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L’Éthiopie ouvre un dialogue national sur la réforme tribunaux fédéraux de la charia.

À Addis-Abeba, les autorités éthiopiennes ont lancé, début juin 2026, une série de consultations publiques autour du projet d’amendement de la loi fédérale régissant les tribunaux fédéraux de la charia. Cette initiative vise à recueillir les avis des experts, des institutions religieuses et des acteurs concernés afin d’enrichir le texte avant son adoption définitive par le Parlement.

Organisé par la Commission permanente des affaires juridiques et judiciaires de la Chambre des représentants, ce dialogue s’inscrit dans une dynamique de modernisation des institutions judiciaires du pays. Les autorités souhaitent ainsi renforcer l’efficacité des tribunaux de la charia tout en les adaptant aux évolutions juridiques et institutionnelles que connaît l’Éthiopie.

Une réforme fondée sur la concertation

Les responsables du projet ont souligné que la réforme repose sur une approche participative, considérant que l’amélioration du système judiciaire nécessite l’implication des professionnels du droit, des institutions religieuses et de la société civile.

Selon les informations présentées lors des débats, le projet d’amendement est le fruit d’un long travail de recherche et d’analyse comparative. Les rédacteurs se sont notamment inspirés de plusieurs expériences internationales en matière d’organisation et de gestion des juridictions de la charia.

Mariage, divorce et successions au cœur de la réforme

Le texte concerne principalement les domaines relevant traditionnellement de la compétence des tribunaux de la charia, notamment le mariage, le divorce, les successions, le partage des biens ainsi que certains litiges familiaux et financiers.

L’objectif affiché est d’améliorer les procédures judiciaires, de renforcer la protection des droits des justiciables et d’offrir un cadre juridique plus clair et plus efficace pour le règlement des différends.

Le Conseil suprême des affaires islamiques apporte sa contribution

Lors des séances de dialogue, le président du Conseil suprême des affaires islamiques d’Éthiopie, Cheikh Haji Ibrahim Tufa, a insisté sur la nécessité de prendre en compte les spécificités régionales du pays. Il a également souligné que la réforme devait être conforme à la Constitution éthiopienne, aux principes de la charia ainsi qu’aux normes et engagements internationaux pertinents.

Des responsables du Conseil, des spécialistes du droit islamique et des experts juridiques ont également participé aux discussions, témoignant de la volonté des institutions religieuses de contribuer activement à l’évolution du cadre législatif national.

Une démarche de modernisation institutionnelle

Au-delà de la simple révision d’un texte de loi, cette initiative reflète la volonté de renforcer la participation citoyenne à l’élaboration des politiques publiques et d’encourager le dialogue entre les institutions législatives et religieuses.

Cette réforme est ainsi perçue comme une étape importante dans le processus de modernisation du système judiciaire éthiopien. Elle vise à accroître la confiance des citoyens dans les tribunaux de la charia, à améliorer leur fonctionnement et à garantir leur capacité à répondre aux transformations sociales et juridiques du pays tout en préservant leur identité et leurs principes fondamentaux.

Source : Muslimsaroundtheworld – Conseil suprême des affaires islamiques d’Éthiopie

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