Lecture critique de « La Commanderie des Croyants — Singularité Marocaine » – par Mohamed Chtatou

La Commanderie des Croyants — Singularité Marocaine de Mohammed Jelmad, se présente comme un ouvrage à la fois riche, solidement documenté et résolument engagé. Il accomplit pleinement son objectif en mettant en lumière, avec finesse et profondeur, une institution qui constitue indéniablement l’un des traits distinctifs majeurs du Royaume du Maroc sur la scène internationale.

I. Un projet intellectuel ambitieux et cohérent
Professeur Mohammed Jelmad signe avec cet ouvrage une contribution remarquable à la compréhension d’une institution millénaire qui demeure souvent mal connue en dehors du cercle des spécialistes du droit public marocain. Le pari est audacieux : rendre accessible, dans un volume de 200 pages, la richesse et la complexité de la Commanderie des Croyants (Imârat Al-Mouminîne) en la situant à la croisée du religieux, du politique, du social et de l’économique.
L’auteur réussit ce pari grâce à une structure claire et pédagogique qui guide le lecteur à travers des domaines aussi variés que la diplomatie interreligieuse, le droit des minorités confessionnelles, la géopolitique africaine et la sécurité intérieure. Chaque chapitre thématique forme un ensemble autonome tout en s’inscrivant dans une démonstration d’ensemble : celle de la singularité fonctionnelle et historique du modèle marocain.
L’avant-propos annonce d’emblée une lecture quadridimensionnelle de l’institution : religieuse, politique, économique et sociale. Ce cadre analytique, s’il peut sembler classique, se révèle en réalité d’une efficacité pédagogique certaine. Il permet à l’auteur de montrer que la Commanderie des Croyants n’est pas une curiosité institutionnelle figée dans le temps, mais une réalité vivante dont les ramifications touchent à la vie concrète des citoyens marocains et, au-delà, à l’architecture des relations internationales du Royaume. Professeur Jelmad, juriste de formation doublé d’un observateur attentif de la vie publique marocaine, apporte à cet exercice une rigueur documentaire et un sens du détail qui confèrent à l’ouvrage une densité appréciable.
II. Une documentation primaire d’une grande richesse
L’un des atouts les plus précieux de l’ouvrage est sans doute la place accordée aux sources primaires. L’auteur reproduit in extenso des documents fondateurs : le texte intégral de l’Initiative marocaine d’autonomie du Sahara (2007) avec la lettre adressée au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, des discours royaux majeurs comme celui prononcé après les attentats de Casablanca en mai 2003, le discours historique devant le Conseil Supérieur des Oulémas du 30 avril 2004, le discours adressé au Pape François lors de sa visite en mars 2019, et enfin les messages royaux sur la synagogue Slat Alfassiyine ou la conférence sur le dialogue des civilisations à Fès en 2013. Cette démarche transforme le livre en une véritable anthologie documentaire, offrant au lecteur un accès direct aux textes qui structurent l’édifice institutionnel marocain.
Ce choix éditorial témoigne d’une conviction intellectuelle forte : pour comprendre une institution, il faut d’abord l’écouter dans sa propre langue, avant de l’analyser. Le chercheur, l’étudiant ou le diplomate étranger trouvera ici un outil de référence précieux, évitant la dispersion dans des archives éparses. Ces textes, souvent difficiles à retrouver dans leur intégralité, constituent à eux seuls une justification amplement suffisante à l’acquisition de l’ouvrage. Ils offrent en outre une occasion rare de mesurer la cohérence et la continuité d’une vision royale qui s’est affirmée au fil des décennies avec une remarquable constance.
III. Des analyses substantielles sur des questions complexes
La Bai’a et le Sahara : une articulation juridique originale
Le chapitre consacré à la souveraineté sur les provinces du Sud constitue l’un des passages les plus intellectuellement stimulants du livre. L’auteur articule avec finesse le concept de Bai’a (allégeance), le droit islamique classique, l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de 1975 — qui avait reconnu des liens juridiques d’allégeance entre les tribus sahraouies et le Sultan —, le rôle des Oulémas sahraouis et des chefs tribaux, et enfin le Plan d’Autonomie de 2007. Cette lecture, qui fait de l’allégeance un acte simultanément religieux, sociétal et juridique, est originale et mérite d’être connue bien au-delà du Maroc.
Professeur Jelmad rappelle avec pertinence que, dans la tradition juridique islamique et les pratiques politiques marocaines, la souveraineté ne s’exerçait pas uniquement par un contrôle administratif de type occidental, mais par l’acte de la Bai’a. Les tribus sahraouies ont historiquement envoyé des délégations auprès des Sultans alaouites pour prêter serment d’allégeance, et ce lien ancestral constitue, selon l’auteur, une preuve irréfutable de la continuité de la souveraineté marocaine, même pendant la période coloniale. Cette analyse nuancée permet de comprendre pourquoi le Plan d’Autonomie peut être présenté non comme une concession, mais comme la conversion d’une légitimité spirituelle et historique en une solution politique moderne et démocratique — une traduction du lien sacré de la Bai’a dans le langage du droit international contemporain.
La restructuration du champ religieux : une réforme systémique
Un des chapitres les plus approfondis de l’ouvrage porte sur la restructuration du champ religieux entreprise depuis le début du règne de Mohammed VI, et particulièrement à la suite des attentats de Casablanca en mai 2003. Professeur Jelmad y retrace minutieusement la genèse et les composantes d’une réforme à la fois institutionnelle, éducative et idéologique dont la cohérence mérite d’être soulignée.
L’auteur décrit avec précision la reconfiguration pyramidale du corps des Oulémas, depuis le Conseil Supérieur présidé par le Roi jusqu’aux conseils régionaux et locaux, ainsi que la réforme de l’enseignement originel, la mise à niveau des imams, et le rôle nouveau confié aux mourchidates — femmes guides religieuses dont l’existence est présentée, à juste titre, comme une innovation majeure au sein du monde musulman. Cette réforme est présentée non comme une rupture avec la tradition, mais comme sa modernisation organique, fidèle à l’esprit du rite malékite et de la doctrine ach’arite, ces deux piliers de l’Islam marocain que le professeur Jelmad appelle le « triptyque » avec le soufisme.
Le chapitre sur la Rabita Mohammedia des Oulémas est particulièrement éclairant. L’auteur y montre comment cette institution est passée du statut d’organe dormant à celui de véritable laboratoire intellectuel de déradicalisation, capable de déconstruire systématiquement les concepts instrumentalisés par les extrémistes — le Jihâd, le Takfîr, l’al-Hâkimiyya, al-Khilâfa, al-Walâ’ wa al-Barâ’ — en leur restituant leur sens théologique authentique et leur contexte historique. Cette ingénierie du contre-discours, solidement documentée dans l’ouvrage, constitue l’une des contributions les plus originales et les plus exportables du modèle marocain.
Le pluralisme confessionnel : un modèle à documenter
Le traitement de la protection du culte hébraïque est remarquable par son soin du détail. L’auteur retrace avec précision l’architecture juridique et institutionnelle qui encadre la vie de la communauté juive marocaine depuis des siècles : tribunaux rabbiniques, dahirs fondateurs de 1913 et 1918, loi de 1958 sur la nationalité, nouvelle gouvernance de 2022 avec la création du Conseil National de la Communauté Juive Marocaine et de la Fondation du Judaïsme Marocain, réhabilitation des synagogues et des Mellahs à Marrakech et à Essaouira. Le cas de Bayt Dakira — ce complexe unique alliant synagogue active, musée de la vie juive et Centre de recherches internationales Haim et Célia Zafrani — est analysé comme un symbole de ce que l’auteur appelle la convivance, terme emprunté au Conseiller Royal André Azoulay qui traduit bien mieux que la simple tolérance la profondeur d’une coexistence séculaire entre islam et judaïsme marocains.
Ce qui rend ce chapitre particulièrement précieux, c’est qu’il rappelle que l’inscription de l’affluent hébraïque dans le préambule de la Constitution de 2011 n’est pas une concession politique superficielle, mais la consécration constitutionnelle d’une réalité civilisationnelle vieille de plus de vingt siècles. La communauté juive marocaine, qui fut présente sur ce territoire avant même l’Islam, n’est pas décrite comme une minorité tolérée mais comme une composante constitutive de l’identité nationale — et c’est précisément ce qui fait la singularité marocaine dans l’espace arabo-musulman.
Le dialogue islamo-chrétien : deux rois et deux papes
Le chapitre consacré aux relations entre la monarchie marocaine et la papauté offre une lecture historique passionnante qui couvre plus de quarante ans de diplomatie interreligieuse. Professeur Jelmad retrace avec précision les jalons de cette relation exceptionnelle : la visite pionnière de feu le Roi Hassan II au Vatican en 1980, première d’un chef d’État musulman reçu en audience officielle par le Pape Jean-Paul II ; la visite historique de Jean-Paul II au Maroc en août 1985 et son discours au Stade Mohammed V devant 80 000 jeunes, culminant dans la formule mémorable de l’adoration du « Dieu unique » ; puis, sous Mohammed VI, la visite du Pape François en mars 2019 et la signature de l’Appel d’Al-Qods, document conjoint sans précédent insistant sur le caractère sacré et multi-confessionnel de Jérusalem.
L’analyse comparative proposée par l’auteur est particulièrement perspicace : il montre comment la diplomatie religieuse marocaine est passée, d’une génération à l’autre, d’un dialogue académique et intellectuel sur les racines abrahamiques communes (sous Hassan II) à une alliance stratégique et pragmatique pour gérer les crises du XXIe siècle — migration, radicalisme, pauvreté — (sous Mohammed VI). Cette évolution, loin d’être une rupture, est présentée comme un approfondissement naturel d’une tradition séculaire d’ouverture à l’Autre.
IV. La stratégie royale de déradicalisation : un modèle mondial
L’un des chapitres les plus fouillés et les plus originaux de l’ouvrage porte sur la stratégie de déradicalisation mise en place après les attentats du 16 mai 2003. Professeur Jelmad y décrit avec une précision remarquable la synergie entre trois institutions complémentaires : la Rabita Mohammedia des Oulémas, qui assure l’ingénierie du contre-discours théologique ; la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR), maître d’œuvre opérationnel du programme Moussâlaha ; et la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, garante de la crédibilité sécuritaire du processus.
Le programme Moussâlaha (Réconciliation), lancé en 2017, est présenté et analysé comme l’une des expériences les plus innovantes au monde en matière de déradicalisation carcérale. Sa philosophie est résumée avec clarté : il ne s’agit pas de traiter le détenu comme un simple risque sécuritaire à neutraliser, mais comme un sujet à réhabiliter intellectuellement, spirituellement et psychologiquement, afin de le réconcilier avec lui-même, avec le texte religieux et avec la société. Les trois dimensions du programme — théologique, juridique et psychologique — sont analysées avec soin, et les résultats sont impressionnants : selon les données citées par l’auteur, 436 détenus ont bénéficié du programme depuis son lancement, et le taux de récidive parmi les lauréats reste proche de zéro. Ces chiffres, cités en exemple à l’ONU, témoignent de l’efficacité d’une approche qui place la raison et la foi au service de la paix civile.
La contribution de Monsieur Abdellatif Hammouchi, Directeur Général de la Sûreté Nationale et de la Surveillance du Territoire, est également bien mise en valeur. Son approche intégrée, qui marie renseignement et rééducation, anticipation et réinsertion, a valu au Maroc une reconnaissance internationale unanime comme partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme.
V. La diplomatie religieuse : un soft power cohérent et efficace
Les chapitres consacrés à la diplomatie religieuse en Afrique et en Europe figurent parmi les plus substantiels de l’ouvrage. L’auteur y décrit avec clarté les instruments concrets de cette diplomatie multidimensionnelle : l’Institut Mohammed VI de formation des Imams, Mourchidines et Mourchidates, qui accueille des étudiants de France, d’Allemagne, du Mali, de la Guinée, du Sénégal et de nombreux autres pays ; la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, qui compte aujourd’hui 48 sections réparties sur le continent ; le Conseil Européen des Oulémas Marocains, basé à Bruxelles ; les confréries soufies, dont les réseaux transcendent les frontières politiques ; et les mosquées Mohammed VI construites en Afrique — à Dakar, Abidjan, Conakry, N’Djamena — comme autant d’ambassades du modèle marocain de l’Islam modéré.
La thèse centrale de ces chapitres est convaincante : face à la montée du radicalisme sahélien et à la fragilisation du tissu social de la diaspora marocaine en Europe, le Maroc a su ériger son modèle de l’Islam du juste milieu en un instrument de stabilisation régionale que peu d’autres pays de la zone peuvent revendiquer. Cette diplomatie, qui mobilise simultanément la légitimité spirituelle du Commandeur des Croyants en tant que descendant du Prophète, le rite malékite, la doctrine ach’arite et l’héritage soufi, forme un tout cohérent et indissociable. Elle n’est pas simplement un outil de politique étrangère parmi d’autres : elle est le prolongement naturel d’une identité religieuse nationale qui s’exporte parce qu’elle est d’abord authentiquement vécue.
L’auteur prend soin de souligner que cette diplomatie dépasse le simple cadre africain pour s’inscrire dans une relation de partenariat stratégique avec les États européens, qui voient dans le Maroc un rempart efficace contre l’extrémisme au sein de leurs propres communautés immigrées. Les données sur le déploiement pour le Ramadan 1447 — 320 oulémas et imams mobilisés, avec la France recevant 82 savants, suivie de l’Allemagne et de l’Espagne — illustrent concrètement l’ampleur d’un dispositif dont l’efficacité est reconnue par des gouvernements aux sensibilités politiques très diverses.
VI. Une sensibilité à la dimension humaine de l’institution
Ce qui distingue cet ouvrage de nombreux travaux juridiques sur le même sujet, c’est sa capacité à ne pas réduire la Commanderie des Croyants à une construction constitutionnelle abstraite. L’auteur rappelle constamment que cette institution produit des effets concrets dans la vie des citoyens : la paix spirituelle comme infrastructure sociale indispensable au développement économique, la réconciliation mémorielle comme précondition à la cohésion nationale, la sécurité physique comme condition de la liberté de culte. Cette approche globale, qui voit dans la religion non un problème à gérer mais une ressource à mobiliser au service du bien commun, est l’une des lignes de force les plus originales du livre.
Le rapprochement établi entre la création de l’Instance Équité et Réconciliation dès l’accession au trône et la logique spirituelle du pardon est une lecture originale qui mérite d’être approfondie. Professeur Jelmad y voit la manifestation d’une clairvoyance royale selon laquelle la division et le traumatisme constituent un frein au développement économique et social : soigner les blessures du passé, c’est libérer une énergie collective disponible pour l’éducation, la santé et la production économique. Cette philosophie, qui articule réparation mémorielle et prospérité matérielle, est cohérente avec la vision d’un souverain qui se conçoit lui-même comme responsable de la quiétude et de la subsistance de la Nation — formule qu’emprunte l’auteur à la tradition islamique du chef de la communauté.
VII. Vers une pensée de la gouvernance spirituelle
L’une des contributions théoriques les plus subtiles de l’ouvrage — peut-être insuffisamment mise en avant par l’auteur lui-même — est ce qu’on pourrait appeler une pensée de la gouvernance spirituelle comme alternative aux deux modèles dominants : la théocratie, qui confond les sphères religieuse et politique au profit de la première, et la laïcité stricte, qui les sépare radicalement. Le modèle marocain tel que le décrit le professeur Jelmad propose une troisième voie : la réunion du politique et du religieux au seul niveau de la personne du Roi, garante à la fois de la sacralité de l’Islam et de la pluralité des confessions, de l’unité doctrinale et de l’ouverture à la modernité.
Cette architecture institutionnelle, qui confère au Roi un rôle d’arbitre suprême placé au-dessus des clivages partisans, est présentée comme la clé de la stabilité marocaine dans une région marquée par les convulsions politiques et les guerres civiles. La Commanderie des Croyants serait ainsi moins une institution de pouvoir qu’une institution de médiation — entre le ciel et la terre, entre la tradition et la modernité, entre l’unité doctrinale et la diversité confessionnelle. Cette lecture, que le juriste étoffera utilement dans de futurs travaux, ouvre des perspectives comparatives particulièrement stimulantes avec d’autres systèmes de gouvernance religieuse dans le monde.
VIII. Un style accessible et une ambition pédagogique réussie
L’ouvrage se lit avec fluidité. Professeur Mohammed Jelmad a fait le choix d’une écriture accessible, sans jargon inutile, ce qui élargit considérablement son lectorat bien au-delà du cercle des juristes et des politologues. La progression thématique est logique, et chaque chapitre s’accompagne d’une bibliographie sérieuse qui invite à approfondir — des textes fondateurs du droit musulman aux études contemporaines sur la diplomatie religieuse, en passant par les travaux académiques de Mohamed Tozy, d’Abdellatif Mennouni ou d’Ahmed Abbadi.
On saluera également la mise en perspective historique longue — des Almoravides et des Saadiens jusqu’à Mohammed VI — qui ancre l’institution dans une continuité civilisationnelle et évite l’écueil d’une lecture purement conjoncturelle. Cette profondeur temporelle est essentielle pour comprendre pourquoi la Baïa n’est pas une survivance archaïque mais un acte politique vivant, renouvelé et réinterprété à chaque génération. La description de l’évolution de cet acte sous Mohammed VI — où les corps constitués, l’armée et les mouvements de femmes prennent rang avant les Oulémas — illustre bien cette capacité de l’institution à se moderniser sans se dénaturer.
IX. Une contribution au dialogue des savoirs
En choisissant de traiter la Commanderie des Croyants non comme une curiosité orientaliste mais comme un modèle de gouvernance spirituelle et politique à part entière, professeur Mohammed Jelmad invite implicitement à un dialogue avec les sciences politiques, le droit comparé, la sociologie des religions et les études sur la diplomatie religieuse. Ce faisant, il contribue à revaloriser une institution trop souvent réduite, dans la littérature occidentale, à une formule protocolaire ou à un outil de légitimation dynastique.
L’ouvrage s’inscrit dans la continuité directe d’un parcours intellectuel cohérent : professeur Jelmad avait consacré sa thèse de doctorat (2005) à la liberté religieuse au Maroc, puis publié en 2023 Le Commandeur des Croyants : Visions renouvelées et perspectives prometteuses. Ce troisième temps de sa réflexion approfondit et élargit les précédents, en intégrant les développements les plus récents — le dépassement du seuil de développement humain élevé en 2025, la construction de la Ligne Grande Vitesse Kénitra-Marrakech, l’organisation de la Coupe du Monde 2030, les 18 éditions du programme Moussalaha — dans une vision d’ensemble cohérente.
Conclusion
La Commanderie des Croyants — Singularité Marocaine se présente comme un ouvrage à la fois riche, solidement documenté et résolument engagé. Il accomplit pleinement son objectif en mettant en lumière, avec finesse et profondeur, une institution qui constitue indéniablement l’un des traits distinctifs majeurs du Royaume du Maroc sur la scène internationale. Juriste rigoureux doublé d’un pédagogue attentif, professeur Mohammed Jelmad offre au lecteur les clés pour comprendre pourquoi et comment cette institution millénaire continue de structurer non seulement la vie politique intérieure du Maroc, mais aussi son rayonnement international dans un monde en quête de repères et de modèles de coexistence.
Ce livre arrive à un moment particulièrement opportun. Alors que le Maroc s’apprête à accueillir la Coupe du Monde 2030, à inaugurer des infrastructures de classe mondiale et à s’affirmer comme une puissance régionale incontournable, il était utile de rappeler que ce succès repose sur un socle qui n’est pas seulement économique ou politique, mais profondément spirituel et identitaire. La Commanderie des Croyants est ce socle : non pas une contrainte héritée du passé, mais une ressource vivante, adaptable et exportable, qui fait du Maroc, selon la belle formule du professeur Jelmad, « un phare de stabilité dans un environnement géopolitique menacé ».
C’est une lecture que l’on recommande chaleureusement à quiconque souhaite comprendre le Maroc contemporain dans sa profondeur historique, sa complexité institutionnelle et son ambition mondiale.
Auteur : Mohammed Jelmad Date de publication : Mars 2026 (Dépôt légal : 2026MO1282 | ISBN : 978-9920-25-877-7) Nombre de pages : 200
Mohamed Chtatou, Professeur d’université, consultant international en éducation et analyste politique pour la région MENA



