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Le Commandeur des Croyants : la paix spirituelle au service du développement économique et social par Mohammed Jelmad

L’institution de la Commanderie des Croyants (Amir al-Mouminine) a pris une signification et une légitimité particulières, distinctes du Califat oriental, et est devenue un pilier fondamental de l’État conférant au Roi du Maroc une triple légitimité religieuse, historique et constitutionnelle.


L’institution de la Commanderie des Croyants (Amir al-Mouminine) qui a ses racines dans l’histoire primitive de l’Islam  est une composante centrale et spécifique de la Monarchie Marocaine. Elle a pris une signification et une légitimité particulières, distinctes du Califat oriental, et est devenue un pilier fondamental de l’État conférant au Roi du Maroc une triple légitimité religieuse, historique et constitutionnelle. Son institutionnalisation spécifique, qui fait du Souverain la clé de voûte du système politique et religieux, est un héritage historique et civilisationnel propre au Royaume Chérifien.

Ainsi, le Roi est gardien de l’Islam et des Cultes, veillant  au respect de l’Islam et garantissant le libre exercice des cultes pour les musulmans et  les non-musulmans (chrétiens et juifs) ; Il est  aussi et surtout le protecteur de l’unité doctrinale, et ce  rôle lui permet de diriger la politique religieuse et d’assurer que l’Islam pratiqué au Maroc reste modéré et conforme aux principes du rite malékite et des doctrines sunnites, luttant ainsi contre l’extrémisme.

Cette position centrale de l’institution de la Commanderie des Croyants dans le système politique marocain est la conséquence d’une adhésion consensuelle de la communauté à la légitimité religieuse de la monarchie marocaine, laquelle adhésion s’exprime à travers le pacte d’allégeance   (Al-Baïa ou Bay’ah), acte cérémoniel et constitutionnel qui officialise la relation entre le Roi du Maroc et son peuple.

A ce titre, le Roi du Maroc, de part sa qualité de Commandeur des Croyants, est le garant de la paix spirituelle qui contribue de manière significative et multidimensionnelle au développement socioéconomique, agissant à la fois au niveau individuel et collectif. Elle crée les fondations éthiques et psychologiques nécessaires à une société stable, productive et juste.

Contribution au niveau individuel

La paix intérieure est un catalyseur pour l’épanouissement personnel, qui se répercute sur la productivité et la contribution sociale à travers :

  • La réduction du stress et la garantie d’une meilleure santé mentale : La paix spirituelle aide les individus à gérer le stress, l’anxiété et la dépression. Une meilleure santé mentale entraîne une plus grande résilience face aux défis, ce qui est crucial pour maintenir un engagement soutenu au travail et dans la vie communautaire.
  • L’augmentation de la productivité et de la créativité : Les personnes en paix intérieure sont généralement plus concentrées, plus motivées et possèdent un esprit plus clair. Ces qualités améliorent la performance au travail, l’innovation et la capacité à trouver des solutions constructives aux problèmes.
  • Le développement des qualités morales : Elle favorise des valeurs telles que l’honnêteté, la confiance, l’empathie et le respect d’autrui. Ces qualités sont fondamentales pour des transactions économiques éthiques et des relations sociales harmonieuses.

Contribution au niveau social et économique

Au niveau collectif, la paix spirituelle, qu’inspire la Commanderie des Croyants, se traduit par une meilleure cohésion sociale et l’existence d’institutions plus efficaces, qui sont les piliers du développement :

  • Cohésion sociale et unité : La spiritualité encourage le sentiment d’une humanité commune et l’unité dans la diversité, transcendant les différences religieuses, ethniques ou sociales. Cette cohésion réduit les tensions et les conflits, instaurant une paix sociale stable, essentielle pour les investissements et la croissance économique.
  • Gouvernance et éthique : la paix spirituelle promeut l’équité, la justice et la transparence. Lorsque ces principes guident les institutions et les entreprises, cela diminue la corruption, améliore la confiance du public et des investisseurs, et assure une meilleure répartition des richesses et des opportunités.
  • Économie altruiste et coopérative : la vision spirituelle du monde entretenue par le Roi du Maroc, Commandeur des Croyants,  a inspiré un système économique plus altruiste et coopératif. Cela inclut le soutien aux plus démunis, l’éradication de la pauvreté et la promotion d’emplois utiles et décents (l’économie solidaire en est un exemple).
  • Gestion durable de l’environnement : De nombreux enseignements spirituels, véhiculés par les prêches du Vendredi, mettent l’accent sur le lien profond entre l’être humain et la nature. Cette initiative encourage une régie de l’environnement plus responsable et des pratiques de développement durables, vitales pour la pérennité économique à long terme.
  • Éducation axée sur les valeurs : L’éducation, enrichie par les valeurs spirituelles, ne se limite pas à la transmission de connaissances, mais vise aussi à former des citoyens responsables, tolérants et engagés dans l’établissement de la paix et de la justice.

En résumé, la paix spirituelle crée un capital spirituel qui nourrit le capital social (confiance, tolérance) et le capital humain (santé, productivité), éléments indispensables à un développement socioéconomique inclusif et durable.

Transformation des Conflits et de Réconciliation 

Dés son accession au trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI- que Dieu le préserve- avait accordé un grand intérêt à la guérison spirituelle et émotionnelle comme précurseur nécessaire à la reconstruction économique et politique par le biais de la justice réparatrice et de réconciliation et dont  la création de l’Instance Equité et Réconciliation en avait été la plus grande expression. Le Souverain était conscient que la division et le traumatisme constituaient un véritable frein au développement économique et social. Le but était de cultiver le pardon et la compassion pour briser le cycle de la vengeance, rétablir la dignité des victimes et encourager le dialogue au lieu de l’hostilité.

Cette clairvoyance Royale à connotation spirituelle a instauré un climat politique stable, qui est la première condition pour attirer les investissements étrangers et locaux. Elle a également permis la  libération d’une énergie humaine concentrée sur l’éducation, la santé et la production économique.

En s’investissant dans la culture de la paix spirituelle, Sa Majesté le Roi, Commandeur des Croyants a démontré que  la paix spirituelle n’est pas un luxe, mais une infrastructure essentielle : sans la confiance, l’éthique et la cohésion sociale qu’elle engendre, les systèmes économiques et sociaux ont tendance à s’effondrer ou à fonctionner de manière inefficace et injuste.

Mohammed Jelmad, Docteur en Droit Public

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