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À la découverte des origines de l’islam au Maroc : regards croisés de chercheurs

Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, a affirmé que l’histoire constitue une science religieuse essentielle pour comprendre la religion, l’identité et le sentiment d’appartenance civilisationnelle. Cette déclaration a été faite lors de l’ouverture de la journée d’étude organisée, mercredi 23 avril 2025, par la Fondation Dar Al-Hadith Al-Hassania, sous le thème :  » “Les débuts de l’Islam à Al Maghrib Al Aqsa : le contexte historique, les spécificités et les ramifications”».
Le ministre a souligné l’importance de dépasser les récits superficiels de l’histoire pour adopter une lecture plus profonde de ses trajectoires, transformations et impacts. Il a insisté sur la nécessité, pour les étudiants en sciences islamiques, de s’approprier le contexte historique afin de mieux saisir l’islam dans sa dimension locale. Il a par ailleurs noté que la connaissance de l’histoire préislamique du Maroc reste encore limitée, d’où la nécessité d’une recherche rigoureuse sur les circonstances entourant l’introduction de l’islam dans cette région.
Toufiq a également rappelé que certains dirigeants, bien qu’ayant régné au nom de l’islam, n’en ont pas respecté les principes, provoquant ainsi d’importants troubles historiques. Il a mentionné les relations tendues entre les Marocains et le pouvoir central Omeyyade, notant que les Amazighs, face aux abus de certains gouverneurs, s’étaient rendus à Damas pour protester, mais leur requête fut ignorée, ce qui les poussa à rompre tout lien avec l’Orient.
De son côté, Amal Jalal, président de l’Université Al Quaraouiyine, a salué l’organisation de cette rencontre scientifique, qu’il considère comme un jalon du travail académique mené par l’institution. Il a insisté sur l’importance de comprendre les profondes mutations qu’a connues le Maghreb islamique, affirmant que l’arrivée de l’islam a marqué un tournant décisif, conférant à l’homme marocain une nouvelle identité et renforçant la position du pays dans le monde.
Pour Abdelhamid Achâq, directeur de la Fondation Dar Al-Hadith Al-Hassania, cette journée vise à rapprocher les chercheurs des dynamiques historiques qui ont accompagné l’islamisation du Maroc, tout en mettant en valeur la singularité du modèle civilisationnel marocain. Il a souligné que cette période, qualifiée par certains chercheurs de « siècles obscurs » en raison du manque de sources fiables, revêt une importance cruciale dans l’étude de l’histoire religieuse, sociale et culturelle du pays.
Vers une approche interdisciplinaire
La séance d’ouverture s’est clôturée par une intervention du professeur Ahmed Al-Khatib, coordinateur de la journée, qui a présenté les axes principaux du programme. Il a précisé que cette rencontre s’inscrit dans un projet académique continu, visant à promouvoir la recherche rigoureuse et interdisciplinaire, articulant sciences islamiques, sciences humaines, sociales et langues étrangères, afin de former des chercheurs enracinés dans leur histoire et ouverts sur le monde.
Les quatre sessions scientifiques de la journée ont donné lieu à des échanges riches et variés sur les dimensions historiques, culturelles, religieuses et sociales de l’introduction de l’islam au Maroc extrême. Parmi les thèmes traités :

  • Le contexte et le parcours de la conquête islamique** ;
  • La structuration spatiale et sociale à l’époque islamique primitive** ;
  • Les expressions doctrinales, linguistiques et économiques** ;
  • Une lecture de la carte politique et religieuse à travers les modèles d’émirats et d’écoles religieuses**.

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