LE MOYEN-ORIENT SOUS TENSION : QUEL AVENIR ?- par Mohamed Chtatou

L’avenir du Moyen-Orient dépendra moins de la disparition des tensions que de la capacité des acteurs à les institutionnaliser, à les contenir et à construire progressivement des mécanismes de coopération capables de réduire les risques de confrontation
Crises systémiques, recompositions géopolitiques et perspectives d’un nouvel ordre régional

Introduction
Rarement une région du monde aura concentré autant de tensions géopolitiques, de conflits armés, d’antagonismes identitaires et d’enjeux stratégiques que le Moyen-Orient contemporain. Carrefour entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe, berceau des trois grandes religions monothéistes, détenteur d’une part substantielle des réserves mondiales d’hydrocarbures et théâtre d’interventions répétées des grandes puissances, le Moyen-Orient apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux laboratoires des mutations de l’ordre international. Les crises qui s’y déroulent ne relèvent plus seulement d’une conflictualité locale ou régionale ; elles reflètent les transformations profondes du système mondial, notamment le déclin relatif de l’hégémonie américaine, l’émergence d’une multipolarité concurrentielle, la montée des acteurs non étatiques et l’affaiblissement du modèle classique de l’État-nation (Fawcett, 2022 ; Halliday, 2005).
La guerre à Gaza déclenchée après les événements du 7 octobre 2023, la confrontation croissante entre Israël et l’Iran, la persistance des crises syrienne, libanaise, irakienne et yéménite, ainsi que les recompositions diplomatiques induites par les Accords d’Abraham et le rapprochement irano-saoudien de 2023 témoignent d’une région engagée dans une profonde phase de transition (Chtatou, 2025, July 9). Celle-ci ne correspond ni à un effondrement généralisé ni à une stabilisation progressive, mais à une restructuration complexe dont l’issue demeure incertaine.
L’avenir du Moyen-Orient dépendra de la capacité des acteurs régionaux et internationaux à gérer simultanément plusieurs dynamiques interdépendantes : la question palestinienne, la rivalité irano-israélienne, les transformations économiques des monarchies du Golfe, la fragilité de plusieurs États arabes et la redéfinition des rapports de force mondiaux. Pour comprendre les trajectoires possibles de la région, il convient d’examiner les fondements historiques des tensions actuelles avant d’analyser les forces de recomposition à l’œuvre (Chtatou, 2026, May 18 ; Chtatou, 2026, May 20).
Les racines historiques de l’instabilité régionale
Les tensions contemporaines du Moyen-Orient ne peuvent être comprises sans référence à la désintégration de l’Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale. Les accords Sykes-Picot de 1916 et les différents mandats européens ont créé un ensemble d’États dont les frontières répondaient davantage à des logiques stratégiques coloniales qu’aux réalités socioculturelles locales (Fromkin, 1989). La Syrie, l’Irak, la Jordanie ou encore le Liban furent constitués selon des découpages souvent arbitraires qui intégrèrent au sein d’un même espace politique des populations aux identités religieuses, ethniques et tribales diverses.
Comme le souligne Hourani (1991), les nouveaux États du Moyen-Orient héritèrent ainsi d’une double faiblesse : une légitimité historique limitée et une difficulté chronique à construire une identité nationale inclusive. Les régimes qui émergèrent après les indépendances cherchèrent à compenser cette fragilité par des formes variées d’autoritarisme politique, souvent justifiées au nom de la modernisation, du nationalisme arabe ou de la sécurité nationale.
L’échec du projet panarabe constitue un autre élément fondamental de la crise régionale. Inspiré notamment par Gamal Abdel Nasser dans les années 1950 et 1960, le nationalisme arabe ambitionnait de dépasser les frontières héritées de la colonisation pour construire une communauté politique unifiée. Cependant, les rivalités interarabes, les intérêts étatiques divergents et les défaites militaires face à Israël, particulièrement celle de 1967, affaiblirent progressivement cette idéologie (Dawisha, 2003).
La disparition du rêve panarabe ouvrit la voie à d’autres formes de mobilisation identitaire. L’islam politique, sous diverses variantes, apparut alors comme une alternative idéologique susceptible de combler le vide laissé par le déclin du nationalisme arabe. La révolution iranienne de 1979 constitua à cet égard un tournant majeur, démontrant qu’un projet politique fondé sur l’islam pouvait non seulement mobiliser les masses mais également renverser un régime soutenu par les puissances occidentales (Nasr, 2006).
La question palestinienne : une centralité persistante
Depuis plus de sept décennies, le conflit israélo-palestinien demeure le principal foyer symbolique et politique de la région. Si les transformations géopolitiques récentes ont parfois donné l’impression d’un recul de la question palestinienne dans les priorités diplomatiques arabes, les événements de Gaza ont rappelé sa capacité à restructurer l’ensemble des équilibres régionaux.
L’échec du processus d’Oslo illustre les limites des tentatives de résolution du conflit. Alors que les accords signés en 1993 semblaient ouvrir la voie à une solution négociée fondée sur la coexistence de deux États, les décennies suivantes furent marquées par l’extension continue des colonies israéliennes en Cisjordanie, la fragmentation territoriale palestinienne et la montée de la méfiance réciproque (Shlaim, 2001).
Selon Pappé (2006), le conflit ne peut être réduit à une simple dispute territoriale ; il s’inscrit dans une confrontation plus profonde concernant la souveraineté, la mémoire historique, l’identité nationale et les droits politiques. La guerre de Gaza a démontré que l’absence d’une solution durable continue d’alimenter les radicalisations et les instabilités régionales.
Par ailleurs, la question palestinienne conserve une dimension symbolique exceptionnelle dans les sociétés arabes et musulmanes. Même lorsque les gouvernements privilégient des intérêts géopolitiques ou économiques, les opinions publiques continuent de percevoir la Palestine comme un élément central de la justice régionale. Cette divergence entre diplomatie officielle et sentiment populaire constitue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les États ayant normalisé leurs relations avec Israël.
La rivalité irano-israélienne : vers une nouvelle guerre froide régionale ?
Au cours des deux dernières décennies, la confrontation entre Israël et l’Iran est devenue le principal axe stratégique structurant la géopolitique moyen-orientale. Contrairement aux guerres conventionnelles du passé, cette rivalité se déploie dans un espace multidimensionnel combinant affrontements indirects, guerre cybernétique, opérations clandestines et compétition idéologique.
L’Iran a progressivement développé ce que plusieurs analystes décrivent comme un « axe de résistance » reliant Téhéran à Beyrouth via Bagdad et Damas. Cette stratégie repose sur des alliances avec des acteurs non étatiques tels que le Hezbollah, certaines milices chiites irakiennes et les Houthis au Yémen (Nasr, 2006 ; Gause, 2014). Pour Téhéran, ces réseaux constituent à la fois des instruments de projection de puissance et des mécanismes de dissuasion face à ses adversaires.
Israël, de son côté, considère le programme nucléaire iranien et l’expansion de l’influence régionale de Téhéran comme des menaces existentielles. Sa doctrine stratégique repose sur le maintien d’une supériorité militaire qualitative et sur une politique de prévention visant à empêcher l’émergence d’un équilibre stratégique favorable à l’Iran (Shlaim, 2001).
Cette confrontation produit un paradoxe. D’un côté, les deux acteurs cherchent à éviter une guerre totale dont les conséquences seraient dévastatrices. De l’autre, leurs interactions permanentes augmentent le risque d’erreurs de calcul susceptibles de provoquer une escalade incontrôlée. Le Moyen-Orient se trouve ainsi dans une situation comparable à certaines configurations de la guerre froide, caractérisée par une coexistence entre dissuasion et confrontation permanente (Chtatou, 2026, May 18 ; Chtatou, 2026, May 20).
Les monarchies du Golfe et la mutation du modèle pétrolier
L’un des phénomènes les plus importants de la période récente réside dans la transformation économique et stratégique des monarchies du Golfe. Longtemps perçues comme des États rentiers dépendants des hydrocarbures, celles-ci cherchent désormais à préparer l’après-pétrole en diversifiant leurs économies.
L’Arabie saoudite, à travers le programme Vision 2030, ambitionne de devenir un centre mondial de l’investissement, des technologies avancées et du tourisme international. Les Émirats arabes unis poursuivent une stratégie similaire en renforçant leur position dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la logistique et des services financiers internationaux.
Cette mutation économique s’accompagne d’une évolution diplomatique notable. Les États du Golfe ne souhaitent plus dépendre exclusivement de la protection américaine. Ils développent simultanément des partenariats avec la Chine, la Russie, l’Inde et l’Union européenne, illustrant une stratégie de diversification géopolitique adaptée à un monde multipolaire.
Cependant, cette modernisation économique ne supprime pas les vulnérabilités sécuritaires. Les infrastructures énergétiques, les voies maritimes stratégiques et les réseaux commerciaux demeurent exposés aux tensions régionales. Les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes ont montré que même les États les plus riches restent sensibles aux dynamiques conflictuelles de leur environnement régional.
Le déclin relatif de l’hégémonie américaine et l’émergence d’un ordre multipolaire
L’une des transformations les plus significatives du Moyen-Orient contemporain réside dans la redéfinition du rôle des États-Unis. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington a constitué l’acteur extérieur dominant de la région, garantissant la sécurité des monarchies pétrolières, soutenant Israël et exerçant une influence déterminante sur les équilibres géopolitiques régionaux. Cette prééminence atteignit son apogée après la guerre froide, lorsque l’effondrement de l’Union soviétique permit aux États-Unis d’imposer un ordre régional largement conforme à leurs intérêts stratégiques (Gerges, 2018).
Cependant, les interventions militaires en Afghanistan et en Irak ont profondément modifié cette dynamique. L’invasion de l’Irak en 2003, présentée comme un moyen de stabiliser la région et de promouvoir la démocratie, produisit des effets inverses. La destruction de l’État irakien favorisa l’émergence de nouveaux acteurs armés, renforça l’influence iranienne et contribua à l’instabilité régionale (Dodge, 2012). Les coûts humains, financiers et politiques de ces interventions alimentèrent aux États-Unis un sentiment croissant de lassitude stratégique.
Parallèlement, l’ascension de la Chine et la compétition dans l’Indo-Pacifique conduisirent Washington à réorienter progressivement ses priorités géopolitiques. Le Moyen-Orient ne disparut pas de l’agenda américain, mais il cessa d’en constituer le centre de gravité. Cette évolution fut interprétée par de nombreux acteurs régionaux comme le signe d’un engagement moins prévisible et moins durable.
Néanmoins, parler d’un retrait américain serait excessif. Les États-Unis conservent un réseau militaire considérable, des alliances solides et une influence économique majeure. Ce qui change n’est pas tant leur présence que leur position relative au sein d’un environnement désormais plus compétitif. Le Moyen-Orient entre ainsi dans une phase post-hégémonique où aucune puissance n’est capable d’imposer seule les règles du jeu régional.
La Chine, la Russie et la nouvelle géopolitique des puissances
La réduction relative de l’influence américaine a ouvert un espace stratégique dont d’autres acteurs cherchent à profiter. La Russie a démontré sa capacité à revenir au Moyen-Orient grâce à son intervention en Syrie à partir de 2015. En soutenant le régime syrien, Moscou a préservé ses intérêts militaires en Méditerranée orientale et réaffirmé son statut de puissance globale (Trenin, 2018).
Toutefois, les capacités russes demeurent limitées. La guerre en Ukraine a réduit les marges de manœuvre de Moscou et fragilisé certaines de ses ressources diplomatiques et militaires. La Russie reste influente, mais elle ne dispose ni des moyens financiers ni des réseaux économiques nécessaires pour remplacer les États-Unis.
La Chine apparaît comme un acteur d’une nature différente. Contrairement aux puissances occidentales, Pékin privilégie une approche fondée sur les investissements, les infrastructures et les partenariats commerciaux. Son intérêt principal réside dans la sécurisation des approvisionnements énergétiques et dans l’intégration du Moyen-Orient à l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie (Rolland, 2017).
Le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran sous médiation chinoise en 2023 a constitué un événement révélateur. Pour la première fois, Pékin démontrait sa capacité à intervenir diplomatiquement dans l’une des rivalités les plus importantes de la région. Toutefois, la Chine demeure réticente à assumer les coûts sécuritaires associés à une implication plus profonde. Son influence repose davantage sur l’économie que sur la puissance militaire.
Ainsi, le Moyen-Orient devient progressivement un espace où plusieurs puissances coexistent sans qu’aucune ne dispose d’une domination incontestée. Cette multipolarité accroît la flexibilité stratégique des acteurs régionaux mais rend également la gestion des crises plus complexe.
Les États fragiles : foyers permanents d’instabilité
L’avenir du Moyen-Orient dépend largement de la trajectoire des États fragilisés par les guerres, les crises économiques et l’érosion institutionnelle. Ces États ne représentent pas uniquement des problèmes nationaux ; ils constituent des sources de déstabilisation régionale susceptibles d’affecter l’ensemble du système.
La Syrie : une guerre sans véritable sortie
Plus d’une décennie après le début du conflit, la Syrie demeure profondément fragmentée. Le régime a survécu grâce au soutien de la Russie et de l’Iran, mais cette survie ne signifie pas une restauration complète de l’État. Le pays reste marqué par la destruction des infrastructures, le déplacement de millions de personnes et une économie exsangue.
La Syrie illustre les limites des interventions extérieures. Malgré l’implication de multiples acteurs internationaux, aucun règlement politique durable n’a émergé. Le conflit s’est transformé en une crise chronique où la reconstruction demeure largement bloquée par les sanctions, les rivalités géopolitiques et l’absence de consensus interne.
Le Liban : l’effondrement d’un modèle
Le Liban représente probablement le cas le plus spectaculaire de désintégration économique dans le monde contemporain. L’effondrement du système bancaire, la dévaluation massive de la monnaie et la paralysie institutionnelle ont profondément affaibli l’État (Traboulsi, 2012).
La présence du Hezbollah ajoute une dimension géopolitique supplémentaire. Organisation politique, militaire et sociale à la fois, le Hezbollah joue un rôle central dans la stratégie régionale de l’Iran. Cette situation limite la capacité du Liban à exercer pleinement sa souveraineté et l’expose aux répercussions des tensions régionales.
L’Irak : entre reconstruction et fragmentation
L’Irak demeure marqué par les conséquences de plusieurs décennies de guerre, d’occupation et de violence sectaire. Malgré certains progrès institutionnels, le pays continue de souffrir d’une gouvernance fragile, d’une corruption systémique et d’une forte dépendance aux revenus pétroliers.
La coexistence de multiples centres de pouvoir – gouvernement central, autorités régionales kurdes, milices armées – reflète une souveraineté partiellement fragmentée. L’Irak est devenu un espace où se croisent les intérêts américains, iraniens et régionaux, ce qui complique considérablement sa stabilisation.
Le Yémen : la crise oubliée
Le conflit yéménite constitue l’une des plus graves catastrophes humanitaires du XXIe siècle. Les affrontements entre les Houthis, le gouvernement reconnu internationalement et diverses forces locales ont provoqué une fragmentation durable du pays.
Au-delà de sa dimension humanitaire, le Yémen possède une importance stratégique majeure en raison de sa proximité avec le détroit de Bab el-Mandeb, passage essentiel du commerce maritime mondial. L’instabilité yéménite dépasse donc largement les frontières nationales.
Les transformations économiques et la transition énergétique
Les évolutions économiques mondiales constituent un autre facteur déterminant pour l’avenir de la région. Depuis plusieurs décennies, les hydrocarbures ont façonné les structures économiques, sociales et politiques du Moyen-Orient. Les revenus pétroliers ont permis à certains États de financer des politiques de redistribution, de maintenir leur stabilité et d’exercer une influence internationale disproportionnée à leur taille démographique.
Cependant, la transition énergétique mondiale introduit une incertitude fondamentale. Bien que le pétrole et le gaz demeurent indispensables à court et moyen terme, la diversification des sources d’énergie pourrait progressivement réduire leur importance stratégique relative (Yergin, 2020).
Cette perspective pousse les États du Golfe à accélérer leurs réformes économiques. Toutefois, la réussite de cette transformation n’est pas garantie. La diversification nécessite des investissements massifs dans l’éducation, l’innovation et les infrastructures, ainsi qu’une adaptation des modèles sociaux hérités de l’économie rentière.
La capacité des pays du Moyen-Orient à gérer cette transition influencera directement leur stabilité future. Les États qui réussiront à créer des économies plus diversifiées renforceront leur résilience ; ceux qui échoueront risquent d’être confrontés à des tensions sociales croissantes (Chtatou, 2026, May 18 ; Chtatou, 2026, May 20).
Les scénarios d’avenir : entre escalade, statu quo et recomposition
L’avenir du Moyen-Orient peut être envisagé à travers trois scénarios principaux.
Scénario pessimiste : l’escalade régionale
Dans cette hypothèse, les tensions entre Israël et l’Iran débouchent sur une confrontation directe de grande ampleur. Les conflits au Liban, en Syrie, à Gaza et en mer Rouge s’intensifient, provoquant une déstabilisation généralisée. Les conséquences incluraient une crise énergétique mondiale, une augmentation des flux migratoires et une aggravation des fractures régionales.
Scénario intermédiaire : la stabilité instable
Ce scénario apparaît aujourd’hui comme le plus plausible. Les acteurs régionaux continuent de s’affronter indirectement mais évitent une guerre totale. Les crises persistent sans être résolues, tandis que la coopération économique progresse de manière sélective. Le Moyen-Orient demeure instable, mais cette instabilité reste globalement contrôlée.
Scénario optimiste : une architecture régionale inclusive
Le scénario le plus favorable supposerait une réduction des tensions entre l’Iran et ses voisins arabes, une normalisation plus large des relations régionales et des progrès significatifs sur la question palestinienne. Une telle évolution pourrait favoriser l’émergence d’un système de sécurité collective comparable, dans une certaine mesure, à ceux développés dans d’autres régions du monde (Chtatou, 2025, July 9).
Cependant, la réalisation de ce scénario nécessiterait une volonté politique exceptionnelle et une convergence d’intérêts aujourd’hui encore difficile à envisager.
Conclusion
Le Moyen-Orient traverse une phase historique de recomposition profonde. Les structures héritées du XXe siècle s’érodent progressivement tandis qu’aucun nouvel ordre régional stable ne s’est encore imposé. Le déclin relatif de l’hégémonie américaine, l’ascension de nouvelles puissances, la rivalité irano-israélienne, la persistance de la question palestinienne et la fragilité de plusieurs États contribuent à produire un environnement caractérisé par une instabilité durable mais non nécessairement chaotique.
La région ne semble pas se diriger vers une paix généralisée, mais elle n’est pas non plus condamnée à l’effondrement. Elle évolue plutôt vers une forme de pluralisme conflictuel dans lequel les acteurs cherchent à gérer leurs rivalités sans franchir le seuil d’une guerre régionale totale. L’avenir du Moyen-Orient dépendra moins de la disparition des tensions que de la capacité des acteurs à les institutionnaliser, à les contenir et à construire progressivement des mécanismes de coopération capables de réduire les risques de confrontation. Dans cette perspective, la stabilité régionale apparaît non comme un état définitif mais comme un processus fragile de gestion permanente des déséquilibres (Chtatou, 2026, May 18 ; Chtatou, 2026, May 20).
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Mohamed Chtatou, Professeur d’université, consultant international en éducation et analyste politique pour la région MENA
Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur X : @Ayurinu



