
Plus de 150 représentants de la communauté musulmane, des responsables politiques, des universitaires, des professionnels de la santé mentale et des acteurs de la société civile se sont réunis le 20 juin 2026 à Melbourne, à l’occasion du deuxième Sommet national consacré à la lutte contre la haine et le racisme visant les musulmans, placé sous le thème « Beyond the Conversation » (« Au-delà de la conversation »).
Organisé au Big Plans Melbourne, le sommet a rassemblé des participants venus de plusieurs États australiens, notamment de Nouvelle-Galles du Sud, du Queensland, de Tasmanie, d’Australie-Méridionale et d’Australie-Occidentale, ainsi qu’un représentant du Groupe de soutien aux victimes de Christchurch et des membres d’autres confessions, venus témoigner de leur solidarité et renforcer la coopération interreligieuse face à l’islamophobie.

Dans son allocution d’ouverture, le président du Conseil islamique de Victoria (ICV), Dr Mohamed Mohideen OAM, a dénoncé la montée des discours de haine et appelé les responsables politiques à mesurer l’impact de leurs déclarations, tout en rappelant la contribution des musulmans australiens au développement du pays dans les domaines de la médecine, de l’industrie et de l’action philanthropique.
La ministre du Multiculturalisme et du Multiconfessionnalisme de l’État de Victoria, Ingrid Stitt, a salué le rôle de la communauté musulmane dans la société australienne et insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement victorien à servir l’ensemble des communautés sans distinction.

De son côté, Dr Rateb Jneid, président de la Fédération australienne des conseils islamiques (AFIC), a souligné que la solidarité entre les différentes composantes de la société constituait un levier essentiel pour renforcer le vivre-ensemble et faire face à la recrudescence des actes de haine.
Des réformes, des droits et des outils d’action
Le sommet a été marqué par plusieurs interventions de haut niveau consacrées aux défis de l’islamophobie en Australie.
Nesreen Bottriell, directrice générale du Centre australien des femmes musulmanes pour les droits humains, a analysé les dimensions structurelles et genrées de la haine antimusulmane, plaidant pour des réformes des politiques publiques et des institutions afin de mieux protéger les victimes.
L’imam Cheikh Alaa Elzokm OAM a, quant à lui, appelé à répondre à la haine avec intégrité, responsabilité et engagement collectif, estimant que la foi impose de transformer la prise de conscience en actions concrètes et d’exiger des institutions qu’elles rendent des comptes.
La dimension juridique a également occupé une place importante lors du sommet. Lauren Matthews, directrice de la Commission victorienne pour l’égalité des chances et les droits de l’homme (VEOHRC), a présenté les nouvelles lois de l’État de Victoria relatives aux crimes de haine, tout en expliquant les procédures permettant aux victimes de signaler les actes discriminatoires.
Sur le plan psychologique, Hanan Dover, psychologue clinicienne et vice-présidente de l’Association internationale des psychologues musulmans, a mis en lumière les conséquences de l’islamophobie sur la santé mentale, évoquant les traumatismes cumulés, les souffrances souvent invisibles ainsi que les obstacles rencontrés par les victimes dans l’accès aux services de soutien.
Ateliers pratiques et appel à l’engagement citoyen
Le programme comprenait également plusieurs ateliers consacrés au signalement des actes haineux, à l’intervention des témoins, à la santé mentale et aux moyens de renforcer la résilience des communautés.
Un panel réunissant des représentants du monde étudiant, du secteur médical et des médias a permis d’aborder les réalités vécues par les musulmans australiens, les représentations médiatiques et les insuffisances institutionnelles dans la lutte contre les discriminations.

Les organisateurs ont souligné que les échanges les plus constructifs naissent lorsque les débats dépassent les discours de principe pour aborder avec franchise les difficultés rencontrées sur le terrain.
Au terme de cette rencontre, un message commun s’est dégagé : encourager les victimes à signaler systématiquement les actes de discrimination, renforcer les mécanismes de protection et faire de la lutte contre l’islamophobie une responsabilité collective impliquant les pouvoirs publics, les institutions et l’ensemble de la société civile.
Source : Islamic Council of Victoria



