
Le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a affirmé, mercredi 13 mai 2026 à Rabat, que la traduction des significations du Saint Coran puise sa pertinence des mutations du monde contemporain.
S’exprimant lors de la séance inaugurale d’un colloque international organisé par l’Académie sous le thème “Traduire le Coran d’hier à aujourd’hui: poids des contextes, défis de l’interprétation”, Lahjomri a indiqué que l’accélération des moyens de communication, l’interconnexion des références culturelles et le besoin croissant d’une connaissance rigoureuse et responsable des textes fondateurs des cultures et des religions confèrent une importance particulière à cette question.
“Le Saint Coran est désormais présent dans de multiples espaces mondiaux. Il est lu tant par les croyants que par les non-croyants, les chercheurs ou le grand public, dans des contextes où les motivations et les modes d’interprétation varient”, a-t-il soutenu.
Après avoir souligné que le Coran est resté, des siècles durant, présent dans la vie des musulmans, d’une manière qui va au-delà de la simple récitation pour façonner profondément la conscience, la culture et la vision du monde, il a noté que l’intérêt qui lui est porté ne s’est pas limité à sa mémorisation, à son exégèse et à la déduction de ses règles, mais a également porté sur sa rhétorique, ses objectifs et les méthodes de sa transmission.
Lahjomri a mis en avant l’importance de ce colloque compte tenu de la qualité et de la diversité des participants et des débats permettant d’ouvrir des perspectives de coopération et de réaliser de futurs projets académiques conjoints.
De son côté, le coordinateur de l’instance académique supérieure de traduction, Abdelfattah Lahjomri, a affirmé que cette rencontre internationale se veut “un espace de travail destiné à élaborer de nouveaux cadres méthodologiques pour l’étude des traductions du Coran, à renforcer la coopération entre spécialistes des études coraniques, de la linguistique, de la traduction et des études comparées et à ouvrir de nouveaux horizons de recherche en phase avec les exigences intellectuelles de notre temps”.
“Elle nous rappelle, par ailleurs, que servir le Coran dans le monde contemporain suppose un discours scientifique à la fois rigoureux et équilibré, capable de préserver la fidélité aux fondements du savoir tout en s’adressant aux contextes modernes dans une langue précise, responsable et intelligible”, a-t-il poursuivi.
Pour sa part, le professeur en littérature française à l’Université Aix-Marseille, Tristan Vigliano, a estimé qu’une traduction parfaite du Coran demeure impossible, ajoutant que ce travail a toujours suscité des positions oscillant entre réserve et audace, alors que sa parfaite demeure impossible.
Dans le même contexte, l’académicien français a souligné la multitude des traductions à travers les siècles et la diversité de leurs approches et finalités, répondant notamment à des questions d’ordre doctrinal, culturel et politique.
Outre la séance inaugurale, ce colloque de deux jours propose quatre séances scientifiques sur la traduction du Coran, avec la participation de chercheurs et d’académiciens de divers horizons.



