Commanderie des Croyants : Restructuration du champ religieux au profit de l’unité et de la paix spirituelle -Par Mohammed Jelmad
L’engagement royal à réformer le champ religieux traduit un souci d’attachement à l’unité doctrinale de la Oumma qui n’a d’égal que l’impératif constitutionnel de préservation de l’unité nationale.
« Depuis que Nous avons assumé les charges d’Amir Al Mouminine, Nous astreignant au pacte sacré de l’allégeance et aux devoirs qui en découlent d’assurer la protection de la religion et de ses adeptes, Nous avons constamment porté la plus haute attention aux affaires religieuses, veillant à ce que les institutions qui s’en occupent s’acquittent au mieux des missions qui leur sont dévolues et que la situation des personnes qui en ont la charge reçoive toute l’attention voulue. Notre démarche s’inscrit dans le prolongement de la voie que Nos vénérés ancêtres avaient empruntée pour préserver la sécurité spirituelle du Maroc et l’unité du rite Malékite ».
Extrait du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu le préserve- le 30 Avril 2004 relatif à la restructuration du champ religieux au Maroc
L’engagement royal à réformer le champ religieux traduit un souci d’attachement à l’unité doctrinale de la Oumma qui n’a d’égal que l’impératif constitutionnel de préservation de l’unité nationale. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les réformes relatives à la rénovation des structures du Conseil Supérieur des Oulémas, la mise à niveau des Imams, la valorisation du rôle des mosquées et l’intérêt accordé aux savantes dans le domaine de la vie familiale et de la prise en charge des questions propres à la femme. Sur le plan des médias, les chaines de radio et de télévision Mohammed VI du saint Coran, créées à l’initiative de Sa Majesté le Roi-Amir Al Mouminine-connaissent un sucée incontestable et un rayonnement qui dépasse les frontières du Royaume.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI –Que Dieu le protège– s’est également intéressé à la réhabilitation de l’enseignement originel et des écoles coraniques en termes de consécration solennelle de leur rôle important en matière d’encadrement religieux. Les causeries religieuses que préside –chaque mois de Ramadan-
Sa Majesté le Roi, Amir Al Mouminine, démontrent également la sollicitude dont le Souverain entoure le culte musulman. Ces causeries ont confirmé la singularité du Royaume en tant que pays de rayonnement d’un Islam tolérant et modéré; De même qu’elles ont connu sous l’ère de Sa Majesté le Roi Mohamed VI –Que Dieu le garde- un renouveau qualitatif avec la mise à contribution de la femme savante.
Fidèle à cette approche novatrice en matière religieuse, Sa Majesté le Roi Mohammed VI-que Dieu l’assiste- a présidé le vendredi 12 juin 2014 la cérémonie de présentation du «plan de soutien» à l’encadrement religieux au niveau local. Ce plan met davantage en relief l’exceptionnalité du modèle marocain de gestion de la chose religieuse, et qui suscite l’intérêt au double plan continental et international.
Un communiqué du Cabinet Royal souligne que ce plan vise à prémunir les mosquées de toute exploitation et à améliorer le niveau de qualification au service des valeurs religieuses notamment celle relatives à la citoyenneté, et ce en conformité avec les principes du rite Malékite que les marocains ont adoptés.
Par ailleurs, l’occupation du champ religieux par la Monarchie est marquée par une gestion rationnelle et plus ouverte du fait religieux.
- Les fondements de la légitimité religieuse :
Le modèle califale et le pacte d’allégeance démontrent la centralité de la religion dans le dispositif de légitimation de la monarchie. L’existence de l’institution califale est indispensable pour éviter la fitna, synonyme d’anarchie politique et religieuse. D’ou la nécessité de son omnipotence dans la mesure où il s’agit d’un vicariat de Dieu3.
Le Roi : Amir Al Mouminine :
Il s’agit d’un des attributs fondamentaux de la Royauté qui fait de son titulaire, le Monarque, le support d’une légitimité religieuse. Il est le chef d’une communauté des croyants, qui est, essentiellement et conformément à la vision islamique, une communauté politique.
A ce titre, il est le gardien actif du consensus des musulmans, qui attribue un sens à la vie d’une collectivité, dont l’invariant culturel fondamental, est le sunnisme. Il dispose donc de pouvoirs qui ne sont pas illimités parce que devant être exercés conformément au Coran, à la Sunna mais dont l’interprétation qui en a été globalement donnée est assez large.
C’est en ces termes précédents qu’Abdellatif Mennouni commente le qualificatif « Amir Al Mouminine » attribué au Roi du Maroc et qui consolide la tradition marocaine en matière de culte musulman.
L’article 41 de la constitution est ainsi rédigé « Le Roi Amir Al Mouminines, veille au respect de l’Islam. Il est le garant du libre exercice des cultes. Il préside le conseil supérieur des Oulémas, chargé de l’étude des questions qu’il lui soumet. Le conseil est la seule instance habilitée à prononcer les consultations religieuses(Fatwas) officiellement agréées, sur les questions dont il est saisi et ce, sur la base des principes, préceptes et desseins tolérants de l’Islam. Les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement du conseil sont fixées par dahir. Le Roi exerce par dahirs les prérogatives religieuses inhérentes à l’institution d’Imarat Al Mouminine qui lui sont conférées de manière exclusive par le présent article. »
Cette disposition constitutionnelle est chargée d’une symbolique religieuse très puissante qui place le Souverain dans la constitution et au dessus d’elle, en lui assurant la sacralité de ses pouvoirs spirituel et temporel. Cette sacralité concerne également la personne physique du Souverain5, qui est ainsi à l’abri de toute atteinte physique et morale et de toute poursuite judiciaire sous peine de sanctions prévues par le code pénale.
Il ne peut faire l’objet de critique ni être représenté d’une façon caricaturale. Les actes et les édits royaux (Dahirs et messages) ne doivent, sous aucune forme, être critiqués et sont inattaquables pour excès de pouvoir.
L’essence de cette sacralité d’Amir Al Mouminine trouve ses origines dans l’acte d’allégeance qui unit le peuple marocain à son Roi. Cet acte n’admet aucune atteinte au risque d’enfreindre une loi divine et de désacraliser une figure de piété islamique.
Cette conception est confortée par l’unanimité des grands Imams et de la communauté musulmane sur la légitimité juridique de l’intronisation de l’Imam et de l’installation du Califat6. Ils se sont référés à la parole de Dieu : « Et lorsque le seigneur dit aux anges: Je vais designer un lieutenant sur la terre ».
La parole du prophète met également en relief l’importance des imams et le respect qui leur est dû. Ceci se trouve dans plusieurs hadiths tels : « Le sultan est l’ombre de Dieu sur terre » Ou encore celui qui rend hommage au Sultan sur cette terre, Dieu l’honorera au jour du jugement dernier » ; de même que « Celui qui manque au respect retrouvera Dieu le jour du jugement dernier sans aucune preuve en sa faveur, celui qui meurt sans avoir prêté allégeance, meurt dans l’obscurité ».
Le prophète a également dit que « celui qui ne supporte pas un acte de son prince, qu’il prenne patience, car celui qui se met un tant soi peu en dehors de l’autorité du Sultan, meurt dans l’ignorance ».
Par ailleurs, ce qui caractérise le système politique marocain par rapport à d’autres, c’est la désignation du chef de l’Etat qui n’obéit pas à des élections au suffrage universel mais plutôt au facteur principal de la « Chérifibilité ». Certains légistes affirment que le chef de l’Etat doit appartenir à la tribu des Koraïchites, et qu’il s’agit d’une loi valable en tous lieux et en tous temps.
La dynastie Alaouite jouit d’un référent généalogique impliquant une relation directe avec le prophète qui fait l’unanimité de la Umma. La désignation du Commandeur des Croyants ne pose aucun problème au Maroc. Elle participe de l’adhésion de la communauté au pacte d’allégeance qui unit le Roi au peuple et qui est compatible avec les principes de la sharià.
Le statut d’Amir Al Mouminine confère à Sa Majesté le Roi l’exercice de plusieurs compétences dans le domaine religieux. Outre le fait d’assurer la continuité de la confessionnalité islamique de l’Etat, de diriger la prière et le pèlerinage, le Souverain qui «veille au respect de l’Islam » définit par dahir, et non par décrets, l’organisation et les attributions du ministère des Habous et des Affaires Islamiques, et il est la seule autorité habilité à créer des institutions religieuses (Conseil Supérieur des Oulémas).
Du point de vue sociologique, Le statut de Commandeur des Croyants répond également au besoin de la collectivité d’entretenir le sentiment de cohésion et d’unité. C’est dans cette approche unificatrice, pacifiste et pacifiante que s’inscrit l’adoption par le Royaume du rite Malékite qui constitue un patrimoine civilisationnel et social et une identité religieuse unifiante.
Avec l’intronisation de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI- que Dieu le préserve- ayant apporté un lot de changement, l’institution de la Bey’a, qui fût le premier acte d’investiture du nouveau Souverain, a subi une évolution remarquable.
L’immédiateté, la forte codification, le rang hiérarchique de ceux qui viennent procéder à la Bey’a au nouveau Monarque, son contenu, tout montre alors le sens particulier qu’elle revêt : un sens novateur parce que les corps constitués, l’armée, les partis, les mouvements de femmes prennent rang avant les oulémas.
En somme, la Bey’à, sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI- Que Dieu le protège- traduit l’évolution et la modernisation de la société. Elle n’est pas survivance protocolaire et archaïque.
On ne pouvait mieux décrire l’apparente émergence d’une nouvelle conception de l’allégeance. La Bey’à qui revêt, toujours, un caractère contractuelle, n’est pas exclusivement religieuse. Son impact et son sens se sont trouvés davantage renforcés par la proximité du Roi au peuple- revigoré par l’espoir- et les visites du Souverain dans plusieurs villes du Royaume.
Les signes d’une volonté progressive d’affranchissement des comportements imposés par les interprétations religieuses vont se multiplier. Le désintéressement – certes relatif – du Souverain pour le rituel du baisemain, traduisant un pouvoir paternaliste et un serment de fidélité, la célébration de la cérémonie du mariage de Sa Majesté et surtout l’apparition au public de l’épouse du Roi, ont été autant de signes vite assimilés à une rupture avec les procédés makhzeniens, marqués par une religiosité rigoureuse, et l’amorce d’une modernité annonciatrice d’une véritable transition démocratique.
Le Souverain a bien signifié d’une manière claire et sans équivoque son intention et sa volonté de gouverner selon ses propres convictions et entend imposer son style. Et pour bien montrer la voie, Sa Majesté avait déclaré à Charles Lombroschini : « Mon rythme est celui du Maroc. Ce n’est pas nécessairement le même que celui que veulent nous imposer, avec arrogance et ignorance, certains observateurs transformés en procureurs. Depuis leurs cafés du commerce, ces gens veulent mettre le Maroc et son Roi au diapason de leur propre fantasme. Ce temps est révolu ».
Cette évolution, interprétée en termes d’adaptation de l’orthodoxie religieuse à la modernité, ne peut en aucun cas altérer le caractère sacré, et la solidité du lien d’allégeance placé à l’unanimité au dessus de toute considération politique et de toute surenchère.
Abdelkbir Alaoui Mdaghri en donne l’illustration extrême en se référant à l’histoire proche du Maroc, lorsque feu Sa Majesté le Roi Mohammed V s’était sacrifié lui, sa famille, et son trône , pour ne pas trahir le serment qui le liait à ses sujets; de même que le peuple a préféré la souffrance, et la mort, pour ne pas trahir, non plus, son serment qui le liait à son Roi légitime, auquel il avait prêté allégeance selon le livre de Dieu, et la tradition de son prophète.
- L’encadrement du champ religieux :
La gestion du fait religieux a été longtemps dominée par les préoccupations sécuritaires. La conjonction de la révolution Islamique en Iran et des événements que connurent les villes de Casablanca, Nador et Marrakech en 1984 a été suffisamment convaincante pour que le pouvoir porte son attention sur le phénomène Islamiste, et décide de le soumettre au contrôle par le biais d’une restructuration du champ religieux.
Le pouvoir était devenu conscient qu’il devait recourir à d’autres éléments pour renforcer sa stratégie de contrôle, face à la montée de l’islamisme politique qui risquait de remettre en cause les règles établies jusque-là et respectées.
Cette prise de conscience allait donner naissance à une nouvelle approche d’assimilation positive du mouvement islamiste, traduite par cette déclaration de l’ancien ministre des Habbous à l’occasion de l’ouverture de la première session de l’université d’été sur le réveil islamique en Septembre 1990:” Il nous faut absolument nous intéresser au réveil islamique sans nous y opposer ou combattre ses parasites, comme d’autres l’on fait dans certains pays musulmans par ignorance de la religion, de la politique et de la morale (…) Il faut considérer ce mouvement comme un élément positif pouvant servir à réformer la société”. Cette approche ne pouvait être complétée qu’en œuvrant “progressivement par le biais de l’éducation et de l’enseignement religieux (…) afin de nous rassurer sur notre religion, que certains veulent présenter comme figée, en la réduisant
au monothéisme et à la jurisprudence”. L’encadrement du champ religieux sera imprégné par la nouvelle vision moderniste que Sa Majesté le Roi Mohammed VI cultive des rapports entre Islam, monde et politique. Une vision qui a constituée jusqu’à présent un rempart contre les velléités déviationnistes tout en préservant l’identité collective du peuple marocain. Ainsi, Sa Majesté le Roi Mohammed VI-que Dieu le Protége- a mis en place un vaste programme de réformes visant la modernisation des institutions religieuses avec pour, entre autres objectifs, le renforcement de la sécurité spirituelle des marocains, la protection de la jeunesse des extrémismes et la préservation de la personnalité religieuse de la Nation dans le respect des autres convictions religieuses.
1- L’organisation du corps des Ouléma :
Elle a consisté à créer une structure pyramidale qui englobe tous les Oulémas. Cette structure comprend un conseil supérieur des Oulémas présidé par le Roi et plusieurs conseils régionaux.16 Elle est appelée à faire face au défi islamiste, et de soutenir la surenchère idéologique, en évitant de succomber à toute tentation politique; la mise en garde vint du Souverain lui même : “ Nous devons passer à l’exécution, mais attention aux déviations sous la pression des facteurs conjoncturels ou passionnels ( … ) attention à ne pas être emportés par les courants de la passion ou de la conjecture ( … ) la mise en garde est le devoir du père, du roi et du commandeur des croyants”.
L’organisation du corps des Oulémas s’est concrétisée également par la création du conseil supérieur et des conseils régionaux des Oulémas, en vertu du dahir du 8 avril 1981. Ce dahir, qui met d’abord en relief le statut d’Amir Al Mouminine, détermine la mission dont les Oulémas sont investis. Ceux ci sont ainsi tenus de faire connaître l’Islam et montrer que son enseignement répond aux besoins de l’humanité, en tout temps et en tout lieu, à la fois dans l’ordre spirituel et le domaine temporel.
Les oulémas doivent démontrer également que l’islam dispense de recourir à des doctrines ou idéologies qui ne présentent aucune affinité avec les valeurs qui constituent l’identité de la nation marocaine.
Après les événements d 16 mai, on a assisté à une valorisation du rôle des Ouléma par le biais d’une stratégie de dynamisation structurelle, et d’une participation effective à la gestion du fait religieux. C’est dans ce cadre qui s’inscrit le discours royal du Vendredi 30 avril 2004, prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a appréhendé le champ religieux dans ses pourtours spirituels et ses aspects organisationnels.
Fidèle à sa conception conciliatrice entre tradition et modernité, Sa Majesté le Roi- Que Dieu le protège- a demandé au Conseil Supérieur des Oulémas d’allier érudition religieuse et ouverture sur la modernité. Les conseils régionaux se sont vus chargés de l’instauration d’une action de proximité et d’attention surtout vis à vis des jeunes dont le besoin se fait lourdement sentir de protéger leur foi, et leur esprit contre les égarés et les mystificateurs. Le Souverain a par ailleurs invité “
La Rabita Mohammedia des Oulémas du Maroc “, à laquelle il a bien voulu donner son nom, à sortir de sa léthargie ; Sa Majesté a ainsi précisé que « (..) Dans la même volonté de réforme et de modernisation, nous avons créée la Ligue Mohammedia des Oulémas en remplacement de leur instance antérieure. Ce faisant, nous comptons fédérer au sein de cette nouvelle structure toutes les potentialités et les compétences religieuses que recèle notre pays. Notre souhait est que cette entité puisse remplir sa mission dans un esprit de complémentarité et en parfaite synergie avec les composantes de l’édifice religieux rénové, dont nous avons posé les jalons”.
La Rabita Mohammedia des Oulémas n’a pas tardé à mettre en exécution les orientations Royales qui lui permettent d’être un acteur actif dans le champ religieux, et contribuer à la promotion d’un Islam modéré. Ainsi, cette institution religieuse a commencé à prendre plusieurs initiatives notamment l’organisation de conférences et de rencontres scientifiques nationales et internationales à l’instar du colloque sur les finalités de la charia et le contexte international contemporain, organisé en 2012 à Rabat. Ces activités tendent surtout à mettre en valeur l’expérience marocaine. De même, la Rabita a lancé une plateforme scientifique électronique destinée à la diffusion du savoir religieux modéré à travers une explication efficace, fonctionnelle et modérée des textes religieux.
L’installation du nouveau conseil supérieur des Oulémas est considérée comme la mesure la plus importante dans le cadre de la restructuration du champ religieux. Présidé par Sa Majesté le Roi en personne, et composé de seize membres parmi les Oulémas éminents du pays, ce conseil assurera l’encadrement de la politique religieuse au Maroc. Ce conseil est désormais chargé de l’examen des questions qui lui sont soumises par Sa Majesté le Roi, et la supervision de l’action des conseils locaux, en veillant à l’orientation de ses activités, et à la dynamisation de son rôle dans le cadre de la vie religieuse des citoyens. Le conseil est appelé, également, à constituer en son sein une commission chargée d’étudier les demandes d’avis juridiques (Fatwas), et qui doivent recevoir l’aval d’Amir Al Mouminine.
En effet, pour faire face au phénomène de la multiplication des initiatives religieuses individuelles, il a été indispensable de mettre en place une instance de régulation des normes religieuses appelée “Hay’at al iftae”. Et le Souverain a été explicite sur ce point en affirmant que “…Notre but est de mettre cette prérogative à l’abri des intrus et autres imposteurs qui se placent en marge du cadre religieux institutionnel, incarné par la Commanderie des Croyants, dont Nous sommes dépositaires”; Parallèlement à la création du conseil supérieur des Oulémas, trente présidents des conseils locaux des Oulémas ont été nommés dans les principales villes pays. Chaque conseil est composé de 8 membres excepté ceux de Casablanca, de Fès, de Marrakech, qui sont composés respectivement de 16 et de 12 membres; chaque conseil local dispose de sections dans les différentes provinces et préfectures dépendants de son autorité.
- La valorisation des Oulémas :
« Le rôle des Oulémas, comme Nous l’avons souligné à maintes reprises, ne se limite pas à la prédication et à l’orientation dans les mosquées. Il s’étend à la préservation de la sécurité spirituelle des Marocains et à la protection des constantes religieuses et nationales du Royaume. Nous attendons d’eux qu’ils soient au plus près des citoyens, à l’écoute de leurs préoccupations et capables de leur apporter les réponses religieuses appropriées, fondées sur les principes de modération, de juste milieu et de tolérance, loin de tout extrémisme ou fanatisme. »
Extrait du Discours Royal de Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu le protège- lors de la session de clôture de la 29ème session ordinaire du Conseil Supérieur des Oulémas (2022).
Le discours Royal met en évidence l’importance accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu l’assiste- au corps des Ouléma ainsi que l’intérêt que Sa Majesté prête aux multiples responsabilités- qu’il leur définit- et qu’ils doivent assumer ; car l’Ouléma n’est pas seulement un savant religieux, mais un rempart social et spirituel pour la nation.
L’importance accordée par le Roi du Maroc aux oulémas (les savants religieux) est, inéluctablement, une pierre angulaire de la stabilité institutionnelle et spirituelle du pays. Cette relation s’inscrit dans le cadre unique de la Commanderie des Croyants, qui confère au Souverain la responsabilité de protéger la foi tout en garantissant l’ordre public.
La définition royale du rôle des Ouléma indique trois axes fondamentaux :
D’abord la Sécurité Spirituelle puisque Sa Majesté Le Roi définit les Oulémas comme les gardiens de l’unité religieuse du pays (le rite malikite et le dogme ach’arite), ce qui protège la société contre les idéologies radicales et les interprétations erronées de la religion et garantit la stabilité du Maroc. Ensuite la Proximité vue que Sa Majesté le Roi considère que l’Ouléma doit être un acteur social de terrain, accessible et moderne, capable d’orienter les citoyens (y compris les résidents étrangers) dans leur vie quotidienne. Et enfin, Sa majesté le Roi considère l’Ouléma comme un rempart contre l’Extrémisme et lui confie la mission de la valorisation de l’Islam du « Juste Milieu » (Al-Wassatiya), et la déconstruction des discours radicaux.
D’autre part, Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu l’assiste- a étendu cette vision au-delà des frontières du Maroc par la création en 2015 de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains dans le but d’unifier les efforts des savants africains pour diffuser les valeurs de paix, et établir un réseau d’échange théologique pour contrer l’instabilité religieuse sur le continent.
Contrairement à d’autres pays où le corps religieux peut être en opposition avec l’État ou totalement soumis, le système marocain a créé un partenariat organique. Les oulémas ne sont pas de simples fonctionnaires, mais les garants d’une « sécurité spirituelle » qui permet au pays d’évoluer sans perdre son identité.
1- Dar El Hadith El Hassania: La formation de « Savants-Citoyens » : Dar El Hadith El Hassania est une Ecole des études islamiques supérieures crée par feu Sa Majesté le roi Hassan II le 26 Ramadan 1383 H, (10 Février 1964).Dans le cadre de la restructuration du champ religieux, Sa Majesté le Roi Mohammed VI-que Dieu l’assiste- a décidé la réorganisation de cette institution (Dahir n°1-05-159 du 18 Rejeb 1426 (24 Août 2005) , vu son rôle prépondérant dans la formation des oulémas et des cadres ouverts d’esprit, qui allient « une connaissance approfondie des sciences de l’islam, une maîtrise totale de leur cursus à une ouverture au dialogue et à l’interaction avec les différentes disciplines des sciences humaines ». Des cadres qui reflètent l’image d’un Maroc ouvert et attaché aux valeurs de tolérance, d’amour et de fraternité que prône l’islam. L’établissement Dar El Hadith El Hassania est sans doute l’institution la plus prestigieuse et la plus sélective du champ religieux marocain. Elle est considérée comme la « Haute École » des sciences de la religion au Maroc.
Sous l’impulsion Royale, et contrairement aux facultés de théologie classiques, Dar El Hadith El Hassania a pour mission de former des oulémas de haut niveau capables de maîtriser les textes sacrés (Coran et Sunna) avec une rigueur académique, de dialoguer avec des arguments fondés sur les sciences humaines et adaptés aux enjeux contemporains, et d’occuper des postes de responsabilité au sein du Conseil Supérieur des Oulémas ou dans la haute administration.
Dar El Hadith El Hassania incarne la volonté Royale de ne pas laisser le discours religieux livré à l’amateurisme. En produisant une élite intellectuelle capable de justifier la modération par des arguments scientifiques et rationnels, le Souverain assure la pérennité d’un Islam qui n’a pas peur de la modernité.
2- Le contrôle de la formation religieuse:
Ce contrôle correspondait à la volonté de l’Etat d’accaparer les centres de production symbolique. Il répondait également au besoin pressant de substituer un savoir aseptisé, selon l’expression de Mohamed Tozy, à une formation non étatique et personnalisée, qui a permis à l’Etat de contrôler le contenu de la formation, et d’être le seul employeur des Ouléma. C’est dans cette optique que les institutions d’enseignement traditionnel ont été dessaisies de leur autorité, soit par leur rattachement au ministère de l’éducation nationale, soit par la création d’institutions concurrentes. Cette politique a également permis de briser le monopole du “alim” de la Qarrawiyine, par la démultiplication des filières de formation religieuse. En 2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI-que Dieu le protége- a donné ses instructions pour réformer l’enseignement religieux ainsi que la formation du personnel religieux sur de nouvelles bases. Le Souverain s’est exprimé ainsi :” Nous avons, dans cette perspective, veillé à la mise à niveau des écoles de l’enseignement originel, à la sauvegarde du système d’apprentissage coranique et à la protection de ces établissements contre toute exploitation ou déviation portant atteinte à l’identité marocaine. Nous avons prévu, en outre, des passerelles et des programmes de formation permettant l’intégration des effectifs issus de ces écoles dans le système éducatif national qui, au lieu de former des esprits obtus et sclérosés, favoriseront- au contraire- l’ouverture sur les autres cultures(..)”. Le ministère des Habbous et des Affaires Islamiques s’est appliqué, depuis 2005, à l’exécution des instructions Royales à travers deux programmes de réformes concernant d’abord l’enseignement traditionnel avec la finalité d’adapter les structures mentales et éducatives des marocains aux structures sociales en mutation; et ensuite, la formation des imams et des mourchidates avec l’objectif de rendre possible l’émergence d’un nouveau type de gestionnaire de biens religieux, capables de relire les données de la révélation islamique à la lumière de la raison et de l’histoire.
3- Le contrôle des mosquées :
Le contrôle des lieux de cultes se matérialisa par l’interdiction de construire de nouvelles mosquées sans une autorisation, expresse, des autorités locales, après avis des conseils régionaux des Oulémas.
Les pouvoirs publics entendaient, par cette mesure, éviter que certaines mosquées, qui ne sont pas gérées par les Habbous, ne soient occupées par des groupuscules islamistes qui pratiquent la religion d’une manière contraire à la Sunna. En effet, il était facile de constater l’existence de plusieurs mosquées échappant au contrôle des autorités compétentes, auxquelles se sont substitués des particuliers, des associations de bienfaiteurs, ou des membres de sectes religieuses non reconnues.
Il a fallu que des incidents portant atteinte à l’ordre public surviennent, dans certaines régions du pays, pour que les pouvoirs publics se rendent à l’évidence d’une nécessaire et stricte application des dispositions du Dahir de 1984 relatif à la construction des mosquées. Le souci d’en protéger la vocation spirituelle a été derrière l’approbation par le parlement marocain en Janvier 2007 d’une nouvelle loi qui impose des règles strictes en matière de leur construction.
Elle vise à définir des règles claires pour le financement et la construction des mosquées et dispose que ceux qui souhaitent construire de nouvelles mosquées devront constituer une association et identifier les responsables de la collecte et de la donation des fonds. La nouvelle loi s’inscrivait dans le cadre de la lutte des autorités contre le fanatisme religieux en prévenant l’accès non pacifiques aux mosquées. Monsieur Ahmed Taoufik, ministre des Habous et des Affaires Islamiques avait affirmé que la politique Royale en matière de construction des mosquées et de promotion de leurs missions vise à accompagner le développement démographique et urbain que connaissent les différentes régions du Royaume.
En effet, le Souverain avait souligné, à propos de la restructuration du champ religieux que “ (…) cette réforme institutionnelle ne saurait être complète que si l’on s’attèle à redynamiser le rôle des mosquées, tant il est vrai qu’elles constituent le cœur vibrant de la sphère spirituelle. Aussi, Avons-nous arrêté une série de mesures reflétant Notre constante et bienveillante sollicitude pour les maisons de Dieu, d’autant plus qu’elles constituent l’un des piliers majeurs sue lesquels repose notre plan d’initiative et de sensibilisation aux principes de la pensée religieuse éclairée”. Le ministre a également souligné les efforts déployés par le Souverain afin de conforter les mosquées dans la vocation qui est la leur en tant que lieux de culte et d’orientation spirituelle.
3-1 Sollicitude Royale clairement déclarée : « Notre sollicitude pour les maisons de Dieu n’a d’égale que Notre détermination à voir les mosquées demeurer des oasis de piété, de quiétude et de dévotion, et des lieux d’orientation et de guidance. Nous avons donc décidé de doter les mosquées d’un statut juridique qui préserve leur sacralité et garantit leur gestion selon les préceptes de l’Islam, loin de toute exploitation politique ou de toute velléité de sédition. Les mosquées doivent remplir leur mission originelle de lieux de culte, d’enseignement et d’alphabétisation, dans le cadre de la modération, du juste milieu et de la tolérance qui caractérisent le génie marocain. » Extrait du Discours Royal (30 avril 2004)
L’importance accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu l’assiste- aux mosquées traduit la sollicitude royale à l’égard de la communauté des croyants aussi bien au Maroc qu’au delà des frontières du Royaume Chérifien notamment dans certains pays d’Afrique. L’objectif étant de garantir les conditions d’une pratique idéale des préceptes de l’Islam, la diffusion de la paix spirituelle, la défense des valeurs d’entente, et le rejet de l’extrémisme religieux.
La détermination sans cesse renouvelée de Sa Majesté le Roi à promouvoir les lieux du culte s’inscrit dans le cadre de la politique de promotion du champ religieux dans le Royaume, initiée depuis le début du règne de Souverain et dont l’un des volets consiste justement en la construction de mosquées dans le cadre d’un important programme adapté aux besoins des fidèles, avec le souci de garantir une répartition harmonieuse des lieux de culte à travers les différentes régions du Royaume.
Pour Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu le protège- la mosquée n’est pas seulement un lieu de culte ; c’est le cœur battant de la cité et le symbole visible de la Commanderie des Croyants. D’ailleurs, en consécration de la haute sollicitude, dont le Souverain entoure les mosquées, il a été décidé d’organiser chaque année la journée nationale des mosquées au 7ème jour qui suit la célébration de l’Aid Al Mawlid Annabaoui Acharif.
3-2 La construction et la restauration : L’esthétique au service de la foi : Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu l’assiste– veille personnellement à ce que les mosquées soient des chefs-d’œuvre de l’artisanat marocain, reflétant la grandeur de l’Islam comme l’atteste la Mosquée Hassan II qui constitue un symbole du génie architectural, et le point de repère mondial de l’identité marocaine ; ainsi que toutes les mosquées « Mohammed VI » construits à l’étranger notamment à Dakar, Abidjan et à Conakry. Ces édifices portent servent de centres de rayonnement du modèle religieux marocain.
Les critères architecturaux et artistiques imposés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI ne sont pas de simples choix esthétiques ; ils visent à préserver l’exception marocaine et à protéger le patrimoine artisanal national face à la standardisation internationale
Par ailleurs, un programme massif est dédié à la réhabilitation des anciennes mosquées des médinas pour préserver le patrimoine national. A ce sujet, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq a indiqué, en Commission des affaires étrangères à la Chambre des représentants, lors de la discussion du budget sectoriel du ministère pour l’année 2026, que le coût de la reconstruction et de la réhabilitation de dizaines de mosquées au Maroc en 2025 a atteint 390 millions de dirhams, et que d’autres projets de construction de mosquées à l’architecture marocaine sont prévus, notamment dans les pays du continent. Le ministre a évoqué les travaux d’aménagement et de restauration de la mosquée Mohammed VI dans la ville de N’Djamena, en République du Tchad, pour un coût avoisinant 22 millions de dirhams.
Ces efforts traduisent le souci constant du Souverain d’étoffer l’armature de mosquées et d’édifices à vocation spirituelle, permettre aux préposés religieux d’accomplir leurs missions à caractère aussi bien religieux, social qu’éducatif et réhabiliter les sites patrimoniaux et autres structures dédiées à la préservation et au développement du patrimoine traditionnel du Royaume.
3-3 Le programme d’alphabétisation dans les mosquées : Grace à la clairvoyance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu le préserve- les mosquées sont devenues de véritables écoles citoyennes. Depuis 2000, chaque année, des centaines de milliers de citoyens apprennent à lire, écrire et compter dans les enceintes des mosquées. Le programme d’alphabétisation dans les mosquées ne cesse d’apporter une contribution à l’éradication de l’analphabétisme à travers le Royaume. Cette initiative Royale a transformé la mosquée en un levier de développement humain et d’émancipation sociale.
3-4 « Soft Power spirituel » du Maroc : La construction de mosquées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI-que Dieu l’assiste- en Afrique s’inscrit dans une stratégie multidimensionnelle que les analystes appellent souvent la « diplomatie religieuse ». Loin d’être de simples édifices de culte, ces mosquées- rattachées à la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains- sont les piliers d’une vision géopolitique et culturelle, dont l’objectif principal objectif est de diffuser le modèle religieux marocain, basé sur le rite malikite, la doctrine ach’arite et le soufisme, garantissant ainsi l’unité spirituelle à travers des prêches prônant la paix et la tolérance.
Ces mosquées constituent un moyen efficace pour contrer l’extrémisme. En effet, en finançant ces lieux, le Maroc propose une alternative structurée aux idéologies radicales qui ont pu s’implanter dans certaines régions du Sahel ou de l’Afrique de l’Ouest.
Sous le règne de Mohammed VI- que Dieu le protège– la gestion des mosquées a été élevée au rang de priorité stratégique nationale traduisant un engagement personnel du Souverain qui accomplit la prière du vendredi dans différentes mosquées à travers le Royaume lors de ses déplacements, marquant ainsi une proximité constante entre le Trône et les lieux de piété populaire.
4- Le contrôle du prône : L’unification du prêche du vendredi, et la mise à l’écart des prédicateurs refusant de se soumettre à cette règle, s’inscrivent aussi dans le cadre des mesures traduisant la fermeté des pouvoirs publics. Il importe de souligner à ce sujet que le prône a connu entre 1979 et 1984 un renouveau tel qu’il est devenu l’un des moyens les plus spectaculaires de l’action islamiste. L’Etat, bien qu’il soit arrivé à le maîtriser, n’a pas réussi pour autant à le discréditer. C’est que les prêcheurs libres avaient gagné en popularité, et que le prône est devenu -selon l’expression de Bruno Etienne – une arme redoutable qui réalise pleinement la fonction critique de l’homme de religion idéal. Ainsi, le prône accepté par le pouvoir est caractérisé par la prédominance des thèmes religieux et le rappel des devoirs du croyant envers Dieu. Il est adressé chaque semaine aux croyants vivants. Le prédicateur se tient à leur parler de leurs problèmes et inscrire son discours dans la quotidienneté. Feu Sa Majesté le Roi Hassan II avait saisi l’occasion de la tenue, à Fès, entre le 23 et le 27 mars 1987, du premier congrès mondial des sermonnaires, pour commenter les recommandations de cette rencontre, et rappeler aux Oulémas le devoir de ne pas faire de politique: “ Si le prédicateur désire aller au delà des traditionnels avertissements touchant les préceptes et les règles de vie pour traiter dans ses sermons des problèmes multiples de la société – et je précise ici que je parle du Maroc, ne voulant risquer aucune immixtion dans les affaires des autres pays – il doit se parer d’objectivité et se garder strictement de toute politique politicienne. En effet, du haut de son minbar, le prédicateur s’adresse à un auditoire de fidèles sans opposition. Pour être digne de l’auréole dont le législateur islamique l’a doté, il se doit de ne jamais avoir un esprit partisan, tribal ou tendancieux. Il a été constaté un manquement à cette déontologie à plusieurs reprises dans nos mosquées (..).
Les prédicateurs sont donc appelés à jouer un rôle modérateur et à se garder de propos qui, répercutés, les rendraient- en quelque sorte- indirectement responsables de troubles de l’ordre public ». Conscient du pouvoir de persuasion des imams, un nouveau dahir réglementant l’activité des prédicateurs religieux a été publié au bulletin officiel du Royaume le 1 juillet 2016. Le dahir, qui entend prémunir les prédicateurs de toute perversion politique qui pourrait compromettre leur rôle strictement spirituel, interdit formellement aux Imams toute appartenance à une instance politique ou syndicale durant toute la période de l’exercice de leurs fonctions dans les mosquées sous l’égide du ministère des habous et des affaires islamiques. Les Imams sont tenus de n’exprimer aucune position politique ou syndicale et d’éviter toute action susceptible de constituer une entrave à la pratique des préceptes de l’Islam.3Cette loi est d’une importance vitale surtout qu’elle vise à éviter le mélange des genres auxquels les islamistes- partout dans le monde sont habitués, surtout lorsqu’ils sont au pouvoir.
L’ensemble de ces mesures est conforme à l’option démocratique du pays, qui devait répondre aux impératifs de la sauvegarde de la démocratie pluraliste, contre toute tendance idéologique à vocation exclusionniste.
4-1 Khottat Tassdid al-Tabligh est une forme de « Gouvernance du Discours » qui assure que la religion reste un facteur d’unité nationale plutôt qu’un facteur de division. Il ne s’agit pas qu’une simple directive théorique ; c’est une réorganisation structurelle de la fonction de l’Imam au Maroc. Elle transforme l’Imam d’un simple « meneur de prière » en un « médiateur social ». Concrètement, l’Imam ne doit plus se contenter de réciter des textes anciens. Le plan lui demande d’identifier et d’aborder les maux locaux et d’utiliser un langage accessible: L’accent est mis sur la pédagogie et des exemples tirés de la vie quotidienne marocaine. Par ailleurs, les imams reçoivent des fiches d’orientation qui balisent les sujets, évitant ainsi les improvisations qui pourraient mener à des discours radicaux ou qui prêtent à polémiques. Le terme Tassdid signifie « rectification », « justesse » ou « orientation ». L’idée est de passer d’un prêche traditionnel parfois déconnecté ou répétitif à un discours religieux utile, réaliste et protecteur. L’objectif central est de rendre la religion fonctionnelle dans la vie quotidienne des citoyens, en s’éloignant des débats doctrinaux abstraits ou extrémistes, en se basant sur la proximité, l’utilité, la protection du modèle religieux marocains contre les influences idéologiques étrangères, et limplication des imams et des prédicateurs (Mourchidines et Mourchidates) comme des acteurs du développement social.
BIBLIOGRAPHIE
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- Discours Royale du 27 Septembre 2008
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- Discours de feu SM Hassan II à la première session d’été sur le réveil islamique, septembre 1990
- Discours Royal du 27 Septembre 2008.
- Discours Royal du 30 avril 2004 devant les membres du conseil supérieur et des conseilsprovinciaux des Oulémas
- Interview accordée par SM le Roi Mohammed VI au quotidien français « le figaro » 26 Mars 2013
- Mohamed Tozy:” Réformes politiques et transition démocratique” in Maghreb-Machrek n° 164 Avril-Juin 1999
- Abdellatif Mennouni : « Le recours à l’article 19, une nouvelle lecture de la constitution » RJPEM n° 15, 1989
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- Abdellah Hammoudi, « Maitre et Disciple »,Ed.Larose et Ed Toubkal,2001
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- Amina Bekkali: “Le pouvoir et les islamistes au Maroc: Dieu à partager” .Paris, Ed Armand Colin 1997..
- Mohamed Tozy:” Le prince, le clerc et l’Etat: la restructuration du champ religieux au Maroc”in “Intellectuels et militants de l’Islam contemporain” sous la direction de Gilles Kepel et Yann
- Richard. Ed Seuil 1990
- Dahir du 8 avril 1981
- Amina Bekkali :” Le pouvoir..” op cit p 183
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- “L’événement” journal hebdomadaire N°604 du 7 au 13 mai 2004 pp4-5
- Mohssine El Ahmadi:” Modernisation du champ religieux au Maroc, 1999-2005” in “Une décennie de réformes au Maroc 1999-2009” Ed. karthala.
- Exposé sous le thème “L’intérêt accordé aux Maisons de Dieu dans le Royaume du Maroc”présenté par Mr Ahmed Taoufik en Juin 2014 à la mosquée Mohammed V, devant Sa Majesté le Roi
- Bruno Etienne:” La moelle de la prédication”, revue française de sciences politiques, 1983
- Bruno Etienne et Mohamed Tozy in “Les radicalismes islamiques” Paris l’Harmattan 1986 cité par Mohamed Tozy in “Monarchie ..”
Mohammed Jelmad, Docteur en Droit



