
L’Académie du Royaume du Maroc et l’Agence de l’Oriental ont annoncé la publication de l’ouvrage “De Figuig à Tombouctou : Maroc–Mali, histoire et patrimoine partagés”, une œuvre collective qui célèbre la profondeur historique et culturelle des liens unissant le Maroc et le Mali, et plus largement l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.
À travers des contributions pluridisciplinaires, notamment l’histoire, l’anthropologie politique, les relations internationales et les études sahariennes, ce livre retrace les échanges humains, spirituels et commerciaux qui ont façonné, au fil des siècles, un espace commun de civilisation, indiquent l’Académie du Royaume du Maroc et l’Agence de l’Oriental dans un communiqué conjoint.
De l’oasis verdoyante de Figuig, au cœur de l’Oriental marocain, jusqu’à la mythique cité de Tombouctou, berceau de savoir et de spiritualité sur les rives du Niger, se dessine une véritable cartographie de la mémoire partagée.
L’ouvrage met en lumière les anciennes routes caravanières qui reliaient les deux rives du Sahara, de Sijilmassa à Gao et de Taoudeni à Djenné, où ne circulaient pas seulement l’or, le sel et l’ivoire, mais également les idées, les savoirs et les valeurs, souligne la même source, précisant que ces itinéraires du commerce et de la connaissance ont contribué à faire de Tombouctou, dès le XIIIᵉ siècle, un haut lieu du rayonnement intellectuel, grâce à ses prestigieuses médersas et à son université coranique de Sankoré.
“Les auteurs rappellent que, par-delà les épreuves de l’histoire, notamment l’esclavage et les crises contemporaines, telle la perte des manuscrits de Tombouctou en 2012, les relations entre le Maroc et le Mali et, plus largement, avec le Soudan occidental, demeurent un modèle de continuité et de fraternité africaine”, souligne la même source.
Et d’ajouter que ce lien, à la fois spirituel et culturel, trouve son expression dans les traditions confrériques de la Qadiriya et de la Tijaniya, dans les architectures, les récits de voyage et les modes de vie partagés des peuples sahéliens.
L’avant-propos, signé par Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, souligne la portée mémorielle et symbolique de ce travail. “Nos rives communes ont une portée mémorielle et elles constituent une fortune du destin. Tel est l’éloquent plaidoyer qu’expose avec brio cet ouvrage”, écrit-il, cité par le communiqué.
Dans la préface, Mohammed Mbarki, directeur général de l’Agence de l’Oriental, estime, pour sa part, que “les réflexions historiques, sociologiques et anthropologiques développées dans cet ouvrage suggèrent que le temps est venu de renouer avec la grande Histoire saharienne des peuples de l’Ouest africain tant les contextes et les logiques à l’œuvre aujourd’hui y sont favorables”.
L’ouvrage plaide ainsi pour une relecture des relations géopolitiques en Afrique à la lumière d’une histoire interculturelle, où la coopération Sud-Sud devient un moteur de développement et de compréhension mutuelle.
Source: MAP



