Salé abrite un colloque international sur l’éducation et l’IA

Les travaux d’un colloque international sur l’”Éducation et intelligence artificielle, innovation technologique avec responsabilité sociale” ont débuté, mercredi 15 avril 2026 à Salé, à l’initiative de la Fondation Zakoura.
Placé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, ce 5e colloque de la Fondation réunit décideurs publics, experts, chercheurs, représentants institutionnels et acteurs de terrain autour d’une réflexion approfondie sur les transformations que l’intelligence artificielle (IA) induit aux systèmes éducatifs.
Ce rendez-vous de deux jours, initié en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), l’Agence de développement du digital et l’UNICEF, se veut un espace d’échange structuré sur les usages, promesses et responsabilités liés à l’IA dans le champ de l’éducation.
S’exprimant à cette occasion, la présidente du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), Rahma Bourqia, a indiqué que l’IA est une avancée technologique qui s’est imposée dans les systèmes d’éducation, de formation et de recherche, jugeant nécessaire de comprendre ses implications pour le système éducatif.
L’avènement de l’IA doit être perçu comme une aubaine pour le système éducatif, d’où l’importance d’un travail de fond de la part des établissements d’enseignement à l’heure où l’intelligence humaine coexiste et interagit avec l’IA, a relevé Mme Bourqia.
Dans le contexte de l’accélération des contenus préconçus par l’IA générative, l’utilisation des savoirs soulève la question des règles d’usage et de leur alignement avec les systèmes éducatifs, a-t-elle ajouté.
Dans une allocution lue en son nom, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, a affirmé, de son côté, que le thème de cette rencontre reflète la prise de conscience croissante d’un tournant décisif, où la question n’est plus de savoir s’il faut adopter l’IA, mais comment l’intégrer de manière responsable et efficace afin d’améliorer la qualité de l’apprentissage et de renforcer l’égalité des chances dans l’accès aux services éducatifs.
Le ministre a rappelé, dans cette allocution lue par le Secrétaire général du ministère, Houssine Kodad, que la dynamique de réforme du système d’éducation et de formation au Maroc s’inscrit dans le droit fil des Hautes Orientations Royales visant à promouvoir l’école marocaine, afin qu’elle soit en mesure de former un citoyen maîtrisant les nouvelles technologies, ouverts sur son environnement et contribuant à l’édification d’une société du savoir.
Il a, dans ce sens, mis l’accent sur les enjeux liés à la capacité à orienter et à exploiter cette technologie à des fins éducatives, à produire des contenus numériques et à en contrôler l’utilisation, de manière à garantir la souveraineté numérique.
Pour sa part, le président de la Fondation Zakoura, Mohamed Fikrat, a noté que si l’IA ouvre de larges perspectives pour l’éducation, peut aussi accentuer les inégalités, notamment en milieu rural.
Cette technologie rappelle l’impératif de former les élèves et de cultiver chez eux l’esprit critique et d’autonomie, a fait observer M. Fikrat, ajoutant que le rôle de l’enseignant reste fondamental dans l’accompagnement des élèves.
Le colloque s’articule autour de trois axes stratégiques, à savoir “L’IA au service des pratiques pédagogiques : analyse des usages et des modèles existants”, “L’avenir de l’éducation à l’ère de l’IA : finalités, contenus et transformation de l’acte pédagogique” et “Vers une IA éducative responsable : gouvernance, éthique et politiques publiques”.
Au-delà de l’analyse des mutations en cours, ce colloque contribue, selon les organisateurs, à faire émerger des pistes de réflexion sur la manière de mobiliser l’intelligence artificielle comme levier au service des apprentissages, tout en préservant la place de l’humain et en réduisant les risques de fracture. Il s’inscrit dans la continuité de l’engagement de la Fondation Zakoura en faveur d’une éducation plus inclusive, plus pertinente et plus adaptée aux défis contemporains.
Source: MAP



