Le Maroc, royaume de toutes les tolérances (2): Identité composite vieille de 4000 ans

Au nord-est de la ville de Ksar Kabîr, elle-même située au nord-ouest du Maroc, se trouve un village nommé Tatoft où réside une confrérie religieuse d’un genre singulier : les Jahjoukas [i] d’Ahl Srif, [ii] un groupe qui pratique la musique spirituelle, [iii] une musique de tra nse censée guérir les fidèles qui sont possédés par les esprits malfaisants, entre autres les jnoun. [iv] Ces preux musiciens sont les descendants du saint soufi Sidi Ahmed Cheikh venu apparemment du Machrek pour la prédication religieuse mais qui finit par s’installer chez les Ahl Srif, des Amazighs/Berbères du Rif arabisés, et leur apprendre les vertus du soufisme et l’art d’utiliser la musique pour guérir certaines maladies psychiques.
Au Maroc, la musique de transe joue un rôle important dans les rituels visant à exorciser les djinns. Le groupe Aïssâwa est particulièrement réputé pour sa musique spirituelle, qui comprend l’utilisation d’instruments traditionnels comme la ghaita (également connue sous le nom de mizmar ou zurna). Leurs rituels comprennent souvent la récitation de litanies mystiques (dhikr) et l’exécution de poèmes spirituels, facilitant un état de transe censé aider à chasser les djinns.
Au Maroc les séances de musique transe pour chasser les jnoun sont très fréquentes chez la population. Radi Saadia écrit dans ce sens : [v]
‘’ Quand la musique de transe commence, les possédés dansent d’une manière très lente et calme, puis commencent à se lever en dansant, et l’agitation devient progressivement plus au moins agressive ; d’autres se lèvent d’un seul coup pour danser. Parfois, quand la musique s’arrête, des possédés tombent par terre en se tordant dans tous les sens et en criant. C’est cette phase de dynamisme et d’action que je nommerai « transe », en suivant Rouget qui la définit comme un certain type d’états « qui ne s’obtiennent que dans le bruit, l’agitation et la société des autres » (1990, p. 47). Cependant, l’état de satisfaction totale que manifeste le possédé après l’audition de son rythme favori, quand la voyante lui offre ce qu’il désire ou plutôt ce que désire son djinn, je le nommerai « extase », à l’encontre, cette fois, de Rouget qui définit celle-ci comme étant « un certain type d’états, disons seconds, atteints dans le silence, l’immobilité et la solitude » (ibid.). En effet, l’extase, aussi bien que la transe, peut avoir lieu dans le bruit et dans la société des autres, mais dans un bruit moins violent que celui de la transe car il n’y a plus de musique, et l’agitation diminue sans exclure la société des autres. Le possédé en extase exprime et semble ressentir, alors, une jouissance extrême et une joie profonde, sans se préoccuper de ce qui l’entoure, comme s’il était dans une solitude totale et complète ; il est dans son propre monde et donne l’impression de ne voir et de n’entendre personne.’’
Depuis, les Jahjoukas ont délaissé l’agriculture, leur occupation d’antan, pour se donner corps et âme à la musique spirituelle, [vi] en contrepartie de quoi ils reçoivent de leur tribu chaque année, en été, des dons de graines et d’argent pour leur rôle religieux de gardiens du mausolée du saint en question et de sa musique ancestrale, en quelque sorte une dîme.
Pour plusieurs marocains, les maîtres musiciens de Jahjouka sont de vulgaires ghaiatas [vii] qui sillonnent les souks pour quémander de l’argent aux paysans. Mais, en réalité les Jahjoukas sont plus qu’un groupe de musiciens de souks et de fêtes de mariage, de baptême et de circoncision, ils sont un exemple vivant de la diversité culturelle au Maroc.
Pour certains anthropologues, les Jahjoukas [viii] perpétuent des traditions préislamiques qui datent du temps de l’Empire romain, comme les rites annuels de la fécondité du calendrier agricole. Pour d’autres, la ghaita de ce groupe leur rappelle la divinité ancienne de Pan [ix] et son amour pour le sexe et par conséquent l’abondance et la fécondité. Pour les ethnomusicologues, ce groupe perpétue une musique millénaire unique au monde.
Les Maîtres Musiciens de Jahjouka ont une importance culturelle et historique significative. Leur musique est un mélange d’anciennes influences berbères, arabes et africaines, préservant un riche patrimoine musical qui remonte à plusieurs siècles. Les musiciens se produisent souvent lors de cérémonies religieuses et culturelles, mêlant ainsi la musique aux rituels spirituels, qui sont essentiels aux traditions locales.
Pour Jacques Denis de Libération, les Jahjoukas portent une identité vieille de 4000 ans : [x]
‘’ Longtemps, les musiciens du grand Nord sont venus s’inspirer auprès de ces bardes marocains au pied du Rif, dans les montagnes au sud de Tanger. C’est là que se trouve Jajouka, un bled béni de Dieu selon la coutume. C’est là que Brian Jones, Ornette Coleman, Barney Wilen et les Rolling Stones sont venus, dans les épiques années 60 et 70, kiffer aux sons envoûtants de la nira, la flûte de bambou, ou de la ghaita, le hautbois du Maghreb, aux rythmes transcendants du luth-tambour ou du majestueux bendir. Tout comme Brion Gysin, le poète beatnik William Burroughs fera le trip et, en pionnier, décèlera dans cette musique à haute teneur tellurique un «groupe de rock’n’roll vieux de 4 000 ans».’’
Le groupe s’est fait connaître au XXe siècle lorsque des artistes comme Brian Jones des Rolling Stones ont contribué à faire connaître leur musique au public occidental. Cela a attiré l’attention non seulement sur leur son unique, mais aussi sur les pratiques culturelles marocaines. Leur musique a influencé de nombreux musiciens dans tous les genres, y compris le jazz, le rock et la musique du monde, démontrant ainsi la portée mondiale et la pertinence de leurs sons traditionnels.
Ils jouent un rôle crucial dans le maintien et la transmission de l’identité culturelle de la communauté Jahjouka dans le contexte de la modernisation et de la mondialisation. Les musiciens s’engagent souvent dans des efforts éducatifs pour partager leur tradition avec les nouvelles générations et les publics du monde entier. Dans l’ensemble, les maîtres musiciens de Jahjouka symbolisent un lien dynamique entre la tradition historique et l’expression culturelle contemporaine.
Les Maîtres Musiciens de Jahjouka ⵣⴰⵀⵊⵓⴽⴰ ont été révélés au grand public en 1968 par Brian Jones, le guitariste phare des « Rolling Stones », qui avait enregistré des compositions de leurs ghaitas dans un album intitulé « Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka ». De nombreux autres artistes, tels Jimmy Page, Ornette Coleman [xi] et Peter Gabriel les ont sollicités pour l’originalité de leur musique. Le groupe a eu également une influence sur les poètes et les écrivains de la génération « beat », tels Williams Burroughs et Paul Bowles, qui les avaient rencontrés à Tanger. De même, ces musiciens marocains apparaissent dans le film ‘’Un Thé au Sahara’’ [xii] de Bernardo Bertolucci, sur une suggestion de Paul Bowles.
Ce qui est important chez les Jahjoukas, beaucoup plus que chez d’autres musiciens du même genre c’est que ce groupe a assimilé avec succès, la diversité culturelle dans ses traditions musicales, culturelles et spirituelles. Les Jahjoukas [xiii] sont des adeptes de la musique soufie qui est censée libérer l’âme de son enveloppe charnelle et lui permettre de planer en toute liberté pour communiquer ouvertement avec autrui. De ce fait, leur musique est en réalité une musique qui encourage le dialogue avec l’autre. La preuve en est que de grands musiciens de renommée internationale tels Ravi Shankar, Randy Weston, Ornette Coleman et beaucoup d’autres avaient fait le déplacement dans leur village pour les rencontrer et apprécier de visu leur art ancestral.
Le succès de la tradition Jahjouka [xiv] réside dans le fait que leur musique, leurs transes et leurs pratiques religieuses ont réussi de façon remarquable à surligner la fraternité des hommes et la concordance des cultures et non leur discordance.
La boujloudia nom dérivé de boujloud (Amazighe standard marocain : ⴱⵉⵍⵎⴰⵡⵏ ⴱⵓⴷⵎⴰⵡⵏ bilmawen budmawen, en arabe : بوجلود bujlud) est une fête célébrée par les Jahjoukas chaque année dans leur village avec virtuosité, lors de la fête du mouton Aïd al-Adha. Cette fête de musique, de transe, de danse et de représentation théâtrale célèbre la fécondité, mais c’est aussi une fête pour remercier Dieu pour la générosité de ses dons en faveur del’homme. Elle est célébrée partout dans l’aire amazighe au Maroc et surtout à Agadir lors d’un festival grandiose. [xv] La boujloudia est en effet un point de rencontre entre la religion chrétienne, dans ses concepts de chasteté et de pureté de l’âme, et de la religion musulmane dans son ascétisme, son sens du sacrifice et la bénédiction divine.
En réalité, la pratique de la boujloudia remonte aux temps immémoriaux dans le bassin méditerranéen. Elle trouve son origine dans la mythologie grecque avec le dieu Pan qui était le protecteur des bergers, des troupeaux et de la nature et dont les ardeurs amoureuses lui valurent aussi le titre de divinité de la fécondité. Dans plusieurs contrées méditerranéennes, des célébrations ont lieu même aujourd’hui à la fin du cycle agricole qui rappelle les rites de fécondité du dieu Pan dans le passé. Pan est célébré par des danses de transe et des courses effrénées pour féconder la nature et les êtres humains pour l’année à venir.
Cette pratique païenne fût introduite au Maroc antique par les Romains dont le nom de ce dieu dans leur mythologie s’appelait Lupercus. Depuis, cette pratique est entrée de plein pied dans la culture populaire marocaine surtout parmi la population majoritairement rurale, pratiquant l’agriculture pour sa subsistance.
Ce qui est intéressant dans le tempérament et la philosophie du marocain moyen à travers l’histoire c’est son ouverture d’esprit vis-à-vis de l’autre et de sa culture même si celle-ci est en contradiction avec ses croyances.
Le marocain, de nature, ne rejette rien de ce qui lui vient d’ailleurs, il essaie de l’assimiler à sa façon et dans son contexte à lui pour que cela ne puisse pas paraître en contradiction avec sa foi et sa tradition. En réalité, c’est une grande capacité d’adaptation avec autrui et d’acceptation de l’autre : un don de multiculturalisme dynamique.
Lorsque Sidi Ahmed Sheikh, le grand soufi venu de l’est arriva dans la localité de Tatoft au 16ème siècle, il fût subjugué par la beauté de la région et la sympathie de ses habitants qui étaient en majorité des Amazighs en cours d’arabisation. Il leur enseigna la religion, en ce faisant il se rendit compte qu’ils avaient un amour et un don pour la musique et pratiquaient des célébrations païennes en fin d’été. En bon soufi épris d’ouverture d’esprit et de pureté de l’âme, Il assimila ses pratiques à l’Islam, et ainsi la célébration du rite de fécondité fût décalée sur le calendrier de l’Hégire pour coïncider avec la fête du mouton. Sur ce, la fête fût appelée boujloudia ou bien boujloud en Arabe et bou-irmawen ou bou-isrikhen en Tamazight, parce que le personnage principal du rite se vêtit de peaux du mouton sacrifié.
L’autre personnage principal de la pratique n’est autre que la belle vierge du village que le dieu Pan essaie d’amadouer pour bénéficier de ses faveurs sexuelles afin de la féconder et féconder la nature avec. Dans la tradition islamisée du rite, cette femme est appelée Aicha l-Hamqa « Aicha la folle », pour dire la femme aux milles tentations afin d’aseptiser en quelque sorte le rite et le rendre acceptable vis-à-vis de la chari’a et imputer à sa folie cet acte sexuel illégal, donc généralement non représenté dans les pratiques théâtrales musulmanes.
Au sujet de la musique millénaire des Jahjouka, Eric Delahaye écrit dans Télérama : [xvi]
‘’Sans doute Burroughs exagéra-t-il quelque peu. Mais l’histoire des musiciens de Jajouka est vieille comme le village, articulé autour du sanctuaire de Sidi Ahmed Sheikh qui arriva de Perse en 1 300 pour propager l’Islam dans le nord marocain. Des pèlerins affluaient de tout le pays pour bénéficier de ses dons de guérisseur. Les cérémonies étaient rythmées par une musique formalisée dans les palais d’Andalousie par la famille Attar, fondatrice de Jajouka après avoir été expulsée d’Espagne. Une musique hypnotique, interprétée au moyen de percussions, de flûtes de bambou et de ghaïtas (le hautbois arabe) que les villageois perpétueront, en exerçant les pouvoirs thérapeutiques légués par Sidi Ahmed Sheikh.
Cette tradition millénaire aurait pu ne jamais quitter les montagnes du Rif si la Beat Generation, curieuse d’expériences psychédéliques, n’avait découvert son existence dans les vapeurs de kif. En 1968, Brion Gysin, qui avait ouvert un restaurant à Tanger où les musiciens de Jajouka se produisaient tous les soirs, conduisit jusqu’au village Brian Jones, encore guitariste des Rolling Stones. Lequel enregistra sept heures de bandes sur place, matière en 1971 de son album posthume Brian Jones presents : the pan pipes of Jajouka.’’
Cette pratique a été immortalisée dans l’œuvre de William Shakespeare (1564-1616) Julius Caesar, écrite en 1606. En effet, dans l’Acte 1 de la Scène 2, Jules César demanda à Antonie, qui se préparait pour une course de pratique religieuse, de bien vouloir toucher de sa main Calprunia, sa femme stérile, pour avoir des héritiers pour son vaste empire. [xvii]
[i] Chtatou, Mohamed. (2020). Les Maîtres Musiciens Jajouka du Rif Occidental : Tradition Millénaire Amazighe sans Pareil. Akal Press. Recupéré de https://fr.akalpress.com/5493-les-maitres-musiciens-jajouka-du-rif/
[ii] Jahjouka désigne un village du Maroc où vivent les maîtres musiciens de Jahjouka/Jajouka, un groupe de musique traditionnelle masculine connu pour ses performances uniques qui mêlent musique, transe et pratiques religieuses. Leur tradition a une importance culturelle significative et a été documentée dans plusieurs travaux académiques.
[iii] Chtatou, Mohamed. (1986). The Magical World of the Master Musicians of Jahjouka. In BRISMES Proceedings of the 1986 Conference on Middle Eastern Studies, L.D. Lanthan(ed.). Oxford : British Society of Middle Eastern Studies.
[iv] Jnoun, pl. jenn : esprits malfaisants dans la tradition culturelle orale et populaire marocaine.
[v] Radi, S. (2013). Chapitre II. Les djinns. In Surnaturel et société (1‑). Rabat : Centre Jacques-Berque. https://doi.org/10.4000/books.cjb.482
[vi] Andézian, Sossie. (2000). Des formes sensibles de la religion. Dire la transe en islam mystique De l’expérience au langage autorisé. Varia, 111, 25-40. https://doi.org/10.4000/assr.20219
[vii] Ghaiatas, pl. ghaiat : joueur d’instrument à musique à air communément appelé ghaita.
[viii] S. Davis, S. (1993). Jajouka Rolling Stone : a Fable of Gods and Heroes. New York : Random House.
Dans ce roman il narre la visite d’un journaliste de National Geographic à Jahjouka et ses efforts de publier un article sur leur musique et mode de vie. Il y parle aussi du développement de la carrière internationale de ce groupe : visite de Brian Jones et enregistrement avec Randy Weston. Il parle aussi de la tradition musicale et théâtrale Jahjouka, l’influence romaine, la boujloudia, le décret royal instituant le groupe officiellement, les perpétuelles visites des musiciens étrangers, l’homosexualité, la marijuana. Il achève cet ouvrage sur des interviews avec les multiples « movers » des Jahjouka : Brion Gysin, William Burroughs, Paul Bowles, Keith Richards et Mick Jagger.
[ix] Pan est une divinité de la mythologie grecque connue comme le dieu de la nature, des bergers et des troupeaux. Il incarne la musique rustique, souvent jouée sur sa flûte de Pan, et est souvent représenté comme une créature mi-homme, mi-chèvre. Pan est également associé à la fertilité et est considéré comme le compagnon des nymphes.
Cf. Borgeaud, Philippe. (1979). Recherches sur le dieu Pan (p. 16). Rome : Institut suisse, Droz diffuseur, Bibliotheca Helvetica Romana XVII.
[x] Denis, Jacques. (2020). The Master Musicians of Jajouka, transe générationnelle. Libération. Récupéré de https://www.liberation.fr/musique/2020/05/26/the-master-musicians-of-jajouka-transe-generationnelle_1789468/
[xi] Williams, R. (1973, 17 Mars). Ornette and the Pipes of Jahjouka. Melody Maker, 22.
[xii] ‘’The Sheltering Sky/Thé au Sahara’’ est un film dramatique de 1990 réalisé par Bernardo Bertolucci, avec Debra Winger et John Malkovich. Il est basé sur le roman éponyme de 1949 et suit un couple d’Américains qui se rend en Afrique du Nord pour tenter de revitaliser leur relation, mais leurs efforts semblent vains au fur et à mesure que le voyage se déroule.
[xiii] Schuyler, P. D. The Master Musicians of Jahjouka. Natural History, 92(10), 60-69.
[xiv] Sabin, K. (2000). Moroccan Music: The « Foreign » and the « Familiar » : an Annotated Bibliography and Discography, term paper for Popular Culture in the Middle East (SOCIO 470). Récupéré de http://users.ox.ac.uk/~sant1114/MoroccanMusic.htm #Jahjouka
[xv] Gharbi, Mishka. (2024). Agadir. Le carnaval « Biyelmawn », porte-drapeau du patrimoine amazigh. Le Courrier de l’Atlas. Récupéré de https://www.lecourrierdelatlas.com/agadir-le-carnaval-biyelmawn-porte-drapeau-du-patrimoine-amazigh/
[xvi] Delhaye, Eric. (2016). Au Maroc, le village de Jajouka abrite le plus vieux groupe de rock du monde. Télérama. Récupéré de https://www.telerama.fr/sortir/au-maroc-le-village-de-jajouka-abrite-le-plus-vieux-groupe-de-rock-du-monde,147163.php
‘’Caesar:
Calpurnia !
Calpurnia :
Here, my Lord
Caesar :
Stand you directly in Antonius way,
When he doth run his course. Antonius !
Antony :
Caesar, my Lord ?
Caesar :
Forget not in your speed, Antonius
To touch Calpurnia ; for our elderly say,
The barren, touched in the holy chase
Shake off their sterile.’’
[César :
Calpurnia !
Calpurnia :
Ici, mon Seigneur
César :
Place-toi directement sur le chemin d’Antonius,
Quand il aura terminé sa course. Antonius !
Antoine :
César, mon Seigneur ?
César :
N’oublie pas dans ta vitesse, Antonius
De toucher Calpurnia ; car nos vieux disent,
Les stériles, touchés dans la sainte chasse
Se débarrassent de leur stérilité.]
A suivre
Dr Mohamed Chtatou



