
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a organisé, mercredi 7 octobre 2026 à Rabat, un séminaire consacré à « L’architecture des mosquées à Al-Qods et en Terre de Palestine », dans le cadre de sa nouvelle série de rencontres intitulée « L’architecture et la civilisation ».
Cette rencontre a été organisée en coopération avec la Fondation Khaled El Hassan pour les études et la recherche à Rabat et le Centre Atiq pour les Antiquités et le Patrimoine en Palestine. Elle a réuni des responsables institutionnels, des chercheurs, des experts et des universitaires spécialisés dans l’architecture, le patrimoine, l’archéologie, l’histoire et les études civilisationnelles.
Supervisé par le Centre de Dialogue civilisationnel de l’ICESCO, le séminaire s’est tenu en présentiel au siège de l’Organisation et à distance. Il a été consacré à la présentation d’une étude d’Abedrazeq Mataney, directeur du Centre Atiq, intitulée « L’architecture et l’urbanisme des mosquées en Terre de Palestine sur quinze siècles : pages d’histoire et de civilisation ».
Cette recherche retrace les évolutions de l’architecture religieuse en Palestine, analyse les transformations urbaines et civilisationnelles de la région et examine l’état actuel de son patrimoine archéologique, dans un contexte marqué par les destructions et les menaces qui pèsent sur sa préservation.
Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur Khaled Fathalrahman, directeur du Centre de Dialogue civilisationnel de l’ICESCO, a souligné que l’architecture constitue une expression vivante de l’évolution des civilisations. Il a présenté cette rencontre comme un point de départ pour le dialogue civilisationnel, susceptible de rapprocher les approches et de relier la mémoire architecturale à la mémoire collective des sociétés.
De son côté, le directeur général adjoint de l’ICESCO, Abdelilah Benarafa, a mis en avant les liens étroits entre architecture et civilisation, soulignant que la première représente une composante essentielle de la seconde, notamment à travers l’architecture des mosquées et leurs caractéristiques esthétiques.
Pour sa part, Said Khaled El Hassan, président du Centre Khaled El Hassan pour les études et la recherche, a insisté sur le rôle de l’architecture dans la préservation de l’identité civilisationnelle et la consolidation de l’existence arabo-palestinienne.
Le directeur chargé de la gestion de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Al-Sharif, Mohamed Salem Echarkaoui, a, quant à lui, souligné la complexité des efforts institutionnels visant à protéger le patrimoine palestinien, lesquels nécessitent une volonté politique affirmée. Il a également rappelé que l’architecture en Palestine constitue un témoignage durable de la présence arabe et islamique.
Présentant les principaux résultats de son étude lors d’une session animée par Hani Al Balawi, expert au Centre de Dialogue civilisationnel, Mataney a expliqué que les mosquées dépassent leur fonction cultuelle pour s’affirmer comme des espaces de civilisation, de mémoire et de transmission du savoir.
Fondée sur des relevés de terrain et des recherches archivistiques, son étude retrace l’évolution de l’architecture des mosquées depuis les débuts de la conquête islamique jusqu’à la fin de la période ottomane. Elle met notamment en évidence la richesse du patrimoine architectural d’Al-Qods et de la mosquée Al-Aqsa, qui témoigne de différentes étapes de l’histoire de la civilisation islamique.
Le chercheur a également alerté sur les menaces pesant sur les sites patrimoniaux et les lieux saints en Palestine, évoquant les tentatives d’effacement de leurs caractéristiques historiques et de judaïsation. Il a notamment cité les opérations de nivellement des terrains archéologiques ainsi que les pratiques qualifiées de « colonisation verte », consistant à recouvrir certains sites de plantations afin d’en dissimuler les caractéristiques arabes.
Il a, par ailleurs, mis en évidence l’ampleur des destructions touchant le patrimoine dans la bande de Gaza, où quelque 50 sites archéologiques auraient été détruits.
Au terme des échanges, les participants ont salué la qualité scientifique de l’étude et l’importance de son travail de terrain pour documenter l’évolution historique de l’architecture des mosquées en Palestine. Ils ont également souligné la portée de cette documentation pour la préservation de la mémoire historique et de l’identité civilisationnelle palestinienne.
Les intervenants ont enfin insisté sur la nécessité de mobiliser les outils de documentation numérique et les technologies modernes au service de la sauvegarde du patrimoine, tout en développant un cadre théorique permettant de mieux appréhender les mosquées comme des espaces de mémoire, de savoir et de transmission civilisationnelle.
Source: ICESCO



