
La Conférence internationale d’Abuja sur « La diversité et la paix sociale : un partenariat pour un avenir prometteur », organisée les 11 et 12 août 2026 par la Ligue islamique mondiale, en coopération avec le groupe Jama’atu Izalatil Bid’ah Wa Iqamatus Sunnah (JIBWIS) au Nigéria, a appelé au renforcement du dialogue interreligieux et de la coopération en faveur de la paix sociale.
Dans leur déclaration finale, les participants ont souligné que la diversité religieuse, ethnique et culturelle constitue une richesse et non une source de conflit, appelant à une meilleure gestion de cette diversité pour consolider l’unité nationale et la stabilité.
Ils ont également annoncé la création d’un organe de coordination réunissant les dirigeants et institutions islamiques et chrétiens du Nigéria, en coopération avec la Ligue islamique mondiale, ainsi que l’adoption de l’initiative du Secrétaire général de la Ligue, Cheikh Dr Muhammad Al-Issa, intitulée « La jeunesse nigériane pour la paix ».
La déclaration recommande par ailleurs le lancement de programmes nationaux de sensibilisation, le développement de programmes éducatifs favorisant la citoyenneté et la coexistence, ainsi que le renforcement des partenariats pour prévenir les conflits, lutter contre les discours de haine et promouvoir la stabilité et le développement au Nigéria et en Afrique de l’Ouest.
Déclaration finale de la Conférence internationale d’Abuja sur « La diversité et la paix sociale »
Sous le généreux patronage de Son Excellence le Président Bola Ahmad Tinubu, Président de la République fédérale du Nigéria, la Ligue islamique mondiale, en coopération avec le groupe Izala Bid’ah wa Iqamat Sunnah au Nigéria, a organisé la conférence internationale intitulée : « Diversité et paix sociale : un partenariat pour un avenir prometteur », dans la capitale nigériane, Abuja, les 11 et 12 août 2026, avec une large participation de chefs religieux islamiques et chrétiens, d’une élite d’érudits et de penseurs, de décideurs, de représentants d’institutions officielles, d’organisations de la société civile, d’organismes régionaux et internationaux, et d’un certain nombre de personnalités influentes du Nigéria, d’Afrique de l’Ouest et de divers pays du monde.
Cette conférence s’est tenue face aux défis croissants auxquels le monde est confronté, qui affectent la paix sociale, alimentent les discours de haine et exacerbent les conflits religieux et ethniques, entraînant des menaces pour l’unité des sociétés et des perturbations du développement et de la stabilité.
Convaincus que la diversité religieuse, culturelle et ethnique est une source d’enrichissement civilisationnel et non une cause de conflit et de division, les participants se sont réunis pour affirmer le rôle central des religions dans la consolidation de la paix, le renforcement des valeurs de citoyenneté, la promotion d’une culture du dialogue et de la coopération, et l’investissement dans des valeurs humaines partagées afin de bâtir un avenir plus sûr et plus prospère pour les peuples du Nigéria et de l’Afrique de l’Ouest, et pour l’ensemble de la famille humaine.
Les participants ont affirmé que le continent africain, avec son riche patrimoine culturel et humain, est capable de fournir un modèle inspirant de gestion de la diversité, à condition que les efforts des chefs religieux, des institutions officielles et de la société civile soient intégrés dans un cadre de responsabilité nationale, de respect mutuel et d’engagement envers les valeurs religieuses et morales universelles, renforçant ainsi la stabilité, préservant la dignité humaine et créant un environnement propice au développement durable.
S’appuyant sur les principes mis en avant par la loi islamique et d’autres messages divins pour établir la justice, la miséricorde et la compréhension mutuelle entre les peuples, et inspirée par le contenu du Document historique de La Mecque et les principes de coexistence et de coopération humaine qu’il a établis, et reconnaissant la responsabilité historique qui incombe aux chefs religieux et intellectuels dans la promotion de l’harmonie sociale, les sessions scientifiques de la conférence, ses riches réunions de dialogue et la réunion de haut niveau entre les dirigeants islamiques et chrétiens se sont conclus par un certain nombre d’affirmations et de résolutions, qui sont les suivantes :
Premièrement : les affirmations
- La diversité religieuse, ethnique et culturelle est une loi universelle, et sa bonne gestion constitue un fondement solide pour promouvoir l’unité nationale et construire des sociétés stables et cohésives.
- La religion, par essence, est un message de miséricorde et de paix, et la responsabilité des chefs religieux est de mettre en valeur les valeurs authentiques des religions et de rejeter leur utilisation pour alimenter les conflits ou justifier la violence et l’extrémisme.
- La paix sociale est un pilier fondamental de la sécurité nationale, et elle ne peut être atteinte que par l’intégration des efforts des institutions étatiques, des chefs religieux, des institutions éducatives, des médias et des organisations de la société civile.
- Un dialogue national global est le moyen le plus efficace de s’attaquer aux causes des tensions, de renforcer la confiance entre les différents groupes religieux et ethniques et d’établir une culture de partenariat au service de la nation.
- L’importance d’établir une sécurité intellectuelle, de protéger les sociétés contre les accusations d’extrémisme, de fanatisme et de haine, et de promouvoir un discours religieux modéré fondé sur la sagesse, la modération et le centrisme.
- L’importance de responsabiliser les jeunes et les femmes et de les impliquer dans des initiatives nationales visant à diffuser une culture de paix, à promouvoir un esprit de responsabilité sociale et à consolider les valeurs de la citoyenneté.
- Le rôle central des institutions éducatives et religieuses dans l’éducation des générations à respecter la diversité, à inculquer les valeurs de tolérance, de coexistence et de préservation de l’identité nationale, tout en adhérant à l’identité religieuse et en en étant fiers.
- Le développement durable est indissociable de la paix sociale, et la sécurité et la stabilité constituent un environnement propice à la prospérité et au progrès des sociétés.
- Les chefs religieux participant à cette conférence, de diverses religions et sectes, déclarent leur engagement à poursuivre un dialogue institutionnel régulier et à renforcer la coopération dans toutes les matières qui servent l’unité de la société et préservent sa sécurité et sa stabilité.
- Création d’un organe de coordination pour les dirigeants et les institutions islamiques et chrétiennes au Nigéria, en coopération avec la Ligue islamique mondiale, afin de coordonner les initiatives communes et de promouvoir la consultation et la coopération sur les questions d’intérêt commun.
Deuxièmement : les décisions
- Adoptant l’initiative de Son Excellence le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Cheikh Dr Muhammad Al-Issa, intitulée : « La jeunesse nigériane pour la paix », qui travaille en étroite collaboration avec l’organisme susmentionné, mène ses activités dans les six régions géopolitiques et publie les résultats de son travail et ce qu’elle a accompli auprès des institutions de la communauté internationale.
- Lancer des programmes nationaux de sensibilisation communautaire qui promeuvent les valeurs d’appartenance nationale, instaurent une culture du respect de la diversité et luttent contre les discours de haine et l’intolérance sous toutes leurs formes.
- Appeler les médias et les institutions culturelles à adopter un discours responsable qui promeut la paix sociale, contrecarre les rumeurs et les discours incitant à la haine, et mette en lumière les modèles nationaux réussis de coexistence et d’harmonie.
- Soutenir le développement de programmes d’enseignement et de formation qui promeuvent les valeurs de citoyenneté, de respect mutuel, de dialogue et de coexistence, et renforcent l’immunité intellectuelle des générations émergentes.
- Adopter un plan d’action commun entre les institutions gouvernementales, les chefs religieux et les organisations de la société civile pour relever les défis de la coexistence, promouvoir la sécurité intellectuelle et parvenir à la stabilité sociale, tout en assurant le suivi des résultats des mémorandums d’entente signés dans le cadre de la conférence et en coordonnant les programmes de travail et les initiatives qui en découlent, afin d’en garantir la bonne mise en œuvre et la réalisation des objectifs.
- Renforcer les partenariats dans les domaines de la prévention des conflits, de la protection du tissu national et de la consolidation de la confiance mutuelle.
- Appréciant les efforts de la Ligue islamique mondiale pour promouvoir le dialogue entre les adeptes des religions et des cultures, saluant le contenu du Document historique de La Mecque et du document sur la construction de ponts entre les écoles de pensée islamiques, et appelant à l’expansion de ses programmes scientifiques, de formation et médiatiques, de manière à contribuer à la consolidation des valeurs de modération, de tolérance et de coopération humaine et islamique.
Les participants ont exprimé leur profonde gratitude et leur reconnaissance à Son Excellence le Président de la République fédérale du Nigéria pour son généreux patronage de la conférence, ainsi qu’à la Ligue islamique mondiale et au Groupe pour l’élimination de l’innovation et l’établissement de la Sunna au Nigéria, pour leur excellente organisation et préparation, et pour leurs efforts sincères visant à assurer le succès de la conférence et la réalisation de ses objectifs.
Ils ont également exprimé leur reconnaissance et leur gratitude à toutes les organisations et institutions islamiques et chrétiennes ayant coopéré, pour leurs efforts constructifs et leur participation active qui ont permis le succès de la conférence et la promotion de son message et de ses objectifs.
Les participants ont également apprécié l’esprit positif qui a régné lors des sessions de la conférence, ainsi que la volonté sincère manifestée par les participants de renforcer les liens de confiance et de compréhension entre les différentes composantes religieuses et culturelles, soulignant que la paix sociale est une responsabilité collective et qu’un partenariat sincère entre les chefs religieux, les institutions étatiques et la société civile représente le meilleur moyen de construire un avenir plus sûr, plus stable et plus prospère.
Ils ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la coopération et la coordination, et à transformer les résultats de la conférence en programmes concrets et en initiatives durables qui promeuvent l’harmonie sociale, instaurent une culture du dialogue, soutiennent la sécurité, la stabilité et le développement au Nigéria et en Afrique de l’Ouest, et contribuent à bâtir un monde plus pacifique, plus juste et plus coopératif.



