{"id":7675,"date":"2026-08-12T12:57:58","date_gmt":"2026-08-12T11:57:58","guid":{"rendered":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/?p=7675"},"modified":"2026-08-12T13:37:58","modified_gmt":"2026-08-12T12:37:58","slug":"compte-rendu-de-louvrage-de-mohammed-jelmad-le-sceptre-et-la-vertu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oulemag.ma\/fr\/compte-rendu-de-louvrage-de-mohammed-jelmad-le-sceptre-et-la-vertu\/","title":{"rendered":"Compte rendu de l\u2019ouvrage de Mohammed Jelmad, Le Sceptre et la Vertu"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La v\u00e9ritable originalit\u00e9 de l\u2019ouvrage de Mohammed Jelmad:\u00a0\u00bb Le Sceptre et la Vertu\u00a0\u00bb\u00a0 est peut-\u00eatre l\u00e0. Dans un monde politique souvent domin\u00e9 par la communication, la polarisation et la recherche de l\u2019efficacit\u00e9 imm\u00e9diate, Jelmad rappelle que la politique demeure aussi une affaire de valeurs. Il invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une question ancienne mais toujours actuelle : qu\u2019est-ce qui rend le pouvoir l\u00e9gitime lorsqu\u2019il d\u00e9passe la simple l\u00e9galit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4806\" style=\"width:279px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/oulemag.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG_20240912_115531-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr. Mohamed Chtatou <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est des ouvrages qui cherchent avant tout \u00e0 expliquer une institution, d\u2019autres qui ambitionnent de l\u2019\u00e9valuer, et d\u2019autres encore qui tentent d\u2019en saisir la profondeur historique, spirituelle et humaine. <em>Le Sceptre et la Vertu : L\u2019imp\u00e9ratif \u00e9thique sous le r\u00e8gne de Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI<\/em>, du professeur Mohammed Jelmad, appartient r\u00e9solument \u00e0 cette troisi\u00e8me cat\u00e9gorie. L\u2019ouvrage se pr\u00e9sente comme une r\u00e9flexion engag\u00e9e sur la dimension \u00e9thique de la monarchie marocaine contemporaine et, plus particuli\u00e8rement, sur la mani\u00e8re dont l\u2019\u00e9thique peut constituer une cl\u00e9 de lecture de l\u2019exercice du pouvoir sous le r\u00e8gne de Mohammed VI. D\u00e8s son avant-propos, l\u2019auteur affirme que l\u2019\u00e9tude des institutions politiques ne peut se r\u00e9duire \u00e0 \u00ab la froide ex\u00e9g\u00e8se des textes juridiques \u00bb ou \u00e0 la chronique des rapports de pouvoir : elle doit \u00e9galement s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leur \u00ab \u00e2me \u00bb, \u00e0 leurs ressorts \u00e9thiques et \u00e0 leur continuit\u00e9 historique (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette proposition constitue le fil conducteur d\u2019un ouvrage \u00e0 la fois politique, institutionnel, moral et spirituel. Le titre lui-m\u00eame \u2014 <em>Le Sceptre et la Vertu<\/em> \u2014 r\u00e9sume admirablement cette ambition : le sceptre renvoie \u00e0 l\u2019autorit\u00e9, \u00e0 la continuit\u00e9 monarchique et \u00e0 l\u2019exercice de la souverainet\u00e9 ; la vertu renvoie \u00e0 la responsabilit\u00e9, \u00e0 la justice, \u00e0 la compassion, \u00e0 la dignit\u00e9 humaine et \u00e0 la recherche du bien commun. L\u2019originalit\u00e9 de Jelmad consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ne pas consid\u00e9rer ces deux dimensions comme contradictoires. Au contraire, il cherche \u00e0 montrer comment, dans la conception marocaine du pouvoir, l\u2019autorit\u00e9 peut trouver sa l\u00e9gitimit\u00e9 durable dans sa capacit\u00e9 \u00e0 se soumettre \u00e0 des imp\u00e9ratifs moraux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019auteur inscrit d\u2019ailleurs son ouvrage dans une entreprise intellectuelle plus vaste. Il rappelle ses travaux ant\u00e9rieurs consacr\u00e9s au <em>Commandeur des Croyants<\/em> et \u00e0 la singularit\u00e9 marocaine de la <em>Commanderie des Croyants<\/em>, faisant de <em>Le Sceptre et la Vertu<\/em> une nouvelle \u00e9tape d\u2019une r\u00e9flexion consacr\u00e9e \u00e0 la doctrine monarchique marocaine et \u00e0 ses fondements religieux, constitutionnels et humains (Jelmad, 2026). Cette continuit\u00e9 donne au livre une coh\u00e9rence certaine : il ne s\u2019agit pas d\u2019un commentaire circonstanciel de l\u2019action royale, mais d\u2019une tentative de conceptualisation progressive d\u2019un mod\u00e8le de gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une th\u00e8se centrale : l\u2019\u00e9thique comme fondement de la gouvernance<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La th\u00e8se fondamentale de l\u2019ouvrage est clairement formul\u00e9e d\u00e8s l\u2019introduction : d\u00e9mocratie et \u00e9thique entretiennent une relation de d\u00e9pendance mutuelle. La d\u00e9mocratie offre le cadre institutionnel de l\u2019exercice des libert\u00e9s, mais l\u2019\u00e9thique en constitue, selon Jelmad, la \u00ab s\u00e8ve morale \u00bb et la condition de p\u00e9rennit\u00e9 (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette id\u00e9e m\u00e9rite d\u2019\u00eatre salu\u00e9e parce qu\u2019elle d\u00e9place utilement le regard. Dans une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019analyse politique se concentre fr\u00e9quemment sur les institutions, les \u00e9lections, les partis et les m\u00e9canismes constitutionnels, Jelmad rappelle qu\u2019aucune institution ne fonctionne durablement sans une culture de responsabilit\u00e9, de confiance et de probit\u00e9. Il insiste ainsi sur la moralisation de la vie publique, la lutte contre les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et la corruption, mais aussi sur la reddition des comptes et l\u2019exemplarit\u00e9 des responsables publics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019argument est d\u2019autant plus int\u00e9ressant qu\u2019il permet \u00e0 l\u2019auteur de poser une question plus g\u00e9n\u00e9rale : la l\u00e9galit\u00e9 suffit-elle \u00e0 garantir la l\u00e9gitimit\u00e9 morale du pouvoir ? Sa r\u00e9ponse est n\u00e9gative. Une institution peut \u00eatre juridiquement constitu\u00e9e et n\u00e9anmoins perdre progressivement la confiance des citoyens si elle se montre incapable d\u2019incarner l\u2019\u00e9quit\u00e9, la responsabilit\u00e9 et le bien commun. Cette conception rejoint d\u2019ailleurs l\u2019esprit de la Constitution marocaine de 2011, qui d\u00e9finit le Maroc comme une monarchie constitutionnelle, d\u00e9mocratique, parlementaire et sociale et qui associe l\u2019organisation institutionnelle aux valeurs de dignit\u00e9, de droits et de bonne gouvernance (Royaume du Maroc, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ouvrage propose ainsi une lecture de la monarchie marocaine qui ne se limite pas \u00e0 sa fonction constitutionnelle. Il cherche \u00e0 comprendre le pouvoir royal comme une responsabilit\u00e9, voire comme une charge morale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le discours royal comme doctrine \u00e9thique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier chapitre constitue l\u2019un des centres de gravit\u00e9 du livre. Jelmad y examine la pr\u00e9sence de l\u2019\u00e9thique dans les discours royaux et soutient qu\u2019elle n\u2019est ni d\u00e9corative ni purement rh\u00e9torique. Elle serait, au contraire, \u00ab la colonne vert\u00e9brale doctrinale \u00bb de la l\u00e9gitimation des choix politiques, \u00e9conomiques et sociaux du Royaume (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019auteur identifie trois r\u00e9f\u00e9rentiels compl\u00e9mentaires : le r\u00e9f\u00e9rentiel islamique r\u00e9formateur, notamment \u00e0 travers les <em>Maqasid al-Shari\u2018ah<\/em> ; celui des droits humains et des valeurs universelles ; enfin, celui de la responsabilit\u00e9 et du devoir patriotique. Cette triple articulation est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Elle permet \u00e0 Jelmad de d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e d\u2019une modernit\u00e9 marocaine qui ne serait ni une simple imitation de mod\u00e8les \u00e9trangers ni un retour nostalgique \u00e0 un pass\u00e9 id\u00e9alis\u00e9, mais une tentative de synth\u00e8se entre h\u00e9ritage islamique, constitutionnalisme et universalit\u00e9 des droits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9f\u00e9rence aux <em>Maqasid<\/em> est ici essentielle. L\u2019auteur consid\u00e8re que la protection de la vie, de la dignit\u00e9, de la justice et du bien-\u00eatre humain peut servir de pont entre la tradition islamique et les exigences contemporaines de la r\u00e9forme. Cette approche rejoint les efforts plus larges de la doctrine religieuse marocaine visant \u00e0 promouvoir un islam de mod\u00e9ration et de juste milieu. L\u2019article 41 de la Constitution de 2011 attribue d\u2019ailleurs au Roi, en sa qualit\u00e9 d\u2019Amir Al-Mouminine, la responsabilit\u00e9 de veiller au respect de l\u2019islam et de garantir le libre exercice des cultes, tout en confiant au Conseil sup\u00e9rieur des oul\u00e9mas un r\u00f4le institutionnel dans l\u2019\u00e9tude des questions religieuses (Royaume du Maroc, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jelmad montre \u00e9galement que l\u2019\u00e9thique discursive royale se d\u00e9cline autour de la solidarit\u00e9 sociale, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 territoriale, de la tol\u00e9rance, du pluralisme, de la paix et de la responsabilit\u00e9 globale. Il relie ainsi le concept d\u2019\u00ab \u00c9tat social \u00bb aux politiques de lutte contre les disparit\u00e9s et \u00e0 l\u2019Initiative Nationale pour le D\u00e9veloppement Humain. L\u2019INDH, annonc\u00e9e le 18 mai 2005, a effectivement \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue autour du d\u00e9veloppement humain, de la gouvernance, de la lutte contre la pauvret\u00e9 et du renforcement de la participation des populations concern\u00e9es (Minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Royaume du Maroc, s. d.). (<a href=\"https:\/\/diplomatie.ma\/fr\/initiative-nationale-de-d%C3%A9veloppement-humain?utm_source=chatgpt.com\">Minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la parole \u00e0 l\u2019\u00e9thique v\u00e9cue<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des m\u00e9rites du livre est de ne pas s\u2019arr\u00eater aux discours. Le deuxi\u00e8me chapitre cherche \u00e0 examiner ce que l\u2019auteur appelle \u00ab l\u2019\u00e9thique v\u00e9cue \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la traduction comportementale de la conception royale du pouvoir. Jelmad \u00e9voque \u00e0 cet \u00e9gard la proximit\u00e9 avec les citoyens, l\u2019attention port\u00e9e aux populations vuln\u00e9rables, la compassion lors des catastrophes, la reconnaissance des m\u00e9rites et l\u2019attachement au pluralisme culturel (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette partie donne au livre une tonalit\u00e9 particuli\u00e8rement humaine. L\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse moins au souverain abstrait qu\u2019au rapport entre le d\u00e9tenteur de l\u2019autorit\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9. Il d\u00e9crit une monarchie qui chercherait \u00e0 r\u00e9duire la distance symbolique entre le gouvernant et les gouvern\u00e9s par une \u00e9thique de l\u2019\u00e9coute et de la proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut naturellement discuter certaines formulations tr\u00e8s laudatives du texte, mais il faut reconna\u00eetre la coh\u00e9rence de la d\u00e9marche : si l\u2019objet du livre est d\u2019\u00e9tudier l\u2019\u00e9thique comme dimension de la gouvernance, il est logique que l\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse aussi aux gestes, aux attitudes et aux symboles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette volont\u00e9 d\u2019humaniser l\u2019analyse de la monarchie constitue peut-\u00eatre l\u2019un des apports les plus attachants du livre. Jelmad r\u00e9sume lui-m\u00eame cette orientation en affirmant que le comportement royal contribue \u00e0 transformer le pouvoir en \u00ab concept de service de la Nation \u00bb (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Religion, savoir et lutte contre l\u2019extr\u00e9misme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le troisi\u00e8me chapitre approfondit la dimension religieuse de cette \u00e9thique en examinant le r\u00f4le du Coran, de la Sunna, des <em>Dourous Hassania<\/em>, de la Fondation Mohammed VI des Oul\u00e9mas Africains et des institutions marocaines de formation religieuse. L\u2019id\u00e9e centrale est que l\u2019autorit\u00e9 religieuse ne doit pas \u00eatre abandonn\u00e9e aux interpr\u00e9tations radicales ou aux manipulations id\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jelmad insiste notamment sur la diffusion du Coran, la valorisation de son apprentissage et l\u2019effort de v\u00e9rification des traditions proph\u00e9tiques. Il pr\u00e9sente ces initiatives comme une forme d\u2019\u00ab \u00e9thique informationnelle et religieuse \u00bb, destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger la connaissance religieuse contre la d\u00e9sinformation et les interpr\u00e9tations extr\u00e9mistes (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette dimension est particuli\u00e8rement importante dans le contexte contemporain. Elle rejoint la conception marocaine de la <em>Wassatiyya<\/em>, qui cherche \u00e0 articuler fid\u00e9lit\u00e9 religieuse, mod\u00e9ration et ouverture. Le m\u00e9rite de Jelmad est ici de replacer les institutions religieuses marocaines dans une r\u00e9flexion plus vaste sur la pr\u00e9vention de l\u2019extr\u00e9misme : l\u2019\u00e9radication des radicalismes ne peut pas seulement relever de la s\u00e9curit\u00e9 ; elle suppose aussi une bataille intellectuelle autour de l\u2019interpr\u00e9tation, de l\u2019\u00e9ducation et de la transmission du savoir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019IER : quand l\u2019\u00e9thique rencontre la m\u00e9moire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le quatri\u00e8me chapitre, consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019Instance \u00c9quit\u00e9 et R\u00e9conciliation (IER), est sans doute l\u2019un des plus substantiels sur le plan politique. Jelmad interpr\u00e8te la cr\u00e9ation de l\u2019IER en 2004 comme un acte de \u00ab courage institutionnel \u00bb, de responsabilit\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9 (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette lecture b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un solide ancrage factuel. Le Conseil national des droits de l\u2019Homme rappelle que l\u2019IER fut officiellement instaur\u00e9e le 7 janvier 2004 comme m\u00e9canisme de justice transitionnelle, avec pour mandat de contribuer au r\u00e8glement des violations graves des droits humains commises dans le pass\u00e9. (<a href=\"https:\/\/www.cndh.ma\/fr\/instance-equite-et-reconciliation?utm_source=chatgpt.com\">CNDH<\/a>) Human Rights Watch a \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 sa cr\u00e9ation comme une avanc\u00e9e majeure dans la r\u00e9gion, notamment en raison de son mandat portant sur les disparitions forc\u00e9es, les d\u00e9tentions arbitraires, la r\u00e9paration et la pr\u00e9vention de la r\u00e9p\u00e9tition des abus. (<a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/report\/2005\/11\/27\/la-commission-marocaine-de-verite\/le-devoir-de-memoire-honore-une-epoque?utm_source=chatgpt.com\">Human Rights Watch<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jelmad voit dans ce processus une rupture avec la culture du silence et une tentative de transformer la m\u00e9moire douloureuse en instrument de r\u00e9conciliation nationale. Cette interpr\u00e9tation est convaincante, m\u00eame si un compte rendu acad\u00e9mique doit rappeler que le bilan de l\u2019IER demeure discut\u00e9 dans la litt\u00e9rature sur la justice transitionnelle, notamment concernant la question de l\u2019impunit\u00e9 et la mise en \u0153uvre de certaines recommandations. Cette nuance ne diminue pas l\u2019importance historique du processus ; elle permet plut\u00f4t de l\u2019inscrire dans un d\u00e9bat scientifique plus large.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le \u00ab pragmatisme humaniste \u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cinqui\u00e8me chapitre constitue le c\u0153ur empirique du livre. Jelmad y rassemble un vaste \u00e9ventail de politiques publiques et d\u2019initiatives internationales : r\u00e9forme de la Moudawana, INDH, protection sociale, politique migratoire, sant\u00e9, pluralisme religieux, gestion des crises, action humanitaire en Afrique, soutien \u00e0 la Palestine et diplomatie environnementale (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le concept de \u00ab pragmatisme humaniste \u00bb est particuli\u00e8rement heureux. Il sugg\u00e8re que l\u2019\u00e9thique ne doit pas rester une abstraction philosophique : elle doit produire des politiques, des institutions et des r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9forme de la Moudawana de 2004 appara\u00eet ici comme un exemple majeur de cette volont\u00e9 de concilier r\u00e9f\u00e9rence islamique et \u00e9volution sociale. L\u2019auteur insiste sur le recours aux <em>Maqasid<\/em> afin de pr\u00e9senter la r\u00e9forme comme une transformation interne de la tradition plut\u00f4t qu\u2019une simple importation normative. Cette question reste d\u2019une grande actualit\u00e9 puisque le d\u00e9bat marocain sur la r\u00e9forme du Code de la famille s\u2019est poursuivi au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De m\u00eame, l\u2019INDH illustre concr\u00e8tement le passage de la valeur de solidarit\u00e9 \u00e0 une politique publique structur\u00e9e. L\u2019initiative officielle articule effectivement d\u00e9veloppement humain, d\u00e9mocratie, droits sociaux, bonne gouvernance et reddition des comptes. (<a href=\"https:\/\/diplomatie.ma\/fr\/initiative-nationale-de-d%C3%A9veloppement-humain?utm_source=chatgpt.com\">Minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chapitre montre \u00e9galement que l\u2019auteur souhaite \u00e9largir l\u2019\u00e9thique royale au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales. L\u2019action africaine, la diplomatie humanitaire et la politique migratoire sont ainsi interpr\u00e9t\u00e9es comme des expressions d\u2019une \u00ab solidarit\u00e9 agissante \u00bb. Cette notion permet \u00e0 Jelmad de proposer une lecture de la diplomatie marocaine dans laquelle la puissance et la compassion ne seraient pas n\u00e9cessairement antinomiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Alg\u00e9rie, la \u00ab main tendue \u00bb et l\u2019\u00e9thique diplomatique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le septi\u00e8me chapitre est consacr\u00e9 \u00e0 la relation avec l\u2019Alg\u00e9rie et \u00e0 ce que Jelmad appelle la \u00ab doctrine de la main tendue \u00bb. L\u2019auteur interpr\u00e8te la retenue du discours royal, les appels au dialogue et les initiatives humanitaires comme l\u2019expression d\u2019une \u00e9thique de la patience strat\u00e9gique et de la fraternit\u00e9 historique (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette partie est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9latrice de la philosophie g\u00e9n\u00e9rale du livre : m\u00eame lorsque les rapports politiques sont conflictuels, Jelmad cherche \u00e0 identifier les espaces o\u00f9 une logique \u00e9thique pourrait emp\u00eacher la confrontation de devenir irr\u00e9versible. La paix n\u2019est donc pas pr\u00e9sent\u00e9e comme une faiblesse mais comme une forme sup\u00e9rieure de responsabilit\u00e9 politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette perspective donne \u00e0 l\u2019ouvrage une dimension maghr\u00e9bine bienvenue. Dans une r\u00e9gion marqu\u00e9e par les rivalit\u00e9s, les fronti\u00e8res ferm\u00e9es et les tensions g\u00e9opolitiques, rappeler l\u2019existence d\u2019une histoire et d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment imbriqu\u00e9es constitue en soi un appel \u00e0 d\u00e9passer les logiques de confrontation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une lecture \u00e9thique de la question du Sahara<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le huiti\u00e8me chapitre poursuit cette r\u00e9flexion \u00e0 travers les populations des camps de Tindouf et la politique marocaine de r\u00e9conciliation. L\u2019auteur mobilise ici les notions de cl\u00e9mence, de dignit\u00e9, de responsabilit\u00e9 et de d\u00e9veloppement territorial. Il pr\u00e9sente notamment le Nouveau Mod\u00e8le de D\u00e9veloppement des Provinces du Sud comme une \u00ab \u00e9thique de la preuve \u00bb : \u00e0 la contestation politique, il oppose la construction d\u2019un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement susceptible d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie et les perspectives \u00e9conomiques des populations (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette approche est coh\u00e9rente avec la philosophie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019ouvrage, m\u00eame si elle gagnerait, dans une \u00e9dition scientifique ult\u00e9rieure, \u00e0 \u00eatre confront\u00e9e plus syst\u00e9matiquement aux analyses provenant de perspectives diff\u00e9rentes sur la question du Sahara. Une telle ouverture renforcerait pr\u00e9cis\u00e9ment la d\u00e9monstration de Jelmad en montrant comment une \u00e9thique politique peut dialoguer avec des lectures concurrentes du m\u00eame conflit.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La gr\u00e2ce royale : droit, cl\u00e9mence et seconde chance<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chapitre consacr\u00e9 \u00e0 la gr\u00e2ce royale apporte une autre dimension originale \u00e0 l\u2019ouvrage. Jelmad y voit une articulation entre la rigueur du droit et la mis\u00e9ricorde, entre justice et r\u00e9insertion, entre autorit\u00e9 et pardon. Il rappelle que la gr\u00e2ce constitue une pr\u00e9rogative constitutionnelle du Roi, pr\u00e9vue par l\u2019article 58 de la Constitution, mais souhaite en explorer surtout la signification morale (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette lecture permet \u00e0 l\u2019auteur de d\u00e9velopper une philosophie de la \u00ab seconde chance \u00bb. Le d\u00e9tenu n\u2019est pas seulement consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 travers la faute qu\u2019il a commise ; il peut \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9 dans sa capacit\u00e9 \u00e0 changer, \u00e0 apprendre et \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est l\u00e0 encore une id\u00e9e forte : l\u2019autorit\u00e9 n\u2019est pas seulement celle qui sanctionne ; elle peut aussi \u00eatre celle qui pardonne. Le sceptre trouve alors son contrepoids dans la vertu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une \u0153uvre engag\u00e9e qui gagnerait encore \u00e0 dialoguer avec la critique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le principal m\u00e9rite de <em>Le Sceptre et la Vertu<\/em> r\u00e9side finalement dans son ambition. L\u2019auteur ne pr\u00e9tend pas offrir une lecture froide et d\u00e9sincarn\u00e9e de la monarchie marocaine. Son objectif est explicitement de contribuer \u00e0 une \u00ab litt\u00e9rature monarchique renouvel\u00e9e \u00bb et de mettre en lumi\u00e8re la singularit\u00e9 du mod\u00e8le marocain (Jelmad, 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette orientation assum\u00e9e constitue \u00e0 la fois la force et la principale limite m\u00e9thodologique du livre. Sa force, parce que l\u2019auteur \u00e9crit avec conviction, connaissance du sujet et attachement manifeste \u00e0 son objet. Sa limite, parce que certaines affirmations sont formul\u00e9es dans un registre parfois tr\u00e8s affirmatif et gagneraient \u00e0 \u00eatre davantage confront\u00e9es \u00e0 la litt\u00e9rature critique, aux donn\u00e9es statistiques et aux interpr\u00e9tations contradictoires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais cette r\u00e9serve ne doit pas masquer la valeur intellectuelle du projet. Un ouvrage peut \u00eatre engag\u00e9 tout en \u00e9tant utile \u00e0 la recherche, \u00e0 condition que son engagement soit explicite. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le cas ici. Jelmad ne dissimule pas son intention : il souhaite contribuer \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension de la monarchie marocaine et r\u00e9pondre \u00e0 ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une litt\u00e9rature parfois excessivement n\u00e9gative ou r\u00e9ductrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une prochaine \u00e9dition, l\u2019ouvrage pourrait cependant \u00eatre encore enrichi par une m\u00e9thodologie plus explicitement comparative : comparaison avec d\u2019autres monarchies constitutionnelles, analyse syst\u00e9matique des discours royaux sur plusieurs d\u00e9cennies, donn\u00e9es empiriques sur les politiques publiques, et dialogue plus nourri avec les chercheurs qui portent un regard critique sur le r\u00e9gime. Cette ouverture ne ferait pas dispara\u00eetre la th\u00e8se de l\u2019auteur ; elle lui donnerait au contraire davantage de profondeur scientifique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion : le pouvoir comme responsabilit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au terme de la lecture, <em>Le Sceptre et la Vertu<\/em> appara\u00eet comme un plaidoyer pour une conception responsable du pouvoir. Mohammed Jelmad propose de regarder la monarchie marocaine non seulement \u00e0 travers ses institutions, ses pr\u00e9rogatives ou ses r\u00e9alisations, mais \u00e0 travers le syst\u00e8me de valeurs qu\u2019elle revendique et les actes par lesquels elle tente de les traduire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le titre de l\u2019ouvrage prend alors tout son sens. Le \u00ab sceptre \u00bb symbolise l\u2019autorit\u00e9, la continuit\u00e9, la souverainet\u00e9 et la capacit\u00e9 d\u2019arbitrage ; la \u00ab vertu \u00bb repr\u00e9sente la limite morale de cette autorit\u00e9 : justice, dignit\u00e9, solidarit\u00e9, compassion, tol\u00e9rance, r\u00e9conciliation et responsabilit\u00e9. L\u2019enjeu fondamental est donc celui de la transformation du pouvoir en service.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La v\u00e9ritable originalit\u00e9 du livre est peut-\u00eatre l\u00e0. Dans un monde politique souvent domin\u00e9 par la communication, la polarisation et la recherche de l\u2019efficacit\u00e9 imm\u00e9diate, Jelmad rappelle que la politique demeure aussi une affaire de valeurs. Il invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une question ancienne mais toujours actuelle : <strong>qu\u2019est-ce qui rend le pouvoir l\u00e9gitime lorsqu\u2019il d\u00e9passe la simple l\u00e9galit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa r\u00e9ponse est claire : la l\u00e9gitimit\u00e9 durable se nourrit de la confiance, de la responsabilit\u00e9 et de l\u2019\u00e9thique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 travers ses huit chapitres, l\u2019ouvrage construit ainsi une v\u00e9ritable grammaire morale de la monarchie marocaine contemporaine : \u00e9thique du discours, \u00e9thique du comportement, \u00e9thique religieuse, \u00e9thique de la m\u00e9moire, \u00e9thique sociale, \u00e9thique humanitaire, \u00e9thique diplomatique, \u00e9thique de la cl\u00e9mence et \u00e9thique de la r\u00e9conciliation. Cette architecture donne au livre une unit\u00e9 remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9finitive, <em>Le Sceptre et la Vertu<\/em> est un ouvrage de conviction, mais \u00e9galement un ouvrage d\u2019interrogation. Il invite le lecteur \u00e0 consid\u00e9rer que la modernit\u00e9 politique marocaine peut \u00eatre comprise comme une recherche permanente d\u2019\u00e9quilibre entre tradition et r\u00e9forme, autorit\u00e9 et responsabilit\u00e9, spiritualit\u00e9 et universalit\u00e9, souverainet\u00e9 et humanisme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait son int\u00e9r\u00eat et, au-del\u00e0 de ses limites, sa sympathie intellectuelle. Mohammed Jelmad ne cherche pas simplement \u00e0 d\u00e9crire une monarchie ; il cherche \u00e0 en d\u00e9gager une philosophie. Son livre constitue d\u00e8s lors une contribution stimulante \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la monarchie marocaine contemporaine et \u00e0 la r\u00e9flexion plus g\u00e9n\u00e9rale sur le rapport entre pouvoir, \u00e9thique et l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Berdouzi, M. (2012). <em>Destin\u00e9es d\u00e9mocratiques : R\u00e9formes, enjeux et perspectives au Maroc<\/em>. \u00c9ditions du Conseil national des droits de l\u2019Homme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Conseil national des droits de l\u2019Homme. (2004\u20132005). <em>Instance \u00c9quit\u00e9 et R\u00e9conciliation<\/em>. CNDH. (<a href=\"https:\/\/www.cndh.ma\/fr\/instance-equite-et-reconciliation?utm_source=chatgpt.com\">CNDH<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">El-Aoufi, N., &amp; Bensa\u00efd, M. (2010). <em>Le Maroc social : Chantiers de d\u00e9veloppement humain et de protection sociale<\/em>. Association Marocaine des Sciences \u00c9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">F\u00e9d\u00e9ration internationale des ligues des droits de l\u2019Homme. (2005). <em>Lutte contre l\u2019impunit\u00e9, Instance \u00c9quit\u00e9 et R\u00e9conciliation et Cour p\u00e9nale internationale<\/em>. FIDH. (<a href=\"https:\/\/www.fidh.org\/fr\/regions\/maghreb-moyen-orient\/maroc\/Lutte-contre-l-impunite-Instance?utm_source=chatgpt.com\">FIDH<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Human Rights Watch. (2005). <em>La commission marocaine de v\u00e9rit\u00e9 : Le devoir de m\u00e9moire honor\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque incertaine<\/em>. Human Rights Watch. (<a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/report\/2005\/11\/27\/la-commission-marocaine-de-verite\/le-devoir-de-memoire-honore-une-epoque?utm_source=chatgpt.com\">Human Rights Watch<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jelmad, M. (2026). <em>Le Sceptre et la Vertu : L\u2019imp\u00e9ratif \u00e9thique sous le r\u00e8gne de Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI<\/em> [Ouvrage fourni pour compte rendu].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Royaume du Maroc. (s. d.). <em>Initiative Nationale de D\u00e9veloppement Humain (INDH)<\/em>. Royaume du Maroc. (<a href=\"https:\/\/diplomatie.ma\/fr\/initiative-nationale-de-d%C3%A9veloppement-humain?utm_source=chatgpt.com\">Minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Opgenhaffen, V., &amp; Freeman, M. (2005). <em>Transitional justice in Morocco: A progress report<\/em>. International Center for Transitional Justice. (<a href=\"https:\/\/www.ictj.org\/ar\/node\/9310?utm_source=chatgpt.com\">Centre international de justice transitionnelle<\/a>)o<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Royaume du Maroc. (2011). <em>Constitution du Royaume du Maroc<\/em>. Bulletin officiel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vermeren, P. (2011). <em>Le Maroc de Mohammed VI : La transition inachev\u00e9e<\/em>. La D\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9f\u00e9rence au manuscrit recens\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jelmad, M. (2026). <em>Le Sceptre et la Vertu : L\u2019imp\u00e9ratif \u00e9thique sous le r\u00e8gne de Sa Majest\u00e9 le Roi Mohammed VI<\/em>. Manuscrit, 26 pages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Mohamed Chtatou, Professeur d\u2019universit\u00e9, consultant international en \u00e9ducation et analyste politique pour la r\u00e9gion MENA<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La v\u00e9ritable originalit\u00e9 de l\u2019ouvrage de Mohammed Jelmad:\u00a0\u00bb Le Sceptre et la Vertu\u00a0\u00bb\u00a0 est peut-\u00eatre l\u00e0. Dans un monde politique souvent domin\u00e9 par la communication, la polarisation et la recherche de l\u2019efficacit\u00e9 imm\u00e9diate, Jelmad rappelle que la politique demeure aussi une affaire de valeurs. 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