{"id":6646,"date":"2026-05-02T12:57:40","date_gmt":"2026-05-02T11:57:40","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=6646"},"modified":"2026-05-02T13:00:09","modified_gmt":"2026-05-02T12:00:09","slug":"lecture-critique-de-la-commanderie-des-croyants-singularite-marocaine-par-mohamed-chtatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/lecture-critique-de-la-commanderie-des-croyants-singularite-marocaine-par-mohamed-chtatou\/","title":{"rendered":"Lecture critique de \u00ab\u00a0La Commanderie des Croyants \u2014 Singularit\u00e9 Marocaine\u00a0\u00bb &#8211; par Mohamed Chtatou"},"content":{"rendered":"\n<p>La Commanderie des Croyants \u2014 Singularit\u00e9 Marocaine de Mohammed Jelmad, se pr\u00e9sente comme un ouvrage \u00e0 la fois riche, solidement document\u00e9 et r\u00e9solument engag\u00e9. Il accomplit pleinement son objectif en mettant en lumi\u00e8re, avec finesse et profondeur, une institution qui constitue ind\u00e9niablement l\u2019un des traits distinctifs majeurs du Royaume du Maroc sur la sc\u00e8ne internationale.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:260px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>I. Un projet intellectuel ambitieux et coh\u00e9rent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Professeur Mohammed Jelmad signe avec cet ouvrage une contribution remarquable \u00e0 la compr\u00e9hension d&rsquo;une institution mill\u00e9naire qui demeure souvent mal connue en dehors du cercle des sp\u00e9cialistes du droit public marocain. Le pari est audacieux : rendre accessible, dans un volume de 200 pages, la richesse et la complexit\u00e9 de la Commanderie des Croyants (<em>Im\u00e2rat Al-Moumin\u00eene<\/em>) en la situant \u00e0 la crois\u00e9e du religieux, du politique, du social et de l&rsquo;\u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur r\u00e9ussit ce pari gr\u00e2ce \u00e0 une structure claire et p\u00e9dagogique qui guide le lecteur \u00e0 travers des domaines aussi vari\u00e9s que la diplomatie interreligieuse, le droit des minorit\u00e9s confessionnelles, la g\u00e9opolitique africaine et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. Chaque chapitre th\u00e9matique forme un ensemble autonome tout en s&rsquo;inscrivant dans une d\u00e9monstration d&rsquo;ensemble : celle de la singularit\u00e9 fonctionnelle et historique du mod\u00e8le marocain.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;avant-propos annonce d&#8217;embl\u00e9e une lecture quadridimensionnelle de l&rsquo;institution : religieuse, politique, \u00e9conomique et sociale. Ce cadre analytique, s&rsquo;il peut sembler classique, se r\u00e9v\u00e8le en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une efficacit\u00e9 p\u00e9dagogique certaine. Il permet \u00e0 l&rsquo;auteur de montrer que la Commanderie des Croyants n&rsquo;est pas une curiosit\u00e9 institutionnelle fig\u00e9e dans le temps, mais une r\u00e9alit\u00e9 vivante dont les ramifications touchent \u00e0 la vie concr\u00e8te des citoyens marocains et, au-del\u00e0, \u00e0 l&rsquo;architecture des relations internationales du Royaume. Professeur Jelmad, juriste de formation doubl\u00e9 d&rsquo;un observateur attentif de la vie publique marocaine, apporte \u00e0 cet exercice une rigueur documentaire et un sens du d\u00e9tail qui conf\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;ouvrage une densit\u00e9 appr\u00e9ciable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II. Une documentation primaire d&rsquo;une grande richesse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des atouts les plus pr\u00e9cieux de l&rsquo;ouvrage est sans doute la place accord\u00e9e aux sources primaires. L&rsquo;auteur reproduit in extenso des documents fondateurs : le texte int\u00e9gral de l&rsquo;Initiative marocaine d&rsquo;autonomie du Sahara (2007) avec la lettre adress\u00e9e au Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies Ban Ki-moon, des discours royaux majeurs comme celui prononc\u00e9 apr\u00e8s les attentats de Casablanca en mai 2003, le discours historique devant le Conseil Sup\u00e9rieur des Oul\u00e9mas du 30 avril 2004, le discours adress\u00e9 au Pape Fran\u00e7ois lors de sa visite en mars 2019, et enfin les messages royaux sur la synagogue Slat Alfassiyine ou la conf\u00e9rence sur le dialogue des civilisations \u00e0 F\u00e8s en 2013. Cette d\u00e9marche transforme le livre en une v\u00e9ritable anthologie documentaire, offrant au lecteur un acc\u00e8s direct aux textes qui structurent l&rsquo;\u00e9difice institutionnel marocain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce choix \u00e9ditorial t\u00e9moigne d&rsquo;une conviction intellectuelle forte : pour comprendre une institution, il faut d&rsquo;abord l&rsquo;\u00e9couter dans sa propre langue, avant de l&rsquo;analyser. Le chercheur, l&rsquo;\u00e9tudiant ou le diplomate \u00e9tranger trouvera ici un outil de r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cieux, \u00e9vitant la dispersion dans des archives \u00e9parses. Ces textes, souvent difficiles \u00e0 retrouver dans leur int\u00e9gralit\u00e9, constituent \u00e0 eux seuls une justification amplement suffisante \u00e0 l&rsquo;acquisition de l&rsquo;ouvrage. Ils offrent en outre une occasion rare de mesurer la coh\u00e9rence et la continuit\u00e9 d&rsquo;une vision royale qui s&rsquo;est affirm\u00e9e au fil des d\u00e9cennies avec une remarquable constance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>III. Des analyses substantielles sur des questions complexes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La <em>Bai\u2019a<\/em> et le Sahara : une articulation juridique originale<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le chapitre consacr\u00e9 \u00e0 la souverainet\u00e9 sur les provinces du Sud constitue l&rsquo;un des passages les plus intellectuellement stimulants du livre. L&rsquo;auteur articule avec finesse le concept de <em>Bai\u2019a<\/em> (all\u00e9geance), le droit islamique classique, l&rsquo;avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de 1975 \u2014 qui avait reconnu des <em>liens juridiques d&rsquo;all\u00e9geance<\/em> entre les tribus sahraouies et le Sultan \u2014, le r\u00f4le des Oul\u00e9mas sahraouis et des chefs tribaux, et enfin le Plan d&rsquo;Autonomie de 2007. Cette lecture, qui fait de l&rsquo;all\u00e9geance un acte simultan\u00e9ment religieux, soci\u00e9tal et juridique, est originale et m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre connue bien au-del\u00e0 du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Professeur Jelmad rappelle avec pertinence que, dans la tradition juridique islamique et les pratiques politiques marocaines, la souverainet\u00e9 ne s&rsquo;exer\u00e7ait pas uniquement par un contr\u00f4le administratif de type occidental, mais par l&rsquo;acte de la <em>Bai\u2019a<\/em>. Les tribus sahraouies ont historiquement envoy\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gations aupr\u00e8s des Sultans alaouites pour pr\u00eater serment d&rsquo;all\u00e9geance, et ce lien ancestral constitue, selon l&rsquo;auteur, une preuve irr\u00e9futable de la continuit\u00e9 de la souverainet\u00e9 marocaine, m\u00eame pendant la p\u00e9riode coloniale. Cette analyse nuanc\u00e9e permet de comprendre pourquoi le Plan d&rsquo;Autonomie peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 non comme une concession, mais comme la conversion d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 spirituelle et historique en une solution politique moderne et d\u00e9mocratique \u2014 une traduction du lien sacr\u00e9 de la<em> Bai\u2019a <\/em>dans le langage du droit international contemporain.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La restructuration du champ religieux : une r\u00e9forme syst\u00e9mique<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Un des chapitres les plus approfondis de l&rsquo;ouvrage porte sur la restructuration du champ religieux entreprise depuis le d\u00e9but du r\u00e8gne de Mohammed VI, et particuli\u00e8rement \u00e0 la suite des attentats de Casablanca en mai 2003. Professeur Jelmad y retrace minutieusement la gen\u00e8se et les composantes d&rsquo;une r\u00e9forme \u00e0 la fois institutionnelle, \u00e9ducative et id\u00e9ologique dont la coh\u00e9rence m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur d\u00e9crit avec pr\u00e9cision la reconfiguration pyramidale du corps des Oul\u00e9mas, depuis le Conseil Sup\u00e9rieur pr\u00e9sid\u00e9 par le Roi jusqu&rsquo;aux conseils r\u00e9gionaux et locaux, ainsi que la r\u00e9forme de l&rsquo;enseignement originel, la mise \u00e0 niveau des imams, et le r\u00f4le nouveau confi\u00e9 aux <em>mourchidates<\/em> \u2014 femmes guides religieuses dont l&rsquo;existence est pr\u00e9sent\u00e9e, \u00e0 juste titre, comme une innovation majeure au sein du monde musulman. Cette r\u00e9forme est pr\u00e9sent\u00e9e non comme une rupture avec la tradition, mais comme sa modernisation organique, fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;esprit du rite mal\u00e9kite et de la doctrine ach&rsquo;arite, ces deux piliers de l&rsquo;Islam marocain que le professeur Jelmad appelle le \u00ab triptyque \u00bb avec le soufisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chapitre sur la Rabita Mohammedia des Oul\u00e9mas est particuli\u00e8rement \u00e9clairant. L&rsquo;auteur y montre comment cette institution est pass\u00e9e du statut d&rsquo;organe dormant \u00e0 celui de v\u00e9ritable laboratoire intellectuel de d\u00e9radicalisation, capable de d\u00e9construire syst\u00e9matiquement les concepts instrumentalis\u00e9s par les extr\u00e9mistes \u2014 le <em>Jih\u00e2d<\/em>, le <em>Takf\u00eer<\/em>, l&rsquo;<em>al-H\u00e2kimiyya<\/em>, <em>al-Khil\u00e2fa<\/em>, <em>al-Wal\u00e2&rsquo; wa al-Bar\u00e2&rsquo;<\/em> \u2014 en leur restituant leur sens th\u00e9ologique authentique et leur contexte historique. Cette ing\u00e9nierie du contre-discours, solidement document\u00e9e dans l&rsquo;ouvrage, constitue l&rsquo;une des contributions les plus originales et les plus exportables du mod\u00e8le marocain.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le pluralisme confessionnel : un mod\u00e8le \u00e0 documenter<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le traitement de la protection du culte h\u00e9bra\u00efque est remarquable par son soin du d\u00e9tail. L&rsquo;auteur retrace avec pr\u00e9cision l&rsquo;architecture juridique et institutionnelle qui encadre la vie de la communaut\u00e9 juive marocaine depuis des si\u00e8cles : tribunaux rabbiniques, dahirs fondateurs de 1913 et 1918, loi de 1958 sur la nationalit\u00e9, nouvelle gouvernance de 2022 avec la cr\u00e9ation du Conseil National de la Communaut\u00e9 Juive Marocaine et de la Fondation du Juda\u00efsme Marocain, r\u00e9habilitation des synagogues et des Mellahs \u00e0 Marrakech et \u00e0 Essaouira. Le cas de Bayt Dakira \u2014 ce complexe unique alliant synagogue active, mus\u00e9e de la vie juive et Centre de recherches internationales Haim et C\u00e9lia Zafrani \u2014 est analys\u00e9 comme un symbole de ce que l&rsquo;auteur appelle la <em>convivance<\/em>, terme emprunt\u00e9 au Conseiller Royal Andr\u00e9 Azoulay qui traduit bien mieux que la simple tol\u00e9rance la profondeur d&rsquo;une coexistence s\u00e9culaire entre islam et juda\u00efsme marocains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui rend ce chapitre particuli\u00e8rement pr\u00e9cieux, c&rsquo;est qu&rsquo;il rappelle que l&rsquo;inscription de l&rsquo;affluent h\u00e9bra\u00efque dans le pr\u00e9ambule de la Constitution de 2011 n&rsquo;est pas une concession politique superficielle, mais la cons\u00e9cration constitutionnelle d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 civilisationnelle vieille de plus de vingt si\u00e8cles. La communaut\u00e9 juive marocaine, qui fut pr\u00e9sente sur ce territoire avant m\u00eame l&rsquo;Islam, n&rsquo;est pas d\u00e9crite comme une minorit\u00e9 tol\u00e9r\u00e9e mais comme une composante constitutive de l&rsquo;identit\u00e9 nationale \u2014 et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait la singularit\u00e9 marocaine dans l&rsquo;espace arabo-musulman.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le dialogue islamo-chr\u00e9tien : deux rois et deux papes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le chapitre consacr\u00e9 aux relations entre la monarchie marocaine et la papaut\u00e9 offre une lecture historique passionnante qui couvre plus de quarante ans de diplomatie interreligieuse. Professeur Jelmad retrace avec pr\u00e9cision les jalons de cette relation exceptionnelle : la visite pionni\u00e8re de feu le Roi Hassan II au Vatican en 1980, premi\u00e8re d&rsquo;un chef d&rsquo;\u00c9tat musulman re\u00e7u en audience officielle par le Pape Jean-Paul II ; la visite historique de Jean-Paul II au Maroc en ao\u00fbt 1985 et son discours au Stade Mohammed V devant 80 000 jeunes, culminant dans la formule m\u00e9morable de l&rsquo;adoration du \u00ab Dieu unique \u00bb ; puis, sous Mohammed VI, la visite du Pape Fran\u00e7ois en mars 2019 et la signature de l&rsquo;Appel d&rsquo;Al-Qods, document conjoint sans pr\u00e9c\u00e9dent insistant sur le caract\u00e8re sacr\u00e9 et multi-confessionnel de J\u00e9rusalem.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;analyse comparative propos\u00e9e par l&rsquo;auteur est particuli\u00e8rement perspicace : il montre comment la diplomatie religieuse marocaine est pass\u00e9e, d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un dialogue acad\u00e9mique et intellectuel sur les racines abrahamiques communes (sous Hassan II) \u00e0 une alliance strat\u00e9gique et pragmatique pour g\u00e9rer les crises du XXIe si\u00e8cle \u2014 migration, radicalisme, pauvret\u00e9 \u2014 (sous Mohammed VI). Cette \u00e9volution, loin d&rsquo;\u00eatre une rupture, est pr\u00e9sent\u00e9e comme un approfondissement naturel d&rsquo;une tradition s\u00e9culaire d&rsquo;ouverture \u00e0 l&rsquo;Autre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IV. La strat\u00e9gie royale de d\u00e9radicalisation : un mod\u00e8le mondial<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des chapitres les plus fouill\u00e9s et les plus originaux de l&rsquo;ouvrage porte sur la strat\u00e9gie de d\u00e9radicalisation mise en place apr\u00e8s les attentats du 16 mai 2003. Professeur Jelmad y d\u00e9crit avec une pr\u00e9cision remarquable la synergie entre trois institutions compl\u00e9mentaires : la Rabita Mohammedia des Oul\u00e9mas, qui assure l&rsquo;ing\u00e9nierie du contre-discours th\u00e9ologique ; la D\u00e9l\u00e9gation G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&rsquo;Administration P\u00e9nitentiaire et \u00e0 la R\u00e9insertion (DGAPR), ma\u00eetre d&rsquo;\u0153uvre op\u00e9rationnel du programme <em>Mouss\u00e2laha<\/em> ; et la Direction G\u00e9n\u00e9rale de la Surveillance du Territoire, garante de la cr\u00e9dibilit\u00e9 s\u00e9curitaire du processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le programme <em>Mouss\u00e2laha<\/em> (R\u00e9conciliation), lanc\u00e9 en 2017, est pr\u00e9sent\u00e9 et analys\u00e9 comme l&rsquo;une des exp\u00e9riences les plus innovantes au monde en mati\u00e8re de d\u00e9radicalisation carc\u00e9rale. Sa philosophie est r\u00e9sum\u00e9e avec clart\u00e9 : il ne s&rsquo;agit pas de traiter le d\u00e9tenu comme un simple risque s\u00e9curitaire \u00e0 neutraliser, mais comme un sujet \u00e0 r\u00e9habiliter intellectuellement, spirituellement et psychologiquement, afin de le r\u00e9concilier avec lui-m\u00eame, avec le texte religieux et avec la soci\u00e9t\u00e9. Les trois dimensions du programme \u2014 th\u00e9ologique, juridique et psychologique \u2014 sont analys\u00e9es avec soin, et les r\u00e9sultats sont impressionnants : selon les donn\u00e9es cit\u00e9es par l&rsquo;auteur, 436 d\u00e9tenus ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du programme depuis son lancement, et le taux de r\u00e9cidive parmi les laur\u00e9ats reste proche de z\u00e9ro. Ces chiffres, cit\u00e9s en exemple \u00e0 l&rsquo;ONU, t\u00e9moignent de l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une approche qui place la raison et la foi au service de la paix civile.<\/p>\n\n\n\n<p>La contribution de Monsieur Abdellatif Hammouchi, Directeur G\u00e9n\u00e9ral de la S\u00fbret\u00e9 Nationale et de la Surveillance du Territoire, est \u00e9galement bien mise en valeur. Son approche int\u00e9gr\u00e9e, qui marie renseignement et r\u00e9\u00e9ducation, anticipation et r\u00e9insertion, a valu au Maroc une reconnaissance internationale unanime comme partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>V. La diplomatie religieuse : un soft power coh\u00e9rent et efficace<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les chapitres consacr\u00e9s \u00e0 la diplomatie religieuse en Afrique et en Europe figurent parmi les plus substantiels de l&rsquo;ouvrage. L&rsquo;auteur y d\u00e9crit avec clart\u00e9 les instruments concrets de cette diplomatie multidimensionnelle : l&rsquo;Institut Mohammed VI de formation des Imams, Mourchidines et Mourchidates, qui accueille des \u00e9tudiants de France, d&rsquo;Allemagne, du Mali, de la Guin\u00e9e, du S\u00e9n\u00e9gal et de nombreux autres pays ; la Fondation Mohammed VI des Oul\u00e9mas Africains, qui compte aujourd&rsquo;hui 48 sections r\u00e9parties sur le continent ; le Conseil Europ\u00e9en des Oul\u00e9mas Marocains, bas\u00e9 \u00e0 Bruxelles ; les confr\u00e9ries soufies, dont les r\u00e9seaux transcendent les fronti\u00e8res politiques ; et les mosqu\u00e9es Mohammed VI construites en Afrique \u2014 \u00e0 Dakar, Abidjan, Conakry, N&rsquo;Djamena \u2014 comme autant d&rsquo;ambassades du mod\u00e8le marocain de l&rsquo;Islam mod\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se centrale de ces chapitres est convaincante : face \u00e0 la mont\u00e9e du radicalisme sah\u00e9lien et \u00e0 la fragilisation du tissu social de la diaspora marocaine en Europe, le Maroc a su \u00e9riger son mod\u00e8le de l&rsquo;<em>Islam du juste milieu<\/em> en un instrument de stabilisation r\u00e9gionale que peu d&rsquo;autres pays de la zone peuvent revendiquer. Cette diplomatie, qui mobilise simultan\u00e9ment la l\u00e9gitimit\u00e9 spirituelle du Commandeur des Croyants en tant que descendant du Proph\u00e8te, le rite mal\u00e9kite, la doctrine ach&rsquo;arite et l&rsquo;h\u00e9ritage soufi, forme un tout coh\u00e9rent et indissociable. Elle n&rsquo;est pas simplement un outil de politique \u00e9trang\u00e8re parmi d&rsquo;autres : elle est le prolongement naturel d&rsquo;une identit\u00e9 religieuse nationale qui s&rsquo;exporte parce qu&rsquo;elle est d&rsquo;abord authentiquement v\u00e9cue.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur prend soin de souligner que cette diplomatie d\u00e9passe le simple cadre africain pour s&rsquo;inscrire dans une relation de partenariat strat\u00e9gique avec les \u00c9tats europ\u00e9ens, qui voient dans le Maroc un rempart efficace contre l&rsquo;extr\u00e9misme au sein de leurs propres communaut\u00e9s immigr\u00e9es. Les donn\u00e9es sur le d\u00e9ploiement pour le Ramadan 1447 \u2014 320 oul\u00e9mas et imams mobilis\u00e9s, avec la France recevant 82 savants, suivie de l&rsquo;Allemagne et de l&rsquo;Espagne \u2014 illustrent concr\u00e8tement l&rsquo;ampleur d&rsquo;un dispositif dont l&rsquo;efficacit\u00e9 est reconnue par des gouvernements aux sensibilit\u00e9s politiques tr\u00e8s diverses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VI. Une sensibilit\u00e9 \u00e0 la dimension humaine de l&rsquo;institution<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ce qui distingue cet ouvrage de nombreux travaux juridiques sur le m\u00eame sujet, c&rsquo;est sa capacit\u00e9 \u00e0 ne pas r\u00e9duire la Commanderie des Croyants \u00e0 une construction constitutionnelle abstraite. L&rsquo;auteur rappelle constamment que cette institution produit des effets concrets dans la vie des citoyens : la paix spirituelle comme infrastructure sociale indispensable au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la r\u00e9conciliation m\u00e9morielle comme pr\u00e9condition \u00e0 la coh\u00e9sion nationale, la s\u00e9curit\u00e9 physique comme condition de la libert\u00e9 de culte. Cette approche globale, qui voit dans la religion non un probl\u00e8me \u00e0 g\u00e9rer mais une ressource \u00e0 mobiliser au service du bien commun, est l&rsquo;une des lignes de force les plus originales du livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapprochement \u00e9tabli entre la cr\u00e9ation de l&rsquo;Instance \u00c9quit\u00e9 et R\u00e9conciliation d\u00e8s l&rsquo;accession au tr\u00f4ne et la logique spirituelle du pardon est une lecture originale qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre approfondie. Professeur Jelmad y voit la manifestation d&rsquo;une clairvoyance royale selon laquelle la division et le traumatisme constituent un frein au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social : soigner les blessures du pass\u00e9, c&rsquo;est lib\u00e9rer une \u00e9nergie collective disponible pour l&rsquo;\u00e9ducation, la sant\u00e9 et la production \u00e9conomique. Cette philosophie, qui articule r\u00e9paration m\u00e9morielle et prosp\u00e9rit\u00e9 mat\u00e9rielle, est coh\u00e9rente avec la vision d&rsquo;un souverain qui se con\u00e7oit lui-m\u00eame comme responsable de la <em>qui\u00e9tude et de la subsistance<\/em> de la Nation \u2014 formule qu&#8217;emprunte l&rsquo;auteur \u00e0 la tradition islamique du chef de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VII. Vers une pens\u00e9e de la gouvernance spirituelle<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;une des contributions th\u00e9oriques les plus subtiles de l&rsquo;ouvrage \u2014 peut-\u00eatre insuffisamment mise en avant par l&rsquo;auteur lui-m\u00eame \u2014 est ce qu&rsquo;on pourrait appeler une pens\u00e9e de la gouvernance spirituelle comme alternative aux deux mod\u00e8les dominants : la th\u00e9ocratie, qui confond les sph\u00e8res religieuse et politique au profit de la premi\u00e8re, et la la\u00efcit\u00e9 stricte, qui les s\u00e9pare radicalement. Le mod\u00e8le marocain tel que le d\u00e9crit le professeur Jelmad propose une troisi\u00e8me voie : la r\u00e9union du politique et du religieux au seul niveau de la personne du Roi, garante \u00e0 la fois de la sacralit\u00e9 de l&rsquo;Islam et de la pluralit\u00e9 des confessions, de l&rsquo;unit\u00e9 doctrinale et de l&rsquo;ouverture \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette architecture institutionnelle, qui conf\u00e8re au Roi un r\u00f4le d&rsquo;arbitre supr\u00eame plac\u00e9 au-dessus des clivages partisans, est pr\u00e9sent\u00e9e comme la cl\u00e9 de la stabilit\u00e9 marocaine dans une r\u00e9gion marqu\u00e9e par les convulsions politiques et les guerres civiles. La Commanderie des Croyants serait ainsi moins une institution de pouvoir qu&rsquo;une institution de m\u00e9diation \u2014 entre le ciel et la terre, entre la tradition et la modernit\u00e9, entre l&rsquo;unit\u00e9 doctrinale et la diversit\u00e9 confessionnelle. Cette lecture, que le juriste \u00e9toffera utilement dans de futurs travaux, ouvre des perspectives comparatives particuli\u00e8rement stimulantes avec d&rsquo;autres syst\u00e8mes de gouvernance religieuse dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VIII. Un style accessible et une ambition p\u00e9dagogique r\u00e9ussie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ouvrage se lit avec fluidit\u00e9. Professeur Mohammed Jelmad a fait le choix d&rsquo;une \u00e9criture accessible, sans jargon inutile, ce qui \u00e9largit consid\u00e9rablement son lectorat bien au-del\u00e0 du cercle des juristes et des politologues. La progression th\u00e9matique est logique, et chaque chapitre s&rsquo;accompagne d&rsquo;une bibliographie s\u00e9rieuse qui invite \u00e0 approfondir \u2014 des textes fondateurs du droit musulman aux \u00e9tudes contemporaines sur la diplomatie religieuse, en passant par les travaux acad\u00e9miques de Mohamed Tozy, d&rsquo;Abdellatif Mennouni ou d&rsquo;Ahmed Abbadi.<\/p>\n\n\n\n<p>On saluera \u00e9galement la mise en perspective historique longue \u2014 des Almoravides et des Saadiens jusqu&rsquo;\u00e0 Mohammed VI \u2014 qui ancre l&rsquo;institution dans une continuit\u00e9 civilisationnelle et \u00e9vite l&rsquo;\u00e9cueil d&rsquo;une lecture purement conjoncturelle. Cette profondeur temporelle est essentielle pour comprendre pourquoi la Ba\u00efa n&rsquo;est pas une survivance archa\u00efque mais un acte politique vivant, renouvel\u00e9 et r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration. La description de l&rsquo;\u00e9volution de cet acte sous Mohammed VI \u2014 o\u00f9 les corps constitu\u00e9s, l&rsquo;arm\u00e9e et les mouvements de femmes prennent rang avant les Oul\u00e9mas \u2014 illustre bien cette capacit\u00e9 de l&rsquo;institution \u00e0 se moderniser sans se d\u00e9naturer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IX. Une contribution au dialogue des savoirs<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En choisissant de traiter la Commanderie des Croyants non comme une curiosit\u00e9 orientaliste mais comme un mod\u00e8le de gouvernance spirituelle et politique \u00e0 part enti\u00e8re, professeur Mohammed Jelmad invite implicitement \u00e0 un dialogue avec les sciences politiques, le droit compar\u00e9, la sociologie des religions et les \u00e9tudes sur la diplomatie religieuse. Ce faisant, il contribue \u00e0 revaloriser une institution trop souvent r\u00e9duite, dans la litt\u00e9rature occidentale, \u00e0 une formule protocolaire ou \u00e0 un outil de l\u00e9gitimation dynastique.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ouvrage s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 directe d&rsquo;un parcours intellectuel coh\u00e9rent : professeur Jelmad avait consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat (2005) \u00e0 la libert\u00e9 religieuse au Maroc, puis publi\u00e9 en 2023 <em>Le Commandeur des Croyants : Visions renouvel\u00e9es et perspectives prometteuses<\/em>. Ce troisi\u00e8me temps de sa r\u00e9flexion approfondit et \u00e9largit les pr\u00e9c\u00e9dents, en int\u00e9grant les d\u00e9veloppements les plus r\u00e9cents \u2014 le d\u00e9passement du seuil de d\u00e9veloppement humain \u00e9lev\u00e9 en 2025, la construction de la Ligne Grande Vitesse K\u00e9nitra-Marrakech, l&rsquo;organisation de la Coupe du Monde 2030, les 18 \u00e9ditions du programme <em>Moussalaha<\/em> \u2014 dans une vision d&rsquo;ensemble coh\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><em>La Commanderie des Croyants \u2014 Singularit\u00e9 Marocaine<\/em> se pr\u00e9sente comme un ouvrage \u00e0 la fois riche, solidement document\u00e9 et r\u00e9solument engag\u00e9. Il accomplit pleinement son objectif en mettant en lumi\u00e8re, avec finesse et profondeur, une institution qui constitue ind\u00e9niablement l\u2019un des traits distinctifs majeurs du Royaume du Maroc sur la sc\u00e8ne internationale. Juriste rigoureux doubl\u00e9 d&rsquo;un p\u00e9dagogue attentif, professeur Mohammed Jelmad offre au lecteur les cl\u00e9s pour comprendre pourquoi et comment cette institution mill\u00e9naire continue de structurer non seulement la vie politique int\u00e9rieure du Maroc, mais aussi son rayonnement international dans un monde en qu\u00eate de rep\u00e8res et de mod\u00e8les de coexistence.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre arrive \u00e0 un moment particuli\u00e8rement opportun. Alors que le Maroc s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 accueillir la Coupe du Monde 2030, \u00e0 inaugurer des infrastructures de classe mondiale et \u00e0 s&rsquo;affirmer comme une puissance r\u00e9gionale incontournable, il \u00e9tait utile de rappeler que ce succ\u00e8s repose sur un socle qui n&rsquo;est pas seulement \u00e9conomique ou politique, mais profond\u00e9ment spirituel et identitaire. La Commanderie des Croyants est ce socle : non pas une contrainte h\u00e9rit\u00e9e du pass\u00e9, mais une ressource vivante, adaptable et exportable, qui fait du Maroc, selon la belle formule du professeur Jelmad, \u00ab <em>un phare de stabilit\u00e9 dans un environnement g\u00e9opolitique menac\u00e9<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une lecture que l&rsquo;on recommande chaleureusement \u00e0 quiconque souhaite comprendre le Maroc contemporain dans sa profondeur historique, sa complexit\u00e9 institutionnelle et son ambition mondiale.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong><em>Auteur : Mohammed Jelmad Date de publication : Mars 2026 (D\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal : 2026MO1282 | ISBN : 978-9920-25-877-7) Nombre de pages : 200<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Mohamed Chtatou, Professeur d\u2019universit\u00e9, consultant international en \u00e9ducation et analyste politique pour la r\u00e9gion MENA<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Commanderie des Croyants \u2014 Singularit\u00e9 Marocaine de Mohammed Jelmad, se pr\u00e9sente comme un ouvrage \u00e0 la fois riche, solidement document\u00e9 et r\u00e9solument engag\u00e9. 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