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L’Afrique, aire de prédilection du soft power marocain (4)

Le Maroc a une longue tradition d’investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux années 80 du siècle dernier. Chaque année, plus de 7 000 étudiants originaires de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universités marocaines et bénéficient de bourses d’études. En outre, des centaines de professionnels d’Afrique subsaharienne reçoivent une formation professionnelle dans ses « centres d’excellence » afin de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire du Maroc.

Le soft power culturel/éducatif marocain

Le Maroc est l’un des principaux fournisseurs africains de bourses d’études pour les étudiants africains. En décembre 2016, l’Agence Marocaine de la Coopération Internationale -AMCI-  avait conclu des accords avec 111 pays, dont 46 pays africains. C’est en Afrique francophone que la présence affirmée de l’AMCI est la plus marquée.

Dr Mohamed Chtatou
Dr Mohamed Chtatou

Chaque année, l’AMCI octroie des milliers de bourses d’études pour des diplômes universitaires et professionnels. La Guinée, par exemple, envoie chaque année plus de 100 étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats à l’examen national dans des établissements marocains. Pour les étudiants performants qui n’ont pas les moyens de fréquenter une université au Canada, en France, en Angleterre ou aux États-Unis, le Maroc est une perspective libératrice.

Pour Fouzia Koubi, la diplomatie culturelle marocaine en Afrique a été efficace et pertinente :

‘’La diplomatie culturelle du Maroc a connu un essor incontournable les deux dernières décennies, et a contribué à la refonte de la pratique diplomatique marocaine. Bien que sa portée soit à vocation globale, ses projections demeurent plus orientées vers les sphères traditionnelles de la présence marocaine. Hormis l’espace africain, et dans une moindre mesure les pays à fort diaspora, la diplomatie culturelle est à la conquête d’espaces nouveaux où le Maroc ambitionne de jouer non seulement le Label Maroc mais la marque Afrique. L’enjeu de se présenter comme une plaque tournante de rayonnement culturel nécessite des fonds conséquents à investir et faire face à la concurrence sur le terrain géopolitique de la culture.’’

Lorsque les diplômés africains des meilleures facultés marocaines retournent dans leur pays d’origine, ils décrochent généralement un emploi bien rémunéré. Si la diplomatie économique permet de peser sur la politique régionale, la diplomatie scientifique et culturelle permet d’influencer la perception que l’on a de soi. Outre les connaissances acquises dans les salles de classe marocaines, les expériences internationales avec des enseignants et des camarades de classe marocains modifient bon nombre des stéréotypes que les Africains entretiennent sur les Marocains et leur vision du reste de l’Afrique.

Si les réalisations de l’AMCI entre 1986 et 2016 peuvent être saluées, le véritable tournant s’est produit avec l’intérêt sincère du roi Mohammed VI pour les questions africaines. À partir de 1999, Mohammed VI a sillonné le continent en essayant – et souvent avec succès – de vendre la vision marocaine d’une « Afrique qui croit en son potentiel ».

Selon les derniers chiffres de l’AMCI, l’engagement personnel du Roi pour l’Afrique a conduit à une refonte des programmes marocains axés sur l’Afrique. Rien qu’en 2017-2018, le Maroc a accordé plus de 5 000 bourses à des étudiants africains, soit près d’un tiers du nombre total d’étudiants africains que le Maroc a accueillis jusqu’en 2016-2017. La même période a également marqué une augmentation considérable du nombre d’étudiants africains bénéficiant de l’allocation AMCI, passant de 6 500 étudiants en 2017 à plus de 11 000 à ce jour.

Le Maroc a une longue tradition d’investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux années 80 du siècle dernier. Chaque année, plus de 7 000 étudiants originaires de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universités marocaines et bénéficient de bourses d’études. En outre, des centaines de professionnels d’Afrique subsaharienne reçoivent une formation professionnelle dans ses « centres d’excellence » afin de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire du Maroc.

Depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI, un souverain féru d’art et de lettres, n’a cessé de faire de Rabat une ville lumière et un centre d’excellence à l’échelle internationale. En effet, Souhail Karam écrit dans Bloomberg ce qui suit :

‘’ À Rabat, capitale du Maroc, des ouvriers veillent à ce que les surfaces blanches et incurvées du Grand Théâtre, conçu par Zaha Hadid, soient impeccables avant son ouverture royale. À 40 minutes de marche, le théâtre Mohammed V propose des pièces de théâtre, de la musique jazz et une exposition de photos. Deux mois plus tôt, à l’occasion du retour du festival annuel Rabat Street Art, des grues ont hissé des artistes au sommet des immeubles pour peindre des fresques murales.

À l’instar des centres culturels du monde entier, la capitale marocaine, vieille de 900 ans, reprend vie à mesure que sa scène artistique émerge de la pandémie, et cette résurgence se répercute au-delà des anciens murs de Rabat.

Les dirigeants marocains tiennent à promouvoir le pays nord-africain comme un bastion de progrès et de stabilité dans une région instable.

Et de continuer par dire :

La renaissance artistique de Rabat est cruciale pour l’entreprise colossale du roi Mohammed VI, vieille d’une décennie, visant à faire de son pays un centre majeur pour les arts et la culture sur le continent africain.

Pour Abdelaziz El-Idrissi, directeur du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, il s’agit d’une « révolution » qui vise à démocratiser l’accès aux beaux-arts pour une plus grande partie de la société marocaine. Depuis son ouverture en 2014, son musée a exposé des œuvres de Pablo Picasso et d’Eugène Delacroix et a prêté son espace à des artistes marocains tels que Chaibia Talal.’’

Ainsi, ces dernières années, Rabat est devenu le centre de la culture africaine : rencontres culturelles et cinématographiques et un lieu d’exposition sur les différents aspects de l’art pictural et autre.

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