e9e oubli\u00e9e r\u00e9alis\u00e9e par un Arabe quatre si\u00e8cles avant la \u00ab\u00a0red\u00e9couverte\u00a0\u00bb europ\u00e9enne, comparable \u00e0 l&rsquo;association de mots et \u00e0 la th\u00e9rapie par la parole d&rsquo;Ibn S\u00eena qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Sigmund Freud de 800 ans, \u00e0 la th\u00e9orie de la s\u00e9lection naturelle d&rsquo;al-J\u00e2hiz qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Darwin de 1000 ans, ou aux travaux oubli\u00e9s d&rsquo;Ibn al-Haytham sur l&rsquo;optique au d\u00e9but du XIe si\u00e8cle qui ont permis \u00e0 Copernic de d\u00e9couvrir l&rsquo;orbite de la terre autour du soleil au XVIIe si\u00e8cle ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis est un m\u00e9decin, scientifique et philosophe arabe n\u00e9 en 1213 \u00e0 Damas et mort en 1288 au Caire. Il a \u00e9tudi\u00e9 la m\u00e9decine \u00e0 Damas et s&rsquo;est rendu en \u00c9gypte pour pratiquer la m\u00e9decine o\u00f9 il est devenu le m\u00e9decin en chef du Bimaristan Mansouri. Ibnou an-Nafis \u00e9tait un parfait polymathe, il &nbsp;a \u00e9crit dans un grand nombre de domaines, notamment la physiologie, la m\u00e9decine, l&rsquo;ophtalmologie, l&#8217;embryologie, la psychologie, la philosophie, le droit et la th\u00e9ologie. Il est c\u00e9l\u00e8bre pour avoir fourni la premi\u00e8re description de la circulation pulmonaire. Il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 remettre en question la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9cole de Galien (129-207 apr\u00e8s J.-C.) selon laquelle le sang pouvait passer du c\u00f4t\u00e9 droit au c\u00f4t\u00e9 gauche du c\u0153ur par de petits pores dans le septum interventriculaire. Il pensait que tout le sang qui atteignait le ventricule gauche passait par les poumons. Les travaux d&rsquo;Ibnou an-Nafis sur la circulation pulmonaire sont ant\u00e9rieurs \u00e0 ceux, bien plus tardifs, de William Harvey (1578 -1657).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibnou an-Nafis a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avancement des connaissances m\u00e9dicales et de la science au XIIIe si\u00e8cle. Il \u00e9tait \u00e9galement impliqu\u00e9 dans la jurisprudence, la politique et les \u00e9tudes anatomiques. Bien qu&rsquo;ophtalmologue de formation, il est aujourd&rsquo;hui surtout connu pour sa d\u00e9couverte de la petite circulation ou circulation pulmonaire. Son travail a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 contredire les enseignements accept\u00e9s de Galien, qui existaient depuis le deuxi\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re. Sa description comprenait l&rsquo;observation que la paroi du septum n&rsquo;est pas poreuse, que ce soit de mani\u00e8re grossi\u00e8re ou macroscopique, comme le croyaient les chercheurs pr\u00e9c\u00e9dents. Par cons\u00e9quent, le sang de la circulation veineuse devait \u00eatre dirig\u00e9 par l&rsquo;art\u00e8re pulmonaire (\u00ab\u00a0art\u00e8re veineuse\u00a0\u00bb) \u00e0 travers les poumons pour \u00eatre \u00ab\u00a0m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;air\u00a0\u00bb et \u00eatre drain\u00e9 vers le c\u00f4t\u00e9 gauche du c\u0153ur par la veine pulmonaire (\u00ab\u00a0veine art\u00e9rielle\u00a0\u00bb). Cette d\u00e9couverte a conduit \u00e0 un changement dans les observations historiques selon lesquelles la circulation pulmonaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par des scientifiques europ\u00e9ens au XVIe si\u00e8cle et a amen\u00e9 beaucoup de gens \u00e0 se demander si ces scientifiques avaient eu acc\u00e8s aux ouvrages traduits d&rsquo;Ibnou an-Nafis. Ibnou an-Nafis \u00e9tait d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 son travail et \u00e0 sa religion. Il a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ensemble des connaissances en anatomie et en m\u00e9decine et a \u00e9t\u00e9 un m\u00e9decin \u00e9minent et exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conclusion, on peut dire qu&rsquo;il y a eu un biais historique complexe dans les r\u00e9cits occidentaux sur l&rsquo;histoire de la biologie et de l&rsquo;anatomie qui n&rsquo;a pas permis de comprendre pleinement l&rsquo;histoire des d\u00e9couvertes anatomiques. Ce manque de compr\u00e9hension contribue \u00e0 la propagation de st\u00e9r\u00e9otypes malheureux et, surtout, ne permet pas de comprendre correctement l&rsquo;histoire des connaissances anatomiques, de la biologie et de la science dans son ensemble.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"655\" height=\"282\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-11.png?resize=655%2C282&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5169\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-11.png?w=655&amp;ssl=1 655w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/image-11.png?resize=300%2C129&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\">[i]<\/a> Fancy, Nahyan. \u201cPulmonary Transit and Bodily Resurrection: The Interaction of Medicine, Philosophy and Religion in the Works of Ibn al-Naf\u012bs (d. 1288).\u201d <em>Electronic Theses and Dissertations<\/em>, University of Notre Dame, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Traditionnellement, les historiens des sciences ne se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la science islamique qu&rsquo;en raison de sa relation avec la science grecque et de la mani\u00e8re dont elle a contribu\u00e9 \u00e0 transporter Aristote, Ptol\u00e9m\u00e9e et Galien en Occident. En outre, les succ\u00e8s et les \u00e9checs de la science islamique ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s \u00e0 l&rsquo;aune de la r\u00e9volution scientifique. Ainsi, le contexte r\u00e9el des travaux des scientifiques et des m\u00e9decins islamiques a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9, ce qui a donn\u00e9 une image d\u00e9form\u00e9e de la science dans les soci\u00e9t\u00e9s islamiques. Cette th\u00e8se vise \u00e0 corriger cette image en repla\u00e7ant la m\u00e9decine islamique dans son contexte. Ce faisant, elle fournit un nouveau cadre permettant de comprendre la relation entre la raison et la r\u00e9v\u00e9lation dans les soci\u00e9t\u00e9s islamiques, et sugg\u00e8re de nouvelles fa\u00e7ons de revisiter le probl\u00e8me du d\u00e9clin de la science islamique. La th\u00e8se examine sp\u00e9cifiquement le corpus d&rsquo;\u00e9crits d&rsquo;un m\u00e9decin-juriste \u00e9gyptien, Ibnou an-Naf\u012bs (m. 1288), mieux connu des historiens des sciences occidentales comme le d\u00e9couvreur de la circulation pulmonaire du sang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\">[ii]<\/a> Bittar, E. Edward. \u00ab\u00a0A Study of Ibn Nafis (Continued)\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Bulletin of the History of Medicine<\/em>&nbsp;29.5, 1955, pp. &nbsp;429-447.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\">[iii]<\/a> Ch\u00e9had\u00e9, A. K.&nbsp;<em>Ibn an-Nafis et la D\u00e9couverte de la Circulation Pulmonaire.<\/em>&nbsp;Damas, Syrie: Institut Fran\u00e7ais de Damas, 1955.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\">[iv]<\/a> Iskandar, Albert Z. \u00ab\u00a0Ibn al-Nafis\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Dictionary of Scientific Biography<\/em>, Vol. 9, 1974, pp. 602-606.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\">[v]<\/a><br>\u0623\u0628\u0648 \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646 \u0639\u0644\u0627\u0621 \u0627\u0644\u062f\u064a\u0646 \u0639\u0644\u064a \u0628\u0646 \u0623\u0628\u064a \u0627\u0644\u062d\u0631\u0645 \u0627\u0644\u0642\u064e\u0631\u0634\u064a \u0627\u0644\u062f\u0645\u0634\u0642\u064a \u0627\u0644\u0645\u0644\u0642\u0628 \u0628\u0627\u0628\u0646 \u0627\u0644\u0646\u0641\u064a\u0633 \u0648\u064a\u0639\u0631\u0641 \u0623\u062d\u064a\u0627\u0646\u0627\u064b \u0628\u0627\u0644\u0642\u064e\u0631\u064e\u0634\u064a \u0628\u0641\u062a\u062d \u0627\u0644\u0642\u0627\u0641 \u0648\u0627\u0644\u0631\u0627\u0621 \u0646\u0633\u0628\u0629 \u0625\u0644\u0649 \u0628\u0644\u062f\u0629 (\u0627\u0644\u0642\u0631\u064e\u0634) \u0627\u0644\u062a\u064a \u062a\u0642\u0639 \u0628\u0642\u0631\u0628 \u062f\u0645\u0634\u0642. (607\u0647\u0640\/1213\u0645\u060c \u062f\u0645\u0634\u0642 &#8211; 687\u0647\u0640\/1288 \u0645) \u0647\u0648 \u0639\u0627\u0644\u0645 \u0648\u0637\u0628\u064a\u0628 \u0639\u0631\u0628\u064a \u0645\u0633\u0644\u0645\u060c \u0644\u0647 \u0645\u0633\u0627\u0647\u0645\u0627\u062a \u0643\u062b\u064a\u0631\u0629 \u0641\u064a \u062a\u0637\u0648\u0631 \u0627\u0644\u0637\u0628\u060c \u0648\u064a\u0639\u062f \u0645\u0643\u062a\u0634\u0641 \u0627\u0644\u062f\u0648\u0631\u0629 \u0627\u0644\u062f\u0645\u0648\u064a\u0629 \u0627\u0644\u0635\u063a\u0631\u0649 \u0648\u064a\u0639\u062a\u0628\u0631 \u0645\u0646 \u0631\u0648\u0627\u062f \u0639\u0644\u0645 \u0648\u0638\u0627\u0626\u0641 \u0627\u0644\u0623\u0639\u0636\u0627\u0621 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u060c \u062d\u064a\u062b \u0648\u0636\u0639 \u0646\u0638\u0631\u064a\u0627\u062a \u064a\u0639\u062a\u0645\u062f \u0639\u0644\u064a\u0647\u0627 \u0627\u0644\u0639\u0644\u0645\u0627\u0621 \u0625\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0622\u0646. \u0639\u064a\u0646 \u0631\u0626\u064a\u0633 \u0623\u0637\u0628\u0627\u0621 \u0645\u0635\u0631. \u0648\u064a\u0639\u062a\u0628\u0631\u0647 \u0643\u062b\u064a\u0631\u0648\u0646 \u0623\u0639\u0638\u0645 \u0634\u062e\u0635\u064a\u0629 \u0637\u0628\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0642\u0631\u0646 \u0627\u0644\u0633\u0627\u0628\u0639 \u0627\u0644\u0647\u062c\u0631\u064a<br><br>\u0648\u0642\u062f \u062f\u0631\u0633 \u0627\u0628\u0646 \u0627\u0644\u0646\u0641\u064a\u0633 \u0623\u064a\u0636\u064b\u0627 \u0627\u0644\u0641\u0642\u0647 \u0627\u0644\u0634\u0627\u0641\u0639\u064a\u060c \u0643\u0645\u0627 \u0643\u062a\u0628 \u0627\u0644\u0639\u062f\u064a\u062f \u0645\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0639\u0645\u0627\u0644 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0641\u0644\u0633\u0641\u0629\u060c \u0648\u0643\u0627\u0646 \u0645\u0647\u062a\u0645\u0627 \u0628\u0627\u0644\u062a\u0641\u0633\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0639\u0642\u0644\u0627\u0646\u064a \u0644\u0644\u0648\u062d\u064a. \u0648\u062e\u0644\u0627\u0641\u064b\u0627 \u0644\u0628\u0639\u0636 \u0645\u0639\u0627\u0635\u0631\u064a\u0647 \u0648\u0627\u0644\u0633\u0644\u0641\u060c \u0627\u0639\u062a\u0645\u062f \u0627\u0628\u0646 \u0627\u0644\u0646\u0641\u064a\u0633 \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0639\u0642\u0644 \u0641\u064a \u062a\u0641\u0633\u064a\u0631 \u0646\u0635\u0648\u0635 \u0627\u0644\u0642\u0631\u0622\u0646 \u0648\u0627\u0644\u062d\u062f\u064a\u062b. \u0643\u0645\u0627 \u062f\u0631\u0633 \u0627\u0644\u0644\u063a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0645\u0646\u0637\u0642 \u0648\u0627\u0644\u0623\u062f\u0628<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\">[vi]<\/a> Haddad, Sami I., &amp; Amin A. Khairallah. \u00ab\u00a0A forgotten chapter in the history of the circulation of the blood\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Annals of surgery<\/em>&nbsp;104.1, 1936, p. 1.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\">[vii]<\/a> Bittar, E. Edward. \u201cA study of Ibn Nafis\u201d, <em>Bulletin of the History of Medicine<\/em>, vol. 29, no. 4, The Johns Hopkins University Press, 1955, pp. 352\u201368, <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/44443956\">http:\/\/www.jstor.org\/stable\/44443956<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\">[viii]<\/a> &nbsp;Keynes, G.&nbsp;<em>The Life of William Harvey.<\/em>&nbsp;Oxford: Clarendon Press, 1978.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\">[ix]<\/a> Ullmann, M.&nbsp;<em>Islamic medicine<\/em>. (Islamic Surveys II). Edinburgh: Edinburgh University Press; 1997.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\">[x]<\/a> Chtatou, Mohamed. \u2018\u2019Ibn S\u00een\u00e2 (Avicenne), le Prince de la m\u00e9decine\u2019\u2019, <em>Oumma, <\/em>10 janvier 2022. <a href=\"https:\/\/oumma.com\/ibn-sina-avicenne-le-prince-de-la-medecine-2\/\">https:\/\/oumma.com\/ibn-sina-avicenne-le-prince-de-la-medecine-2\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\">[xi]<\/a>&nbsp;&nbsp; Loukas, Marios, et al. \u201cIbn Al-Nafis (1210\u20131288): The First Description of the Pulmonary Circulation\u201d, <em>The American Surgeon<\/em>, vol. 74, no. 5, May 2008, pp. 440\u2013442, doi:10.1177\/000313480807400517.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\">[xii]<\/a> Al-Ghazal, S. K. \u2018\u2019Ibn al-Nafis and the Discovery of Pulmonary Circulation\u2019\u2019, <em>FSTC Limited<\/em>, 2007, pp. 1-7.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Al-Ghazal, S. K. \u2018\u2019The Discovery of the Pulmonary Circulation &#8211; Who Should Get Credit: Ibn Al-Nafis or William Harvey\u2019\u2019, <em>JISHIM<\/em> 2002; 2, 2002, pp. 46-48.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Masic, I. \u2018\u2019On Occasion of 800<sup>th<\/sup> Anniversary of Birth of Ibn al-Nafis &#8211; Discoverer of Cardiac and Pulmonary Circulation\u2019\u2019, <em>MED ARH<\/em> 2010; 64(5), 2010, pp. 309-313.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\">[xv]<\/a> West, J. B. \u2018\u2019Ibn al-Nafis, the Pulmonary Circulation, and the Islamic Golden Age\u2019\u2019, <em>J Appl Physiol<\/em> 2008; 105, 2008, pp.1877-1880.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\">[xvi]<\/a> Meyerhof, Max. \u00ab\u00a0Ibn an-Nafis und seine Theorie des Lungenkreislaufs\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Quellen und Studien zur Geschichte der Naturwissen-schafen und der Medizin<\/em>&nbsp;1935.4, 1935, pp. 37-88.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\">[xvii]<\/a> Raphaela&nbsp;Veit,&nbsp;\u201cL\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Andrea Alpago (m.&nbsp;1521 ou 1522) pour le Shah Ism\u0101\u02bf\u012bl I<sup>er<\/sup>&nbsp;et les doctrines du \u0161\u012b\u02bfisme duod\u00e9cimain\u201d,&nbsp;<em>MID\u00c9O<\/em>, 35&nbsp;|&nbsp;2020. <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/mideo\/4866\">http:\/\/journals.openedition.org\/mideo\/4866<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref18\" id=\"_edn18\">[xviii]<\/a> Coppola, Edward D. \u00ab\u00a0The Discovery of the Pulmonary Circulation\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Bullet. Hist. Mid.<\/em>&nbsp;<strong>31<\/strong>, 1957, pp. 44-77 [67, 70-71, 74].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref19\" id=\"_edn19\">[xix]<\/a> Schacht, Joseph. \u00ab\u00a0Ibn Al-Nafis, Servetus and Colombo\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Al-Andalus<\/em>&nbsp;<strong>22<\/strong>, p. 319-336 [330].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref20\" id=\"_edn20\">[xx]<\/a> Fancy 2006, op. cit., pp. 58 &amp; 61-62.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref21\" id=\"_edn21\">[xxi]<\/a> George Sarton (cf. Dr. Paul Ghalioungui (1982), \u00ab\u00a0The West denies Ibn Al Nafis&rsquo;s contribution to the discovery of the circulation\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Symposium on Ibn al-Nafis<\/em>, Second International Conference on Islamic Medicine: Islamic Medical Organization, Kuwait)<br>(cf. The West denies Ibn Al Nafis&rsquo;s contribution to the discovery of the circulation,&nbsp;<em>Encyclopedia of Islamic World<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref22\" id=\"_edn22\">[xxii]<\/a> Ibn Al-Nafis. <em>Theologus Autodidactus,<\/em> \u00e9dit\u00e9 avec une introduction, une traduction et des notes parMax Meyerhof &amp; Joseph Schacht.&nbsp; Oxford: Oxford University Press, 1968 (premi\u00e8re publication en 1277).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/islamtheologyscience.files.wordpress.com\/2012\/09\/theologus-autodidactus-of-ibn-al-nafis.pdf\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette \u0153uvre, \u00e9crite entre 1268 et 1277, est l&rsquo;un des premiers romans arabes et peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un exemple pr\u00e9coce de science-fiction, de passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et d&rsquo;\u00eele d\u00e9serte. Le protagoniste de l&rsquo;histoire est Kamil, un adolescent autodidacte, enfant sauvage, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 spontan\u00e9ment dans une grotte et vivant reclus sur une \u00eele d\u00e9serte. Il finit par entrer en contact avec le monde ext\u00e9rieur apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e de naufrag\u00e9s qui font naufrage et s&rsquo;\u00e9chouent sur l&rsquo;\u00eele, et le ram\u00e8nent ensuite avec eux dans le monde civilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref23\" id=\"_edn23\">[xxiii]<\/a> Mahdi, Muhsin. \u201cRemarks on the \u2018Theologus Autodidactus\u2019 of Ibn Al-Naf\u012bs\u201d, <em>Studia Islamica<\/em>, no. 31, [Brill, Maisonneuve &amp; Larose], 1970, pp. 197-209, <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/1595073\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/1595073<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref24\" id=\"_edn24\">[xxiv]<\/a> Mahdi, Muhsin.\u00a0\u00bb<em>The Theologus Autodidactus of Ibn at-Nafis<\/em>&nbsp;by Max Meyerhof, Joseph Schacht\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Journal of the American Oriental Society<\/em>&nbsp;94&nbsp;(2), 1974, pp. 232-234.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref25\" id=\"_edn25\">[xxv]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref26\" id=\"_edn26\">[xxvi]<\/a> Al-Roubi, Abu Shadi. \u00ab\u00a0Ibn Al-Nafis as a philosopher\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Symposium on Ibn al-Nafis<\/em>, Second International Conference on Islamic Medicine: Islamic Medical Organization, Kuwait (cf.&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.islamset.com\/isc\/nafis\/drroubi.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Ibn al-Nafis As a Philosopher<\/a>,&nbsp;<em>Encyclopedia of Islamic World<\/em>, 1982&nbsp;<a href=\"http:\/\/web.archive.org\/web\/20080206072116\/http:\/www.islamset.com\/isc\/nafis\/drroubi.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">[1]<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref27\" id=\"_edn27\">[xxvii]<\/a> Fancy 2006, op. cit., pp.&nbsp;42 &amp; 60.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref28\" id=\"_edn28\">[xxviii]<\/a> Muhammad B. Abd Al-Malik Tufayl. <em>Philosophus Autodidactus, Sive Epistola ABI Jaafar Ebn Tophail de Hai Ebn Yokdhan<\/em>. Auckland, New Zealand: TheClassics.Us, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.muslimphilosophy.com\/books\/hayy.pdf\">http:\/\/www.muslimphilosophy.com\/books\/hayy.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ibn Tufail a tir\u00e9 le nom du conte et la plupart de ses personnages d&rsquo;une \u0153uvre ant\u00e9rieure d&rsquo;Ibn Sina (Avicenne). Le livre d&rsquo;Ibn Tufail n&rsquo;est cependant ni un commentaire ni une simple reprise de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Ibn Sina, mais une \u0153uvre nouvelle et innovante \u00e0 part enti\u00e8re. Il refl\u00e8te l&rsquo;une des principales pr\u00e9occupations des philosophes musulmans (plus tard aussi des penseurs chr\u00e9tiens), celle de r\u00e9concilier la philosophie avec la r\u00e9v\u00e9lation. En m\u00eame temps, le r\u00e9cit anticipe d&rsquo;une certaine mani\u00e8re Robinson Cruso\u00e9 et l&rsquo;\u00c9mile de Rousseau. Il raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un enfant qui est \u00e9lev\u00e9 par une gazelle et qui grandit dans un isolement total des humains. En sept phases de sept ans chacune, par le seul exercice de ses facult\u00e9s, Hayy franchit toutes les gradations du savoir. L&rsquo;histoire de <em>Hayy Ibn Yaqdhan<\/em> est similaire \u00e0 celle de Mowgli dans le <em>Livre de la jungle<\/em> de Rudyard Kipling : un b\u00e9b\u00e9 est abandonn\u00e9 sur une \u00eele tropicale d\u00e9serte o\u00f9 il est soign\u00e9 et nourri par une m\u00e8re loup.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Philosophus Autodidactus d&rsquo;Ibn Tufail a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en r\u00e9ponse \u00e0 <em>The Incoherence of the Philosophers<\/em> d&rsquo;al-Ghazali. Au XIIIe si\u00e8cle, Ibnou an-Nafis a \u00e9crit <em>Ar-Ris\u00e2lah al-K\u00e2miliyyah fi as-Sayra an-Nabawiyyah<\/em> (connu sous le nom de <em>Theologus Autodidactus<\/em> en Occident) en r\u00e9ponse au <em>Philosophus Autodidactus<\/em> d&rsquo;Ibn Tufail.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Hayy Ibn Yaqdhan<\/em> a eu une influence consid\u00e9rable sur la litt\u00e9rature arabe et la litt\u00e9rature europ\u00e9enne, et il est devenu un best-seller influent dans toute l&rsquo;Europe occidentale aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles. L&rsquo;ouvrage a \u00e9galement eu une profonde influence sur la philosophie islamique classique et la philosophie occidentale moderne. Il est devenu l&rsquo;un des livres les plus importants qui ont annonc\u00e9 la r\u00e9volution scientifique\u00a0\u00bb et les Lumi\u00e8res europ\u00e9ennes, et les pens\u00e9es exprim\u00e9es dans le roman se retrouvent dans diff\u00e9rentes variations et \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s dans les livres de Thomas Hobbes, John Locke, Isaac Newton et Emmanuel Kant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une traduction latine de l&rsquo;\u0153uvre, intitul\u00e9e <em>Philosophus Autodidactus<\/em>, est parue pour la premi\u00e8re fois en 1671, pr\u00e9par\u00e9e par Edward Pococke le Jeune. La premi\u00e8re traduction anglaise (par Simon Ockley) a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 1708. Ces traductions ont ensuite inspir\u00e9 \u00e0 Daniel Defoe l&rsquo;\u00e9criture de <em>Robinson Cruso\u00e9<\/em>, qui comporte \u00e9galement le r\u00e9cit d&rsquo;une \u00eele d\u00e9serte et constitue le premier roman en anglais. Le roman a \u00e9galement inspir\u00e9 le concept de \u00ab\u00a0<em>tabula rasa<\/em>\u00a0\u00bb d\u00e9velopp\u00e9 dans l&rsquo;Essai sur l&rsquo;entendement humain (1690) de John Locke, qui \u00e9tait un \u00e9l\u00e8ve de Pococke. Cet essai est devenu l&rsquo;une des principales sources de l&#8217;empirisme dans la philosophie occidentale moderne et a influenc\u00e9 de nombreux philosophes des Lumi\u00e8res, tels que David Hume et George Berkeley. Les id\u00e9es de Hayy sur le mat\u00e9rialisme dans le roman pr\u00e9sentent \u00e9galement certaines similitudes avec le mat\u00e9rialisme historique de Karl Marx. Elles pr\u00e9figurent \u00e9galement le probl\u00e8me de Molyneux, propos\u00e9 par William Molyneux \u00e0 Locke, qui l&rsquo;a inclus dans le deuxi\u00e8me livre de <em>An Essay Concerning Human Understanding<\/em>. Parmi les autres auteurs europ\u00e9ens influenc\u00e9s par le <em>Philosophus Autodidactus<\/em>, citons Gottfried Leibniz, Melchis\u00e9dech Th\u00e9venot, John Wallis, Christiaan Huygens, George Keith, Robert Barclay, les Quakers, Samuel Hartlib et Voltaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref29\" id=\"_edn29\">[xxix]<\/a> Fancy 2006, op. cit., pp.&nbsp;95-102.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref30\" id=\"_edn30\">[xxx]<\/a> Iskandar, Albert Z. \u00ab\u00a0Ibn al-Nafis\u00a0\u00bb, in Helaine Selin,&nbsp;<em>Encyclopaedia of the History of Science, Technology, and Medicine in Non-Western Cultures<\/em>.&nbsp;Dodrecht, Netherlands: Kluwer Academic Publishers, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref31\" id=\"_edn31\">[xxxi]<\/a> Iskandar, Albert Z. \u00ab\u00a0Ibn al-Nafis\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Dictionary of Scientific Biography<\/em>,&nbsp;<strong>9<\/strong>, 1974, pp.&nbsp;602\u2013606 [602-603].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref32\" id=\"_edn32\">[xxxii]<\/a> Fancy, Nahyan A. G.&nbsp;<a href=\"http:\/\/etd.nd.edu\/ETD-db\/theses\/available\/etd-11292006-152615\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00ab\u00a0Pulmonary Transit and Bodily Resurrection: The Interaction of Medicine, Philosophy and Religion in the Works of Ibn al-Naf\u012bs (d. 1288)\u00a0\u00bb<\/a>,&nbsp;<em>Electronic Theses and Dissertations<\/em>&nbsp;(University of Notre Dame),&nbsp;2006, p. 61. <a href=\"http:\/\/etd.nd.edu\/ETD-db\/theses\/available\/etd-11292006-152615\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/etd.nd.edu\/ETD-db\/theses\/available\/etd-11292006-152615<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref33\" id=\"_edn33\">[xxxiii]<\/a> Abdel-Halim, R. E. \u00ab\u00a0Contributions of Ibn Al-Nafis to the progress of medicine and urology: A study and translations from his medical works\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Saudi Medical Journal<\/em>&nbsp;<strong>29<\/strong>&nbsp;(1), 2008, pp. 13\u201322 [15].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref34\" id=\"_edn34\">[xxxiv]<\/a> Iskandar, Albert Zaki. \u00ab\u00a0Comprehensive Book on the Art of Medicine\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Symposium on Ibn al Nafis<\/em>, Second International Conference on Islamic Medicine: Islamic Medical Organization, Kuwait, 1982. (cf.&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.islamset.com\/isc\/nafis\/iskandar.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Comprehensive Book on the Art of Medicine<\/a>,&nbsp;<em>Encyclopedia of Islamic World<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref35\" id=\"_edn35\">[xxxv]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref36\" id=\"_edn36\">[xxxvi]<\/a> Iskandar 1974, op. cit., p.&nbsp;603.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref37\" id=\"_edn37\">[xxxvii]<\/a> West, J. B., 2008, op. cit., 1877-1880.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref38\" id=\"_edn38\">[xxxviii]<\/a> Leroi, Armand Marie.&nbsp;<em>The lagoon: How Aristotle invented science<\/em>. London: Bloomsbury Publishing, 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref39\" id=\"_edn39\">[xxxix]<\/a> Savage-Smith, E.&nbsp;\u201cAttitudes toward dissection in medieval Islam\u201d, <em>J Hist Med Allied Sci<\/em>&nbsp;<strong>50<\/strong>, 1995, pp.&nbsp;67-110, [102].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref40\" id=\"_edn40\">[xl]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref41\" id=\"_edn41\">[xli]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref42\" id=\"_edn42\">[xlii]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref43\" id=\"_edn43\">[xliii]<\/a> Abdel-Halim, Rabie E. &amp; Thoraya E. Abdel-Maguid. \u00ab\u00a0The functional anatomy of the uretero-vesical junction. A historical review\u00a0\u00bb,&nbsp;<em>Saudi medical journal<\/em>&nbsp;24.8, 2003, pp. 815-819.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref44\" id=\"_edn44\">[xliv]<\/a> Syed, Ibrahim B. \u00ab\u00a0Islamic Medicine: 1000 years ahead of its times\u00a0\u00bb, <em>Jishim<\/em>&nbsp;2, 2002, pp. 2-9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref45\" id=\"_edn45\">[xlv]<\/a> Gorini, R. \u201cAl-Haytham the Man of Experience. First Steps in the Science of Vision\u201d, <em>JISHIM<\/em> 2(4), 2003, pp. 53\u201355.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref46\" id=\"_edn46\">[xlvi]<\/a> Savage-Smith, E. \u201cIbn Al-Nafis&rsquo;s Perfected Book on Ophthalmology and His Treatment of Trachoma and Its Sequelae\u201d, <em>Journal for the History of Arabic Science<\/em>, vol. 4, 1980, pp. 147\u2013204.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a eu un biais historique complexe dans les r\u00e9cits occidentaux sur l&rsquo;histoire de la biologie et de l&rsquo;anatomie qui n&rsquo;a pas permis de comprendre pleinement l&rsquo;histoire des d\u00e9couvertes anatomiques. 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