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Compte rendu de l’ouvrage de Mohammed Jelmad, Le Sceptre et la Vertu

La véritable originalité de l’ouvrage de Mohammed Jelmad: » Le Sceptre et la Vertu »  est peut-être là. Dans un monde politique souvent dominé par la communication, la polarisation et la recherche de l’efficacité immédiate, Jelmad rappelle que la politique demeure aussi une affaire de valeurs. Il invite à réfléchir à une question ancienne mais toujours actuelle : qu’est-ce qui rend le pouvoir légitime lorsqu’il dépasse la simple légalité ?


Pr. Mohamed Chtatou

Il est des ouvrages qui cherchent avant tout à expliquer une institution, d’autres qui ambitionnent de l’évaluer, et d’autres encore qui tentent d’en saisir la profondeur historique, spirituelle et humaine. Le Sceptre et la Vertu : L’impératif éthique sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, du professeur Mohammed Jelmad, appartient résolument à cette troisième catégorie. L’ouvrage se présente comme une réflexion engagée sur la dimension éthique de la monarchie marocaine contemporaine et, plus particulièrement, sur la manière dont l’éthique peut constituer une clé de lecture de l’exercice du pouvoir sous le règne de Mohammed VI. Dès son avant-propos, l’auteur affirme que l’étude des institutions politiques ne peut se réduire à « la froide exégèse des textes juridiques » ou à la chronique des rapports de pouvoir : elle doit également s’intéresser à leur « âme », à leurs ressorts éthiques et à leur continuité historique (Jelmad, 2026).

Cette proposition constitue le fil conducteur d’un ouvrage à la fois politique, institutionnel, moral et spirituel. Le titre lui-même — Le Sceptre et la Vertu — résume admirablement cette ambition : le sceptre renvoie à l’autorité, à la continuité monarchique et à l’exercice de la souveraineté ; la vertu renvoie à la responsabilité, à la justice, à la compassion, à la dignité humaine et à la recherche du bien commun. L’originalité de Jelmad consiste précisément à ne pas considérer ces deux dimensions comme contradictoires. Au contraire, il cherche à montrer comment, dans la conception marocaine du pouvoir, l’autorité peut trouver sa légitimité durable dans sa capacité à se soumettre à des impératifs moraux.

L’auteur inscrit d’ailleurs son ouvrage dans une entreprise intellectuelle plus vaste. Il rappelle ses travaux antérieurs consacrés au Commandeur des Croyants et à la singularité marocaine de la Commanderie des Croyants, faisant de Le Sceptre et la Vertu une nouvelle étape d’une réflexion consacrée à la doctrine monarchique marocaine et à ses fondements religieux, constitutionnels et humains (Jelmad, 2026). Cette continuité donne au livre une cohérence certaine : il ne s’agit pas d’un commentaire circonstanciel de l’action royale, mais d’une tentative de conceptualisation progressive d’un modèle de gouvernance.

Une thèse centrale : l’éthique comme fondement de la gouvernance

La thèse fondamentale de l’ouvrage est clairement formulée dès l’introduction : démocratie et éthique entretiennent une relation de dépendance mutuelle. La démocratie offre le cadre institutionnel de l’exercice des libertés, mais l’éthique en constitue, selon Jelmad, la « sève morale » et la condition de pérennité (Jelmad, 2026).

Cette idée mérite d’être saluée parce qu’elle déplace utilement le regard. Dans une époque où l’analyse politique se concentre fréquemment sur les institutions, les élections, les partis et les mécanismes constitutionnels, Jelmad rappelle qu’aucune institution ne fonctionne durablement sans une culture de responsabilité, de confiance et de probité. Il insiste ainsi sur la moralisation de la vie publique, la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption, mais aussi sur la reddition des comptes et l’exemplarité des responsables publics.

L’argument est d’autant plus intéressant qu’il permet à l’auteur de poser une question plus générale : la légalité suffit-elle à garantir la légitimité morale du pouvoir ? Sa réponse est négative. Une institution peut être juridiquement constituée et néanmoins perdre progressivement la confiance des citoyens si elle se montre incapable d’incarner l’équité, la responsabilité et le bien commun. Cette conception rejoint d’ailleurs l’esprit de la Constitution marocaine de 2011, qui définit le Maroc comme une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale et qui associe l’organisation institutionnelle aux valeurs de dignité, de droits et de bonne gouvernance (Royaume du Maroc, 2011).

L’ouvrage propose ainsi une lecture de la monarchie marocaine qui ne se limite pas à sa fonction constitutionnelle. Il cherche à comprendre le pouvoir royal comme une responsabilité, voire comme une charge morale.

Le discours royal comme doctrine éthique

Le premier chapitre constitue l’un des centres de gravité du livre. Jelmad y examine la présence de l’éthique dans les discours royaux et soutient qu’elle n’est ni décorative ni purement rhétorique. Elle serait, au contraire, « la colonne vertébrale doctrinale » de la légitimation des choix politiques, économiques et sociaux du Royaume (Jelmad, 2026).

L’auteur identifie trois référentiels complémentaires : le référentiel islamique réformateur, notamment à travers les Maqasid al-Shari‘ah ; celui des droits humains et des valeurs universelles ; enfin, celui de la responsabilité et du devoir patriotique. Cette triple articulation est particulièrement intéressante. Elle permet à Jelmad de défendre l’idée d’une modernité marocaine qui ne serait ni une simple imitation de modèles étrangers ni un retour nostalgique à un passé idéalisé, mais une tentative de synthèse entre héritage islamique, constitutionnalisme et universalité des droits.

La référence aux Maqasid est ici essentielle. L’auteur considère que la protection de la vie, de la dignité, de la justice et du bien-être humain peut servir de pont entre la tradition islamique et les exigences contemporaines de la réforme. Cette approche rejoint les efforts plus larges de la doctrine religieuse marocaine visant à promouvoir un islam de modération et de juste milieu. L’article 41 de la Constitution de 2011 attribue d’ailleurs au Roi, en sa qualité d’Amir Al-Mouminine, la responsabilité de veiller au respect de l’islam et de garantir le libre exercice des cultes, tout en confiant au Conseil supérieur des oulémas un rôle institutionnel dans l’étude des questions religieuses (Royaume du Maroc, 2011).

Jelmad montre également que l’éthique discursive royale se décline autour de la solidarité sociale, de l’équité territoriale, de la tolérance, du pluralisme, de la paix et de la responsabilité globale. Il relie ainsi le concept d’« État social » aux politiques de lutte contre les disparités et à l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. L’INDH, annoncée le 18 mai 2005, a effectivement été conçue autour du développement humain, de la gouvernance, de la lutte contre la pauvreté et du renforcement de la participation des populations concernées (Ministère des Affaires étrangères du Royaume du Maroc, s. d.). (Ministère des Affaires Étrangères)

De la parole à l’éthique vécue

L’un des mérites du livre est de ne pas s’arrêter aux discours. Le deuxième chapitre cherche à examiner ce que l’auteur appelle « l’éthique vécue », c’est-à-dire la traduction comportementale de la conception royale du pouvoir. Jelmad évoque à cet égard la proximité avec les citoyens, l’attention portée aux populations vulnérables, la compassion lors des catastrophes, la reconnaissance des mérites et l’attachement au pluralisme culturel (Jelmad, 2026).

Cette partie donne au livre une tonalité particulièrement humaine. L’auteur s’intéresse moins au souverain abstrait qu’au rapport entre le détenteur de l’autorité et la société. Il décrit une monarchie qui chercherait à réduire la distance symbolique entre le gouvernant et les gouvernés par une éthique de l’écoute et de la proximité.

On peut naturellement discuter certaines formulations très laudatives du texte, mais il faut reconnaître la cohérence de la démarche : si l’objet du livre est d’étudier l’éthique comme dimension de la gouvernance, il est logique que l’auteur s’intéresse aussi aux gestes, aux attitudes et aux symboles.

Cette volonté d’humaniser l’analyse de la monarchie constitue peut-être l’un des apports les plus attachants du livre. Jelmad résume lui-même cette orientation en affirmant que le comportement royal contribue à transformer le pouvoir en « concept de service de la Nation » (Jelmad, 2026).

Religion, savoir et lutte contre l’extrémisme

Le troisième chapitre approfondit la dimension religieuse de cette éthique en examinant le rôle du Coran, de la Sunna, des Dourous Hassania, de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains et des institutions marocaines de formation religieuse. L’idée centrale est que l’autorité religieuse ne doit pas être abandonnée aux interprétations radicales ou aux manipulations idéologiques.

Jelmad insiste notamment sur la diffusion du Coran, la valorisation de son apprentissage et l’effort de vérification des traditions prophétiques. Il présente ces initiatives comme une forme d’« éthique informationnelle et religieuse », destinée à protéger la connaissance religieuse contre la désinformation et les interprétations extrémistes (Jelmad, 2026).

Cette dimension est particulièrement importante dans le contexte contemporain. Elle rejoint la conception marocaine de la Wassatiyya, qui cherche à articuler fidélité religieuse, modération et ouverture. Le mérite de Jelmad est ici de replacer les institutions religieuses marocaines dans une réflexion plus vaste sur la prévention de l’extrémisme : l’éradication des radicalismes ne peut pas seulement relever de la sécurité ; elle suppose aussi une bataille intellectuelle autour de l’interprétation, de l’éducation et de la transmission du savoir.

L’IER : quand l’éthique rencontre la mémoire

Le quatrième chapitre, consacré à l’Instance Équité et Réconciliation (IER), est sans doute l’un des plus substantiels sur le plan politique. Jelmad interprète la création de l’IER en 2004 comme un acte de « courage institutionnel », de responsabilité et de vérité (Jelmad, 2026).

Cette lecture bénéficie d’un solide ancrage factuel. Le Conseil national des droits de l’Homme rappelle que l’IER fut officiellement instaurée le 7 janvier 2004 comme mécanisme de justice transitionnelle, avec pour mandat de contribuer au règlement des violations graves des droits humains commises dans le passé. (CNDH) Human Rights Watch a également considéré sa création comme une avancée majeure dans la région, notamment en raison de son mandat portant sur les disparitions forcées, les détentions arbitraires, la réparation et la prévention de la répétition des abus. (Human Rights Watch)

Jelmad voit dans ce processus une rupture avec la culture du silence et une tentative de transformer la mémoire douloureuse en instrument de réconciliation nationale. Cette interprétation est convaincante, même si un compte rendu académique doit rappeler que le bilan de l’IER demeure discuté dans la littérature sur la justice transitionnelle, notamment concernant la question de l’impunité et la mise en œuvre de certaines recommandations. Cette nuance ne diminue pas l’importance historique du processus ; elle permet plutôt de l’inscrire dans un débat scientifique plus large.

Le « pragmatisme humaniste »

Le cinquième chapitre constitue le cœur empirique du livre. Jelmad y rassemble un vaste éventail de politiques publiques et d’initiatives internationales : réforme de la Moudawana, INDH, protection sociale, politique migratoire, santé, pluralisme religieux, gestion des crises, action humanitaire en Afrique, soutien à la Palestine et diplomatie environnementale (Jelmad, 2026).

Le concept de « pragmatisme humaniste » est particulièrement heureux. Il suggère que l’éthique ne doit pas rester une abstraction philosophique : elle doit produire des politiques, des institutions et des résultats.

La réforme de la Moudawana de 2004 apparaît ici comme un exemple majeur de cette volonté de concilier référence islamique et évolution sociale. L’auteur insiste sur le recours aux Maqasid afin de présenter la réforme comme une transformation interne de la tradition plutôt qu’une simple importation normative. Cette question reste d’une grande actualité puisque le débat marocain sur la réforme du Code de la famille s’est poursuivi au cours des dernières années.

De même, l’INDH illustre concrètement le passage de la valeur de solidarité à une politique publique structurée. L’initiative officielle articule effectivement développement humain, démocratie, droits sociaux, bonne gouvernance et reddition des comptes. (Ministère des Affaires Étrangères)

Le chapitre montre également que l’auteur souhaite élargir l’éthique royale au-delà des frontières nationales. L’action africaine, la diplomatie humanitaire et la politique migratoire sont ainsi interprétées comme des expressions d’une « solidarité agissante ». Cette notion permet à Jelmad de proposer une lecture de la diplomatie marocaine dans laquelle la puissance et la compassion ne seraient pas nécessairement antinomiques.

L’Algérie, la « main tendue » et l’éthique diplomatique

Le septième chapitre est consacré à la relation avec l’Algérie et à ce que Jelmad appelle la « doctrine de la main tendue ». L’auteur interprète la retenue du discours royal, les appels au dialogue et les initiatives humanitaires comme l’expression d’une éthique de la patience stratégique et de la fraternité historique (Jelmad, 2026).

Cette partie est particulièrement révélatrice de la philosophie générale du livre : même lorsque les rapports politiques sont conflictuels, Jelmad cherche à identifier les espaces où une logique éthique pourrait empêcher la confrontation de devenir irréversible. La paix n’est donc pas présentée comme une faiblesse mais comme une forme supérieure de responsabilité politique.

Cette perspective donne à l’ouvrage une dimension maghrébine bienvenue. Dans une région marquée par les rivalités, les frontières fermées et les tensions géopolitiques, rappeler l’existence d’une histoire et d’une société profondément imbriquées constitue en soi un appel à dépasser les logiques de confrontation.

Une lecture éthique de la question du Sahara

Le huitième chapitre poursuit cette réflexion à travers les populations des camps de Tindouf et la politique marocaine de réconciliation. L’auteur mobilise ici les notions de clémence, de dignité, de responsabilité et de développement territorial. Il présente notamment le Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud comme une « éthique de la preuve » : à la contestation politique, il oppose la construction d’un modèle de développement susceptible d’améliorer les conditions de vie et les perspectives économiques des populations (Jelmad, 2026).

Cette approche est cohérente avec la philosophie générale de l’ouvrage, même si elle gagnerait, dans une édition scientifique ultérieure, à être confrontée plus systématiquement aux analyses provenant de perspectives différentes sur la question du Sahara. Une telle ouverture renforcerait précisément la démonstration de Jelmad en montrant comment une éthique politique peut dialoguer avec des lectures concurrentes du même conflit.

La grâce royale : droit, clémence et seconde chance

Le chapitre consacré à la grâce royale apporte une autre dimension originale à l’ouvrage. Jelmad y voit une articulation entre la rigueur du droit et la miséricorde, entre justice et réinsertion, entre autorité et pardon. Il rappelle que la grâce constitue une prérogative constitutionnelle du Roi, prévue par l’article 58 de la Constitution, mais souhaite en explorer surtout la signification morale (Jelmad, 2026).

Cette lecture permet à l’auteur de développer une philosophie de la « seconde chance ». Le détenu n’est pas seulement considéré à travers la faute qu’il a commise ; il peut également être envisagé dans sa capacité à changer, à apprendre et à réintégrer la société.

C’est là encore une idée forte : l’autorité n’est pas seulement celle qui sanctionne ; elle peut aussi être celle qui pardonne. Le sceptre trouve alors son contrepoids dans la vertu.

Une œuvre engagée qui gagnerait encore à dialoguer avec la critique

Le principal mérite de Le Sceptre et la Vertu réside finalement dans son ambition. L’auteur ne prétend pas offrir une lecture froide et désincarnée de la monarchie marocaine. Son objectif est explicitement de contribuer à une « littérature monarchique renouvelée » et de mettre en lumière la singularité du modèle marocain (Jelmad, 2026).

Cette orientation assumée constitue à la fois la force et la principale limite méthodologique du livre. Sa force, parce que l’auteur écrit avec conviction, connaissance du sujet et attachement manifeste à son objet. Sa limite, parce que certaines affirmations sont formulées dans un registre parfois très affirmatif et gagneraient à être davantage confrontées à la littérature critique, aux données statistiques et aux interprétations contradictoires.

Mais cette réserve ne doit pas masquer la valeur intellectuelle du projet. Un ouvrage peut être engagé tout en étant utile à la recherche, à condition que son engagement soit explicite. C’est précisément le cas ici. Jelmad ne dissimule pas son intention : il souhaite contribuer à une meilleure compréhension de la monarchie marocaine et répondre à ce qu’il considère comme une littérature parfois excessivement négative ou réductrice.

Dans une prochaine édition, l’ouvrage pourrait cependant être encore enrichi par une méthodologie plus explicitement comparative : comparaison avec d’autres monarchies constitutionnelles, analyse systématique des discours royaux sur plusieurs décennies, données empiriques sur les politiques publiques, et dialogue plus nourri avec les chercheurs qui portent un regard critique sur le régime. Cette ouverture ne ferait pas disparaître la thèse de l’auteur ; elle lui donnerait au contraire davantage de profondeur scientifique.

Conclusion : le pouvoir comme responsabilité

Au terme de la lecture, Le Sceptre et la Vertu apparaît comme un plaidoyer pour une conception responsable du pouvoir. Mohammed Jelmad propose de regarder la monarchie marocaine non seulement à travers ses institutions, ses prérogatives ou ses réalisations, mais à travers le système de valeurs qu’elle revendique et les actes par lesquels elle tente de les traduire.

Le titre de l’ouvrage prend alors tout son sens. Le « sceptre » symbolise l’autorité, la continuité, la souveraineté et la capacité d’arbitrage ; la « vertu » représente la limite morale de cette autorité : justice, dignité, solidarité, compassion, tolérance, réconciliation et responsabilité. L’enjeu fondamental est donc celui de la transformation du pouvoir en service.

La véritable originalité du livre est peut-être là. Dans un monde politique souvent dominé par la communication, la polarisation et la recherche de l’efficacité immédiate, Jelmad rappelle que la politique demeure aussi une affaire de valeurs. Il invite à réfléchir à une question ancienne mais toujours actuelle : qu’est-ce qui rend le pouvoir légitime lorsqu’il dépasse la simple légalité ?

Sa réponse est claire : la légitimité durable se nourrit de la confiance, de la responsabilité et de l’éthique.

À travers ses huit chapitres, l’ouvrage construit ainsi une véritable grammaire morale de la monarchie marocaine contemporaine : éthique du discours, éthique du comportement, éthique religieuse, éthique de la mémoire, éthique sociale, éthique humanitaire, éthique diplomatique, éthique de la clémence et éthique de la réconciliation. Cette architecture donne au livre une unité remarquable.

En définitive, Le Sceptre et la Vertu est un ouvrage de conviction, mais également un ouvrage d’interrogation. Il invite le lecteur à considérer que la modernité politique marocaine peut être comprise comme une recherche permanente d’équilibre entre tradition et réforme, autorité et responsabilité, spiritualité et universalité, souveraineté et humanisme.

C’est précisément ce qui fait son intérêt et, au-delà de ses limites, sa sympathie intellectuelle. Mohammed Jelmad ne cherche pas simplement à décrire une monarchie ; il cherche à en dégager une philosophie. Son livre constitue dès lors une contribution stimulante à l’étude de la monarchie marocaine contemporaine et à la réflexion plus générale sur le rapport entre pouvoir, éthique et légitimité.

Bibliographie

Berdouzi, M. (2012). Destinées démocratiques : Réformes, enjeux et perspectives au Maroc. Éditions du Conseil national des droits de l’Homme.

Conseil national des droits de l’Homme. (2004–2005). Instance Équité et Réconciliation. CNDH. (CNDH)

El-Aoufi, N., & Bensaïd, M. (2010). Le Maroc social : Chantiers de développement humain et de protection sociale. Association Marocaine des Sciences Économiques.

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme. (2005). Lutte contre l’impunité, Instance Équité et Réconciliation et Cour pénale internationale. FIDH. (FIDH)

Human Rights Watch. (2005). La commission marocaine de vérité : Le devoir de mémoire honoré à une époque incertaine. Human Rights Watch. (Human Rights Watch)

Jelmad, M. (2026). Le Sceptre et la Vertu : L’impératif éthique sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI [Ouvrage fourni pour compte rendu].

Ministère des Affaires étrangères du Royaume du Maroc. (s. d.). Initiative Nationale de Développement Humain (INDH). Royaume du Maroc. (Ministère des Affaires Étrangères)

Opgenhaffen, V., & Freeman, M. (2005). Transitional justice in Morocco: A progress report. International Center for Transitional Justice. (Centre international de justice transitionnelle)o

Royaume du Maroc. (2011). Constitution du Royaume du Maroc. Bulletin officiel.

Vermeren, P. (2011). Le Maroc de Mohammed VI : La transition inachevée. La Découverte.


Référence au manuscrit recensé

Jelmad, M. (2026). Le Sceptre et la Vertu : L’impératif éthique sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Manuscrit, 26 pages.

Mohamed Chtatou, Professeur d’université, consultant international en éducation et analyste politique pour la région MENA

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