Escalade de la violence : Le cas Hicham Jerando place le Canada face à ses responsabilités

Le climat numérique entourant les relations entre la diaspora et les institutions marocaines vient de franchir un seuil critique. Hicham Jerando, influenceur établi au Canada, ne se contente plus de la critique acerbe ; il est désormais pointé du doigt pour des appels directs à l’insurrection armée et à l’élimination physique de responsables marocains.
Un discours qui bascule dans la criminalité
Si la liberté d’expression est un pilier des démocraties occidentales, les récents propos de Jerando semblent en tester les limites juridiques. Dans ses dernières interventions, l’homme ne cache plus ses intentions de voir le Maroc sombrer dans l’instabilité. Ses injonctions sont sans équivoque :
« Foutez le bordel et si on vous tape, tapez dine m’houm. Armez-vous de tout ce que vous pouvez et descendez dans la rue. Il n’y a pas d’autre solution vis-à-vis de ces fils de pute. Tuez-les tous. »
En invoquant le concept de « qassas » (loi du talion), Jerando s’éloigne du militantisme politique pour emprunter une sémantique propre aux organisations radicales. Il ne se limite pas à des concepts abstraits, mais désigne des cibles précises, notamment en diffusant des adresses personnelles de hauts fonctionnaires de la DGSN-DGST.
L’incitation au lynchage comme programme
L’influenceur va jusqu’à prôner des méthodes de justice expéditive, s’appuyant sur des troubles survenus récemment à l’étranger (notamment au Népal) pour galvaniser ses abonnés :
« Et tous ceux que vous réussirez à arrêter, pendez-les. […] Ce sera ça notre programme. J’appelle à une révolution totale, une confrontation directe. »
En qualifiant les citoyens de « peuple de merde » au motif qu’ils ne passeraient pas à l’action violente, il tente d’instaurer un climat de terreur et de désobéissance civile massive.
Le dilemme d’Ottawa : Liberté ou complicité passive ?
Le cœur de la polémique réside désormais dans l’inaction apparente d’Ottawa. Le Code criminel canadien, en son article 319, est pourtant explicite sur l’incitation à la haine et les menaces de mort. Comment un citoyen canadien peut-il, depuis le sol de l’Ontario ou du Québec, orchestrer des campagnes de cyber-terrorisme visant un État partenaire sans être inquiété ?
Plusieurs observateurs soulignent une incohérence : le Canada se montre d’une sévérité exemplaire lorsque ses propres dirigeants sont menacés en ligne, mais semble observer une forme de retenue lorsque les cibles sont étrangères.
Conclusion : Vers une crise diplomatique ?
Le Maroc, qui collabore activement avec les services de renseignements canadiens dans la lutte contre le terrorisme mondial, pourrait voir dans cette passivité un manque de réciprocité. Entre les condamnations pour diffamation déjà accumulées par Jerando et ses récents appels au meurtre, le dossier juridique s’alourdit. Pour les autorités marocaines et une partie de l’opinion publique, le temps de la diplomatie feutrée pourrait bientôt laisser place à une exigence de reddition de comptes devant la justice canadienne.



