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Le Commandeur des Croyants: Visions renouvelées et perspectives prometteuses (15)

Appel de Fes pour le dialogue des cultures et des religions

La ville de Fès, au Maroc, a abrité du 30 septembre au 2 octobre 2013, la conférence internationale pour le dialogue des cultures et des religions. Un communiqué interpelant tous les acteurs de la question a sanctionné la rencontre. Ci-joint l’intégralité de cet appel de Fès:

  1. Réunis au Maroc, dans la ville de Fès, les participants à la conférence internationale pour le dialogue des cultures et des religions, organisée du 30 septembre au 2 octobre 2013 par l’organisation internationale de la francophonie(OIF), et l’organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture(ISESCO),sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et avec l’appui du ministère des affaires étrangères et de la coopération du Maroc et de l’association Fés-saiss, ont décidé de lancer l’appel suivant.
  1. Ils saluent l’initiative de l’OIF et de l’ISESCO d’organiser cette nouvelle rencontre au Maroc qui, depuis plusieurs décennies, déploie des efforts au niveau régional et international en faveur du rapprochement des civilisations et de toutes les formes de dialogue, y compris religieux.
  2. Ils soulignent le besoin urgent de nouvelles formes d’interaction et d’entente entre les civilisations alors que notre époque est celle de toutes les proximités, à la suite de la mondialisation des échanges, de la multiplication des réseaux virtuels, des migrations et de la circulation des personnes.
  3. Ils déplorent toutefois que malgré les initiatives de rapprochement, de dialogue, de réconciliation où d’accommodement, les affrontements où les conflits idéologiques, les ingérences et les agressions, la violence intercommunautaire et parfois même intracommunautaires, la discrimination effectuée sur des fondements ethniques où religieux, le terrorisme, associé quelques fois au crime international organisé, les replis communautaristes et la montée de la xénophobie ont marqué l’évolution de cette dernière décennie. La plupart des civilisations sont meurtries par cette évolution.
  4. Conscients que les conflits et les drames de notre temps ont souvent pour cause sous-jacentes des confrontations politique, ils en appellent aux Etats et gouvernements membres de l’OIF et de l’ISESCO ainsi qu’à la communauté internationale afin qu’ils poursuivent et renforcent leurs actions en faveur d’un dialogue effectif des civilisations, des cultures et des religions en vue de
    l’établissement d’une culture de la paix au sein des Nations et entre celles-ci. Cela est possible puisque des pays en conflits internes ont su récréer les conditions du dialogue et de la paix.
    Ce mieux-vivre ensemble repose sur l’égale dignité et de la reconnaissance des cultures des peuples et des communautés.
  5. Ils en appellent particulièrement aux dignitaires religieux, aux autorités chargées de l’exercice du culte et des affaires religieuses ainsi qu’aux dirigeants des partis politiques et des gouvernements, pour veiller à ce que, dans le respect des dogmes et des pratiques religieuses, mais aussi de la liberté d’exercice du culte et de conscience, le dialogue, ce mieux-vivre ensemble, soit rétabli où instauré d’une manière durable. Les religions, particulièrement les trois religions abrahamiques, mais au –delà, ne doivent en aucun cas être mise au service de mode de gouvernement où de gestion politique et sociale discriminatoire.
    Les valeurs universelles prônées par les religions –justice, solidarité, ouverture à l’autre, respect de la dignité humaine-, doivent être à la base du dialogue entre civilisations comme le sont celles des droits humains universellement reconnus.
  6. En soulignant les bonnes pratiques mises en oeuvre dans plusieurs pays membres de l’OIF et de l’ISESCO, ils sont profondément convaincus que les actions éducatives à tous les niveaux dans l’enseignement national doivent être l’outil privilégié du dialogue des civilisations, des cultures et des religions. Qu’il s’agisse de la formation du corps enseignant dans les systèmes de l’enseignement public où confessionnel des programmes scolaires ,religieux et universitaire sur l’histoire et la sociologie de religion, de l’éducation à la citoyenneté et aux droits humains, de la préparation du personnel chargé de l’enseignement religieux où de la pratique religieuse, il est indispensable d’introduire, de renforcer où de développer les concepts et les exemples réussi du dialogue interculturel; et cela dans le cadre des disciplines existants dans les curriculums et de la nécessaire interdisciplinarité.
  7. Ils sont persuadés aussi que grâce au rôle des créateurs et acteurs culturels, dans le respect de la diversité culturel, des droits culturels, et des valeurs démocratiques universelle, toutes les formes d’expression culturel sont de nature a consolider et élargir ce dialogue, a favorisé l’écoute et la connaissance de l’autre et à ancrer le respect de la différence, et appellent à la promotion de projets et d’entreprises culturels et artistiques au service de ce dialogue.
    9.Ils appellent les journalistes et plus généralement les médias à faire connaître les bonnes pratiques, à rendre compte de le pluralités et de la diversité des religions et des cultures et à contribuer par la même à la création d’un climat d’ouverture et de respect a un tel dialogue.
  8. Ils encouragent vivement l’OIF et l’ISESCO ainsi que les acteurs de la société civile à demeurer, dans leurs domaines de compétence et d’action, les vecteurs de la relance indispensable de ce dialogue et à s’associer aux actions pertinentes conduites aux niveaux national, régionale et international, notamment dans le cadre de la Décennie international du rapprochement des cultures 2013-2022, et saluent, à cet égard, la consultation virtuelle et interactive des jeunes dans la préparation de la conférence et souhaitent vivement que cette plateforme soit maintenue et développée.
  9. Ils déclarent solennellement que c’est un socle de valeurs universellement partagées, respectives et sans équivoque que doit reposer un réel dialogue interculturel et interreligieux pour une culture de la paix.
  10. Ils tiennent enfin à marquer leur solidarité avec les peuples qui, dans la région et au Proche-Orient, connaisse des bouleversements considérables, vivent de grandes souffrances et sont entrés dans des phrases décisives de leur histoires. Ils souhaitent vivement que ces peuples retrouvent la paix intérieur et que la communauté internationale se mobilise pour leur apporter les soutiens qu’ils pourraient souhaiter recevoir. Ils trouveront dans les valeurs politiques évoquées précédemment les conditions de l’apaisement qu’appelle leur présente condition : la prise en compte du renouvèlement de l’universalité; le besoin d’Etats solides en charge des nécessités communes et leur conduite par des dirigeants dont la légitimité est incontestable.L’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales et notamment ceux des minorités ; le maintien du lien constitutif entre développement économique, social, et culturel, et celui du dialogue des cultures et des religions, comme leviers de la cohésion des sociétés.

A suivre

Mohammed Jelmad

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