La Commanderie des Croyants : la Bei’a, scellé de la Souveraineté du Royaume du Maroc sur ses provinces du Sud – Par Mohammed Jelmad

L’allégeance au Commandeur des Croyants est le fondement de l’intégration du Sahara au Royaume consacrée doublement par : D’abord le principe de l’Unité Nationale Indivisible : Le statut d’Amir Al-Mouminine fait du Roi le garant de l’intégrité territoriale. Le lien d’Allégeance est considéré comme une chaîne qui unit l’ensemble des composantes de la nation, du Nord au Sud. Remettre en cause la marocanité du Sahara équivaut à briser cette chaîne de la Baï’a et à remettre en cause l’unité et la continuité de l’État. Ensuite la reconnaissance constitutionnelle de la culture hassanie (la culture sahraouie) comme une composante constitutive de l’identité nationale, renforçant l’idée que le Sahara n’est pas un territoire périphérique, mais une partie essentielle de la nation liée par la Baïa.
L’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara présentée le mercredi 11 avril 2007 au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, insiste, entre autres dispositions, sur la conservation par l’Etat Marocain de la compétence exclusive sur « (..) les attributs liés aux compétences constitutionnelles et religieuses du Roi, Commandeur des croyants et garant de la liberté du culte et des libertés individuelles et collectives ». Cette disposition confirme l’importance de l’institution de la Commanderie des Croyants dans le système politique et constitutionnel marocain. Elle confère au Roi une double légitimité- religieuse et temporelle- qui structure l’équilibre des pouvoirs et garantit la stabilité de l’Etat.
Deux éléments clés confortent la légitimité historique et spirituelle du Roi du Maroc : d’abord « le chérifisme de la Dynastie Alaouite, Sa Majesté le Roi Mohammed VI étant un descendant du Prophète, ce qui le place au dessus de toutes les contingences politiques partisanes ; Ensuite « l’acte d’allégeance (Al-Baï’a), lequel est un contrat social et religieux renouvelé chaque année liant la Nation au Souverain et reposant particulièrement sur un pacte spirituel profond.
Dans l’affaire du Sahara Marocain, la question de l’Allégeance (Al-Baï’a) est absolument centrale et constitue le principal argument historique et juridique du Maroc affirmant sa souveraineté sur ses provinces du Sud ; la Baï’a n’est pas un simple acte de loyauté, mais la preuve d’une juridiction étatique continue sur ce territoire, même pendant la période coloniale
Le Plan d’Autonomie proposant la création d’une Région Autonome du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine est une solution qui convertit la légitimité spirituelle et historique (la Baï’a) en une solution politique moderne et démocratique, offrant une large autonomie sans rompre le pacte sacré de l’unité nationale symbolisé par le Commandeur des Croyants.
Il faut reconnaitre que l’argumentaire confirmant la marocanité du Sahara s’appuie juridiquement et historiquement sur l’institution de la Commanderie des Croyants. Il s’agit d’un pilier central pour prouver la souveraineté exercée par la Royaume du Maroc sur ses provinces du Sud bien avant la colonisation espagnole.
- L’existence de Liens Historique et Juridique
Dans le droit musulman et les traditions politiques marocaines, la souveraineté ne s’exerçait pas uniquement par un contrôle administratif moderne, mais plutôt par l’acte de la Bai’a. Historiquement, les tribus Sahraouies ont toujours envoyé des délégations auprès des Sultans Alaouites pour prêter serment d’allégeance. Il s’agit d’un lien à caractère ancestral et ininterrompu d’Allégeance entre les tribus sahraouies et les Sultans successifs (Alaouites, Saadiens, Almoravides). Ce serment reconnait le Sultan comme Amir Al Mouminine (Commandeur des Croyants), et en droit international, cela constitue un lien juridique et politique de souveraineté
Sur le plan Juridique, Le Maroc a présenté aux instances internationales (notamment à la Cour Internationale de Justice – CIJ – en 1975) des preuves irréfutables de ces liens, incluant des Dahirs (décrets royaux) nommant des Caïds (gouverneurs) et des juges dans les régions sahraouies ; ainsi que des correspondances historiques et des registres de la Baï’a où les chefs de tribus du Sahara reconnaissaient l’autorité spirituelle et temporelle du Sultan.
A cet égard, et bien que la Cour de Justice Internationale n’ait pas reconnu de « liens de souveraineté territoriale » au sens moderne du terme, elle a confirmé l’existence de « liens juridiques d’allégeance » entre les populations sahraouies et le Sultan. Pour le Maroc, l’allégeance au Roi est équivalente à l’allégeance à l’État marocain, ce qui corrobore ses « titres juridiques authentiques et ses droits historiques irréfragables ». Ces liens d’allégeance religieuse et politique sont la preuve que le territoire n’était pas une terra nullius (terre sans maitre) au moment de la colonisation.
2. L’Expression de la Volonté Populaire
Il est incontestable que la Baïa est un acte de volonté populaire qui démontre l’appartenance des Sahraouis à la nation marocaine. C’est ainsi qu’en 1975, après le départ de l’Espagne, l’acte symbolique de la Marche Verte a été suivi par le renouvellement solennel de l’allégeance par les représentants de la Jemâa (assemblée des notables sahraouis) et des chefs de tribus. Cet acte exprimait le retour à l’allégeance historique et l’affirmation de leur volonté de rattachement au Royaume.
Aujourd’hui, lors de la Fête du Trône et après des résolutions importantes de l’ONU, les chefs de tribus et les élus des provinces du Sud réaffirment publiquement leur allégeance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu le protège.
A cet égard, il faut souligner que le renouvellement de l’allégeance n’est pas un acte impersonnel, mais un rituel social et politique qui mobilise les structures traditionnelles sahraouies. En effet, le rôle des Oulémas (savants religieux) et des tribus est crucial dans la matérialisation de la Baï’a et l’affirmation de la souveraineté.
3- Le Rôle des Oulémas
Les Oulémas sahraouis, à l’instar de leurs homologues dans toutes les régions du Royaume, sont les interprètes de la loi islamique (Fiqh) et garantissent que la Baïa est conforme aux préceptes de l’Islam sunnite. Leur reconnaissance du Roi en tant que Commandeur des Croyants est la plus haute validation religieuse de son autorité spirituelle.
Historiquement, les Oulémas émettaient des Fatwas (avis juridico-religieux) qui liaient les communautés au Sultan. Aujourd’hui, ils siègent au Conseil Supérieur des Oulémas sous la présidence du Roi. Leur présence et leur adhésion assurent l’unité doctrinale et confirment que l’appartenance au Royaume est un devoir religieux (un devoir de la Baï’a). Les Oulémas jouaient également une fonction de médiation puisqu’ils servaient aussi de pont entre le Makhzen (le pouvoir central) et les tribus. Ils assuraient la transmission et la bonne compréhension des Dahirs royaux dans les régions sahraouies.
Par ailleurs, dans les mosquées des provinces du Sud, les prières du vendredi étaient (et sont toujours) dites au nom du Commandeur des Croyants, ce qui, dans le monde musulman, est le signe ultime de la reconnaissance de l’autorité du Souverain.
3- Le Rôle des Tribus
Les tribus, par l’intermédiaire de leurs chefs (Chioukhs), représentent la structure sociétale traditionnelle sahraouie et sont la courroie de transmission de l’allégeance. En participant aux cérémonies de la Baïa, les chefs de tribus affirment que l’appartenance au Royaume est une décision consensuelle des Sahraouis. Pour le Maroc, cette représentation est la forme traditionnelle, et donc la plus légitime, de l’autodétermination. A cet aspect traditionnel d’intégration, s’ajoute une intégration politique moderne puisqu’aujourd’hui, les descendants des Chioukhs et les notables tribaux occupent souvent des postes électifs (députés, maires, présidents de conseils régionaux) au Sahara. Leur participation active au système politique moderne (élections) et leur renouvellement de la Baïa lors des cérémonies publiques lient de manière indissociable la tradition à l’institution. Ainsi, le fait que les élus locaux et régionaux sahraouis jurent allégeance au Roi renforce l’idée que le Sahara est politiquement et institutionnellement intégrée au Maroc.
4- L’Impact sur la Doctrine Politique Interne
Sur le plan interne, l’allégeance au Commandeur des Croyants est le fondement de l’intégration du Sahara au Royaume consacrée doublement par :
D’abord le principe de l’Unité Nationale Indivisible : Le statut d’Amir Al-Mouminine fait du Roi le garant de l’intégrité territoriale. Le lien d’Allégeance est considéré comme une chaîne qui unit l’ensemble des composantes de la nation, du Nord au Sud. Remettre en cause la marocanité du Sahara équivaut à briser cette chaîne de la Baï’a et à remettre en cause l’unité et la continuité de l’État.
Ensuite la reconnaissance constitutionnelle de la culture hassanie (la culture sahraouie) comme une composante constitutive de l’identité nationale, renforçant l’idée que le Sahara n’est pas un territoire périphérique, mais une partie essentielle de la nation liée par la Baïa.
En définitif, l’Allégeance dans le contexte du Sahara est donc un double acte :
– Acte Religieux : Validé par les Oulémas, qui confirment que le Roi est le seul chef spirituel légitime.
– Acte Sociétal : Validé par les chefs de tribus, qui engagent leurs communautés au renouvellement du pacte d’allégeance.
En maintenant cette tradition vivante, le Maroc affirme le lien avec le Sahara comme le rétablissement d’une souveraineté historique et spirituelle acceptée et renouvelée par les élites locales et reconnue par la communauté internationale.



