
Le Musée national d’art asiatique du Smithsonian accueille une exposition réunissant 26 œuvres issues des collections d’art islamique du Louvre, présentées pour la première fois dans une autre institution à la faveur d’un prêt exceptionnel. L’exposition se poursuit jusqu’au 18 janvier.
Sélectionnées parmi les plus de 18 000 pièces conservées au département des arts de l’Islam du Louvre, les œuvres exposées illustrent la diversité des traditions artistiques du monde islamique, notamment en Égypte, en Syrie, en Iran et en Inde.
Parmi les pièces phares figure le célèbre « Baptistère de Saint Louis », attribué à l’Égypte ou à la Syrie mamelouke dans la première moitié du XIVᵉ siècle. L’œuvre se distingue par ses motifs gravés et ses ornements à l’or, à l’argent et à la pâte noire, ainsi que par son remarquable état de conservation.
L’exposition présente également une coupe en jade de néphrite, ornée d’une inscription poétique en persan et datant de l’époque timouride. Originaire de l’est de l’Iran ou de l’Afghanistan, elle témoigne notamment de l’influence de l’art chinois.
Une coupe en verre doré et émaillé, réalisée en Syrie vers 1250 sous les Ayyoubides et représentant des joueurs de polo, figure aussi parmi les œuvres remarquables. Découverte dans une église en Italie, elle illustre les circulations artistiques entre le monde islamique et l’Europe.
Le parcours comprend par ailleurs un plat ottoman décoré d’un paon, fabriqué à Iznik, ainsi qu’un paon en bronze appartenant à un mécanisme automatique, probablement réalisé à Cordoue au début du XIᵉ siècle.
Parmi les autres pièces remarquées figure un poignard indien richement orné de jade, de rubis, d’émeraudes et d’or, dont le pommeau est sculpté en forme de tête de cheval avec une grande précision.
L’exposition couvre également des périodes plus récentes, avec notamment un portrait de Fath Ali Shah Qajar, huile sur toile réalisée en Iran au début du XXᵉ siècle et attribuée au peintre Mihr Ali.
Une coupe en céramique provenant de Suse, datée d’environ 600 à 800 après J.-C., complète cet ensemble. Selon Simon Rettig, conservateur des arts du monde islamique au Musée national d’art asiatique et coorganisateur de l’exposition, cette pièce montre que la sophistication artistique ne repose pas nécessairement sur l’emploi de matériaux précieux et que la simplicité peut également atteindre un haut degré de raffinement.
Rettig souligne par ailleurs que la coopération entre le Louvre et le Smithsonian remonte à au moins 120 ans, donnant à cette exposition une dimension particulière dans l’histoire des échanges entre les deux institutions.
Source: Arabnews



