Mohammed Alissa appelle à une gouvernance éthique de l’intelligence artificielle depuis Fès

Intervenant à l’ouverture de la conférence internationale de l’Université Euro-méditerranéenne de Fès sur « L’avenir de la civilisation humaine à l’épreuve de l’intelligence artificielle » lundi 27 avril 2026, le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, cheikh Mohammed Alissa, a appelé à encadrer l’intelligence artificielle par un référentiel éthique fondé sur les valeurs humaines communes.
Dans son allocution, le SG a souligné l’importance du thème de cette conférence, qui aborde une question majeure liée à notre monde civilisationnel et à sa transformation intellectuelle progressive au cours des derniers siècles. Il a rappelé que cette évolution a débuté avec la révolution du savoir aux 16ème et 17ème siècles, laquelle a fait passer l’humanité d’une pensée matérielle traditionnelle à l’élargissement de la méthode scientifique expérimentale, dont les principes avaient été posés par des savants musulmans entre les 10ème et 11ème siècles, avant d’aboutir aujourd’hui à la révolution de l’intelligence artificielle, qui a transformé la machine d’un simple outil de stockage de la connaissance en un instrument capable d’analyser et de générer des idées.
Il a insisté sur la nécessité d’encadrer la révolution de l’intelligence artificielle par un référentiel éthique commun fondé sur nos valeurs humaines partagées. Il a présenté, à cet égard, une vision globale reposant notamment sur la définition préalable de valeurs consensuelles avant la conception des systèmes d’intelligence artificielle, en particulier concernant les informations liées aux religions, aux appartenances ethniques ou aux cultures, afin d’éviter que cette technologie ne devienne un outil de diffusion de la haine, du racisme ou de soutien aux théories du choc des civilisations et des conflits culturels.
Il a également appelé à imposer aux entreprises concernées des exigences de transparence et de responsabilité, ainsi qu’à fixer des limites strictes dans les domaines sensibles et dangereux, notamment pour les décisions cruciales, lesquelles doivent impérativement demeurer du ressort final de l’être humain.
Le SG a souligné également la nécessité de distinguer l’être humain de la machine : l’Homme est libre dans sa réflexion, et cette liberté peut le conduire vers la justesse lorsque son raisonnement est sain. La machine, en revanche, et en premier lieu l’intelligence artificielle, n’est pas libre ; elle demeure tributaire de la volonté de ceux qui l’alimentent, que ce soit par des faits véridiques ou par des informations trompeuses. Elle ne possède ni conscience ni volonté. Il a conclu en affirmant que notre avenir civilisationnel avec l’intelligence artificielle dépend avant tout de nous-mêmes, et non de cette technologie en elle-même, car celle-ci ne fait, en définitive, que nous représenter dans son vaste espace selon les paramètres que nous lui définissons.



