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Rabat : l’Académie du Royaume du Maroc met en lumière les mémoires et les imaginaires méditerranéens

La Méditerranée renvoie à un espace unique de confluence, de circulations et de résonances où les imaginaires et les civilisations se côtoient, a affirmé, mercredi 14 octobre 2026 à Rabat, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri.

Loin de se réduire à une simple frontière, la Méditerranée s’impose comme « un espace qui relie, où l’histoire s’est construite par strates et où les héritages continuent de se répondre d’une rive à l’autre », a indiqué Lahjomri à l’ouverture d’un colloque international initié par l’Académie du Royaume du Maroc sous le thème « Les correspondances méditerranéennes – le sentiment de l’histoire ».

Consciente de l’importance de cette mer continentale, qui n’a jamais cessé d’être un lieu de transmission où chaque rive constitue « un réservoir de légendes » et chaque port « une fabrique d’imaginaires communs », l’Académie vise, à travers ce colloque, à « mettre en correspondance des lieux, des villes, des aspirations et des pensées afin que naisse une véritable symphonie méditerranéenne, enracinée dans une mémoire commune et ouverte à un avenir partagé », a-t-il relevé.

« En mettant les Méditerranéens en résonance avec leur legs historique, nous aspirons à rendre un bel hommage à cet espace où les langues, les cultures, les mémoires et les expériences s’entrelacent et se transforment », a ajouté le Secrétaire perpétuel, notant qu’il ne s’agit en aucun cas de célébrer un passé figé, mais de retrouver l’esprit d’une mer qui a fait dialoguer les civilisations avant même qu’elles ne se connaissent pleinement.

De son côté, l’administrateur de la chaire de Littérature et des Arts africains de l’Académie du Royaume du Maroc, Eugène Ebodé, a souligné l’importance de cet événement qui rassemble des écrivains venant de divers pays pour échanger autour d’une Méditerranée en mouvement, où les correspondances l’emportent sur les clôtures, les circulations sur les immobilismes et le tissage des mémoires sur les replis identitaires.

Pour sa part, l’écrivain, traducteur et directeur littéraire aux éditions Gallimard, Jean-Noël Schifano, a fait observer que le colloque ambitionne de créer des passerelles entre les différentes villes méditerranéennes en explorant les récits et les publications des auteurs et créateurs qui y vivent.

Écrits avec une sincérité sans égale, ces récits reflètent « le ressenti historique » de leurs auteurs et font apparaître les liens qui traversent les frontières géographiques, « en mettant l’accent sur ce qui nous unit et fait notre mémoire commune », a-t-il soutenu.

La séance d’ouverture à laquelle ont pris part d’éminentes personnalités du monde de la littérature, des sciences et des arts venues des cinq continents, a été marquée par une leçon inaugurale intitulée « Méditerranée, je traduirai ton nom » animée par Jean-Noël Schifano.

Durant deux journées, écrivains, poètes, historiens, anthropologues, universitaires et traducteurs feront dialoguer les rives de la Méditerranée pour célébrer un espace traversé par les migrations, les créations et les héritages communs.

Source: MAP

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