… vers Une ambitieuse approche religieuse au profit de la paix

De par sa responsabilité, en qualité de Commandeur des Croyants, dépositaire de l’Imamat suprême, et en tant que descendant du prophète, précurseur de la tolérance et de la coexistence avec les gens des autres religions révélées, Sa Majesté le Roi accorde une grande importance au champ religieux. La vision royale –que traduisent les multiples initiatives du Souverain dans ce domaine depuis 2004- ambitionne de garantir la sécurité spirituelle des citoyens de toutes les confessions monothéistes, de renforcer l’encadrement des institutions religieuses, et de sauvegarder l’unité du pays en le prémunissant contre l’extrémisme.
S’agissant du culte musulman, l’engagement royal à réformer le champ religieux traduit un souci d’attachement à l’unité doctrinale de la Oumma qui n’a d’égal que l’impératif constitutionnel de préservation de l’unité nationale. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les réformes relatives à la rénovation des structures du Conseil Supérieur des Ouléma, la mise à niveau des Imams, la valorisation du rôle des mosquées et l’intérêt accordé aux savantes dans le domaine de la vie familiale et de la prise en charge des questions propres à la femme. Sur le plan des médias, les chaines de radio et de télévision Mohamed VI du saint Coran, créées à l’initiative de Sa Majesté le Roi-Amir Al Mouminine- connaissent un sucée incontestable et un rayonnement qui dépasse les frontières du Royaume. Sa Majesté le Roi s’est également intéressé à la réhabilitation de l’enseignement originel et des écoles coraniques en termes de consécration solennelle de leur rôle important en matière d’encadrement religieux. Les causeries religieuses que préside –chaque mois de Ramadan- Sa Majesté le Roi, Amir Al Mouminine, démontrent également la sollicitude dont le Souverain entoure le culte musulman. Ces causeries ont confirmé la singularité du Royaume en tant que pays de rayonnement d’un Islam tolérant et modéré; De même qu’elles ont connu sous l’ère de Sa Majesté le Roi Mohamed VI un renouveau qualitatif avec la mise à contribution de la femme savante.
Fidèle à cette approche novatrice en matière religieuse, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé le vendredi 12 juin 2014 la cérémonie de présentation du «plan de soutien» à l’encadrement religieux au niveau local. Ce plan met davantage en relief l’exceptionnalité du modèle marocain de gestion de la chose religieuse, et qui suscite l’intérêt au double plan continental et international. Un communiqué du Cabinet Royal souligne que ce plan vise à prémunir les mosquées de toute exploitation et à améliorer le niveau de qualification au service des valeurs religieuses notamment celle relatives à la citoyenneté, et ce en conformité avec les principes du rite Malékite que les marocains ont adoptés. Le plan tend également à élargir l’encadrement du champ religieux au niveau local, à travers un staff d’encadrement composé de 1300 imams- mourchidines réparti sur l’ensemble des préfectures et provinces du Royaume.
D’autre part, la relation privilégiée du Maroc avec les autres religions monothéistes s’illustre à travers la liberté de culte dont bénéficient les personnes de confessions juive et chrétienne qui vivent au Royaume. Dans un message adressé à la conférence sur le dialogue entre les civilisations dans un monde en mutation organisé par l’I.S.E.S.C.O à Rabat ,le 10 Juillet 2001, Sa Majesté le Roi a souligné que
« depuis des lustres le Maroc a été et demeure un carrefour de tolérance et de cohabitation, un havre de compréhension et de coexistence et un point de départ pour l’instauration des passerelles de communication, sur les plans civilisationnel et culturel, entre les différentes sociétés, en dépit de la diversité de leurs religions et de leurs croyances et de la multitude de leurs origines et de leurs provenances ».
C’est dans cette optique d’ouverture que le Maroc a initié des relations étroites avec le Vatican dans un double objectif. D’abord pour instaurer et entretenir des canaux de communications pour la gestion pacifique des conflits notamment le statut de la ville sainte de Jérusalem et le conflit palestinien. Ensuite pour répondre à la nécessité de rapprocher les religions monothéistes; Et c’est dans ce cadre que s’inscrit la visite de Sa Majesté le Roi Hassan II au Vatican en 1980, du Pape Jean Paul II au Maroc en 1985, et du Pape Francois en 2019, ainsi que les messages de paix véhiculés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à la réunion interconfessionnelle sur « la paix de Dieu dans le monde ».
S’agissant du culte hébraïque, avec l’indépendance, les marocains juifs accèdent avec l’ensemble du peuple à la qualité de citoyen. Le Souverain affirme les droits et devoirs égaux des marocains juifs et le parti de l’Istiqlal, à son congrès de décembre 1955, avait assuré que les juifs doivent faire partie intégrante de la nation; Pour Allal El Fassi, « ils doivent y jouir des mêmes droits et y assumer les mêmes devoirs »1.En somme, la classe politique marocaine était unanime à faire des israélites marocains des citoyens à part entière en les faisant, notamment, jouir de la liberté religieuse. Cette politique n’a jamais souffert d’aucune entorse et elle vient d’être confortée par la nouvelle constitution de 2011 dont le préambule fait de la composante hébraïque l’un des affluents essentiels de l’unité du Maroc.
En définitif, la constitution du Royaume lève toute équivoque au sujet de la garantie de la liberté des cultes. D’abord en soulignant dans son préambule que « la prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde. Ensuite, en disposant dans son article 3 que « L’Islam est la religion de l’Etat, qui garantit à tous le libre exercice des cultes ». Et enfin en faisant dans son article 41 du Roi, Amir Al Mouminine, le garant du libre exercice des cultes.
C’est donc en parfaite cohérence avec ses principes que le Maroc a participé à la conférence internationale sur la tolérance et le dialogue interreligieux organisé à Londres courant le mois de Janvier 2013.Le Maroc avait saisi l’occasion pour mettre en exergue sa longue tradition de tolérance et de respect de l’autre, en tant que terre de brassage et d’appartenance plurielles, où coexistent –dans la paix et le respect mutuel- différentes communautés culturelles et cultuelles. Le représentant du Maroc, Mr Amrani, ministre délégué aux affaires étrangères et à la coopération à l’époque, avait souligné le rôle de Sa Majesté le Roi, Amir Al Mouminine, et garant de la liberté cultuelle, ainsi que l’apport de la nouvelle constitution dans la préservation de la liberté d’exercice des cultes et la promotion des valeurs d’ouverture, de modération et de dialogue.
1 – Simon Levy: essais d’histoire. Op cit; p135
Mohammed JELMAD



