{"id":6530,"date":"2026-04-22T13:15:09","date_gmt":"2026-04-22T12:15:09","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=6530"},"modified":"2026-04-22T13:15:57","modified_gmt":"2026-04-22T12:15:57","slug":"aspects-saillants-de-la-taqwa-en-islam-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/aspects-saillants-de-la-taqwa-en-islam-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Aspects Saillants de la Taqw\u0101 en Islam- par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L&rsquo;examen de la taqw\u0101 dans ses dimensions s\u00e9mantiques, coraniques, th\u00e9ologiques, mystiques et contemporaines r\u00e9v\u00e8le un concept d&rsquo;une remarquable coh\u00e9rence structurelle sous une apparente polys\u00e9mie<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em><strong>Conscience Divine, \u00c9thique et Spiritualit\u00e9 dans la Tradition Islamique<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:341px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La <em>taqw\u0101<\/em> \u2014 terme coranique g\u00e9n\u00e9ralement traduit par \u00ab crainte de Dieu \u00bb, \u00ab pi\u00e9t\u00e9 \u00bb ou \u00ab conscience divine \u00bb \u2014 constitue l&rsquo;une des notions \u00e9thico-spirituelles les plus fondamentales de l&rsquo;islam. Loin de se r\u00e9duire \u00e0 une crainte servile, elle d\u00e9signe un \u00e9tat int\u00e9rieur complexe qui articule vigilance morale, rectitude comportementale et orientation eschatologique. Le pr\u00e9sent essai examine les aspects saillants de la <em>taqw\u0101<\/em> \u00e0 travers ses dimensions s\u00e9mantiques, coraniques, th\u00e9ologiques et soufies, en s&rsquo;appuyant sur les contributions majeures des \u00e9tudes islamiques contemporaines. Il montre que la <em>taqw\u0101<\/em> fonctionne comme un principe r\u00e9gulateur de l&rsquo;existence croyante, traversant aussi bien la jurisprudence que la mystique islamiques, et qu&rsquo;elle offre, aujourd&rsquo;hui encore, un cadre \u00e9thique pertinent pour penser la responsabilit\u00e9 individuelle et collective.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s : <\/strong><em>taqw\u0101<\/em>, pi\u00e9t\u00e9 islamique, \u00e9thique coranique, spiritualit\u00e9 soufie, conscience divine, islam, th\u00e9ologie morale<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La <em>taqw\u0101<\/em> occupe, dans le Coran, une place qui n&rsquo;a pas d&rsquo;\u00e9quivalent parmi les vertus islamiques : on y d\u00e9nombre plus de deux cent cinquante occurrences de la racine <em>w-q-y<\/em> (prot\u00e9ger, pr\u00e9server) sous ses diverses formes d\u00e9riv\u00e9es (Izutsu, 2002, p. 194). Cette ubiquit\u00e9 textuelle t\u00e9moigne d&rsquo;une centralit\u00e9 th\u00e9ologique ind\u00e9niable. Pourtant, la notion r\u00e9siste \u00e0 toute traduction univoque. Les orientalistes du XIXe si\u00e8cle y lisaient d&rsquo;abord une \u00ab crainte r\u00e9v\u00e9rencielle \u00bb analogue au concept biblique de <em>yir&rsquo;at Adonai<\/em>, tandis que les th\u00e9ologiens musulmans m\u00e9di\u00e9vaux en proposaient des d\u00e9finitions plus nuanc\u00e9es, distinguant crainte (<em>khawf<\/em>), esp\u00e9rance (<em>raj\u0101&rsquo;<\/em>) et amour (<em>ma\u1e25abba<\/em>) comme constituants d&rsquo;un m\u00eame dispositif affectif orient\u00e9 vers Dieu (Al-Ghaz\u0101l\u012b, trad. 1995, I, p. 430 sq.).<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes islamiques contemporaines ont renouvel\u00e9 l&rsquo;approche en mobilisant \u00e0 la fois la s\u00e9mantique historique (Izutsu, 2002), la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la spiritualit\u00e9 (Nasr, 1987), la th\u00e9ologie morale syst\u00e9matique (Ramadan, 2004) et les gender studies (Wadud, 1999). L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas seulement historique : la <em>taqw\u0101<\/em> est convoqu\u00e9e dans les d\u00e9bats contemporains sur l&rsquo;\u00e9thique environnementale (Foltz, 2003), la finance islamique (Warde, 2000) et la d\u00e9mocratie d\u00e9lib\u00e9rative (An-Na&rsquo;im, 2008). C&rsquo;est dire que cette notion archa\u00efque continue d&rsquo;irriguer la pens\u00e9e islamique dans toute sa diversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sent essai se propose d&rsquo;examiner, de fa\u00e7on dense et structur\u00e9e, les principaux aspects saillants de la <em>taqw\u0101<\/em> : son champ s\u00e9mantique et son \u00e9volution (\u00a7 2), sa fonctionnalit\u00e9 coranique (\u00a7 3), sa dimension th\u00e9ologico-juridique (\u00a7 4), sa d\u00e9clinaison mystique et soufie (\u00a7 5), et ses r\u00e9sonances contemporaines (\u00a7 6). La conclusion d\u00e9gagera la coh\u00e9rence profonde de ce concept polymorphe.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Champ S\u00e9mantique et Gen\u00e8se du Concept<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>1.2 \u00c9tymologie et racine arabe<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La racine triconsonantique <em>w-q-y<\/em> renvoie, en arabe classique, \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab se pr\u00e9munir contre \u00bb, \u00ab mettre \u00e0 l&rsquo;abri \u00bb, \u00ab se garder de \u00bb. Le substantif <em>wiq\u0101ya<\/em> (protection) et le verbe <em>ittaq\u0101<\/em> (se prot\u00e9ger, se pr\u00e9server) en sont les d\u00e9riv\u00e9s les plus directs. Izutsu (2002, p. 194\u2013196) a montr\u00e9 que dans le corpus pr\u00e9islamique (<em>j\u0101hil\u012b<\/em>), la racine est utilis\u00e9e dans un contexte guerrier : se prot\u00e9ger des coups de l&rsquo;ennemi. Le Coran op\u00e8re une \u00ab res\u00e9mantisation \u00bb d\u00e9cisive en d\u00e9pla\u00e7ant l&rsquo;objet de la protection : c&rsquo;est d\u00e9sormais le Feu eschatologique (<em>al-n\u0101r<\/em>) et le courroux divin (<em>gha\u1e0dab All\u0101h<\/em>) dont il s&rsquo;agit de se pr\u00e9munir (Q. 3:131 ; Q. 66:6).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9orientation s\u00e9mantique s&rsquo;accompagne d&rsquo;une int\u00e9riorisation : la protection n&rsquo;est plus assur\u00e9e par le bouclier mat\u00e9riel mais par un \u00e9tat psycho-moral int\u00e9rieur, la <em>taqw\u0101<\/em> elle-m\u00eame. On passe ainsi d&rsquo;une pragmatique de la survie physique \u00e0 une sot\u00e9riologie de la survie spirituelle. Denny (1994, p. 108) note que ce glissement est caract\u00e9ristique de la r\u00e9volution \u00e9thique introduite par le message coranique, qui substitue syst\u00e9matiquement les crit\u00e8res moraux internes aux crit\u00e8res tribaux externes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1.2  Polys\u00e9mie et traductions<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aucune langue europ\u00e9enne ne dispose d&rsquo;un \u00e9quivalent exact pour <em>taqw\u0101<\/em>. Les traductions oscillent entre \u00ab crainte de Dieu \u00bb (Blach\u00e8re, 1980), \u00ab pi\u00e9t\u00e9 \u00bb (Masson, 1967), \u00ab conscience de Dieu \u00bb (Hamidullah, 1959) et \u00ab crainte r\u00e9v\u00e9rencielle \u00bb (Berque, 1990). Cette polys\u00e9mie traductionnelle refl\u00e8te une r\u00e9alit\u00e9 conceptuelle : la <em>taqw\u0101<\/em> est \u00e0 la fois cognitive (conscience de la pr\u00e9sence divine), affective (crainte et amour m\u00eal\u00e9s) et conative (orientation des actes vers le bien).<\/p>\n\n\n\n<p>Al-R\u0101ghib al-I\u1e63fah\u0101n\u012b (m. v. 1108\/502 H.), dans son dictionnaire coranique <em>al-Mufrad\u0101t<\/em>, la d\u00e9finit comme \u00ab placer son \u00e2me \u00e0 l&rsquo;abri de ce que l&rsquo;on redoute \u00bb et distingue trois degr\u00e9s : se pr\u00e9server du <em>shirk<\/em> (polyth\u00e9isme), se pr\u00e9server des p\u00e9ch\u00e9s (<em>dhun\u016bb<\/em>), et se pr\u00e9server de tout ce qui distrait de Dieu (Al-I\u1e63fah\u0101n\u012b, trad. 2008, p. 881). Cette gradation montre que la <em>taqw\u0101<\/em> est d\u00e9j\u00e0, chez les ex\u00e9g\u00e8tes m\u00e9di\u00e9vaux, un concept scalaire et non binaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. La Taqw\u0101 dans le Coran : Fonctions et Contextes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2.1 Crit\u00e8re de sup\u00e9riorit\u00e9 morale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des versets les plus souvent cit\u00e9s dans les d\u00e9bats contemporains est Q. 49:13 : <em>\u00ab \u00d4 hommes ! Nous vous avons cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;un m\u00e2le et d&rsquo;une femelle, et Nous vous avons constitu\u00e9s en peuples et en tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d&rsquo;entre vous, aupr\u00e8s de Dieu, est le plus pieux (<\/em>atq\u0101kum<em>) \u00bb<\/em>. Ce verset est structurant parce qu&rsquo;il d\u00e9place le crit\u00e8re de la noblesse humaine de l&rsquo;appartenance g\u00e9n\u00e9alogique, tribale ou ethnique vers la <em>taqw\u0101<\/em> seule (Wadud, 1999, p. 37 ; Ramadan, 2004, p. 78). L&rsquo;enjeu herm\u00e9neutique est consid\u00e9rable : la <em>taqw\u0101<\/em> devient le seul crit\u00e8re de distinction l\u00e9gitime entre les \u00eatres humains aux yeux de Dieu, effa\u00e7ant toute hi\u00e9rarchie naturelle ou sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fonction de \u00ab crit\u00e8re de noblesse \u00bb a des implications directes pour la th\u00e9ologie sociale islamique. Elle fonde une anthropologie de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 radicale devant Dieu, que les th\u00e9ologiens de la lib\u00e9ration islamique (Esack, 1997) ont mobilis\u00e9e pour critiquer les hi\u00e9rarchies de genre, de caste et de race au sein des soci\u00e9t\u00e9s musulmanes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2.2 Condition de la gr\u00e2ce divine et du succ\u00e8s<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La <em>taqw\u0101<\/em> est pr\u00e9sent\u00e9e dans de nombreux versets comme la condition n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;obtention de la gr\u00e2ce (<em>barakah<\/em>), du secours (<em>na\u1e63r<\/em>) et de la prosp\u00e9rit\u00e9 divine. Q. 65:2\u20133 promet : <em>\u00ab Quiconque craint Dieu, Il lui m\u00e9nage une issue [de ses difficult\u00e9s] et lui accorde Sa gr\u00e2ce par o\u00f9 il ne s&rsquo;y attendait pas \u00bb<\/em>. Cette dimension providentialiste est fondamentale : la <em>taqw\u0101<\/em> n&rsquo;est pas seulement une vertu d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, elle s&rsquo;inscrit dans un r\u00e9gime de r\u00e9ciprocit\u00e9 divine o\u00f9 la protection humaine de soi envers le mal est r\u00e9compens\u00e9e par la protection divine (Nasr, 1987, p. 123).<\/p>\n\n\n\n<p>Izutsu (2002, p. 201) insiste sur la dimension eschatologique de cette promesse : le succ\u00e8s (<em>fal\u0101\u1e25<\/em>) auquel aspire le croyant pieux est moins la r\u00e9ussite mondaine que le salut dans l&rsquo;au-del\u00e0. Les <em>muttaq\u016bn<\/em> (les hommes et femmes de <em>taqw\u0101<\/em>) sont d\u00e9crits dans le Coran comme les habitants du Paradis par excellence (Q. 3:133 ; Q. 19:63), ce qui conf\u00e8re \u00e0 la <em>taqw\u0101<\/em> une coloration eschatologique irr\u00e9ductible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2.3 Principe herm\u00e9neutique et \u00e9pist\u00e9mique<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La <em>taqw\u0101<\/em> joue \u00e9galement un r\u00f4le \u00e9pist\u00e9mique original. Q. 2:2 d\u00e9crit le Coran comme un \u00ab guide pour les <em>muttaq\u016bn<\/em> \u00bb, sugg\u00e9rant que la compr\u00e9hension du texte sacr\u00e9 est elle-m\u00eame conditionn\u00e9e par un \u00e9tat moral pr\u00e9alable. Q. 8:29 va plus loin : <em>\u00ab Si vous craignez Dieu, Il vous accordera un <\/em>furq\u0101n<em> [discernement] \u00bb<\/em>. La <em>taqw\u0101<\/em> devient ainsi une condition \u00e9pist\u00e9mique du discernement moral et spirituel (Nasr, 1987, p. 119 ; Chittick, 1989, p. 182).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette articulation entre \u00e9tat moral et connaissance spirituelle est ce que les soufis appelleront la \u00ab science du c\u0153ur \u00bb (<em>&lsquo;ilm al-qalb<\/em>) par opposition \u00e0 la science sp\u00e9culative (<em>&lsquo;ilm al-&lsquo;aql<\/em>). Elle pr\u00e9figure la distinction entre <em>&lsquo;ilm al-\u1e93\u0101hir<\/em> (science de l&rsquo;exot\u00e9rique) et <em>&lsquo;ilm al-b\u0101\u1e6din<\/em> (science de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9rique) qui structurera toute la tradition soufie ult\u00e9rieure (Schimmel, 1975, p. 110).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Dimension Th\u00e9ologico-Juridique de la Taqw\u0101<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>3.1 La taqw\u0101 dans la kalam et la th\u00e9ologie morale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9ologiens musulmans m\u00e9di\u00e9vaux (<em>mutakallim\u016bn<\/em>) ont cherch\u00e9 \u00e0 articuler la <em>taqw\u0101<\/em> avec les cat\u00e9gories de la th\u00e9ologie rationnelle. Pour les Mu&rsquo;tazilites, attach\u00e9s au principe de la justice divine (<em>&lsquo;adl<\/em>) et de la responsabilit\u00e9 humaine (<em>ikhtiy\u0101r<\/em>), la <em>taqw\u0101<\/em> implique n\u00e9cessairement le libre arbitre : on ne saurait \u00eatre pieux si l&rsquo;on n&rsquo;est pas libre de choisir. Cette position les opposa aux Ash&rsquo;arites, pour qui la <em>taqw\u0101<\/em> est elle-m\u00eame un don de Dieu, un <em>tawf\u012bq<\/em> (assistance divine) que Dieu accorde \u00e0 qui Il veut (Watt, 1973, p. 47).<\/p>\n\n\n\n<p>Al-Ghaz\u0101l\u012b (m. 1111\/505 H.), figure de synth\u00e8se entre <em>kal\u0101m<\/em>, <em>fiqh<\/em> et soufisme, propose dans son <em>I\u1e25y\u0101&rsquo; &lsquo;Ul\u016bm al-D\u012bn<\/em> une analyse en quatre niveaux : (1) la <em>taqw\u0101<\/em> du <em>shirk<\/em> (polyth\u00e9isme), (2) la <em>taqw\u0101<\/em> des grands p\u00e9ch\u00e9s (<em>kab\u0101&rsquo;ir<\/em>), (3) la <em>taqw\u0101<\/em> de tous les p\u00e9ch\u00e9s (<em>\u1e63agh\u0101&rsquo;ir<\/em> compris), et (4) la <em>taqw\u0101<\/em> de tout ce qui divertit du souvenir de Dieu \u2014 ce dernier niveau \u00e9tant propre aux saints (<em>awliy\u0101&rsquo;<\/em>) (Al-Ghaz\u0101l\u012b, trad. 1995, IV, p. 88). Cette hi\u00e9rarchisation permet d&rsquo;int\u00e9grer la <em>taqw\u0101<\/em> \u00e0 la fois dans la morale ordinaire du fid\u00e8le et dans la progression asc\u00e9tique du mystique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>3.2 Taqw\u0101 et pratiques rituelles<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Coran \u00e9tablit une relation directe entre les pratiques rituelles et la <em>taqw\u0101<\/em>. Q. 2:183 affirme que le je\u00fbne du Ramadan est prescrit \u00ab afin que vous soyez pieux (<em>tattaq\u016bn<\/em>) \u00bb, faisant de la <em>taqw\u0101<\/em> la finalit\u00e9 explicite de l&rsquo;ib\u0101da (culte). De m\u00eame, Q. 22:37 pr\u00e9cise, \u00e0 propos des sacrifices : <em>\u00ab Ce n&rsquo;est ni leur chair ni leur sang qui parvient \u00e0 Dieu, mais votre pi\u00e9t\u00e9 \u00bb<\/em>. Ces versets ont une port\u00e9e herm\u00e9neutique majeure : ils subordonnent la forme rituelle \u00e0 l&rsquo;intention morale, anticipant la distinction entre <em>\u1e93\u0101hir<\/em> et <em>b\u0101\u1e6din<\/em> qui sera centrale dans la pens\u00e9e islamique ult\u00e9rieure (Denny, 1994, p. 107).<\/p>\n\n\n\n<p>Les juristes (<em>fuqah\u0101&rsquo;<\/em>) ont int\u00e9gr\u00e9 ce principe en posant la <em>niyya<\/em> (intention) comme condition de validit\u00e9 des actes rituels. La <em>taqw\u0101<\/em> fonctionne ainsi comme le substrat intentionnel de toute la pratique juridico-religieuse, ce qui explique la sentence du calife &lsquo;Umar ibn al-Kha\u1e6d\u1e6d\u0101b rapport\u00e9e par Ibn Rajab al-\u1e24anbal\u012b : <em>\u00ab Celui qui ne poss\u00e8de pas la taqw\u0101 ne peut se passer d&rsquo;aucune vertu, mais le pieux peut se passer de toutes les autres \u00bb<\/em> (Ibn Rajab al-\u1e24anbal\u012b, cit\u00e9 dans Keller, 1991, p. 612).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. La Taqw\u0101 dans la Spiritualit\u00e9 et le Soufisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>4.1 Du l\u00e9galisme \u00e0 la contemplation<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si la <em>taqw\u0101<\/em> est, dans le <em>fiqh<\/em>, une notion essentiellement normative, le soufisme l&rsquo;a transform\u00e9e en cat\u00e9gorie mystique et contemplative. Pour les ma\u00eetres soufis, la <em>taqw\u0101<\/em> n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;\u00e9vitement du mal, mais une pr\u00e9sence continue \u00e0 Dieu (<em>mur\u0101qaba<\/em>) qui transfigure toute la vie int\u00e9rieure. Junayd de Bagdad (m. 910\/297 H.) d\u00e9finissait la <em>taqw\u0101<\/em> comme \u00ab ne pas t&rsquo;oublier toi-m\u00eame un seul instant \u00bb \u2014 formule qui renverse la priorit\u00e9 : il ne s&rsquo;agit plus de fuir le p\u00e9ch\u00e9 mais d&rsquo;\u00eatre constamment en \u00e9veil devant Dieu (Schimmel, 1975, p. 52).<\/p>\n\n\n\n<p>Ibn &lsquo;Arab\u012b (m. 1240\/638 H.) \u00e9labore une ontologie de la <em>taqw\u0101<\/em> dans le cadre de sa m\u00e9taphysique de l&rsquo;<em>itti\u1e25\u0101d<\/em> (union). Pour lui, la vraie <em>taqw\u0101<\/em> est la reconnaissance (<em>ma&rsquo;rifa<\/em>) que toute r\u00e9alit\u00e9 appartient \u00e0 Dieu, et que se \u00ab prot\u00e9ger \u00bb de quelque chose revient \u00e0 reconna\u00eetre son caract\u00e8re illusoire. Cette lecture moniste est controvers\u00e9e dans l&rsquo;orthodoxie sunnite, mais elle illustre la plasticit\u00e9 du concept et sa capacit\u00e9 \u00e0 se red\u00e9ployer dans des paradigmes philosophiques diff\u00e9rents (Chittick, 1989, p. 183).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>4.2 Taqw\u0101, maq\u0101m\u0101t et stations spirituelles<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les classifications soufies des \u00ab stations \u00bb (<em>maq\u0101m\u0101t<\/em>) et des \u00ab \u00e9tats \u00bb (<em>a\u1e25w\u0101l<\/em>) de l&rsquo;\u00e2me, la <em>taqw\u0101<\/em> figure parmi les premi\u00e8res stations de la voie (<em>\u1e6dar\u012bqa<\/em>). Al-Qushayr\u012b (m. 1072\/465 H.), dans sa <em>Ris\u0101la<\/em>, la situe apr\u00e8s le repentir (<em>tawba<\/em>) et avant l&rsquo;abstinence (<em>wara&rsquo;<\/em>), ce qui en fait un jalon essentiel du cheminement vers l&rsquo;union mystique (Al-Qushayr\u012b, trad. 2007, p. 141).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette structuration progressive de la <em>taqw\u0101<\/em> dans la p\u00e9dagogie soufie r\u00e9v\u00e8le une conception dynamique et non statique de la pi\u00e9t\u00e9. La <em>taqw\u0101<\/em> n&rsquo;est pas un \u00e9tat acquis une fois pour toutes mais un processus de transformation continuelle (<em>istid\u0101ma<\/em>). R\u016bm\u012b, dans le <em>Ma\u1e6fnaw\u012b<\/em>, fait de la <em>taqw\u0101<\/em> la condition sine qua non de la r\u00e9ception de la lumi\u00e8re divine : <em>\u00ab Le c\u0153ur sans taqw\u0101 est aveugle, m\u00eame face au soleil \u00bb<\/em> (R\u016bm\u012b, trad. Nicholson, 1926, III, v. 1482).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. R\u00e9sonances Contemporaines de la Taqw\u0101<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>5.1 Taqw\u0101 et \u00e9thique sociale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tariq Ramadan (2004, p. 76\u201382) a propos\u00e9 une relecture de la <em>taqw\u0101<\/em> dans le contexte de l&rsquo;\u00e9thique sociale contemporaine. Pour lui, la <em>taqw\u0101<\/em> ne se limite pas \u00e0 la morale individuelle mais engage une responsabilit\u00e9 collective : \u00eatre conscient de Dieu, c&rsquo;est aussi \u00eatre conscient des injustices sociales que Dieu r\u00e9prouve. Cette lecture activiste rejoint celle de Farid Esack (1997, p. 88\u201393), qui, dans le contexte de la lutte contre l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud, a fait de la <em>taqw\u0101<\/em> le fondement th\u00e9ologique d&rsquo;un engagement lib\u00e9rateur : la vraie pi\u00e9t\u00e9 exige de prendre parti pour les opprim\u00e9s (<em>al-musta\u1e0d&rsquo;af\u012bn<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Amina Wadud (1999, p. 35\u201340) souligne, de son c\u00f4t\u00e9, que la <em>taqw\u0101<\/em> comme crit\u00e8re unique de la valeur humaine devant Dieu constitue le fondement coranique le plus solide de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre dans l&rsquo;islam. Si seule la <em>taqw\u0101<\/em> distingue les \u00eatres humains aux yeux de Dieu, alors toute hi\u00e9rarchie de genre fond\u00e9e sur la biologie ou la tradition culturelle est th\u00e9ologiquement ill\u00e9gitime. Cette lecture f\u00e9ministe de la <em>taqw\u0101<\/em> a eu une influence consid\u00e9rable dans le f\u00e9minisme islamique contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5.2<em> Taqw\u0101 et \u00e9thique environnementale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Richard Foltz (2003, p. 12\u201317) et d&rsquo;autres chercheurs ont explor\u00e9 le potentiel \u00e9cologique de la <em>taqw\u0101<\/em>. La logique de la <em>taqw\u0101<\/em> implique une vigilance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de tout comportement qui contrevient \u00e0 l&rsquo;ordre divin (<em>m\u012bz\u0101n<\/em>), terme coranique d\u00e9signant l&rsquo;\u00e9quilibre cosmique (Q. 55:7\u20139). Gaspiller les ressources naturelles, polluer la terre ou maltraiter les animaux constituent, dans cette perspective, autant d&rsquo;infractions \u00e0 la <em>taqw\u0101<\/em>, car elles violent l&rsquo;ordre que Dieu a \u00e9tabli dans la cr\u00e9ation. Cette interpr\u00e9tation environnementale, encore minoritaire, gagne du terrain dans la th\u00e9ologie islamique contemporaine face aux d\u00e9fis climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;examen de la <em>taqw\u0101<\/em> dans ses dimensions s\u00e9mantiques, coraniques, th\u00e9ologiques, mystiques et contemporaines r\u00e9v\u00e8le un concept d&rsquo;une remarquable coh\u00e9rence structurelle sous une apparente polys\u00e9mie. \u00c0 tous les niveaux d&rsquo;analyse, la <em>taqw\u0101<\/em> fonctionne comme un dispositif de m\u00e9diation entre l&rsquo;humain et le divin : elle est la conscience de la pr\u00e9sence divine qui oriente, r\u00e9gule et transcende l&rsquo;action humaine. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du <em>faq\u012bh<\/em> qui s&rsquo;abstient du <em>\u1e25ar\u0101m<\/em>, du <em>\u1e63\u016bf\u012b<\/em> qui veille sur son c\u0153ur ou du militant qui combat l&rsquo;injustice sociale, c&rsquo;est toujours la m\u00eame dynamique fondamentale qui est \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre : l&rsquo;\u00eatre humain qui, conscient du regard de Dieu, se \u00ab prot\u00e8ge \u00bb de tout ce qui le s\u00e9pare de Lui.<\/p>\n\n\n\n<p>La richesse de ce concept tient pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 son caract\u00e8re scalaire et non binaire : la <em>taqw\u0101<\/em> admet des degr\u00e9s, des dimensions et des contextes d&rsquo;application multiples, ce qui lui permet de traverser les si\u00e8cles et les contextes culturels sans perdre sa pertinence. Dans un monde o\u00f9 les religions sont souvent r\u00e9duites \u00e0 leurs manifestations rituelles ou identitaires, la <em>taqw\u0101<\/em> rappelle que l&rsquo;essence de l&rsquo;islam, selon sa propre auto-compr\u00e9hension textuelle, est int\u00e9rieure, morale et relationnelle. Elle constitue, \u00e0 ce titre, l&rsquo;un des apports les plus originaux de la civilisation islamique \u00e0 la philosophie morale universelle.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Al-Ghaz\u0101l\u012b, Ab\u016b \u1e24\u0101mid M. (1995). <em>I\u1e25y\u0101&rsquo; &lsquo;Ul\u016bm al-D\u012bn<\/em> [La revivification des sciences de la religion] (T. J. Winter, Trans., Vol. 1\u20134). Islamic Texts Society. (\u0152uvre originale r\u00e9dig\u00e9e v. 1097\/489 H.)<\/p>\n\n\n\n<p>Al-I\u1e63fah\u0101n\u012b, Al-R\u0101ghib. (2008). <em>Al-Mufrad\u0101t f\u012b Ghar\u012bb al-Qur&rsquo;\u0101n<\/em> [Dictionnaire des termes coraniques] (B. \u1e6cabb\u0101ra, \u00c9d.). D\u0101r al-Ma&rsquo;rifa. (\u0152uvre originale r\u00e9dig\u00e9e v. 1108\/502 H.)<\/p>\n\n\n\n<p>Al-Qushayr\u012b, &lsquo;Abd al-Kar\u012bm. (2007). <em>Al-Ris\u0101la al-Qushayriyya f\u012b &lsquo;Ilm al-Ta\u1e63awwuf<\/em> [\u00c9p\u00eetre sur la science du soufisme] (A. Knysh, Trans.). Garnet Publishing. (\u0152uvre originale r\u00e9dig\u00e9e 1046\/437 H.)<\/p>\n\n\n\n<p>R\u016bm\u012b, Jal\u0101l al-D\u012bn. (1926). <em>The Mathnaw\u012b of Jal\u0101lu&rsquo;dd\u012bn R\u016bm\u012b<\/em> (R. A. Nicholson, Trans., Vol. 1\u20136). Gibb Memorial Trust. (\u0152uvre originale r\u00e9dig\u00e9e v. 1258\/656 H.)<\/p>\n\n\n\n<p>Traductions coraniques (texte de r\u00e9f\u00e9rence)<\/p>\n\n\n\n<p>Berque, J. (1990). <em>Le Coran : Essai de traduction de l&rsquo;arabe<\/em>. Albin Michel.<\/p>\n\n\n\n<p>Hamidullah, M. (1959). <em>Le Saint Coran<\/em>. Centre culturel islamique.<\/p>\n\n\n\n<p>Masson, D. (1967). <em>Le Coran<\/em>. Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tudes islamiques contemporaines<\/p>\n\n\n\n<p>An-Na&rsquo;im, A. A. (2008). <em>Islam and the Secular State: Negotiating the Future of Shari&rsquo;a<\/em>. Harvard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Chittick, W. C. (1989). <em>The Sufi Path of Knowledge: Ibn al-&lsquo;Arab\u012b&rsquo;s Metaphysics of Imagination<\/em>. State University of New York Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Denny, F. M. (1994). <em>An Introduction to Islam<\/em> (2nd ed.). Macmillan.<\/p>\n\n\n\n<p>Esack, F. (1997). <em>Qur&rsquo;an, Liberation and Pluralism: An Islamic Perspective of Interreligious Solidarity against Oppression<\/em>. Oneworld Publications.<\/p>\n\n\n\n<p>Foltz, R. C. (\u00c9d.). (2003). <em>Worldviews, Religion, and the Environment: A Global Anthology<\/em>. Wadsworth.<\/p>\n\n\n\n<p>Izutsu, T. (2002). <em>Ethico-Religious Concepts in the Qur&rsquo;an<\/em>. McGill\u2013Queen&rsquo;s University Press. (1\u00e8re \u00e9d. 1966)<\/p>\n\n\n\n<p>Keller, N. H. M. (Trans. &amp; \u00c9d.). (1991). <em>Reliance of the Traveller: A Classic Manual of Islamic Sacred Law<\/em> [Traduction de &lsquo;Umdat al-S\u0101lik de Ibn Naq\u012bb al-Mi\u1e63r\u012b]. Amana Publications.<\/p>\n\n\n\n<p>Nasr, S. H. (1987). <em>Islamic Spirituality: Foundations<\/em> (Vol. 1). Crossroad.<\/p>\n\n\n\n<p>Ramadan, T. (2004). <em>Western Muslims and the Future of Islam<\/em>. Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Schimmel, A. (1975). <em>Mystical Dimensions of Islam<\/em>. University of North Carolina Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Wadud, A. (1999). <em>Qur&rsquo;an and Woman: Rereading the Sacred Text from a Woman&rsquo;s Perspective<\/em> (2nd ed.). Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Warde, I. (2000). <em>Islamic Finance in the Global Economy<\/em>. Edinburgh University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Watt, W. M. (1973). <em>The Formative Period of Islamic Thought<\/em>. Edinburgh University Press.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;examen de la taqw\u0101 dans ses dimensions s\u00e9mantiques, coraniques, th\u00e9ologiques, mystiques et contemporaines r\u00e9v\u00e8le un concept d&rsquo;une remarquable coh\u00e9rence structurelle sous une apparente polys\u00e9mie Conscience Divine, \u00c9thique et Spiritualit\u00e9 dans la Tradition Islamique Pr. Mohamed Chtatou La taqw\u0101 \u2014 terme coranique g\u00e9n\u00e9ralement traduit par \u00ab crainte de Dieu \u00bb, \u00ab pi\u00e9t\u00e9 \u00bb ou \u00ab conscience &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":6531,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15,35],"tags":[59],"class_list":["post-6530","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etudes","category-slider","tag-mohamed-chtatou"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Taqwa.jpg?fit=737%2C442&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pfJc35-1Hk","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6530"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6530\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6533,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6530\/revisions\/6533"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6531"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}