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Le soufisme marocain au service de la Sira au cœur d’un colloque à Moulay Bouazza

Le rôle du patrimoine soufi marocain au service de la biographie du Prophète (Sira Annabaouia) a été au centre d’un colloque scientifique organisé, mardi 5 mai 2026 à Moulay Bouazza, avec la participation d’une pléiade d’oulémas, d’académiciens, de chercheurs et de spécialistes du soufisme.
Cette rencontre, organisée à la lumière des Hautes orientations du Message Royal adressé aux oulémas à l’occasion de la commémoration de 15 siècles sur la naissance du Prophète, a mis en lumière le patrimoine soufi marocain en tant qu’affluent essentiel au service de la Sira Annabaouia.
Ce colloque a été marqué par la présence du gouverneur de la province de Khénifra, Mohamed Adil Ihourane, du président du Conseil local des Oulémas de Khénifra, ainsi que de plusieurs élus et chefs des services déconcentrés.
Lors de ce rendez-vous, les intervenants ont souligné que les oulémas du Royaume ont joué un rôle important dans la préservation de la tradition prophétique (Sounnah) et la consolidation de l’amour du Prophète dans les cœurs, considérant cela comme un cheminement éducatif et spirituel visant la purification de l’âme, l’élévation de la morale et le remplacement des mauvais traits de caractère par des qualités louables puisées dans la morale du Prophète Sidna Mohammed, Paix et Salut sur Lui.
Dans ce sillage, le président du Conseil local des Oulémas de Khénifra, Abbas Adouch, a passé en revue les manifestations de la présence de la Sira dans le soufisme marocain, mettant en avant l’importance du choix du lieu approprié pour la retraite spirituelle (Khalwa) et l’invocation (Dhikr). Il a noté que les saints (Aouliya) privilégient souvent des endroits isolés comme les montagnes, s’inspirant en cela de la tradition prophétique, lorsque le Prophète se retirait dans la grotte de Hira pour méditer sur l’univers avant la Révélation.
Adouch a ajouté qu’une méditation sur la biographie du saint (Wali Salih) Abou Yaaza Yalnnour (décédé en 572 de l’Hégire) révèle une simulation consciente des fondements de l’adoration et de l’ascétisme établis par le Prophète, son choix du mont “Iroukane” comme lieu de résidence et de retraite spirituelle représentant un dévouement total à l’adoration de Dieu.
Pour sa part, Abdelkabir Adnane, membre du Conseil local des Oulémas de Khénifra, a abordé les valeurs prophétiques dans le soufisme marocain à travers la personnalité du Cheikh Abou Yaaza Yalnnour, considéré comme l’une des figures de proue du soufisme au Maroc. Il a noté que ce saint a laissé des empreintes indélébiles dans la consolidation des valeurs religieuses et l’éveil de la flamme de la foi dans les cœurs, mettant en exergue ses rôles sociaux et éducatifs importants dans la réconciliation, la diffusion des valeurs spirituelles et la défense de l’environnement, ce qui a contribué à forger un courant soufi distingué par ses spécificités sociales et culturelles locales.
Les activités du Moussem spirituel du Cheikh Abou Yaaza Yalnnour, organisé annuellement dans la commune territoriale montagneuse de Moulay Bouazza (77 km de Khénifra), avaient débuté la semaine dernière et se poursuivent jusqu’au 9 mai courant, sous le thème “Moussem de Moulay Bouazza : Valorisation de la spécificité locale et aspiration participative à un développement territorial intégré”.
A cette occasion, le gouverneur et la délégation l’accompagnant ont visité le mausolée du saint Abou Yaaza Yalnnour, où des prières ont été élevées au Tout-Puissant pour préserver Amir Al Mouminine, le Roi Mohammed VI, et pour répandre Sa sainte miséricorde sur le Roi Mohammed V et le Roi Hassan II, que Dieu ait Leurs âmes.
Le programme du Moussem de cette année comprend une série d’activités religieuses et scientifiques, englobant, outre ce colloque, la clôture de la lecture du Saint Coran (Khatm) à la grande Mosquée du mausolée de Moulay Bouazza, une soirée de panégyriques (Madih) et de Samaâ soufi, ainsi qu’une conférence sur le récit historique.

L’aspect culturel et solidaire occupe également une place de choix au sein de cette manifestation, qui figure parmi les Moussems religieux les plus anciens à l’échelle nationale, à travers l’organisation de spectacles de l’art équestre traditionnel (Tbourida) dans la zone d’Aouzir, consacrant la place de cet art comme l’une des expressions patrimoniales les plus marquantes de la province, outre l’organisation d’une caravane médicale multidisciplinaire au profit de la population locale en vue de rapprocher et d’améliorer les services de santé.

Source: MAP

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