Bayt Mal Al-Qods Acharif : une diplomatie du patrimoine au service de la mémoire, de la résilience et de la revitalisation d’Al-Qods

L’histoire de Bayt Mal Al-Qods Acharif peut être lue comme celle d’une institution qui a progressivement transformé la solidarité envers Al-Qods en une politique globale de présence, de protection et de développement humain.

Introduction — Al-Qods, une ville où le patrimoine devient une responsabilité historique
Al-Qods Acharif occupe dans l’histoire religieuse, culturelle et civilisationnelle de l’humanité une place qui excède largement la géographie d’une ville. Jérusalem est simultanément un espace de foi, un palimpseste historique, un lieu de mémoire, un foyer de civilisations et un territoire où les dimensions spirituelles, identitaires, politiques et patrimoniales se superposent avec une intensité exceptionnelle. Pour les musulmans, elle est notamment associée à la Mosquée Al-Aqsa et au voyage nocturne et à l’Ascension du Prophète Muhammad ; pour les chrétiens, elle demeure le centre de la mémoire de la Passion et de la Résurrection du Christ ; pour les juifs, elle est intimement liée à l’histoire biblique et au Temple. L’UNESCO souligne ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts constituent un patrimoine d’une portée exceptionnelle pour les trois religions monothéistes et qu’ils concentrent un ensemble remarquable de monuments, de quartiers, de lieux de culte et de traditions historiques. Le site est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1981 et sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1982 (UNESCO, 1981–2026). (UNESCO World Heritage Centre)
Dans un tel contexte, protéger Al-Qods ne signifie pas seulement entretenir des pierres anciennes, restaurer des bâtiments historiques ou financer des infrastructures. La sauvegarde de la Ville sainte implique également de maintenir vivante la communauté qui lui donne sens, de préserver les savoirs transmis de génération en génération, de soutenir les familles, les jeunes, les femmes, les artisans, les agriculteurs, les commerçants et les institutions éducatives, et de faire en sorte que le patrimoine ne devienne pas une réalité muséifiée, détachée de ceux qui l’habitent. La Convention de l’UNESCO de 2003 sur le patrimoine culturel immatériel définit précisément celui-ci comme un ensemble de pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine et qu’elles recréent continuellement en fonction de leur histoire et de leur environnement (UNESCO, 2003). (UNESCO ICH)
C’est dans cette conception dynamique du patrimoine que prend toute sa signification l’action de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif (BMAQ). Organe d’exécution du Comité d’Al-Qods, institution issue de l’Organisation de la coopération islamique, l’Agence constitue aujourd’hui un instrument singulier de solidarité, de développement humain, de protection patrimoniale et de diplomatie culturelle. Son action ne se limite pas à la conservation des monuments : elle cherche à créer les sociales, économiques, éducatives et culturelles permettant aux habitants d’Al-Qods de continuer à vivre dans leur ville, à y transmettre leurs traditions et à participer eux-mêmes à la préservation de son identité plurielle. (بيت مال القدس)
L’importance de BMAQ réside précisément dans cette articulation entre patrimoine et population. Elle fait du patrimoine non pas une fin esthétique isolée, mais un instrument de résilience humaine. Elle relie restauration architecturale, éducation, santé, agriculture, jeunesse, culture, recherche, artisanat, commerce solidaire, documentation numérique et accompagnement social. Cette approche permet de comprendre son dynamisme comme une véritable « diplomatie du patrimoine », c’est-à-dire comme une action où la conservation culturelle devient simultanément un acte de sité, de mémoire, de présence institutionnelle et de développement

Le Comité d’Al-Qods et la genèse institutionnelle de Bayt Mal Al-Qods
La création du Comité d’Al-Qods en 1975 répond à la reconnaissance du caractère exceptionnel de Jérusalem dans la conscience collective arabe et islamique. L’institution s’inscrit dans le cadre de l’Organisation de la coopération islamique et a reçu pour vocation de suivre l’évolution de la situation d’Al-Qods, de défendre son caractère particulier et de mobiliser les moyens politiques, diplomatiques et matériels nécessaires à sa protection. Le Comité a été placé sous la présidence du Maroc, d’abord sous le règne de feu Sa Majesté le Roi Hassan II, puis sous celui de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Les documents institutionnels marocains et ceux de l’Agence présentent cette continuité comme l’un des fondements de l’action marocaine en faveur de la Ville sainte. (بيت مال القدس)
La création de Bayt Mal Al-Qods correspond à une évolution fondamentale de cette architecture. Il ne suffisait plus de produire des déclarations politiques ou diplomatiques : il devenait nécessaire de disposer d’un instrument capable de transformer la solidarité en réalisations concrètes. À l’initiative de feu le Roi Hassan II, la création de l’Agence fut adoptée au milieu des années 1990 et son dispositif institutionnel fut consolidé à la fin de cette décennie. Les décisions prises lors de la session du Comité d’Al-Qods de Casablanca en 1998 ont notamment permis de structurer son comité de tutelle et de lancer effectivement ses activités. (بيت مال القدس)
Cette évolution institutionnelle est importante parce qu’elle marque le passage d’une logique essentiellement politique à une logique opérationnelle. La cause d’Al-Qods n’est plus seulement exprimée dans les enceintes diplomatiques ; elle s’incarne dans des écoles, des logements, des centres culturels, des projets agricoles, des programmes pour les enfants, des actions sanitaires, des restaurations architecturales et des initiatives économiques. En d’autres termes, Bayt Mal transforme une solidarité proclamée en solidarité administrée, financée, évaluée et mise en œuvre sur le terrain.
La structure même de l’Agence traduit cette ambition. Son fonctionnement repose sur des organes de supervision associant notamment le Maroc et la Palestine, ainsi que plusieurs États membres du Comité d’Al-Qods. Le Royaume du Maroc assure une place centrale dans la gouvernance et demeure, selon les rapports récents de l’Agence, sa source exclusive de financement. Cette caractéristique donne à BMAQ une continuité financière et opérationnelle particulièrement importante dans un environnement où les financements internationaux peuvent être irréguliers. (بيت مال القدس)
Cette continuité constitue l’une des caractéristiques majeures du modèle Bayt Mal. Elle permet à l’Agence de penser son action dans la durée et de dépasser la logique de l’intervention ponctuelle. Le patrimoine, par définition, nécessite du temps : une maison ancienne ne se restaure pas en quelques semaines ; un savoir-faire artisanal ne se transmet pas par une simple subvention ; une mémoire collective ne se préserve pas uniquement par la publication d’un livre. La conservation exige donc une politique patiente, cumulative et intergénérationnelle.
Du monument à l’habitant : une conception globale du patrimoine
L’une des contributions les plus significatives de BMAQ réside dans sa conception élargie du patrimoine. Dans une approche strictement monumentale, le patrimoine serait constitué de mosquées, églises, murailles, maisons anciennes, marchés, portes et autres constructions historiques. Une telle conception est indispensable mais insuffisante. Comme l’ont montré les études critiques sur le patrimoine, celui-ci n’est jamais simplement constitué d’objets hérités du passé : il est continuellement sélectionné, interprété, transmis et utilisé par les sociétés contemporaines (Smith, 2006 ; Harrison, 2013). (The Australian National University)
La stratégie de BMAQ s’inscrit précisément dans cette conception vivante. L’Agence considère la préservation de l’identité d’Al-Qods comme inséparable de l’amélioration des conditions de vie de ses habitants. Son portefeuille d’interventions couvre l’éducation, la santé, le logement, la reconstruction, la culture, le commerce, l’agriculture, la jeunesse, le sport et l’aide sociale. Entre 2000 et 2020, l’Agence indique avoir consacré 30,3 millions de dollars aux secteurs de la jeunesse, du sport, de la culture et de l’aide sociale, 11,32 millions à l’éducation, 5,45 millions à la santé et 9,5 millions au logement et à la restauration du patrimoine historique. (بيت مال القدس)
Cette diversification est loin d’être secondaire. Elle révèle une philosophie selon laquelle une ville ne peut conserver son patrimoine si les populations qui l’habitent sont économiquement fragilisées, si les jeunes sont privés de perspectives, si les familles ne peuvent maintenir leurs logements ou si les institutions culturelles perdent leurs moyens d’action. Le patrimoine matériel dépend donc d’un écosystème humain.
Cette conception correspond également à l’évolution de la pensée internationale sur le patrimoine. La Convention de l’UNESCO de 1972 insiste certes sur l’identification, la protection, la conservation, la présentation et la transmission du patrimoine culturel aux générations futures, mais les politiques patrimoniales contemporaines ont progressivement intégré la participation des communautés et la dimension sociale du patrimoine (UNESCO, 1972). (UNESCO World Heritage Centre)
La restauration d’une maison historique, par exemple, prend une signification beaucoup plus profonde lorsque cette maison demeure liée à une famille, à un voisinage, à une activité artisanale ou commerciale. La sauvegarde d’un marché ancien est également une sauvegarde de pratiques économiques, de relations sociales, de vocabulaire, de techniques commerciales, de goûts culinaires et de formes de sociabilité. Restaurer un espace urbain sans maintenir sa fonction sociale peut conduire à une conservation purement esthétique. À l’inverse, maintenir la fonction sociale d’un lieu historique permet de faire du patrimoine un patrimoine vivant.
La restauration du patrimoine bâti : conserver la pierre, préserver la mémoire
La restauration architecturale constitue l’un des axes fondamentaux de BMAQ. L’Agence a développé des projets portant sur la restauration, la reconstruction et l’amélioration des bâtiments historiques de la Vieille Ville et de ses quartiers environnants. En 2024, elle a annoncé un nouveau programme de restauration et de reconstruction en partenariat avec plusieurs institutions marocaines et palestiniennes, dont des associations spécialisées, des architectes et le Centre RIWAQ pour la conservation architecturale. (بيت مال القدس)
Ces interventions doivent être replacées dans la vulnérabilité particulière du patrimoine de Jérusalem. L’UNESCO considère la Vieille Ville et ses remparts comme un site dont l’authenticité, l’intégrité et la valeur culturelle nécessitent une vigilance permanente. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril rappelle que la conservation de Jérusalem ne relève pas uniquement d’un intérêt national ou régional, mais constitue une question patrimoniale internationale. (UNESCO World Heritage Centre)
La restauration prend alors une dimension qui dépasse la technique. Une maison ancienne porte les traces de plusieurs générations ; une ruelle conserve une organisation spatiale héritée ; un marché maintient une géographie commerciale ; une architecture religieuse conserve les marques d’une longue histoire spirituelle. Restaurer signifie donc préserver une continuité temporelle.
L’approche de BMAQ est particulièrement significative lorsqu’elle associe restauration et développement. Le bâtiment restauré peut redevenir logement, espace commercial, atelier, centre culturel ou lieu communautaire. La conservation devient ainsi productive : elle permet au patrimoine de participer à la vie économique et sociale de la ville.
L’expérience palestinienne plus large confirme cette logique. Un programme soutenu par l’UNESCO a permis, entre 2012 et 2023, la réhabilitation de 75 sites du patrimoine bâti palestinien, en transformant certains bâtiments historiques en centres communautaires, écoles, espaces pour les femmes, clubs de jeunes ou structures culturelles. L’UNESCO souligne que cette réhabilitation a permis de relier conservation du patrimoine, développement local et renforcement de l’identité collective (UNESCO, 2023). (UNESCO)
Le travail de BMAQ s’inscrit donc dans une tendance internationale : le patrimoine le plus durable est celui qui demeure utile aux communautés.
Bayt Al-Maghrib : lorsque la présence marocaine devient mémoire patrimoniale
Parmi les initiatives les plus significatives figure le Centre culturel marocain — Bayt Al-Maghrib — situé dans la Vieille Ville d’Al-Qods. Sa vocation dépasse celle d’un simple centre culturel. Il constitue un espace de mémoire, de recherche, d’exposition, de documentation et de transmission des relations historiques entre le Maroc et Jérusalem.
La présence marocaine à Al-Qods possède une profondeur historique particulière. Des générations de Marocains ont entretenu des liens religieux, intellectuels, commerciaux et familiaux avec la Ville sainte. Le quartier des Maghrébins, historiquement situé à proximité de l’esplanade de la Mosquée Al-Aqsa, constitue l’une des expressions les plus visibles de cette présence. La mémoire de cette implantation appartient désormais au patrimoine de la ville.
La stratégie contemporaine de BMAQ consiste à documenter cette mémoire plutôt qu’à la laisser dépendre uniquement de la tradition orale. Le développement de la plateforme numérique Bayt Al-Maghrib vise précisément à documenter et archiver le patrimoine humain et culturel de Jérusalem. Cette initiative s’insère dans la stratégie numérique 2024–2027 de l’Agence. (بيت مال القدس)
Cette orientation est particulièrement importante à l’ère numérique. Les archives numériques permettent de sauvegarder des photographies, témoignages, documents, cartes, récits, objets, biographies, traditions et productions artistiques qui peuvent être dispersés ou fragilisés. Le patrimoine devient ainsi accessible à une nouvelle génération qui ne peut pas toujours le découvrir directement dans les lieux où il s’est constitué.
Le numérique permet également de démocratiser l’accès à la mémoire. Un jeune de Jérusalem, de Rabat, de Casablanca, de Paris ou de Montréal peut désormais accéder à une partie de cette histoire sans nécessairement se trouver physiquement dans la Vieille Ville. La mémoire d’Al-Qods acquiert ainsi une dimension transnationale.
Préserver le patrimoine immatériel : de la mémoire des pierres à la mémoire des hommes
La contribution la plus profonde de BMAQ peut cependant être recherchée dans son soutien au patrimoine immatériel. Celui-ci comprend les traditions orales, les savoir-faire artisanaux, les pratiques agricoles, les fêtes, les expressions artistiques, les pratiques culinaires, les récits, les formes de sociabilité et les connaissances liées à l’environnement. UNESCO rappelle que le patrimoine immatériel est vivant précisément parce qu’il est constamment recréé et transmis par les communautés (UNESCO, 2003). (UNESCO ICH)
Le cas palestinien offre une illustration particulièrement forte. L’art de la broderie palestinienne a été inscrit en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. UNESCO souligne qu’il s’agit d’une pratique largement répandue en Palestine et dans la diaspora et qu’elle constitue un savoir transmis notamment entre générations de femmes. (UNESCO ICH)
La préservation de tels savoir-faire exige cependant davantage que leur reconnaissance symbolique. Il faut créer des débouchés économiques, soutenir les artisans, favoriser la transmission intergénérationnelle, documenter les techniques et intégrer les jeunes dans leur apprentissage. C’est ici que les programmes de BMAQ prennent une dimension patrimoniale particulièrement importante. La plateforme Dlala, par exemple, a été créée pour permettre aux associations, artisans, institutions et producteurs d’Al-Qods de commercialiser leurs produits dans un cadre de commerce électronique solidaire. (بيت مال القدس)
La logique est remarquable : le patrimoine devient une ressource économique sans être réduit à une marchandise. L’artisanat n’est plus seulement considéré comme une survivance folklorique ; il devient un secteur de création, d’emploi, de transmission et d’autonomie économique. Cette approche rejoint les réflexions internationales selon lesquelles les savoir-faire traditionnels peuvent contribuer à l’inclusion sociale, à l’emploi et à l’entrepreneuriat culturel lorsque les communautés demeurent au centre du processus (UNESCO, 2026). (UNESCO ICH)
La préservation du patrimoine immatériel est donc une politique de dignité. Elle dit aux communautés que leurs connaissances, leurs techniques et leurs pratiques quotidiennes ont une valeur historique et culturelle. Elle transforme le patrimoine en capital social.
L’olivier, l’agriculture et le paysage culturel : protéger la terre pour protéger la mémoire
L’action de BMAQ dans le domaine agricole révèle une autre dimension essentielle de la sauvegarde patrimoniale : la protection du paysage culturel. La culture de l’olivier, par exemple, n’est pas seulement une activité économique. Elle est profondément liée à l’histoire sociale de la Palestine, à la relation à la terre et à la transmission des savoirs agricoles.
L’UNESCO a reconnu la valeur exceptionnelle du paysage culturel de Battir, au sud de Jérusalem, où les terrasses agricoles, les chemins et les systèmes traditionnels d’irrigation témoignent d’une longue adaptation humaine au territoire. Le site est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine mondial en péril. UNESCO insiste notamment sur l’importance de la participation de la communauté locale dans la conservation du paysage (UNESCO, 2014–2026). (UNESCO World Heritage Centre)
Dans ce cadre, la campagne « Aouna » soutenue par BMAQ revêt une portée qui dépasse l’aide agricole. En 2024, l’Agence a distribué des outils et équipements à 1 500 agriculteurs dans trente villages et localités du gouvernorat de Jérusalem. (بيت مال القدس)
En 2025, l’Agence a également soutenu des projets visant à renforcer les capacités des agriculteurs palestiniens dans le gouvernorat de Jérusalem, notamment à travers des interventions dans plusieurs villages et le projet « Sumud ». (بيت مال القدس)
L’olivier devient ainsi un symbole particulièrement puissant de la relation entre patrimoine matériel, patrimoine immatériel et résilience. L’arbre appartient au paysage ; les techniques de culture appartiennent au patrimoine immatériel ; l’huile appartient à l’économie familiale ; la récolte constitue un moment communautaire ; et la terre elle-même porte la mémoire des générations.
La sauvegarde de l’olivier signifie donc sauvegarder simultanément une économie, un paysage, un savoir-faire, un calendrier social et une mémoire. C’est précisément cette interdépendance que la Convention de 2003 de l’UNESCO reconnaît lorsqu’elle souligne le lien profond entre patrimoine immatériel et patrimoine matériel et naturel (UNESCO, 2003). (UNESCO ICH)
La jeunesse : transmettre Al-Qods à ceux qui en porteront la mémoire
Aucune politique patrimoniale ne peut être durable si elle ne s’adresse pas aux jeunes. Une génération qui ne connaît pas son histoire risque de recevoir un patrimoine déjà fragmenté ; une génération qui le comprend peut en devenir le meilleur gardien.
BMAQ a développé à cette fin plusieurs programmes destinés aux enfants et aux adolescents. Le Club des enfants d’Al-Qods, les colonies de vacances, les activités culturelles, les publications destinées à la jeunesse et les nouveaux outils numériques participent à cette stratégie de transmission. En 2025, la seizième colonie de vacances de l’Agence a accueilli cinquante enfants de Jérusalem âgés de 11 à 14 ans dans le cadre du programme « Hârat Al-Maghariba ». (بيت مال القدس)
Ce type d’initiative possède une valeur culturelle particulière. Les enfants de Jérusalem ne sont pas seulement bénéficiaires d’une action sociale : ils deviennent les futurs dépositaires de la mémoire de la ville. Leur permettre de connaître le Maroc, son histoire, ses traditions et ses liens avec Al-Qods contribue à renforcer une mémoire partagée.
La stratégie numérique renforce encore cette dimension. L’application « Hayya » et d’autres outils numériques sont destinés à sensibiliser les enfants et les jeunes aux valeurs et aux vertus d’Al-Qods. La stratégie 2024–2027 comprend également une plateforme d’enseignement à distance, ce qui montre que BMAQ cherche à adapter la transmission patrimoniale aux nouveaux modes d’apprentissage. (بيت مال القدس)
Cette transformation numérique est fondamentale. La sauvegarde du patrimoine ne peut plus être pensée uniquement sous forme d’archives physiques. Il faut également produire des contenus audiovisuels, des archives numériques, des applications éducatives, des bibliothèques électroniques et des plateformes interactives. La mémoire devient ainsi mobile, accessible et participative.
Éducation, recherche et production du savoir : sauvegarder par la connaissance
La patrimonialisation véritable suppose la production du savoir. Ce que l’on ne documente pas risque de disparaître ; ce que l’on ne transmet pas risque de devenir incompréhensible ; ce que l’on ne contextualise pas peut être réduit à une représentation superficielle.
Le Centre Bayt Al-Maqdis pour la recherche et les études, installé au siège de l’Agence à Rabat, constitue à cet égard une institution importante. Il soutient des recherches, études, publications, concours et initiatives scientifiques et abrite des ressources documentaires consacrées à l’histoire d’Al-Qods et de la Palestine. (بيت مال القدس)
Cette dimension scientifique s’est renforcée avec le lancement, en 2025, de la Chaire des études marocaines à l’Université Al-Qods. Cette chaire, créée en coopération avec BMAQ et le Centre culturel marocain — Bayt Al-Maghrib, vise notamment à approfondir l’étude de l’histoire et du patrimoine marocains et à documenter les relations historiques et culturelles entre le Maroc et la Palestine. (بيت مال القدس)
Cette initiative est particulièrement pertinente du point de vue patrimonial. La mémoire ne doit pas seulement être célébrée ; elle doit être étudiée. La recherche universitaire permet de distinguer les faits historiques des reconstructions mythologiques, de mettre en valeur les archives, d’identifier les patrimoines menacés et de construire des méthodes de conservation scientifiquement fondées.
La production intellectuelle participe donc directement à la protection d’Al-Qods. Elle transforme la mémoire en connaissance et la connaissance en capacité de transmission.
Femmes, économie sociale et empowerment : le patrimoine comme développement humain
Le rôle des femmes constitue un autre élément essentiel de la revitalisation patrimoniale. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, les femmes sont les principales détentrices de savoirs liés à l’artisanat, à la broderie, à la cuisine, aux pratiques domestiques, aux récits familiaux et aux techniques de transmission culturelle.
L’action de BMAQ en faveur des femmes et des catégories vulnérables permet donc d’aborder le patrimoine à partir d’une perspective de développement humain. Son action sociale comprend notamment des programmes en faveur des femmes, des enfants, des personnes handicapées et des populations fragilisées. Le rapport de l’Agence sur ses réalisations entre 2019 et 2024 souligne précisément l’élargissement de son intervention aux femmes, aux jeunes, aux enfants, aux personnes handicapées, aux arts et au patrimoine palestiniens. (بيت مال القدس)
Cette approche est fondamentale parce que la vulnérabilité sociale peut provoquer une rupture patrimoniale. Lorsqu’une famille est confrontée à une grande précarité, la transmission d’un savoir-faire peut devenir secondaire. Lorsqu’un artisan ne trouve plus de marché, son métier peut disparaître. Lorsqu’une jeune génération quitte une activité traditionnelle sans possibilité de la moderniser, une partie du patrimoine immatériel peut s’éteindre.
La politique patrimoniale doit donc rendre la transmission économiquement et socialement viable. Le commerce solidaire, la formation professionnelle, les plateformes numériques et l’entrepreneuriat constituent à cet égard des instruments patrimoniaux autant qu’économiques.
La santé et le logement : les conditions matérielles de la permanence culturelle
Le patrimoine ne peut être dissocié des conditions de vie. Une ville historique ne demeure vivante que si ses habitants peuvent y habiter, se soigner, éduquer leurs enfants et exercer une activité économique.
C’est pourquoi l’action de BMAQ dans les secteurs de la santé et du logement possède une portée patrimoniale indirecte mais déterminante. L’Agence indique avoir consacré plusieurs millions de dollars à ces domaines depuis le début de ses activités. (بيت مال القدس)
La question du logement est particulièrement importante. Restaurer une maison historique mais en exclure ses habitants risque de transformer un espace vivant en décor patrimonial. À l’inverse, réhabiliter l’habitat tout en permettant aux familles de demeurer dans leurs quartiers contribue à préserver la continuité sociale de la ville.
Le rapport de BMAQ pour 2024 montre que l’Agence a consacré 35 % de son budget d’intervention aux secteurs de l’assistance sociale et du développement humain, dans un contexte de fortes difficultés économiques et sécuritaires. Elle a également renforcé ses interventions dans les domaines de la santé et de l’éducation. (بيت مال القدس)
Cette orientation illustre une conception particulièrement moderne du patrimoine : la conservation de la ville passe par la conservation de sa communauté.
Le patrimoine et la diplomatie culturelle : Al-Qods comme espace de dialogue
La dimension diplomatique de BMAQ ne doit pas être comprise uniquement en termes de relations interétatiques. L’Agence développe également une diplomatie culturelle fondée sur les échanges universitaires, les publications, les expositions, les programmes pour la jeunesse, la coopération institutionnelle et la mise en valeur de la diversité culturelle d’Al-Qods.
L’« Appel d’Al-Qods » lancé en 2019 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Sa Sainteté le Pape François fournit une référence particulièrement significative à cet égard. Le texte présente Jérusalem comme un patrimoine commun de l’humanité et comme un lieu de rencontre, de coexistence pacifique, de respect réciproque et de dialogue entre les trois religions monothéistes. (بيت مال القدس)
Cette conception permet d’élargir la notion de protection patrimoniale. Préserver Al-Qods ne signifie pas seulement protéger une identité particulière contre une autre ; cela signifie également sauvegarder la pluralité historique de la ville. La ville sainte possède une valeur précisément parce qu’elle est un lieu de superposition de mémoires, de traditions et de communautés.
Dans cette perspective, la sauvegarde du patrimoine peut devenir un langage diplomatique. Les monuments parlent, mais les bibliothèques parlent aussi ; les artisans parlent ; les étudiants parlent ; les enfants parlent ; les archives parlent. Le patrimoine devient une forme de dialogue lorsque son objectif est de faire connaître l’histoire plutôt que de l’effacer.
Cette dimension rejoint les orientations internationales de l’UNESCO, pour qui la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel doit contribuer au respect de la diversité culturelle, à la transmission et à la compréhension mutuelle (UNESCO, 2003). (UNESCO ICH)
La révolution numérique : de la conservation physique à la mémoire numérique
L’une des évolutions les plus remarquables de BMAQ est son entrée dans une nouvelle phase technologique. La stratégie numérique 2024–2027 repose sur plusieurs piliers : documentation patrimoniale, incubateur de start-up, commerce électronique solidaire, enseignement à distance et applications destinées à la jeunesse. (بيت مال القدس)
Cette évolution transforme profondément la notion même de patrimoine. Un manuscrit peut être numérisé ; une photographie peut être restaurée et archivée ; un témoignage oral peut être enregistré ; un savoir-faire peut être filmé ; un bâtiment peut être modélisé en trois dimensions ; une exposition peut être rendue virtuelle ; un parcours historique peut être cartographié.
Le numérique ne remplace toutefois pas la conservation matérielle. Il la complète. Une photographie numérisée ne remplace pas une maison historique, pas plus qu’une vidéo d’une cérémonie ne remplace la cérémonie elle-même. La valeur du numérique réside dans sa capacité à documenter, diffuser, éduquer et transmettre.
Le projet Bayt Al-Maghrib comme plateforme de documentation et d’archivage du patrimoine de Jérusalem est particulièrement révélateur de cette philosophie. Il inscrit la sauvegarde patrimoniale dans le XXIe siècle et permet de relier la conservation physique à une mémoire numérique durable. (بيت مال القدس)
En 2026, l’Agence a également indiqué que 34 start-up palestiniennes avaient participé à ses programmes d’incubation dans les domaines de l’innovation et du renouvellement, certaines ayant accédé à des phases d’accélération ou au marché. Cette donnée montre que le numérique n’est pas conçu comme une simple technique documentaire : il est aussi envisagé comme un moteur de développement économique et d’autonomisation de la jeunesse. (بيت مال القدس)
BMAQ et la résilience : une autre manière de penser la protection d’Al-Qods
La notion de résilience est devenue centrale dans les politiques contemporaines de conservation des villes historiques. Elle désigne la capacité d’une communauté à absorber les chocs, à maintenir ses fonctions essentielles et à reconstruire ses capacités d’action.
Dans le cas d’Al-Qods, cette résilience possède une dimension à la fois sociale, culturelle, économique et patrimoniale. L’Agence ne prétend pas uniquement réparer les conséquences d’une crise ; elle cherche à renforcer les capacités qui permettront à la population de faire face aux crises futures.
Le rapport 2024 de BMAQ montre cette logique : l’Agence s’est appuyée sur les données de l’Observatoire Arribat pour identifier les secteurs nécessitant le plus d’aide et adapter ses priorités. Cette approche fondée sur l’observation et l’évaluation rapproche l’action patrimoniale des méthodes contemporaines de gouvernance publique fondées sur les données. (بيت مال القدس)
La résilience devient ainsi une architecture institutionnelle. L’Agence observe, identifie, finance, met en œuvre, évalue et réoriente. Elle ne fonctionne donc pas seulement comme un mécanisme philanthropique, mais comme un instrument de développement territorial.
Cette transformation est particulièrement importante dans une ville où le patrimoine est soumis à des pressions multiples. La protection durable exige de coordonner les dimensions architecturale, économique, sociale, éducative, environnementale et culturelle. BMAQ semble progressivement construire cette transversalité.
Une institution au croisement du patrimoine matériel et immatériel
L’un des grands mérites de BMAQ est précisément d’avoir refusé, dans sa pratique, la séparation artificielle entre patrimoine matériel et patrimoine immatériel.
Une maison historique appartient au patrimoine matériel ; les techniques de construction qui ont permis de l’édifier relèvent du patrimoine immatériel. Une oliveraie constitue un paysage culturel ; les connaissances agricoles nécessaires à son entretien appartiennent au patrimoine immatériel. Une broderie est un objet ; le savoir-faire de la brodeuse est une pratique immatérielle. Une bibliothèque est un bâtiment ; les récits, manuscrits et connaissances qu’elle abrite appartiennent à la mémoire collective.
La Convention de l’UNESCO de 2003 insiste précisément sur cette interdépendance (UNESCO, 2003). (UNESCO ICH)
Cette perspective donne une cohérence particulière aux différents programmes de BMAQ. La restauration des bâtiments, le soutien aux artisans, la documentation, les programmes éducatifs, l’agriculture, les activités culturelles, les colonies de vacances et les initiatives numériques peuvent apparaître comme des secteurs différents ; ils forment pourtant un même système : celui de la continuité culturelle.
La véritable revitalisation patrimoniale ne consiste donc pas à conserver le passé intact. Elle consiste à permettre au passé de continuer à produire du sens dans le présent et dans l’avenir.
Une diplomatie de proximité fondée sur des réalisations concrètes
L’action de BMAQ illustre enfin une transformation plus générale de la diplomatie contemporaine. À côté de la diplomatie traditionnelle des États, existe une diplomatie de proximité fondée sur les populations, les universités, les municipalités, les associations, les institutions culturelles et les professionnels.
Dans le cas d’Al-Qods, cette diplomatie possède une importance particulière. Une déclaration politique peut être nécessaire, mais elle reste abstraite si elle ne se traduit pas par une école rénovée, une famille soutenue, un artisan accompagné, une bibliothèque équipée, un agriculteur aidé, une maison restaurée ou un enfant sensibilisé à son patrimoine.
Les chiffres récents témoignent de cette continuité. En 2025, BMAQ a annoncé un volume global de projets de 8 millions de dollars, dont 6,5 millions consacrés à des projets à Jérusalem et 1,5 million à des opérations humanitaires dans la bande de Gaza. Pour 2026, l’Agence a annoncé vouloir poursuivre ses réformes administratives, réduire son déficit de financement et mettre en œuvre sa stratégie numérique afin d’améliorer l’efficacité de ses programmes. (بيت مال القدس)
Cette évolution montre que BMAQ cherche à passer progressivement d’une logique d’intervention à une logique institutionnelle de long terme. Sa crédibilité dépend désormais autant de la qualité des projets que de leur gouvernance, de leur évaluation, de leur transparence et de leur capacité à produire des effets durables.
Conclusion — Faire vivre Al-Qods pour préserver son âme
L’histoire de Bayt Mal Al-Qods Acharif peut être lue comme celle d’une institution qui a progressivement transformé la solidarité envers Al-Qods en une politique globale de présence, de protection et de développement humain. Née de la volonté de faire du Comité d’Al-Qods une institution capable d’agir concrètement, BMAQ s’est progressivement transformée en un instrument multidimensionnel où la restauration architecturale, l’aide sociale, l’éducation, la santé, l’agriculture, la culture, la jeunesse, la recherche et le numérique se complètent.
Sa contribution la plus importante réside peut-être dans une idée simple mais profonde : on ne protège pas véritablement une ville en protégeant uniquement ses monuments. On protège une ville en permettant à ses habitants de continuer à y vivre, à y travailler, à y enseigner, à y créer, à y transmettre leurs traditions et à y construire leur avenir. Le patrimoine est donc inséparable de la dignité humaine.
La restauration d’une maison ancienne protège la mémoire matérielle ; l’aide au logement protège la continuité humaine. La restauration d’un centre culturel protège un espace ; l’éducation des enfants protège la mémoire. Le soutien à l’artisan protège un métier ; la plateforme numérique protège sa transmission. La campagne oléicole protège une récolte ; elle protège aussi un paysage, un savoir-faire, une économie familiale et une relation ancestrale à la terre.
C’est cette interdépendance qui donne à BMAQ son caractère particulier. Son action participe à une forme de diplomatie patrimoniale où le patrimoine devient à la fois objet de conservation, instrument de développement, support de mémoire et langage de solidarité.
Dans cette perspective, la revitalisation d’Al-Qods ne doit pas être comprise comme une simple restauration du passé. Elle est une entreprise de continuité historique. Il ne s’agit pas seulement de conserver ce qui fut, mais de permettre à ce qui fut de demeurer vivant dans le présent et de continuer à être transmis dans l’avenir.
L’UNESCO rappelle que la sauvegarde du patrimoine matériel exige sa conservation et sa transmission, tandis que la Convention de 2003 définit la sauvegarde du patrimoine immatériel par l’identification, la documentation, la recherche, la protection, la promotion, la transmission et la revitalisation. (UNESCO ICH) BMAQ semble précisément évoluer dans cette direction : de la conservation vers la revitalisation, de la pierre vers l’humain, de l’objet vers la communauté, de l’archive vers la transmission, de l’assistance ponctuelle vers la résilience.
Al-Qods est une ville de mémoire, mais une mémoire véritablement vivante ne se contente jamais de regarder vers le passé. Elle construit l’avenir. C’est pourquoi l’œuvre de Bayt Mal Al-Qods Acharif peut être interprétée comme une entreprise de sauvegarde intégrale : sauvegarder les murs, mais aussi les familles ; restaurer les bâtiments, mais aussi les savoir-faire ; soutenir les institutions, mais aussi les jeunes ; préserver les archives, mais aussi les récits ; protéger les paysages, mais aussi les pratiques qui leur donnent vie.
La grandeur d’une politique patrimoniale se mesure finalement moins au nombre de monuments restaurés qu’à sa capacité à maintenir une communauté capable de reconnaître, d’habiter, de transmettre et de renouveler son héritage. Dans cette perspective, l’action de BMAQ confère à la solidarité envers Al-Qods une dimension concrète et durable. Elle contribue à faire de la Ville sainte non pas une mémoire figée, mais un patrimoine vivant ; non pas un musée de civilisations disparues, mais une ville où la mémoire continue de produire du sens ; non pas uniquement un symbole du passé, mais un espace où l’histoire, la culture, la spiritualité et la dignité humaine peuvent continuer à dialoguer.
Ainsi comprise, la revitalisation d’Al-Qods est bien davantage qu’une politique de conservation. Elle constitue une philosophie de la continuité : conserver pour transmettre, transmettre pour faire vivre, et faire vivre pour que la Ville sainte demeure, pour les générations présentes et futures, un patrimoine spirituel, historique et culturel d’une portée universelle.
Bibliographie
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2024a). Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif : Une action soutenue sur le terrain malgré une situation sécuritaire difficile. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2024b). Bayt Mal Al-Qods Agency achievements exceed $13.8 million from 2019–2024. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2024c). L’Agence Bayt Mal Al-Qods présente ses projets à Al-Qods. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2024d). Al-Qods : Lancement de la campagne de récolte des olives « Aouna ». Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2024e). Restoration and reconstruction projects in Jerusalem. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2025a). L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif présente son rapport d’activités 2025 à Jérusalem. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2025b). La Chaire des études marocaines lancée à l’Université Al-Qods. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2025c). Les participants à la deuxième rencontre scientifique de la Chaire des études marocaines mettent en lumière les raisons de l’installation des Marocains à Jérusalem. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2025d). Tanger accueille la 16e édition du camp d’été annuel pour les enfants de Jérusalem. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2025e). BMAQ finance des projets pour renforcer les capacités des agriculteurs palestiniens dans le gouvernorat de Jérusalem. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (2026). Des startups palestiniennes participent à la 4e édition du salon GITEX Africa avec le soutien de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Harrison, R. (2013). Heritage: Critical approaches. Routledge. (philpapers.org)
Smith, L. (2006). Uses of heritage. Routledge. (The Australian National University)
UNESCO. (1972). Convention concerning the protection of the world cultural and natural heritage. UNESCO World Heritage Centre. (UNESCO World Heritage Centre)
UNESCO. (2003). Convention for the safeguarding of the intangible cultural heritage. UNESCO. (UNESCO ICH)
UNESCO. (2014). Palestine: Land of Olives and Vines – Cultural Landscape of Southern Jerusalem, Battir. UNESCO World Heritage Centre. (UNESCO World Heritage Centre)
UNESCO. (2021). The art of embroidery in Palestine, practices, skills, knowledge and rituals. UNESCO Intangible Cultural Heritage. (UNESCO ICH)
UNESCO. (2023). 75 steps towards preserving Palestinian cultural heritage: Local development through the rehabilitation and revitalization of the historic built environment in Palestine. UNESCO. (UNESCO)
UNESCO World Heritage Centre. (1981–2026). Old City of Jerusalem and its Walls. UNESCO World Heritage Centre. (UNESCO World Heritage Centre)
Royaume du Maroc. (2000). Rapport de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, au 9e Sommet de l’Organisation de la coopération islamique. Maroc.ma. (Maroc)
Comité d’Al-Qods. (2026). Les missions du Comité d’Al-Qods. Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif. (بيت مال القدس)
Mohamed Chtatou, Professeur d’université, consultant international en éducation et analyste politique pour la région MENA



