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Les conditions de la renaissance de Malek Bennabi (3)

Il n’empêche, toutefois, que de louables efforts sont entrepris dans le monde musulman à travers lesquels, nous en remarquons la modestie, comparés à ceux du Japon, il y a cinquante ans ou les de la Chine, déployés depuis dix ans. Il y a, en effet, quelque chose d’étrange dans le  »cas » que nous avons ausculté. Cela nous incite à chercher à comprendre sa démarche et son mécanisme. Il faut connaître, pour ce faire, le
critère général du processus de la civilisation, afin de jeter un éclairage sur la relative passivité et l’absence d’efficacité dans les efforts de la société musulmane. Le critère général dans l’opération de la civilisation est que c’est  »la civilisation qui ·engendre ses produits ».

Il serait forcément aberrant et dérisoire d’inverser cette règle et de prétendre bâtir une civilisation à partir de ses produits. A cela s’adjoint le fait que la règle en sociologie n’est pas -comparativement à la règle mathématique – une ligne de démarcation stricte entre le droit et l’injustice, entre le faux et le vrai. C’est une simple orientation générale par laquelle on peut éviter des égarements. Il ne peut y avoir de délimitation nette entre une civilisation en cours de fo1·n1ation et une civilisation qui s’est effectivement constituée. Nous vivons, au XXe siècle, dans un monde où le prolongement de la civilisation occidentale se manifeste comme une loi historique de notre époque. En face
de moi, à l’intérieur de la chambre où je rédige maintenant, tout est occidental, hormis une infime partie. Il est infructueux ainsi de mettre un rideau de fer délimitant la civilisation que le Monde musulman tente de bâtir et la civilisation occidentale.

Cette donnée met en relief le problème dans son ensemble. Il n’est pas nécessaire, pour bâtir une civilisation, d’acquérir tous les produits d’une autre civilisation. Une telle approche inversera le problème posé précédemment. Elle débouchera, en fin de compte, sur une opération impossible d’un double point de vue quantitatif et qualitatif.
D’un point de vue quantitatif: l’impossibilité procède de la réalité qu’aucune civilisation ne peut vendre d’un seul coup tous ses produits et les principes qui ont permis leur matérialisation.

A suivre

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