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Le problème des idées dans le monde musulman – Malek Bennabi (8)

Quelque soit son genre de vie – solitaire comme HAYY IBN YAQDHAN ou habitant d’une grande cité l’individu doit faire face à ses besoins vitaux.

V – L’ÉNERGIE VITALE ET LES IDÉES
Quelque soit son genre de vie – solitaire comme HAYY IBN YAQDHAN ou habitant d’une grande cité l’individu doit faire face à ses besoins vitaux.
Pour cela il doit dépenser de l’énergie vitale dont sa nature est dotée. Mais cette énergie n’est pas assimilable, à l’état brut, par la vie en société.
Si bien que son intégration sociale devra se faire, d’une part en regard de ses besoins et, de l’autre en regard de ceux de la société qui l’intègre.
Celle-ci impose, en effet, des règles, des norrmes, des lois, des coutumes, voir des goûts et des préjugés qui représentent, pour elle, des besoins non moins vitaux ..
Le processus d’intégration de l’individu se déroulera donc en respectant d’une part, sa nature et de l’autre un certain code de vie qui, à un degré évolué, se définit comme un contrat social.
Dès lors ce processus prend la signification précise d’un conditionnement de l’énergie vitale.
L’école de PAVLOV a donné les premières lumières sur le conditionnement en général.
Et l’un de ses disciples, Serge TAKHOTINE, nous a donné dans un livre remarquable  » le Viol des Foules  » une analyse et un classement de l’énergie vitale sous forme de ce qu’il nomme les  » pulsions  ».

Est-ce que les quatres pulsions qu’il indique suffisent à la cataloguer toute ou non ? … nous laisserons de côté ce débat. Ce qu’il nous importe de vérifier, par contre, ce son les limites entre lesquelles fonctionnent et doit fonctionner l’énergie vitale pour être assimilable par l’action concertée d’une société, c’est-à-dire par toute les formes de son activité. Il est évident que si nous supprimons par hypothèse l’une des
formes de l’énergie vitale – par exemple ce que S.T AKHOTINE nomme la pulsion nutritive ou la pulsion possesive ou la reproductive – toutes les possibilités biologiques d’une vie sociale seraient supprimées du même coup. Si par hypothèse, nous faisons le contraire, en libérant de toute restriction l’énergie vitale, à l’ordre social se trouvera substitué un ordre purement naturel. L’individu vivra dès lors sous la loi de
sélection biologique (la loi de la jungle) qui permet la survie non pas du meilleur mais du plus fort.
Donc quand on supprime l’énergie vitale on détruit la société. Quand on la libère totalement, elle détruit la société. Elle doit donc nécessairement fonctionner entre deux limites.
Dès lors, il y a lieu de se demander quel pouvoir soumet l’énergie vitale à sa contrainte pour la contenir dans ces limites.
Cette question, quand on la pose à l’origine même du processus d’insertion d’un groupe humain pré-civilisé, au moment précis où il franchit le stade suivant, va nous éclairer sur la nature du conditionnement que doit subir l’énergie vitale pour assumer toutes les exigences de ce passage.
Autrement dit, le pouvoir qui assure ce conditionnement est lié essentiellement aux facteurs qui ont un rôle dans l’avènement d’une civilisation. Et surtout à celui qui a un rôle prépondérant, dans cette mutation d’un milieu humain primitif (précivilisé) en société civilisée. Or, la société djahilienne nous donne une image parfaite de ce processus.

A suivre

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