Australie : des chercheuses alertent sur les effets de l’islamophobie sur les enfants musulmans

Deux chercheuses et auteures australiennes, Derya Iner et Linda Briskman, ont alerté sur les conséquences de l’islamophobie sur les enfants musulmans en Australie, notamment dans les espaces scolaires et publics.
Dans une tribune publiée le 21 septembre 2026 par ABC Religion & Ethics, les deux chercheuses rapportent plusieurs situations d’insultes et de discriminations auxquelles des enfants musulmans peuvent être confrontés à l’école, dans les transports publics et dans d’autres espaces de la vie quotidienne.
Elles citent notamment le cas d’une adolescente musulmane de 13 ans à Sydney, qui aurait été agressée verbalement dans un bus alors qu’elle rentrait de l’école. Portant le hijab, la jeune fille aurait notamment été traitée de « terroriste » par un homme. Selon les éléments rapportés, la police de Nouvelle-Galles du Sud a ouvert une enquête et un homme de 50 ans a par la suite été arrêté et inculpé dans cette affaire.
Derya Iner et Linda Briskman s’appuient également sur des recherches menées auprès de parents et d’enseignants en Nouvelle-Galles du Sud et dans l’État de Victoria. Ces travaux montrent, selon elles, que certains enfants peuvent chercher à dissimuler leur identité religieuse ou éviter de parler d’expériences islamophobes afin de ne pas inquiéter leurs parents.
Les deux auteures soulignent que l’exposition répétée à des comportements hostiles peut avoir des répercussions sur le sentiment de sécurité et d’appartenance des enfants musulmans.
Elles citent par ailleurs des données de l’Islamophobia Register Australia, reprises par ABC, selon lesquelles le nombre moyen d’incidents islamophobes signalés serait passé de 2,5 à 18 par semaine en l’espace de trois ans, soit une progression de 612 %. Le registre indique également que les femmes et les enfants figurent parmi les groupes fréquemment ciblés.
À travers leur analyse, les deux chercheuses mettent ainsi en lumière la question de l’impact de l’islamophobie sur les jeunes musulmans et la nécessité, selon leur tribune, de mieux prendre en compte leurs expériences dans les politiques et dispositifs de lutte contre les discriminations.



