{"id":5330,"date":"2025-12-03T15:16:26","date_gmt":"2025-12-03T14:16:26","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=5330"},"modified":"2025-12-03T15:20:16","modified_gmt":"2025-12-03T14:20:16","slug":"du-regard-imperial-a-la-rencontre-discursive-analyse-critique-de-british-travel-writers-in-morocco-1856-1937-de-lahoucine-aammari-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/du-regard-imperial-a-la-rencontre-discursive-analyse-critique-de-british-travel-writers-in-morocco-1856-1937-de-lahoucine-aammari-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Du regard imp\u00e9rial \u00e0 la rencontre discursive : analyse critique de British Travel Writers in Morocco, 1856\u20131937 de Lahoucine Aammari \u2013 par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p><em>British Travel Writers in Morocco, 1856\u20131937: Discursive Encounters<\/em> constitue un <strong>jalon important<\/strong> dans l\u2019\u00e9tude des relations anglo-marocaines et de la repr\u00e9sentation de l\u2019Autre maghr\u00e9bin dans la culture britannique. En combinant rigueur archivistique, sensibilit\u00e9 litt\u00e9raire et outils de la th\u00e9orie postcoloniale, Lahoucine Aammari propose une lecture nuanc\u00e9e o\u00f9 le Maroc n\u2019est plus un simple d\u00e9cor exotique, mais un <strong>espace de n\u00e9gociation de sens, de pouvoir et d\u2019identit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:290px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Objet et corpus de l\u2019ouvrage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le livre de Lahoucine Aammari propose une cartographie minutieuse des discours produits par une s\u00e9rie de voyageurs britanniques sur le Maroc entre la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle et l\u2019entre-deux-guerres. Il s\u2019inscrit dans la collection <em>Studies in the Global Nineteenth Century<\/em> de Liverpool University Press et examine un ensemble de textes de figures embl\u00e9matiques telles que Walter Burton Harris, Joseph Thomson, Robert S. Watson, Emily Keene et divers envoy\u00e9s diplomatiques britanniques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition de l\u2019ouvrage n\u2019est pas de faire une simple histoire factuelle du voyage au Maroc, mais de montrer comment ces r\u00e9cits participent \u00e0 la constitution d\u2019un <strong>imaginaire discursif<\/strong> sur le Maroc pr\u00e9colonial et proto-colonial. Le sous-titre, <em>Discursive Encounters<\/em>, signale d\u2019embl\u00e9e l\u2019enjeu : il s\u2019agit de lire ces textes comme des <strong>lieux de rencontre \u2013 et de friction \u2013 entre repr\u00e9sentations britanniques et r\u00e9alit\u00e9s marocaines<\/strong>, \u00e0 la fois dans le registre esth\u00e9tique, politique et id\u00e9ologique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cadre th\u00e9orique : postcolonialisme et \u00e9tudes du voyage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan m\u00e9thodologique, Aammari s\u2019inscrit dans le croisement des <strong>travel studies<\/strong> et de la th\u00e9orie postcoloniale. Ses travaux ant\u00e9rieurs sur le d\u00e9sir d\u2019Orient, les fractures id\u00e9ologiques et la chasse imp\u00e9riale dans les r\u00e9cits britanniques pr\u00e9coloniaux annon\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 cette orientation, en interrogeant les liens entre texte de voyage, empire et production de l\u2019Autre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage mobilise de mani\u00e8re implicite ou explicite des r\u00e9f\u00e9rences majeures : Edward Said et l\u2019orientalisme comme grille de lecture des repr\u00e9sentations d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es entre Orient et Occident ; Mary Louise Pratt et la notion de \u00ab contact zone \u00bb o\u00f9 le texte de voyage devient sc\u00e8ne d\u2019\u00e9nonciation asym\u00e9trique ; Homi Bhabha et la logique d\u2019ambivalence, de mim\u00e9tisme et de diff\u00e9rence dans les discours coloniaux. Sans se perdre dans le jargon th\u00e9orique, Aammari s\u2019en sert pour <strong>d\u00e9plier les strates de pouvoir, de d\u00e9sir et de peur<\/strong> qui traversent les descriptions du Maroc et des Marocains.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette posture th\u00e9orique permet d\u2019\u00e9viter deux \u00e9cueils :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li>La c\u00e9l\u00e9bration na\u00efve de l\u2019\u00e9criture de voyage comme simple aventure exotique.<\/li>\n\n\n\n<li>La d\u00e9nonciation purement id\u00e9ologique, qui r\u00e9duirait les auteurs britanniques \u00e0 de simples agents de l\u2019empire.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Aammari montre au contraire que ces textes sont <strong>internements travers\u00e9s par des tensions<\/strong>, des contradictions, parfois m\u00eame des failles qui laissent appara\u00eetre d\u2019autres lectures possibles du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Structure et d\u00e9marche analytique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La structure du livre \u2013 telle qu\u2019on peut la d\u00e9duire du r\u00e9sum\u00e9 \u00e9ditorial \u2013 combine une approche <strong>chronologique<\/strong> (de 1856 \u00e0 1937) et <strong>th\u00e9matique<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une premi\u00e8re partie situe les r\u00e9cits dans leur contexte historique : ouverture progressive du Maroc au commerce britannique, rivalit\u00e9s franco-britanniques, marche vers le protectorat, puis recomposition des relations sous la domination fran\u00e7aise et espagnole.<\/li>\n\n\n\n<li>Des chapitres centraux sont consacr\u00e9s \u00e0 des figures et motifs r\u00e9currents : le d\u00e9sert et la montagne comme espaces de danger et de d\u00e9sir, la ville marocaine comme sc\u00e8ne de d\u00e9sordre ou de pittoresque, la cour makhz\u00e9nienne comme th\u00e9\u00e2tre de diplomatie et de complot.<\/li>\n\n\n\n<li>Une derni\u00e8re section interroge les continuit\u00e9s et discontinuit\u00e9s discursive sur pr\u00e8s de huit d\u00e9cennies, mettant en lumi\u00e8re ce qui change \u2013 et ce qui persiste \u2013 dans la mani\u00e8re britannique de dire le Maroc.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Chaque chapitre articule <strong>lecture rapproch\u00e9e des textes<\/strong> (close reading) et <strong>mise en contexte historique et politique<\/strong>, ce qui donne \u00e0 l\u2019ensemble une coh\u00e9rence \u00e0 la fois litt\u00e9raire et historiographique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Orientalisme britannique face au Maroc : exotisme, danger et d\u00e9sir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un apport majeur du livre r\u00e9side dans la mani\u00e8re dont Aammari montre la <strong>sp\u00e9cificit\u00e9 marocaine<\/strong> \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019orientalisme britannique. Le Maroc appara\u00eet comme un espace liminal :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c0 la fois africain et m\u00e9diterran\u00e9en,<\/li>\n\n\n\n<li>Musulman mais fissur\u00e9 par des clivages ethniques, tribaux et r\u00e9gionaux,<\/li>\n\n\n\n<li>Proche de l\u2019Europe mais repr\u00e9sent\u00e9 comme en marge de la \u00ab civilisation \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9cits \u00e9tudi\u00e9s mettent en sc\u00e8ne un Maroc <strong>violent, insoumis, tribal<\/strong>, o\u00f9 l\u2019absence d\u2019\u00c9tat moderne est souvent invoqu\u00e9e pour l\u00e9gitimer l\u2019ing\u00e9rence europ\u00e9enne. La figure du <strong>ca\u00efd rebelle<\/strong>, du <strong>brigand montagnard<\/strong> ou du <strong>sultan faible<\/strong> alimente ainsi la rh\u00e9torique imp\u00e9riale de la mission civilisatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Aammari montre aussi comment, chez certains auteurs, le Maroc devient un <strong>espace de fascination<\/strong>, de libert\u00e9 et m\u00eame de critique implicite de la soci\u00e9t\u00e9 victorienne : le voyageur se projette dans le \u00ab chaos \u00bb marocain pour dire, en creux, les rigidit\u00e9s de son propre monde. Cette ambivalence \u2013 \u00e0 la fois <strong>peur de la barbarie<\/strong> et <strong>d\u00e9sir de l\u2019Autre<\/strong> \u2013 est au c\u0153ur de la dimension \u00ab discursive \u00bb de ces rencontres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Genre, race et religion : figures du Marocain et de la Marocaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse d\u2019Aammari ne se limite pas \u00e0 l\u2019opposition binaire \u00ab Europe civilis\u00e9e \/ Maroc arri\u00e9r\u00e9 \u00bb. Il pr\u00eate une attention particuli\u00e8re \u00e0 la <strong>construction des figures marocaines<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le <strong>Musulman fanatique<\/strong>, brandi comme l\u2019ennemi par certains voyageurs lorsque surgissent des \u00e9pisodes de violence anti-chr\u00e9tienne.<\/li>\n\n\n\n<li>Le <strong>Juif marocain<\/strong>, souvent d\u00e9crit \u00e0 travers des st\u00e9r\u00e9otypes racialis\u00e9s et socio-\u00e9conomiques, mais parfois aussi comme m\u00e9diateur entre mondes musulman et europ\u00e9en.<\/li>\n\n\n\n<li>La <strong>Marocaine<\/strong> \u2013 femme musulmane ou juive \u2013 fig\u00e9e dans l\u2019image du harem, de la r\u00e9clusion, mais qui, chez certains auteurs, acquiert une \u00e9paisseur psychologique inattendue.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence d\u2019Emily Keene, \u00e9pouse britannique d\u2019un notable marocain, est particuli\u00e8rement significative : son r\u00e9cit <em>My Life Story<\/em> permet une <strong>inversion partielle du regard<\/strong>, une tentative de raconter le Maroc \u00ab de l\u2019int\u00e9rieur \u00bb, tout en restant marqu\u00e9e par des pr\u00e9jug\u00e9s de classe et de race.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette attention aux croisements de genre, de race et de religion donne au livre une dimension intersectionnelle qui le rapproche des travaux contemporains sur les identit\u00e9s multiples en contexte colonial.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diplomatie, empire et \u00e9criture de voyage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre m\u00e9rite de l\u2019ouvrage est de montrer comment le <strong>voyageur n\u2019est jamais un simple touriste<\/strong>, mais souvent un acteur p\u00e9riph\u00e9rique ou central des jeux imp\u00e9riaux. Plusieurs des auteurs \u00e9tudi\u00e9s furent correspondants de presse, consuls ou envoy\u00e9s officiels aupr\u00e8s du Makhzen. C\u2019est le cas, notamment, de Walter Burton Harris, journaliste du <em>Times<\/em>, dont la position entre diplomatie, espionnage, propagande et r\u00e9cit d\u2019aventure est embl\u00e9matique.<\/p>\n\n\n\n<p>Aammari met en lumi\u00e8re la mani\u00e8re dont ces \u00e9crivains :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Pr\u00e9parent l\u2019opinion publique britannique<\/strong> \u00e0 accepter certaines orientations de politique \u00e9trang\u00e8re ;<\/li>\n\n\n\n<li>Servent de relais entre administrations europ\u00e9ennes rivales (britannique, fran\u00e7aise, allemande) ;<\/li>\n\n\n\n<li>Construisent une image du Maroc qui justifie, a posteriori, le partage colonial ent\u00e9rin\u00e9 en 1912.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture de voyage appara\u00eet ainsi comme un <strong>dispositif para-diplomatique<\/strong>, contribuant \u00e0 naturaliser l\u2019id\u00e9e que le Maroc serait incapable de se gouverner seul et qu\u2019il aurait besoin de la tutelle europ\u00e9enne. Le livre montre n\u00e9anmoins que certains textes contestent subtilement cette logique, en d\u00e9crivant la complexit\u00e9 des structures politiques marocaines et la dignit\u00e9 des acteurs locaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Apport de l\u2019ouvrage \u00e0 l\u2019historiographie et aux \u00e9tudes litt\u00e9raires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan de l\u2019historiographie marocaine et anglo-marocaine, <em>British Travel Writers in Morocco, 1856\u20131937<\/em> offre une <strong>synth\u00e8se in\u00e9dite<\/strong> : jusqu\u2019ici, les \u00e9tudes se focalisaient soit sur quelques figures (Harris, Keene, etc.), soit sur des p\u00e9riodes partielles. Aammari propose une <strong>vision d\u2019ensemble<\/strong> couvrant plus de huit d\u00e9cennies, en mettant en relation textes litt\u00e9raires, documents diplomatiques et contexte g\u00e9opolitique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les \u00e9tudes litt\u00e9raires, l\u2019ouvrage apporte :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une <strong>relecture fine<\/strong> de r\u00e9cits parfois n\u00e9glig\u00e9s ou consid\u00e9r\u00e9s comme mineurs ;<\/li>\n\n\n\n<li>Une mise en valeur du voyage comme <strong>genre hybride<\/strong>, \u00e0 la fronti\u00e8re du reportage, du roman d\u2019aventure, du document ethnographique et du manifeste id\u00e9ologique ;<\/li>\n\n\n\n<li>Une recontextualisation du Maroc dans la cartographie plus large des \u00ab Orients \u00bb britanniques (\u00c9gypte, Inde, Proche-Orient), en montrant ce qui fait la singularit\u00e9 maghr\u00e9bine dans l\u2019imaginaire imp\u00e9rial.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Enfin, pour les <strong>postcolonial Moroccan studies<\/strong>, le livre fournit un mat\u00e9riau pr\u00e9cieux pour comprendre comment <strong>l\u2019image coloniale du Maroc<\/strong> a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9e, diffus\u00e9e puis, plus tard, d\u00e9construite. Il rejoint ainsi les efforts d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de chercheurs marocains qui re-lisent les archives coloniales pour reconstruire une histoire vue aussi depuis le Sud.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Limites et pistes de prolongement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme tout travail centr\u00e9 sur des sources britanniques, l\u2019ouvrage court le risque de <strong>recentrer le r\u00e9cit sur le point de vue europ\u00e9en<\/strong>. Aammari att\u00e9nue ce biais en insistant sur les r\u00e9sistances marocaines, sur la densit\u00e9 des pratiques locales et sur la pluralit\u00e9 des acteurs autochtones ; mais le mat\u00e9riau reste essentiellement un corpus de textes anglais, \u00e9crits pour un public britannique.<\/p>\n\n\n\n<p>Une piste de prolongement consisterait \u00e0 <strong>mettre davantage en dialogue ces r\u00e9cits avec des sources marocaines contemporaines<\/strong> \u2013 chroniques, fatwas, correspondances makhz\u00e9niennes, t\u00e9moignages oraux \u2013 afin de faire \u00e9merger, en parall\u00e8le du \u00ab r\u00e9cit de voyage \u00bb, un <strong>contre-r\u00e9cit indig\u00e8ne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, le cadre chronologique pourrait \u00eatre \u00e9tendu vers l\u2019apr\u00e8s-ind\u00e9pendance, pour mesurer la <strong>persistance de certains st\u00e9r\u00e9otypes<\/strong> dans les \u00e9critures britanniques du Maroc post-colonial, ou au contraire l\u2019\u00e9mergence de nouvelles sensibilit\u00e9s, plus dialogiques et moins hi\u00e9rarchiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion : un jalon important pour les \u00e9tudes anglo-marocaines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive, <em>British Travel Writers in Morocco, 1856\u20131937: Discursive Encounters<\/em> constitue un <strong>jalon important<\/strong> dans l\u2019\u00e9tude des relations anglo-marocaines et de la repr\u00e9sentation de l\u2019Autre maghr\u00e9bin dans la culture britannique. En combinant rigueur archivistique, sensibilit\u00e9 litt\u00e9raire et outils de la th\u00e9orie postcoloniale, Lahoucine Aammari propose une lecture nuanc\u00e9e o\u00f9 le Maroc n\u2019est plus un simple d\u00e9cor exotique, mais un <strong>espace de n\u00e9gociation de sens, de pouvoir et d\u2019identit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage \u00e9claire, en profondeur, la mani\u00e8re dont les r\u00e9cits de voyage ont contribu\u00e9 \u00e0 <strong>installer durablement certaines images du Maroc<\/strong> \u2013 parfois encore \u00e0 l\u2019\u0153uvre aujourd\u2019hui dans les m\u00e9dias et les imaginaires touristiques \u2013 tout en montrant que ces textes contiennent aussi les germes d\u2019une re-lecture plus \u00e9galitaire, ouverte \u00e0 la reconnaissance de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 marocaine. \u00c0 ce titre, il offre aux chercheurs, \u00e9tudiants et lecteurs int\u00e9ress\u00e9s par le Maroc, le voyage et l\u2019Empire britannique un <strong>outil critique de premi\u00e8re importance<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur X&nbsp;: @Ayuriu<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>British Travel Writers in Morocco, 1856\u20131937: Discursive Encounters constitue un jalon important dans l\u2019\u00e9tude des relations anglo-marocaines et de la repr\u00e9sentation de l\u2019Autre maghr\u00e9bin dans la culture britannique. En combinant rigueur archivistique, sensibilit\u00e9 litt\u00e9raire et outils de la th\u00e9orie postcoloniale, Lahoucine Aammari propose une lecture nuanc\u00e9e o\u00f9 le Maroc n\u2019est plus un simple d\u00e9cor exotique, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5331,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,27,35],"tags":[59],"class_list":["post-5330","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-notre-histoire","category-slider","tag-mohamed-chtatou"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/aamari.jpg?fit=424%2C444&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-1nY","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5330","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5330"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5330\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5332,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5330\/revisions\/5332"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5330"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5330"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}