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À Rabat, chercheurs et universitaires explorent les réseaux savants de l’espace saharien

Les travaux du colloque international « Un monde connecté : réseaux savants et traditions islamiques dans l’espace saharien (XIe–XIXe siècle) » se sont ouverts, mardi 9 juin 2026 à Rabat, en présence d’universitaires et de chercheurs s’intéressant à l’histoire de l’Islam dans l’espace saharien.

Organisée par l’Institut Royal pour la Recherche sur l’Histoire du Maroc (IRRHM), cette rencontre de trois jours s’inscrit dans le prolongement des avancées qu’a connues, au cours des dernières décennies, l’historiographie consacrée à l’espace saharien et à son rôle dans l’histoire du monde musulman.

Longtemps perçu comme une zone périphérique ou frontière, le Sahara apparaît désormais comme un véritable espace de circulation, d’échanges et de production intellectuelle reliant l’Afrique du Nord, le Sahel et les grandes métropoles du monde islamique.

Dans son allocution d’ouverture, le directeur de l’IRRHM, Rahal Boubrik, a indiqué que ce colloque vise à déconstruire deux représentations dominantes, à savoir celle du Sahara comme une « barrière » entre deux mondes et celle qui le réduit à un simple « espace de passage ».

À cet égard, il a rappelé que le Sahara est avant tout un espace de circulation et d’échanges de savoirs, de pratiques religieuses et de relations humaines, soulignant l’importance d’analyser cet espace à partir de ses propres dynamiques et logiques internes, plutôt qu’à travers un regard extérieur porté depuis le Nord ou le Sud.

Le Maroc doit être étudié comme une composante intégrante de l’histoire mondiale et globale, façonnée par des interactions et des connexions multiples, a relevé M. Boubrik, appelant à adopter une approche dépassant les visions nationales traditionnelles qui considèrent les pays comme des espaces clos.

De son côté, Ismail Warscheid, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a mis en avant la richesse et le dynamisme remarquable des études sur l’Islam saharien, notant que ce champ d’investigation s’est structuré dès les années 1970-1980, porté par une collaboration internationale et un dialogue constant entre chercheurs d’Afrique, d’Europe et d’Amérique.

La culture islamique du Sahara est le produit direct du mouvement de ses propres habitants et non le seul fait des caravanes commerciales, a affirmé le chercheur, jugeant regrettable que l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb soient souvent exclus des débats actuels sur le monde musulman postclassique (du XIIIe au XIXe siècle), alors même que le Sahara a développé durant cette période une culture islamique vernaculaire et sophistiquée.

Le colloque se propose de dresser une première synthèse sur l’histoire de l’érudition musulmane dans le Sahara en interrogeant les dynamiques de circulation des hommes, des idées et des textes à travers l’immense espace désertique.

Les travaux de cette rencontre s’articulent autour de plusieurs séances, notamment « Écrire et transmettre : communautés savantes dans l’espace saharien », « Mobilités des personnes, mobilités des idées », « Sahara et Sahel central : nouvelles perspectives de recherche », « Jurisprudence islamique et sociétés sahariennes » et « Pensée soufie et réseaux confrériques ».

Source: MAP

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