{"id":6495,"date":"2026-04-19T15:27:50","date_gmt":"2026-04-19T14:27:50","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=6495"},"modified":"2026-04-19T15:31:43","modified_gmt":"2026-04-19T14:31:43","slug":"le-feu-et-le-detroit-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/le-feu-et-le-detroit-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Le Feu et le D\u00e9troit &#8211; par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Au-del\u00e0 du bilan militaire et des cartes op\u00e9rationnelles, la Troisi\u00e8me guerre du Golfe r\u00e9v\u00e8le plusieurs v\u00e9rit\u00e9s que l&rsquo;ordre international pr\u00e9f\u00e9rait ne pas regarder en face.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>La Troisi\u00e8me guerre du Golfe : anatomie d&rsquo;un conflit sans issue \u00e9vidente<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:333px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Il y a des guerres qui surprennent par leur soudainet\u00e9. Celle-ci ne surprend personne \u2014 ou presque. Depuis des ann\u00e9es, les analystes, les diplomates en retraite, les officiers de renseignement reconvertis en consultants avertissaient : t\u00f4t ou tard, la confrontation entre l&rsquo;Iran et le bloc am\u00e9ricano-isra\u00e9lien deviendrait ouverte. Le 28 f\u00e9vrier 2026, \u00e0 l&rsquo;aube, \u00ab\u00a0t\u00f4t ou tard\u00a0\u00bb est devenu \u00ab\u00a0maintenant\u00a0\u00bb. Des centaines d&rsquo;avions de combat am\u00e9ricains et isra\u00e9liens ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l&rsquo;espace a\u00e9rien iranien. T\u00e9h\u00e9ran br\u00fblait. Ispahan br\u00fblait. Le guide supr\u00eame Ali Khamenei, 86 ans, incarnation vivante de la R\u00e9volution islamique depuis 1989, \u00e9tait mort dans les premi\u00e8res heures des frappes. Une page de l&rsquo;histoire du Moyen-Orient venait de se tourner \u2014 dans le fracas et le sang.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui frappe, r\u00e9trospectivement, c&rsquo;est moins la brutalit\u00e9 de l&rsquo;assaut que la pr\u00e9cision froide de sa pr\u00e9paration. L&rsquo;op\u00e9ration baptis\u00e9e \u00ab\u00a0Epic Fury\u00a0\u00bb c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, \u00ab\u00a0Roaring Lion\u00a0\u00bb c\u00f4t\u00e9 isra\u00e9lien, n&rsquo;\u00e9tait pas un coup de folie : c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;aboutissement logique d&rsquo;une spirale d&rsquo;escalades entam\u00e9e en avril 2024, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par la guerre des Douze Jours en juin 2025, et pr\u00e9cipit\u00e9e par l&rsquo;effondrement \u00e9conomique de l&rsquo;Iran \u00e0 l&rsquo;automne. Comprendre cette guerre, c&rsquo;est d&rsquo;abord comprendre comment on en est arriv\u00e9 l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>I. Une guerre annonc\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire longue de cette confrontation remonte \u00e0 1979. La R\u00e9volution islamique a rompu l&rsquo;alliance entre l&rsquo;Iran et Isra\u00ebl, transformant l&rsquo;un des rares \u00c9tats non arabes du Moyen-Orient en ennemi existentiel de l&rsquo;\u00c9tat h\u00e9breu. Depuis lors, T\u00e9h\u00e9ran n&rsquo;a jamais renonc\u00e9 \u00e0 sa rh\u00e9torique d&rsquo;\u00e9limination d&rsquo;Isra\u00ebl \u2014 une posture id\u00e9ologique que Benyamin Netanyahou a constamment utilis\u00e9e comme justification pour maintenir une pression maximale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui a chang\u00e9 dans les ann\u00e9es 2020, c&rsquo;est la convergence de trois facteurs. D&rsquo;abord, la maturation du programme nucl\u00e9aire iranien : en 2025, l&rsquo;Iran poss\u00e9dait 400 kilos d&rsquo;uranium enrichi \u00e0 60 %, \u00e0 port\u00e9e technique d&rsquo;un seuil militaire. Ensuite, l&rsquo;effondrement progressif de l'\u00a0\u00bbAxe de la R\u00e9sistance\u00a0\u00bb : la chute du r\u00e9gime Assad en Syrie fin 2024, l&rsquo;affaiblissement s\u00e9v\u00e8re du Hezbollah et du Hamas, ont priv\u00e9 T\u00e9h\u00e9ran de son r\u00e9seau de proxies qui lui servait de dissuasion d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e. Enfin, le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche en janvier 2025, avec une politique de \u00ab\u00a0pression maximale\u00a0\u00bb encore plus agressive que lors de son premier mandat.<\/p>\n\n\n\n<p>La guerre des Douze Jours, en juin 2025, a \u00e9t\u00e9 une premi\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale. Isra\u00ebl avait frapp\u00e9 les sites nucl\u00e9aires iraniens ; les \u00c9tats-Unis avaient suivi avec l&rsquo;op\u00e9ration Midnight Hammer, larguant des bombes p\u00e9n\u00e9trantes GBU-57 sur Fordo et Natanz. Un cessez-le-feu avait mis fin \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode apr\u00e8s 24 jours. Mais aucune des causes profondes n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue. Pire : l&rsquo;Iran avait modifi\u00e9 sa doctrine, passant officiellement d&rsquo;une posture d\u00e9fensive \u00e0 une posture offensive. Les d\u00e9s \u00e9taient jet\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce qui se passe dans le Golfe depuis f\u00e9vrier 2026 n&rsquo;est pas un chaos soudain ; c&rsquo;est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une fracture ancienne.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hiver 2025-2026 a fourni le pr\u00e9texte \u2014 ou le contexte \u2014 de l&rsquo;escalade finale. L&rsquo;effondrement du rial iranien, les manifestations massives qui ont suivi, et la r\u00e9pression brutale du r\u00e9gime \u2014 plusieurs milliers de morts selon les ONG \u2014 ont convaincu l&rsquo;administration Trump qu&rsquo;une fen\u00eatre s&rsquo;ouvrait. Le 13 f\u00e9vrier 2026, Trump affirmait publiquement que le changement de r\u00e9gime serait \u00ab\u00a0la meilleure chose qui puisse arriver\u00a0\u00bb. Deux semaines plus tard, il passait des mots aux actes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II. L&rsquo;anatomie d&rsquo;une frappe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 f\u00e9vrier 2026, \u00e0 l&rsquo;aube, l&rsquo;op\u00e9ration conjointe s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e avec une pr\u00e9cision chirurgicale. Les premi\u00e8res vagues ont vis\u00e9 les d\u00e9fenses a\u00e9riennes iraniennes, avant que les bombardiers B-2 Spirit, d\u00e9collant des \u00eeles Diego Garcia dans l&rsquo;oc\u00e9an Indien, ne larguent leurs bombes sur les sites les plus profond\u00e9ment enfouis. Des missiles Tomahawk tir\u00e9s de sous-marins en mer d&rsquo;Arabie ont compl\u00e9t\u00e9 le tableau. T\u00e9h\u00e9ran, Ispahan, Qom, Karadj, Kermanchah : une carte de la R\u00e9publique islamique illumin\u00e9e par les explosions.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les morts des premi\u00e8res heures figuraient le guide supr\u00eame Ali Khamenei, le secr\u00e9taire du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 nationale Ali Shamkhani et le ministre de la D\u00e9fense. Des m\u00e9dias iraniens ont \u00e9galement rapport\u00e9 la mort de membres de la famille de Khamenei. En quelques heures, la R\u00e9publique islamique perdait l&rsquo;essentiel de sa direction strat\u00e9gique \u2014 une d\u00e9capitation qui rappelait, en bien plus massive, l&rsquo;\u00e9limination du g\u00e9n\u00e9ral Soleimani en janvier 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse iranienne fut imm\u00e9diate et d&rsquo;une ampleur que Washington avait visiblement sous-estim\u00e9e. Des centaines de drones et de missiles balistiques ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s non seulement vers Isra\u00ebl, mais vers l&rsquo;ensemble des bases am\u00e9ricaines dans la r\u00e9gion : Jordanie, Kowe\u00eft, Bahre\u00efn, Qatar, Irak, Arabie saoudite, \u00c9mirats arabes unis. La strat\u00e9gie de T\u00e9h\u00e9ran \u00e9tait claire : maximiser la douleur, \u00e9largir le cercle des bellig\u00e9rants, forcer les monarchies du Golfe \u2014 h\u00e9bergeant des dizaines de milliers de soldats am\u00e9ricains \u2014 \u00e0 payer le prix de leur alignement sur Washington.<\/p>\n\n\n\n<p>Les syst\u00e8mes de d\u00e9fense antimissile ont absorb\u00e9 l&rsquo;essentiel des tirs. Aux \u00c9mirats arabes unis, le minist\u00e8re de la D\u00e9fense a comptabilis\u00e9 en quelques jours 174 missiles balistiques suivis et 689 drones d\u00e9tect\u00e9s \u2014 la grande majorit\u00e9 intercept\u00e9s, mais avec suffisamment d&rsquo;impacts pour provoquer des images sid\u00e9rantes dans des capitales que leur modernit\u00e9 avait sembl\u00e9 mettre \u00e0 l&rsquo;abri de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>III. Le d\u00e9troit comme arme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision la plus lourde de cons\u00e9quences prises par T\u00e9h\u00e9ran a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 la fermeture du d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz. Ce bras de mer de 33 kilom\u00e8tres de large \u00e0 son point le plus \u00e9troit, par lequel transite environ 20% du p\u00e9trole mondial, est le verrou \u00e9conomique de la plan\u00e8te. L&rsquo;Iran en a fait son arme principale \u2014 non pas militaire, mais syst\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<p>En quelques jours, le trafic de p\u00e9troliers avait chut\u00e9 de 70%. Plus de 150 navires s&rsquo;\u00e9taient mis \u00e0 l&rsquo;ancre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du passage. Le Qatar a suspendu ses exportations de GNL et d\u00e9clar\u00e9 la force majeure sur ses contrats gaziers. Le Japon, dont 70% des importations p\u00e9troli\u00e8res passent par Ormuz, a lib\u00e9r\u00e9 ses r\u00e9serves strat\u00e9giques. Les prix du Brent et du WTI ont d\u00e9pass\u00e9 les 100 dollars le baril. En moins d&rsquo;une semaine, la guerre r\u00e9gionale \u00e9tait devenue une crise \u00e9conomique mondiale.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz est le verrou \u00e9conomique de la plan\u00e8te. L&rsquo;Iran en a fait son arme principale \u2014 non pas militaire, mais syst\u00e9mique.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La situation a \u00e9t\u00e9 encore complexifi\u00e9e par une r\u00e9alit\u00e9 troublante : selon des sources de renseignement am\u00e9ricaines, l&rsquo;Iran aurait perdu la trace de certaines des mines navales pos\u00e9es dans le d\u00e9troit, rendant techniquement impossible une r\u00e9ouverture compl\u00e8te m\u00eame si la volont\u00e9 politique existait. Le blocus est devenu partiellement incontr\u00f4lable \u2014 une arme que son utilisateur ne ma\u00eetrise plus enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Washington, la r\u00e9ouverture d&rsquo;Ormuz est rapidement devenue l&rsquo;objectif op\u00e9rationnel central, au-del\u00e0 m\u00eame des questions nucl\u00e9aires. Trump, pragmatique avant tout, a compris que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine \u2014 et les march\u00e9s financiers mondiaux \u2014 ne pourraient supporter qu&rsquo;un certain nombre de semaines de disruption p\u00e9troli\u00e8re. C&rsquo;est sur ce levier que les n\u00e9gociations se sont greff\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>IV. La g\u00e9ographie des alli\u00e9s absents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;une des grandes le\u00e7ons de cette guerre est l&rsquo;isolement relatif des bellig\u00e9rants principaux. Les \u00c9tats-Unis et Isra\u00ebl ont agi sans v\u00e9ritable coalition. Les monarchies du Golfe, pourtant h\u00f4tes des bases am\u00e9ricaines, ont refus\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 leur espace a\u00e9rien pour les frappes contre l&rsquo;Iran \u2014 craignant des repr\u00e9sailles imm\u00e9diates. L&rsquo;OTAN est rest\u00e9e prudemment \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, \u00e0 l&rsquo;exception de la France qui a d\u00e9ploy\u00e9 le Charles de Gaulle en soutien \u00e0 une coalition \u00ab\u00a0d\u00e9fensive\u00a0\u00bb pour prot\u00e9ger le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Iran, de son c\u00f4t\u00e9, combat dans un isolement encore plus profond. La Russie, \u00e9puis\u00e9e par le conflit ukrainien et embarrass\u00e9e par ses engagements parall\u00e8les, s&rsquo;est content\u00e9e d&rsquo;une rh\u00e9torique verbale. La Chine a adopt\u00e9 une position d&rsquo;attentisme calcul\u00e9 : elle n&rsquo;a aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir l&rsquo;Iran s&rsquo;effondrer, mais encore moins \u00e0 voir ses importations p\u00e9troli\u00e8res du Golfe coup\u00e9es \u2014 or ces m\u00eames pays du Golfe que l&rsquo;Iran bombarde sont ses premiers fournisseurs d&rsquo;hydrocarbures. P\u00e9kin observe, prend note des doctrines militaires am\u00e9ricaines, et laisse s&rsquo;\u00e9puiser les deux camps.<\/p>\n\n\n\n<p>La Turquie a ferm\u00e9 le d\u00e9troit du Bosphore aux navires de guerre. L&rsquo;Azerba\u00efdjan a annonc\u00e9 des repr\u00e9sailles apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par des d\u00e9bris. Le Pakistan, lui, a saisi une opportunit\u00e9 diplomatique rare : se positionner comme m\u00e9diateur cr\u00e9dible entre Washington et T\u00e9h\u00e9ran, rehaussant son statut international au passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette g\u00e9ographie d&rsquo;alli\u00e9s absents ou passifs dit quelque chose d&rsquo;essentiel sur la nature de ce conflit : ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre camp n&rsquo;est suffisamment l\u00e9gitime aux yeux de la communaut\u00e9 internationale pour mobiliser une coalition large. Les \u00c9tats-Unis ont agi unilat\u00e9ralement \u2014 avec Isra\u00ebl \u2014 en dehors de tout mandat onusien. L&rsquo;Iran frappe des pays tiers sans d\u00e9claration de guerre. Dans ce vide de l\u00e9gitimit\u00e9, la diplomatie flotte dans un entre-deux inconfortable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>V. Le labyrinthe des n\u00e9gociations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 8 avril 2026, \u00e0 quelques heures de l&rsquo;expiration d&rsquo;un ultimatum de Trump, un cessez-le-feu de deux semaines a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9. L&rsquo;Iran acceptait de rouvrir partiellement le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz ; les \u00c9tats-Unis acceptaient que le plan iranien en dix points serve de \u00ab\u00a0base de discussion\u00a0\u00bb pour des n\u00e9gociations futures. Un soulagement mondial, aussit\u00f4t temp\u00e9r\u00e9 par la r\u00e9alit\u00e9 des conditions pos\u00e9es de part et d&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la liste iranienne \u2014 exigeant la cessation compl\u00e8te des op\u00e9rations, le retrait des forces am\u00e9ricaines de la r\u00e9gion, la garantie de non-agression et la fin des combats au Liban \u2014 repr\u00e9sentait, selon une analyse du Groupe d&rsquo;\u00c9tudes G\u00e9opolitiques, une position qui placerait l&rsquo;Iran dans une meilleure situation g\u00e9opolitique qu&rsquo;avant le d\u00e9but de la guerre si elle \u00e9tait accept\u00e9e dans sa totalit\u00e9. La proposition am\u00e9ricaine, \u00e0 rebours, exigeait l&rsquo;abandon du programme nucl\u00e9aire, la remise des stocks d&rsquo;uranium enrichi, la fin du soutien aux proxies. Deux visions incompatibles du monde de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 11 avril, les n\u00e9gociations s&rsquo;ouvraient \u00e0 Islamabad \u2014 \u00e9v\u00e9nement en soi historique : pour la premi\u00e8re fois depuis la R\u00e9volution islamique de 1979, des d\u00e9l\u00e9gations am\u00e9ricaine et iranienne n\u00e9gociaient en direct \u00e0 un tel niveau de repr\u00e9sentation. JD Vance, Steve Witkoff et Jared Kushner face \u00e0 Mohammad Bagher Ghalibaf et Abbas Araghchi, dans le silence gard\u00e9 de la capitale pakistanaise. Vingt et une heures de discussions. Et l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Le ministre iranien des Affaires \u00e9trang\u00e8res a accus\u00e9 &lsquo;le maximalisme, le changement de position et le blocus&rsquo; d&rsquo;avoir emp\u00each\u00e9 un accord qui n&rsquo;\u00e9tait, selon lui, plus qu&rsquo;\u00e0 quelques centim\u00e8tres.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Vance a quitt\u00e9 Islamabad avec les traits tir\u00e9s, d\u00e9clarant avoir fait \u00ab\u00a0l&rsquo;offre finale et la meilleure possible\u00a0\u00bb. Araghchi a parl\u00e9 d&rsquo;un accord \u00ab\u00a0\u00e0 quelques centim\u00e8tres\u00a0\u00bb. Trump a aussit\u00f4t menac\u00e9 d&rsquo;un blocus naval total. Les prix du p\u00e9trole ont rebondi de 8%. La fen\u00eatre s&rsquo;\u00e9tait entrouverte \u2014 et referm\u00e9e. Le cessez-le-feu, cens\u00e9 durer jusqu&rsquo;au 22 avril, reste en suspens, viol\u00e9 \u00e0 la marge des deux c\u00f4t\u00e9s, maintenu par une sorte d&rsquo;\u00e9puisement partag\u00e9 plut\u00f4t que par une volont\u00e9 r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VI. Les sc\u00e9narios de sortie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade du conflit \u2014 deux mois de guerre, des milliers de morts, une \u00e9conomie mondiale d\u00e9stabilis\u00e9e, des n\u00e9gociations au point mort \u2014 quelles issues sont envisageables ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier sc\u00e9nario, et le plus probable \u00e0 court terme, est celui de l&rsquo;accord minimum : une paix \u00e9conomique sans r\u00e9solution politique. Washington et T\u00e9h\u00e9ran s&rsquo;entendent sur la r\u00e9ouverture d&rsquo;Ormuz en \u00e9change d&rsquo;une suspension durable des frappes et d&rsquo;un gel des op\u00e9rations. Les questions de fond \u2014 nucl\u00e9aire, proxies, pr\u00e9sence militaire am\u00e9ricaine \u2014 sont remises \u00e0 des n\u00e9gociations ult\u00e9rieures qui, comme souvent au Moyen-Orient, pourraient durer des d\u00e9cennies. Ce serait une paix \u00ab\u00a0cor\u00e9enne\u00a0\u00bb : techniquement toujours en guerre, pratiquement stabilis\u00e9e. Imparfaite, mais vivable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me sc\u00e9nario est celui de l&rsquo;escalade incontr\u00f4l\u00e9e. Si le cessez-le-feu s&rsquo;effondre, si Trump met son blocus naval \u00e0 ex\u00e9cution, si l&rsquo;Iran r\u00e9pond en minant davantage Ormuz ou en frappant des infrastructures p\u00e9troli\u00e8res saoudiennes, la crise \u00e9conomique mondiale s&#8217;embrasera. Des pays comme le Japon, la Cor\u00e9e du Sud, l&rsquo;Inde, tributaires du p\u00e9trole du Golfe, seraient confront\u00e9s \u00e0 des p\u00e9nuries. Les march\u00e9s financiers, d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s par la guerre commerciale sino-am\u00e9ricaine, pourraient craquer. Ce sc\u00e9nario n&rsquo;est pas le plus probable, mais il est le plus redout\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me sc\u00e9nario est celui du changement de r\u00e9gime \u2014 l&rsquo;objectif non avou\u00e9 mais \u00e9vident de Washington. La mort de Khamenei a d\u00e9capit\u00e9 le syst\u00e8me. Son fils Mojtaba Khamenei, pressenti comme successeur, n&rsquo;a ni le charisme ni la l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9volutionnaire de son p\u00e8re. Les Gardiens de la R\u00e9volution, dont on ignore d\u00e9sormais qui exerce r\u00e9ellement le commandement supr\u00eame, sont \u00e0 la fois les gardiens du r\u00e9gime et ses potentiels fossoyeurs. Les manifestations populaires reprennent dans les grandes villes iraniennes, aliment\u00e9es par la col\u00e8re contre une guerre per\u00e7ue comme inutile et une r\u00e9pression \u00e9conomique catastrophique. Une rupture interne est possible \u2014 mais les r\u00e9volutions sont impr\u00e9visibles, et un Iran post-islamiste ne serait pas n\u00e9cessairement plus stable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le quatri\u00e8me sc\u00e9nario, enfin, est celui de l&rsquo;enlisement long. L&rsquo;Iran, malgr\u00e9 ses pertes, est loin d&rsquo;\u00eatre militairement d\u00e9truit. Ses capacit\u00e9s balistiques, son r\u00e9seau d&rsquo;agents et de proxies r\u00e9siduels, sa capacit\u00e9 \u00e0 perturber le commerce maritime, lui offrent une asym\u00e9trie durable. Les \u00c9tats-Unis, pour leur part, n&rsquo;ont ni la volont\u00e9 ni les moyens d&rsquo;une occupation terrestre. Trump, dont la popularit\u00e9 int\u00e9rieure d\u00e9pend du retour de la paix et des prix bas \u00e0 la pompe, ne peut se permettre une guerre longue. L&rsquo;Histoire des guerres am\u00e9ricaines au Moyen-Orient \u2014 Afghanistan, Irak \u2014 plaide pour la prudence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>VII. Ce que cette guerre r\u00e9v\u00e8le<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du bilan militaire et des cartes op\u00e9rationnelles, la Troisi\u00e8me guerre du Golfe r\u00e9v\u00e8le plusieurs v\u00e9rit\u00e9s que l&rsquo;ordre international pr\u00e9f\u00e9rait ne pas regarder en face.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9v\u00e8le d&rsquo;abord la faillite de la non-prolif\u00e9ration. Quarante ans de pression, de sanctions, de sabotages informatiques, d&rsquo;assassinats de scientifiques n&rsquo;ont pas emp\u00each\u00e9 l&rsquo;Iran d&rsquo;approcher le seuil nucl\u00e9aire. La guerre a d\u00e9truit les installations \u2014 temporairement. Les comp\u00e9tences humaines, elles, ne s&rsquo;effacent pas sous les bombes. L&rsquo;Iran reconstruira. La question est de savoir s&rsquo;il le fera sous un r\u00e9gime plus ou moins hostile au reste du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9v\u00e8le ensuite les limites de la puissance a\u00e9rienne. Les \u00c9tats-Unis et Isra\u00ebl disposent d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 technologique \u00e9crasante. Mais aucune frappe a\u00e9rienne, aussi pr\u00e9cise soit-elle, ne r\u00e9sout un probl\u00e8me politique. D\u00e9truire un programme nucl\u00e9aire est une op\u00e9ration ; emp\u00eacher sa reconstitution en est une autre, infiniment plus complexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9v\u00e8le enfin le paradoxe du Golfe : ces monarchies qui ont accueilli des dizaines de milliers de soldats am\u00e9ricains pour se prot\u00e9ger de l&rsquo;Iran se trouvent d\u00e9sormais en premi\u00e8re ligne des repr\u00e9sailles iraniennes \u00e0 cause de cette m\u00eame pr\u00e9sence am\u00e9ricaine. Duba\u00ef, Doha, Abou Dhabi, Riyad \u2014 ces m\u00e9tropoles du XXIe si\u00e8cle ont d\u00e9couvert en quelques nuits leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 profonde. Le mod\u00e8le de s\u00e9curit\u00e9 externalis\u00e9 \u00e0 Washington montre ses limites.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0Aucune frappe a\u00e9rienne, aussi pr\u00e9cise soit-elle, ne r\u00e9sout unprobl\u00e8me politique.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour la r\u00e9gion et pour le monde, une certitude s&rsquo;impose : m\u00eame si un accord est trouv\u00e9 demain, rien ne sera comme avant. L&rsquo;Iran post-Khamenei sera diff\u00e9rent \u2014 plus fragile ou plus radical, selon l&rsquo;issue de ses luttes internes. Isra\u00ebl a prouv\u00e9 sa capacit\u00e9 de projection, mais a \u00e9galement consolid\u00e9 son isolement diplomatique. Les \u00c9tats-Unis ont affich\u00e9 leur puissance et expos\u00e9 leurs limites. Et les pays du Golfe, pris en \u00e9tau, comprennent qu&rsquo;ils devront un jour ou l&rsquo;autre construire leur propre architecture de s\u00e9curit\u00e9 \u2014 sans attendre que Washington ou T\u00e9h\u00e9ran d\u00e9cide pour eux de leur avenir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9pilogue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le matin du 15 avril 2026, le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz est toujours sous tension. Les n\u00e9gociations sont suspendues, le cessez-le-feu tient par la gr\u00e2ce d&rsquo;un \u00e9puisement mutuel. Quelque part dans les archives de la diplomatie mondiale, les historiens futurs chercheront le moment pr\u00e9cis o\u00f9 cette guerre aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. Peut-\u00eatre en 2015, quand l&rsquo;accord nucl\u00e9aire JCPoA a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9, puis d\u00e9chir\u00e9 par Trump en 2018. Peut-\u00eatre en juin 2025, quand la guerre des Douze Jours s&rsquo;est termin\u00e9e sans r\u00e8glement politique. Peut-\u00eatre le 27 f\u00e9vrier 2026, la veille des frappes, quand les n\u00e9gociations de Gen\u00e8ve ont \u00e9chou\u00e9 \u00e0 trouver un accord.<\/p>\n\n\n\n<p>Les guerres du Golfe ont ceci de particulier qu&rsquo;elles se terminent rarement par des victoires claires. La premi\u00e8re, en 1991, a repouss\u00e9 l&rsquo;Irak hors du Kowe\u00eft mais laiss\u00e9 Saddam Hussein au pouvoir. La deuxi\u00e8me, en 2003, a renvers\u00e9 ce r\u00e9gime et ouvert vingt ans d&rsquo;instabilit\u00e9. La troisi\u00e8me, en 2026, a peut-\u00eatre mis fin \u00e0 la R\u00e9publique islamique telle qu&rsquo;elle existait depuis 1979 \u2014 ou peut-\u00eatre seulement \u00e0 l&rsquo;une de ses incarnations, avant qu&rsquo;une autre, plus dure ou plus souple, ne prenne la rel\u00e8ve dans les braises.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;issue de cette guerre ne se jouera pas dans les airs, ni sur les eaux du d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz. Elle se jouera dans les rues de T\u00e9h\u00e9ran, dans les bureaux ferm\u00e9s de Washington, dans les palais de Riyad et d&rsquo;Abou Dhabi. Elle se jouera dans la capacit\u00e9 \u2014 ou l&rsquo;incapacit\u00e9 \u2014 des hommes et des femmes de cette r\u00e9gion \u00e0 imaginer un ordre diff\u00e9rent de celui qui les a conduits, in\u00e9vitablement, vers ce 28 f\u00e9vrier maudit. C&rsquo;est une question politique, au fond. Et les bombes n&rsquo;ont jamais tr\u00e8s bien r\u00e9pondu aux questions politiques.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Mohamed Chtatou, Professeur d\u2019universit\u00e9, consultant international en \u00e9ducation et analyste politique pour la r\u00e9gion MENA<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur X&nbsp;: @Ayurinu<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au-del\u00e0 du bilan militaire et des cartes op\u00e9rationnelles, la Troisi\u00e8me guerre du Golfe r\u00e9v\u00e8le plusieurs v\u00e9rit\u00e9s que l&rsquo;ordre international pr\u00e9f\u00e9rait ne pas regarder en face. La Troisi\u00e8me guerre du Golfe : anatomie d&rsquo;un conflit sans issue \u00e9vidente Pr. Mohamed Chtatou Il y a des guerres qui surprennent par leur soudainet\u00e9. 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