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L’Ingénierie de l’Action Royale au Maroc: Rituel Institutionnel Gouvernance Réticulaire et Régulation Systémique (1) – par Mohammed Jelmad

Ce nouveau travail s’inscrit dans le cadre de mon humble contribution patriotique pour la consolidation de la stabilité institutionnelle et la promotion de la doctrine monarchique marocaine à travers l’analyse académique et doctrinale de la Commanderie des Croyants (Imarat Al Mouminine). Peut-être qu’il est nécessaire de rappeler que les institutions constitutionnelles et religieuses du Royaume du Maroc font régulièrement l’objet de publications et d’analyses critiques émanant de réseaux de recherche étrangers ou de milieux d’opposition. Ces écrits visent fréquemment à altérer la perception du modèle politique marocain en remettant en cause la légitimité ou l’efficacité de ses fondements sacrés et étatiques. Face à ces narratifs, la réponse purement administrative ou événementielle reste insuffisante. Une riposte doctrinale, scientifique et rigoureuse est indispensable pour investir le champ du débat intellectuel international et national.

Cette étude répond aussi à une urgence mémorielle et civique face à une forme d’amnésie générationnelle naissante : celle de la perte de vitesse des grands symboles politiques et culturels auprès de la jeunesse. Alors que l’engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu l’assiste– trouve son incarnation concrète dans les Fondations royales et le parrainage d’initiatives stratégiques — moteurs essentiels du développement humain, de la solidarité et de la modernisation du pays —, ces actions, tout comme la portée symbolique des fêtes nationales, sont, aujourd’hui, banalisées ou du moins perçues comme de simples rituels institutionnels dénués de sens profond. En mettant en lumière la complémentarité entre l’action sociale de la Monarchie et la dimension nationaliste portée par les commémorations patriotiques, ce travail vise à déconstruire cette banalisation progressive. Il s’agit de réexpliquer, en particulier aux jeunes générations, comment ces institutions et ces célébrations constituent le socle de l’identité collective marocaine, unissant tradition, cohésion sociale et projet de société pour l’avenir.


Introduction

     Dans la théorie de l’État comme dans la sociologie des institutions politiques, la légitimité du pouvoir ne réside pas uniquement dans la froideur de son armature juridique ou constitutionnelle. Elle se nourrit, s’entretient et se régénère à travers une double dynamique : celle de l’effectivité et de l’efficience d’abord et celle, ensuite de la connaissance et de la compréhension de la grammaire symbolique.

Dans Notre pays, le Royaume du Maroc Chérifien portant l’empreinte indélébile d’une continuité étatique séculaire et d’une ingénierie institutionnelle singulière, l’exercice de la Fonction Royale constitue l’illustration expresse de cette dualité. Sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI– que Dieu le préserve- la dynamique de l’État s’articule autour de deux piliers complémentaires : l’action sociale de proximité portée dans ses plus fortes et profondes expressions par les Fondations Royales et le parrainage des grands chantiers de la Nation, ainsi que par la ritualisation de la mémoire collective à travers la célébration des fêtes nationales.

De ce fait, pour saisir la portée générale de ce modèle de gouvernance, il faudrait analyser la synergie entre ces deux modes d’intervention régalienne, lesquels conjuguent efficacité opérationnelle contemporaine et  revitalisation du contrat social historique qui unit le Glorieux Trône Alaouite au fidèle peuple marocain.

D’une part, l’essor des Fondations Royales (telles que la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement ou la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus…etc) et le Haut Parrainage Royal direct incarnent une mutation profonde de la praxis Monarchique. Érigées en véritables leviers d’ingénierie sociale et d’action stratégique, ces structures permettent d’apporter de la souplesse, de la réactivité et une efficacité de terrain face aux urgences socio-économiques et aux défis de la modernisation. Loin de se substituer à l’action gouvernementale, le Haut Patronage et la tutelle de ces Fondations traduisent une « Monarchie de Proximité » et un « État-Providence Régalien ». Ils placent la dignité humaine, la justice spatiale et la valorisation du capital humain au cœur de la vision Royale, érigeant le Souverain en garant ultime de la cohésion et de la solidarité nationale.

D’autre part, la symbolique des fêtes nationales (Fête du Trône, Révolution du Roi et du Peuple, Fête de l’Indépendance, Marche Verte, Fête de la Jeunesse, entre autres) agit comme le conservatoire vivant de la mémoire et de la continuité institutionnelle du Royaume. A mon avis, il serait réducteur de dire que ces commémorations relèvent de la simple parenthèse calendaire ; En fait, elles la dépassent pour constituer des rituels politiques majeurs permettant le renouvellement du pacte historique unissant le Trône et le Peuple. À travers des actes hautement porteurs de sens, tels que la prestation de la Bay’a, la prononciation des Discours Royaux traçant les orientations stratégiques de la Nation ou l’octroi des grâces, ces événements consacrent l’unité nationale et territoriale, la souveraineté retrouvée et la projection vers l’avenir.

L’intérêt scientifique de cette étude réside précisément dans la jonction de ces deux thématiques en apparence distinctes, mais fondamentalement interdépendantes. Mais comment les Fondations et le Parrainage royaux, en tant qu’instruments d’action concrète et de solidarité, s’articulent-ils avec la charge symbolique des fêtes nationales pour consolider la légitimité de l’État et renforcer le contrat social ?

Cette recherche, qui s’inscrit dans ce que j’ai appelé, dans mes écrits précédents, la promotion d’une littérature monarchique moderne, se propose- humblement- de démontrer, aux jeunes générations, que l’action sociale du Souverain et la ritualisation des célébrations nationales forment les deux faces d’une même médaille : un système de gouvernance intégré où la mémoire historique alimente le projet de société moderne, et où l’action de terrain légitime et pérennise la sacralité du pacte national.

(A suivre)

Mohammed Jelmad, docteur en droit public

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