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Festival de Fès de la culture soufie : la poésie mystique, une voie vers la guérison spirituelle et le rapprochement des cultures

Le Forum de la 18e édition du Festival de Fès de la culture soufie et des sagesses du monde, organisé samedi 17 octobre 2026, a mis en lumière le rôle de la poésie mystique dans la quête de sens, l’élévation spirituelle et le rapprochement entre les cultures, sous le thème «La poésie mystique, un élixir de guérison ».
Placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, cette édition du forum a été l’occasion de réaffirmer la place de l’art et de la culture dans la promotion des valeurs d’humanité, de spiritualité et de paix, dans un contexte marqué par les mutations technologiques et les transformations des sociétés contemporaines.
Intervenant à cette occasion, le président du festival, Fouzi Skali, a souligné l’ambition de renouer les liens entre la sagesse, la poésie et la beauté, en mettant la création artistique et la réflexion culturelle au service de la spiritualité.
Skali a relevé que « la déspiritualisation » progressive de la culture et les bouleversements induits par la disruption technologique rendent nécessaire une réflexion sur la place de la sagesse dans le monde contemporain, évoquant à cet égard le concept de « désenchantement du monde » développé par le sociologue allemand Max Weber.
Dans cette perspective, Fès est appelée à conforter sa vocation de carrefour spirituel et de rencontre entre les traditions et les sensibilités culturelles, a-t-il indiqué, soulignant que la poésie mystique constitue un moyen de favoriser l’élévation de la pensée et de l’âme, tout en promouvant la dignité humaine et l’ouverture à l’autre.
Skali a également mis l’accent sur la diversité des spiritualités et des cultures, considérée comme une richesse susceptible de rapprocher les peuples, citant la formule de Teilhard de Chardin : « Tout ce qui s’élève converge ».
Au-delà de sa programmation artistique, le festival se veut un espace de réflexion et d’expérimentation humaine, où la beauté ouvre des perspectives sur les sources de la pensée et de l’imagination qui nourrissent la création artistique, a-t-il poursuivi, insistant sur la capacité de la poésie à porter un langage universel de dialogue, de paix et de rapprochement entre les cultures.
De son côté, le poète et écrivain Kais Ben Yahya, auquel un vibrant hommage a été rendu lors de cette rencontre, a affirmé que la poésie constitue un espace privilégié de quête de sens, de partage et d’élévation spirituelle, capable de raviver l’espérance et de rapprocher les êtres humains.
Ben Yahya a exprimé sa gratitude pour cet hommage, soulignant que tout parcours individuel s’inscrit dans une dynamique collective, façonnée par les voix, les expériences et le soutien des personnes qui contribuent à nourrir la pensée et la sensibilité.
Évoquant son cheminement de la science vers la poésie, il a relevé que ces deux domaines partagent une même exigence de compréhension, de questionnement et de recherche du sens, tout en reconnaissant la place du mystère dans la condition humaine.
La poésie permet ainsi de dépasser les apparences, de percevoir dans la fragilité humaine une promesse de lumière et de faire de l’amour une force de réconciliation avec soi-même et avec autrui, a-t-il expliqué, ajoutant que la poésie, sans prétendre guérir toutes les blessures du monde, peut redonner à l’âme sa capacité d’espérer, au cœur sa liberté d’aimer et à l’être humain sa dignité.
Et d’estimer que la poésie, dans le cadre de ce festival, atteint sa pleine portée lorsqu’elle dépasse l’expression individuelle pour devenir une lumière partagée, au service de la transmission, de l’amour et de la fraternité humaine.
Placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, la 18ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie (17- 24 octobre) promet une programmation réunissant concerts, rituels, rencontres intellectuelles et expériences artistiques autour de la spiritualité et de la quête de sens.
Cette édition entend faire de Fès un espace de rencontre entre les héritages spirituels du Maroc et les sagesses du monde, à travers une programmation qui explore le rôle de la poésie et de la beauté « dans un monde marqué par les blessures et les épreuves ».

Source: MAP

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