Le service de la dette en Afrique atteint un niveau record

Dans un appel fort lancé aux parties prenantes lors de l’ouverture du dixième Forum régional africain pour le développement durable (ARFSD-10) à Addis-Abeba (Éthiopie), la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, a déclaré qu’il est urgent d’agir pour accroître les flux de capitaux vers les Pays en développement (PED), en particulier en Afrique, afin de faire de la relance des ODD une réalité. Elle a également exhorté la communauté internationale à soutenir l’Afrique dans ses efforts visant à concrétiser sa vision du développement à travers le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063.
Mme Amina a déclaré aux participants du forum multipartite composé de représentants des États membres, de jeunes, de la société civile et d’acteurs du secteur privé que les pays africains sont confrontés à des défis importants, notamment le service de la dette, la hausse des taux d’intérêt et un espace budgétaire limité.
« Le service de la dette en Afrique atteint un niveau record en raison des chocs extérieurs, ce qui ne laisse que très peu d’espace budgétaire, voire rien, pour investir dans le développement durable. » En outre, le service de la dette « a représenté l’année dernière le chiffre stupéfiant de 47,5 % des recettes publiques en Afrique subsaharienne. Il s’agit des principales dépenses consacrées aux services essentiels, ainsi qu’aux investissements destinés aux domaines de l’éducation et de la santé pour l’avenir du continent », a-t-elle déclaré.
Selon Mme Mohammed, au moins 500 milliards de dollars par an sont nécessaires pour accroître le financement abordable à long terme du développement, parallèlement aux réformes structurelles au sein même des institutions et des règles qui constituent l’architecture financière mondiale.
Faisant écho au Vice-Secrétaire général, Robinah Nabbanja, le Premier Ministre ougandais, a souligné la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale pour garantir des conditions de financement favorables, ajoutant qu’il est nécessaire d’imposer un financement à long terme pour les pays en développement afin de créer des économies durables. Elle a déclaré qu’une agriculture intelligente face au climat, la technologie et l’innovation sont les principaux moteurs du développement durable sur le continent.



