
Les journées d’études “Archiver la ville marocaine” ont été lancées, jeudi 27 novembre 2025 à Rabat, en présence notamment de représentants institutionnels, d’historiens, d’architectes, d’archivistes, de chercheurs, de professeurs et d’urbanistes.
Cet événement de deux jours (27 et 28 novembre), initié par les Archives du Maroc, en partenariat avec le bureau de l’UNESCO au Maghreb et l’Ecole nationale des chartes (France), vise à examiner les nouvelles pratiques de collecte, de conservation, de préservation et de mise en valeur des archives du patrimoine urbanistique.
S’exprimant à cette occasion, la directrice des Archives du Maroc, Latifa Moftaqir, a mis en avant l’importance de ces journées de formation, qui se veulent une occasion pour rappeler que les archives relatives à l’architecture et à l’urbanisme des villes marocaines constituent un patrimoine précieux indispensable pour comprendre l’évolution des territoires, accompagner les décisions publiques et transmettre une mémoire fiable de la culture marocaine.
Elle a, ainsi, relevé que cet événement a pour but d’engager la discussion autour des problématiques liées à la collecte de la documentation historique, à la description archivistique, au traitement matériel et numérique et à la valorisation des fonds d’architecture, qui requièrent des méthodologies communes et une collaboration étroite entre institutions, chercheurs et professionnels.
Dans ce sens, Mme Moftaqir a affirmé que cette initiative qui réunit les expertises marocaines et internationales, permettra d’ouvrir un espace d’apprentissage et de réflexion partagée, où chacun pourra s’approprier des outils, découvrir de nouvelles pratiques et contribuer à structurer une mémoire urbaine plus accessible.
Elle a aussi indiqué que cette manifestation vise à consolider la durabilité des réseaux de coopération, à enrichir les fonds existants, à améliorer les démarches de numérisation et de description et à nourrir de futurs projets qui renforcent la place des archives dans l’écriture de l’Histoire urbaine au Maroc.
De son côté, le directeur régional pour le bureau de l’UNESCO au Maghreb, Charaf Ahmimed, a souligné que le Maroc possède une histoire urbaine d’une richesse exceptionnelle dont certaines traces restent encore dispersées et difficiles d’accès, notant que les plans, les photographies, les récits et les archives administratives sont utiles pour comprendre les transformations des villes notamment en termes de choix architecturaux et de dynamiques sociales.
Inscrite dans le cadre du programme “Mémoire du monde” lancé par l’UNESCO en 1992, cette dynamique rappelle que le patrimoine documentaire est une “ressource stratégique”, a fait savoir M. Ahmimed, signalant que sur les 570 éléments exceptionnels enregistrés sur le registre international de ce programme, les pays arabes ne représentent pas moins de 4% de ces inscriptions, avec seulement 6 éléments inscrits au niveau maghrébin.
S’arrêtant sur la pertinence de ces journées d’études, il a indiqué qu’au-delà des échanges théoriques, les ateliers pratiques permettront de renforcer la capacités des institutions et professionnels, de donner une nouvelle visibilité sur le patrimoine et d’ouvrir la voie à de nouvelles actions concrètes et durables.
Cette manifestation culturelle, dont les travaux se déroulent à la fois au siège de l’UNESCO-Maghreb (jeudi) et au siège des Archives du Maroc (vendredi), est basée sur une approche pluridisciplinaire engageant différents acteurs nationaux et internationaux dont l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais, la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Réseau de recherche pour l’histoire de l’architecture au Maroc (RHAM), ainsi que des associations dédiées aux archives, à la mémoire et au patrimoine urbains marocains (MAMMA, Casamémoire).
Source: MAP



